Le Sultan avait trop chaud – chap 43

cd29_061Le lendemain, alors qu’ils étaient assis, à la porte de la boutique du forgeron, les yeux à peine ouverts des suites de leur dure et merveilleuse nuit, ils cherchèrent en vain le bossu. Il était parti. Aucun serviteur ne se rappelait l’avoir rencontré dans la demeure et pourtant ils affirmèrent avoir débarrassé la nappe sur laquelle trois personnes avaient soupé. Ce qui provoqua chez Julien un doute crucial. Avait-il rêvé les révélations faites par le bossu ou les avait-il imaginées? Les avait-il seulement entendues? Les tempes lui serraient encore trop fort la tête pour qu’il put raisonner clairement. Il décida d’attendre au soleil le déroulement de la journée. Saïd n’était guère plus réveillé. Il ne répondait que par des grognements aux interrogations de Julien. Alors ils se firent servir des boissons fraîches en espérant qu’un appel d’air salutaire  dégagerait leur cerveau embrumé et leur permettrait de revenir sur terre.
Longtemps Julien n’avait osé parler à Saïd, craignant d’être indiscret ou de lui demander des choses qu’il ignorait ou que le forgeron lui avait interdit de trahir. Il avait l’impression qu’il fallait qu’il patiente pour qu’on lui accorde quelque crédit et pour mériter les confidences. Saïd redoutait peut-être de se repentir d’avoir fait confiance trop vite.
Alors Julien fut saisi de pensées torturantes et mangé par le souci de voir le temps passer sans qu’il puisse avancer.
Puis Saïd se mit à causer avec lui et Julien était noyé dans l’océan de l’amitié et encouragé par l’ardeur qu’il lui inspirait, car Saïd avait bien vu que Julien n’était pas un trompeur plein d’astuce qui vient vous circonvenir tous charmes dehors en profitant de l’absence de son père, le forgeron
Et Saïd parlait, parlait répondant aux questions de Julien avec beaucoup de nonchalance et de générosité. Cela mit Julien dans une grande joie et un immense bonheur. Il sentit qu’il avait conquis un ami véritable dont il allait avoir grand besoin dans les épreuves qui l’attendaient pour réussir le concours et conquérir le cœur de Azaïra.
Alors Julien l’entretint de ce qu’il avait dans l’esprit. Il vit que cela agréait à Saïd et celui-ci répondit naturellement :
– Tu es mon frère, Julien, depuis que je t’ai vu entourer la famille de Shamir dans des moments difficiles où tout le monde est fort soucieux et tout à ses pensées tristes; je sais que tu es capable de nous apporter toute ton affection. Aussi, je te ferai visiter les installations que je connais et tu comprendras tout le talent de l’immense architecte qu’était le grand-père de Djamila. Un génie et un homme de bien.

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