Le Sultan avait trop chaud – chap 68

flacon d'opium

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Deux jours environ avant la clôture du concours, Azaïra commença à sombrer dans la mélancolie la plus noire. Elle n’avait pas eu de nouvelles de Julien depuis le retour de Razi; le seul esclave qui aurait pu raconter quelque chose s’était perdu dans le désert, il y a quelques jours, et l’on n’avait pas pu retrouver sa trace. Elle ne se sentait plus aucune raison d’espérer. Elle n’en avait plus la force. Et elle se disait en elle-même :
– Est-il possible que le temps me prenne comme victime, alors que le sultan mon père vit parmi les vivants de la terre et les gouverne et que moi je sois tristement la proie des plus grands désespoirs, alors qu’intrépide, cher père, tu devrais être mon défenseur contre tous ces chiens ardents.
Et elle ne comprenait pas pourquoi il la laissait être malheureuse, car elle ne soupçonnait pas une seconde qu’il pouvait la RENDRE malheureuse.Et elle poursuivait :
– Est-il possible que tout altéré puisse à tes eaux vives se désaltérer, alors que moi, ta fille préférée, je meurs de soif sous ton ciel, ô nuage bienfaisant qui nous donnes la pluie. Ne m’abandonne pas. Est-ce le sort de tous les serviteurs qui t’aiment et te servent avec ferveur et comment acceptes-tu qu’ils souffrent ainsi sous ton toit, sans les soulager de leur peine?
Le jour, elle parvenait à prendre sur elle, pendant la réception des plans, mais la nuit, elle pleurait et ne parvenait pas à dormir.

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