Le Sultan avait trop chaud – chap 59

Centaure

Centaure

– Pourquoi tourner en rond, ton étoile ne s’accorde pas à la mienne, et je ne te cache pas ma profonde  amitié, bien différente de l’amour. Tu  représentes pour moi les liens qui me restent avec Shamir, avec sa présence, son génie.
Et ce discours, Djamila ne pouvait l’accepter. Elle parla ainsi :
– Pourquoi, ô beau jeune homme, as-tu l’air ainsi boudeur, presque fâché que tu ne me regardes plus comme avant? Je te jure que je suis sincère et que même si tu ne m’aimes pas, je ferais les mêmes efforts pour t’aider dans ton travail. Je n’ai jamais été jalouse que tu regardes avec des yeux plein d’imagination l’esclave folle que ma famille nourrit depuis une décennie. Je ne comprends seulement pas comment tu peux lui faire l’honneur de la regarder.
Et Julien l’écoutait bercé par son babil constant dans l’amour qui lui faisait oublier tous ses malheurs passés et à venir à tel point qu’il pensait qu’ils étaient arrivés à d’autres qu’à lui.   Alors Julien leva la tête et regarda la jeune fille. Il se fit une joie de contempler sa beauté et ses charmes, puis il se mit à penser :  » Djamila ne fait pas partie des jeunes femmes perfides qui combinent un plan, de connivence avec sa famille, pour prendre le beau papillon de jour ou de nuit en lui collant du miel sur les pattes. Mais elle est tout de même très maligne et sait employer la ruse pour arriver à ses fins. »
Elle reprit, plus charmeuse que jamais :
– Je suis triste de ne pas mériter tes louanges, mais je reconnais et admire ta constante fidélité. Que penserais-tu d’un beau palais avec de l’eau courante, des arbres fruitiers, où le vin coulerait à flot dans des coupes de vermeil, où tu verrais des visages ravissants, où tu trouverais des joues lisses à frôler, des tailles fines et pliantes à aimer, et toutes choses à l’avenant que tu pourrais désirer, où tu resterais du jour au matin pour travailler, te détendre et t’amuser. »
– Mais, ô belle Djamila, je suis très bien accueilli chez toi et je ne souhaite rien de mieux que ce que ta famille m’offre. Je suis un homme merveilleusement heureux. Pourquoi  me fais-tu cette proposition à moi? Allah m’aurait-il choisi parmi toutes ses créatures pour que je te plaise à ce point-là? Quelle est en moi la chose qui a pu te plaire et te faire me préférer?
Et Djamila lui répondit :
– Je connais un trésor. Mon grand-père m’a transmis son secret sur un parchemin que je dois décrypter. Tu pourras m’aider. Alors nous pourrons construire ce palais comme il aurait aimer  en construire un, à l’image de l’amour que je lui porte et à l’image de l’amour que je te porte (c’est la seule condition de pouvoir utiliser ce trésor :  le dédier à l’amour de mon choix.)

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