Myrtille

myrtilles © Secrets de plantes

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La myrtille, airelle, brimbelle, raisin des bois, Vaccinium myrtillus, de la famille des Ericaceae, est un sous-arbrisseau, très commun dans le Nord de l’Europe. Ses rameaux dressés, anguleux, verts, de 20 à 60 cm, portent des feuilles caduques, alternes, courtement pétiolées et finement nervées en dessous. Les fleurs sont blanc verdâtre lavé de rouge ou rosées, penchées, solitaires ou géminées, avec des corolles en grelot subglobuleux, à lobes courts. L’ovaire donne à maturité une baie noir bleuâtre, renfermant de nombreuses petites graines à la pulpe rouge violacée. Leur saveur est agréable.
Elle abonde dans les montagnes siliceuses, les bruyères, les coteaux boisés des Ardennes et les montagnes des Vosges. On la trouve aussi dans le Massif Central, les Pyrénées et diverses autres régions de France. Elle est répandue également en Europe centrale et boréale, au Caucase, en Sibérie et en Amérique boréale.
Elle pousse jusqu’à 2800 m d’altitude.

Usages

On en utilise les baies, les feuilles et la racine.
Dioscoride, le premier, vante ses mérites pour combattre la dysenterie. Sainte Hildegarde la trouve bonne pour régulariser les règles et Arnaud de Villeneuve conseille, pour guérir les hémorroïdes, de s’asseoir sur un coussin de feuilles de myrtilles et de roses bouillies.
La médecine populaire l’utilise surtout comme antiseptique et astringent et l’abbé Kneipp la considère comme « la première et la plus indispensable de toutes les teintures de notre pharmacie familiale ».

Composition chimique et usages actuels

Les feuilles contiennent :
– des glucides, principalement des oses et des osides (mucilages, saccharose)
– des protides dont des enzymes : diastase, arbutase décomposant l’arbutine en hydroquinone et dextrose
– 3 à 6 % de matières minérales telles que le chrome, le fer et le manganèse
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C), acide benzoïque, acide malique, acide quinique, acide succinique
– des composés phénoliques représentés par des :
. phénols (traces d’arbutine et d’hydroquinone, catéchol, épigallocatéchol)
. acides phénoliques
. flavonoïdes plus particulièrement des :
. flavonols : rhamnoglucosyl-quercétine, arabinosyl-quercétine, glucuronyl-quercétine
. tanins condensés : 6 à 11 % de tanins catéchiques
. flavanols : épicatéchine, gallocatéchine
. tanins : tanin gallique
. quinones
– des terpénoïdes :
. iridoïdes
. triterpènes : saponines (acide oléanolique, acide ursolique), stéroïdes (phytostérol), triterpènes divers : amyrines, en particulier beta-amyrine
– de l' »insuline végétale » : la myrtilline et de la néomyrtilline (glucoside méthoxylé de l’acide gallique)
iLa feuille de myrtille est anti-diarrhéique et antifongique. Elle est reconnue être dépurative, diurétique et veinoprotectrice.
La feuille est hypoglycémiante, activité attribuée à la néomyrtilline. Elle est donc efficace dans le traitement du diabète.

Usages pharmaceutiques
Des décoctions et des teintures préparées à partir des feuilles de myrtille sont employées en usage externe contre les stomatites et l’eczéma.
De même que les fruits, les feuilles de myrtille sont traditionnellement utilisées dans les troubles circulatoires et dans le traitement des diarrhées légères.
La feuille est utilisée contre les fièvres dues à la goutte ou aux rhumatismes.

Usages cosmétiques
La feuille jouit de propriétés similaires à celles du fruit mais elle est de plus purifiante. Elle peut être incorporée dans des produits d’hygiène corporelle, des crèmes de massage pour les pieds et les jambes lourdes, des démaquillants pour le contour des yeux, des lotions pour peaux grasses à tendance acnéique, des shampooings pour cheveux normaux et gras.

Folklore

Vaccinium vient du latin vacca, la vache, qui broutait volontiers la plante dans les pacages. Quant à myrtille, c’est un diminutif de myrte, l’arbre sacré des Perses, auquel ses feuilles et ses fruits la font ressembler. Il pourrait dériver aussi du latin médiéval myrtillus, venant lui-même de myrtus, airelle.
La myrtille apporte protection, notamment contre les malédictions et les ensorcellements, chance et rêves prémonitoires.
En Forêt Noire, une corbeille de myrtilles installée au-dessus du buffet au mois d’août assure de la chance pendant toute l’année et en manger est considéré comme efficace contre les angoisses et la dépression.
En Pologne, elle aide à faire tomber les lutins ivrognes.
Quant à celui qui veut connaître l’avenir, qu’il en fasse brûler dans sa chambre et il aura des rêves prémonitoires. Les jeunes filles sudètes s’en servent ainsi pour prévoir leur mariage.

Recettes

Teinture

Le suc des baies, mêlé à de la chaux, de l’acétate de cuivre et un sel d’ammoniac donne une belle couleur pourpre, bonne pour la peinture. Les anciens s’en servaient pour teindre en pourpre les habillements des esclaves.
Si au contraire, on le macère avec du sulfate de cuivre ou de l’alun, on obtient une couleur bleue dont on se sert pour les papiers et pour les voiles.

Teinture alcoolique de myrtille

100 g de baies fraîches de myrtille
macérées dans un litre d’eau de vie
pendant 20 jours.
En prendre un petit verre.
ou
Faire une infusion de baies à raison de
50 grammes
par litre d’eau.
Ces sont de bons remèdes contre les diarrhées et la dysenterie.

Tarte aux myrtilles

Ingrédients
la pâte:
250g de farine,
125g de beurre,
2 cuillerées de sucre en poudre,
1 pincée de sel
1 oeuf
5 cl d’eau.
la garniture:
1 kg de myrtilles fraiches,
du sucre en poudre.
le moule:
30 g de beurre.

Mélangez la farine avec le beurre coupé en petits morceaux ramollis. Versez au centre et progressivement l’oeuf que vous aurez battu avec le sucre, le sel et l’eau. Mélangez légèrement du bout des doigts.
Laissez reposer la pâte au frais pendant une heure. Abaissez votre pâte au rouleau et foncez le moule beurré. Piquez le fond avec une fourchette.
Étalez les fruits. Faites cuire au four une demi-heure. Sortez du four et saupoudrez de sucre.

S’appeler myrtilles…et précautions…

Depuis quelques années, l’introduction d’airelles américaines appelées myrtilles, introduit une grande confusion dans les produits. Ces fruits tout à fait originaux, les blueberries d’outre atlantique, sont plus gros, agréables mais d’un autre goût que nos myrtilles ; elles n’en ont pas les précieuses vertus thérapeutiques.
Alsaciens et vosgiens semblent avoir résolu le problème en les appelant “bleuets”, dénomination également employée par les canadiens français.
L’intérêt du consommateur est de pouvoir clairement choisir entre ces deux espèces également recherchées.

Depuis une bonne vingtaine d’année est apparu un danger dans la cueillette des petits fruits ou des plantes comestibles poussant à faible hauteur : la contamination par le renard et ses déjections. Transporteurs d’une larve (Leicmeinose) , si vous les mangez crus, sans précautions de lavage ou de cuisson vous risquez de vous infecter et quelques vingt ans après de vous retrouver avec les 2/3 du foie rongé.

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