La politesse

Churchill représente le Royaume-Uni lors des premiers jours de la conférence de Potsdam.

Churchill représente le Royaume-Uni lors des premiers jours de la conférence de Potsdam.

Êtes-vous poli(e)? Identifiez les codes de politesse de votre environnement. Les respectez-vous? Notez sur une semaine toutes les fois où vous avez eu l’impression de faire preuve d’agressivité envers quelqu’un en étant impoli. Êtes-vous seulement conscient(e) de vos impolitesses?

Nos relations quotidiennes, de voisinage et de travail, familières ou mondaines sont régies par un ensemble de règles culturelles qu’on appelle politesse. Il s’agit d’un système cohérent représentant un code du savoir-vivre. Ce code prescrit ou proscrit des comportements verbaux et corporels déterminés qui varient plus ou moins selon les régions et les pays mais qui possèdent tous une valeur symbolique: le respect de la personne de chacun. Il s’agit donc d’un rituel séculier.

La fonction de la politesse est d’établir un minimum de reconnaissance et de cohésion entre les membres d’un groupe. La preuve en est que son défaut est ressenti comme une offense, à peine excusée par la distraction. La suppression intentionnelle de ces signes d’accommodement (par exemple ne pas saluer ou ne pas regarder l’autre en le saluant) équivaut à un comportement agressif. Être poli, c’est ce que la baronne Staff, auteur d’un célèbre manuel de savoir-vivre en 1900, a traduit par rendre ceux avec lesquels nous vivons contents d’eux-mêmes et de nous.

Les formes de la politesse sont plus ou moins complexes et raffinées. En Occident elles tendent progressivement à se simplifier sans pour autant disparaître. Elles concernent surtout quelques situations et interactions significatives.

La rencontre et le salut

Ils comportent deux aspects, verbal et gestuel.

L’échange verbal est généralement bref. Il ne s’agit pas d’un dialogue à proprement parler mais d’une suite d’expressions conventionnelles (bonjour, salut…). Le contenu des échanges varie en fonction du statut des partenaires, de leur degré d’intimité, de leur milieu social, de la durée qui a précédé cette rencontre de la précédente, et enfin du lieu où elle s’effectue.

Les geste du salut sont ritualisés (se découvrir, s’incliner, se serrer la main, s’embrasser) et varient selon les mêmes facteurs que l’échange verbal. Ils dépendent des contacts antérieurs, des distances sociales, c’est à dire des rapports d’âge, de sexe, de statut. L’acte de s’embrasser presque d’emblée entre jeunes est une pratique récente, de sens convivial au sein d’une classe d’âge.

De même les au revoir et les adieux sont gradués selon les situations et les modèles locaux, tantôt conventionnels ou solennels, tantôt expansifs.

La tenue et la place

Elles relèvent aussi de la politesse. Elles visent aussi bien à être reconnu qu’à respecter autrui en évitant tout ce qui serait susceptible de le choquer. Il est important de prendre garde à la propreté du corps, à la sobriété, au vocabulaire, à la correction vestimentaire, au maintien. Ce sont de points qui font partie de l’éducation des enfants.

Tenir exactement sa place signifie à la fois rendre hommage à celui ou celle auquel on confère certaines préséances: céder sa place, faire passer devant soi (déférence). N’occuper que son territoire sans empiéter sur celui d’autrui ni intervenir indûment (discrétion) mais aussi préserver sa propre place et savoir poliment la revendiquer lorsqu’elle est menacée.

Lorsque cet ordre et ces accommodements, généralement tacites, sont perturbés, la politesse prévoit des conduites réparatrices : les excuses, dont le dosage et l’éventuelle réciprocité varient selon les situations.

Distance physique

La position respective et la distance physique adoptées vis à vis d’autrui relève de la politesse et plus largement d’un certain code culturel. Bien que l’écart à maintenir ne soit pas une mesure absolue et dépendent des cultures, l’homme poli évite tout rapprochement soudain et excessif suivant une sorte de tabou du contact imposé ou subi. Au-delà des conventions, intervient le tact qui correspond à ce qu’on peut appeler la politesse du coeur. Il inspire spontanément l’attitude discrète ou chaleureuse.

Les rituels permettent à ceux qui manquent de la politesse du coeur de vivre quand même en société.

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