Devenir adulte

mariageAvez-vous eu le sentiment que votre passage à l’âge adulte a été ponctué de rituels. Même s’ils n’ont plus rien à voir avec ceux des sociétés archaïques, ils existent. Dénichez-les.

Dans les sociétés archaïques, le changement de statut du jeune devenant adulte était ponctué de rituels d’initiation dont l’aboutissement était la reconnaissance de l’aptitude à se marier, à participer aux activités sociales et à assumer ses responsabilités en tant qu’homme ou femme dans la communauté.Malgré ses variations culturelles, les pratiques réelles et symboliques de l’initiation présentent des similitudes de fond.

– Une phase de rupture avec l’enfance et le milieu maternel.

– Une phase d’accès au statut d’adulte après un ensemble d’apprentissages et d’épreuves.

Les jeunes des deux sexes sont soumis à des retraites, des purifications et des probations. Pour les garçons, l’initiation est collective; elle comporte la révélation des origines du groupe, des êtres et des objets sacrés, l’exigence d’exploits, souvent des mutilations corporelles. Pour les filles, l’initiation est individuelle car elle commence généralement avec la première menstruation. Il s’agit essentiellement de les préparer à assumer leur rôle spécifique : la fécondité.

En occident, la préparation des jeunes gens au métier des armes (chevalerie médiévale) et aux métiers d’artisanat (compagnonnage) était ponctuée de rites publics et privés.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les frontières entre l’enfance, l’adolescence et l’état adulte étaient marquées par une suite de changements subits ou progressifs affectant le vie quotidienne: contrôle parental, argent de poche, costume (premier pantalon pour les garçons, premiers bas pour les filles). Parallèlement, une série d’examens: certificat d’étude, brevet, baccalauréat, ponctuaient une scolarité débouchant plus ou moins tôt sur le métier et sur le mariage pour lequel il fallait avoir un état (expression longtemps en usage dans le monde rural).

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques traces de ces rituels qui excluent toute véritable rupture:

– de la petite enfance à l’enfance: la perte des dents de lait et le passage de la petite souris

– début de la vie scolaire: achat du premier cartable

– là où elle subsiste, la cérémonie et la fête de première communion

– fêtes et cadeaux pour les succès aux examens.

les conséquences de cette évolution sont l’extension notoire de l’aire de liberté d’expression des jeunes mais aussi la perte des repères des jeunes concernant leur propre statut d’âge et ses étapes.

Il s’instaure alors une sorte de coinçage des jeunes entre le maintien prolongé d’une dépendance économique aux parents et une revendication d’autonomie souvent précoce.

Ce déclin des rituels se manifeste dans le système éducationnel, de l’école à l’université. Les cérémonies de rentrée des cours, de distribution des prix et des diplômes, les symboles vestimentaires et emblématiques, les association d’élèves et d’étudiants tendent à disparaître en France alors qu’ils perdurent dans les pays anglo-saxons. Tant qu’ils gardaient leur sens, ces rituels contribuaient à la transmission d’une culture et d’une idéologie où les lieux d’éducation s’intégraient dans leur contexte local sans s’y aliéner.

Les bizutages disparaissent dans les grandes écoles. S’ils ont pu servir de prétexte à des abus, ils ne se réduisaient pas à cela.

On observe aujourd’hui une grande ambigüité dans l’attitude des jeunes: d’une part une résistance aux déterminations de l’école et aux routines vidées de leur sens et d’autre part une recherche, souvent confuse, de conduites et de symboles exprimant leur identité collective qui passent souvent par le langage, le costume et certaines manières de faire la fête.

 

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