Deuils et rites funéraires

Perdre les siens - sculpture de Maryvonne Pellay

Perdre les siens – sculpture de Maryvonne Pellay

En cette fin d’année, comme aux Césars, rendez hommage aux êtres chers qui vous ont quittés en 2015. Vous aurez sûrement aussi envie de rendre hommage aux êtres très chers qui sont morts il y a plus longtemps car leur absence reste toujours douloureuse. Trouvez comment les honorer d’une façon qui vous soit personnelle.

Dans toutes les sociétés, archaïques, traditionnelles ou modernes, et ce depuis l’apparition des premières sépultures il y a environ100 mille ans, le décès d’un membre du groupe s’accompagne de cérémonies et de rituels.Les rituels de deuil sont associés à l’ensemble des croyances concernant le passage de la vie à la mort, plus précisément le devenir des défunts et les rapports qu’ils ont entretenus, ou peuvent encore entretenir avec les vivants.

Ces rituels expriment aussi la douleur ressentie par les proches et les groupes dont ils étaient membres, du village à la nation voire à la Terre entière.

Les pratiques funèbres ont des fonctions multiples, respect, attachement, ménagement. Lorsqu’on confère au défunt une forme de survie ou d’influence posthume, il s’agit de l’honorer assez pour mériter sa protection, ou éviter sa vengeance. On peut aussi ressentir une certaine culpabilité parce qu’on pense ne l’avoir pas assez aimé ou soigné. Les rites de deuils sont censés réparer ces carences et rassurer les vivants, qu’il s’agisse d’une croyance bien définie en l’au-delà ou de sentiments confus, souvent inavoués.

Le deuil a une fonction de transition et de régulation pour les vivants comme pour les morts, en aménageant le trouble social causé par le décès et le trouble affectif vécu par les proches.

Selon les époques, les rites funéraires ont pris des formes variées, les plus célèbres étant les cultes des morts dans l’Égypte ancienne. En Inde et en Afrique, les cérémonies restent imposantes et en Occident, certaines régions rurales, en Corse ou en Bretagne par exemple conservent des traditions funéraires. Certains rites étaient très vivaces jusqu’au milieu du XXe, toilette et veillée mortuaire, habits de deuil, retrait social (surtout pour les femmes)

En ville, les cérémonies se sont beaucoup simplifiées, mais selon l’ancrage du défunt dans la famille et dans la société, on assiste à des manifestations touchantes ou solennelles, religieuses ou laïques.

Globalement les relations des vivants aux mourants et aux morts se sont énormément distanciées par suite de l’évolution technique et culturelle, est-ce à dire que la conscience de notre humanité régresse au-dessous de celle de l’homo sapiens?

L’hôpital et les institutions de pompes funèbres éloignent le grand malade puis le mort de ses proches en prenant en charge la gestion de la mort.

Une tendance se fait jour pour réactiver les rituels funéraires, thanatopraxie, funérarium ou athanée. Même commercialisées, ces pratiques visent à répondre aux exigences de l’homme moderne, hygiène et respect dû au mort. L’idée est d’offrir aux parents et amis un lieu de rencontre et de méditation avant l’enterrement ou la crémation. Il n’en reste pas moins que la différence avec les rites traditionnels est grande: on évite à tout prix le contact avec les morts, ce ne sont plus les parents qui assurent le toilette funèbre, ils ne viennent que saluer un cadavre aseptisé exposé au funérarium. On ne peut plus sentir l’odeur le mort, si proche du parfum vétiver!

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