Oranger doux

Oranger doux © Secrets de plantes

Oranger doux © Secrets de plantes

L’oranger doux ou oranger de Chine ou Apfelsine, Citrus aurantium, de la famille des Rutaceae, est originaire d’Asie. Il est cultivé dans de nombreuses régions à climat méditerranéen, ou tempérées chaudes, en Floride et en Californie, en Amérique du Nord.
La saveur du fruit est douce et recherchée.

Cet arbuste peut atteindre 12 m et sa tête est arrondie. Les feuilles ont un pétiole à aile étroite et elles portent à leur base des traces d’épines qui sont en fait des rameaux avortés. Toute l’année, les fleurs, petites, charnues, blanches, se présentent en bouquets terminaux. Le fruit, multiloculaire, mûrit de février à avril ; l’épicarpe est jaune orange et abondamment pourvu de poches à essence. La graine (le pépin) est dépourvue d’albumen.

Usages

On se sert du jus de l’orange douce pour prévenir le scorbut, soigner la grippe, calmer les coliques provenant du froid, faire baisser la fièvre (on a dit du zeste qu’il avait les vertus du quinquina), dissoudre les lithiases urinaires.
Les fleurs en Italie fournissent un hydrolat aux vertus antispasmodiques, sudorifiques et cordiales.
Les feuilles auraient les mêmes propriétés antispasmodiques.
Le jus parfumé des oranges a été employé pour parfumer des plats. On en a fait des confitures, du sirop, de la sangria, des fruits confits, des spécialités gourmandes : nonnettes à la confiture d’orange ou morceaux de zestes confits et roulés dans du sucre, boutte-hors du moyen âge.
A partir de ses branches les plus fortes, les plus droites, on fabriquait des cannes.

Composition chimique et usages actuels

Le zeste contient :

– des glucides : oses (rhamnose, lévulose) et osides (arabanes, pectates de calcium et de magnésium)
– des protides : enzymes (peroxydase, catalase, invertase)
– des lipides
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C), acide borique
– des composés phénoliques représentés par :
. des flavonoïdes : flavanones (hespérétine, hespéridine, naringine, néohespéridine, tangéritine, nobilétine, auranétine)
– des terpénoïdes : caroténoïdes
– des vitamines B, de la vitamine A (rétinol)
– des résines
– 0,5 % d’huile essentielle renfermant :
. des coumarines, notamment des furocoumarines : bergaptène, iso-impératorine, auraptène
. des monoterpènes : 90 à 95 % de limonène, 1,8 % de linalol, 2 % de myrcène, 0,5 % d’alpha-pinène, acétate de linalyle, 1,8 % de carvone, 0,4 % de géraniol, 0,7 % de terpinéol, 1,3 à 1,6 % de cis- et trans-carvéol, 0,7 % d’alpha-ionone
. des aldéhydes aliphatiques (octylique, nonylique, décylique, dodecylique, acétaldéhyde)
. de l’anthranilate de méthyle
L’écorce jouit de propriétés anti-asthéniques, stomachiques, cholérétiques et hypotensives. Elle est par ailleurs anti-histaminique, hypocholestérolémiante, sédative et veinoprotectrice. La présence de flavonoïdes, notamment la naringine, lui confère des vertus anti-inflammatoires, antifongiques et antibactériennes.

Utilisations pharmaceutiques
L’écorce d’oranger doux est traditionnellement utilisée dans les manifestations de la fragilité des petits vaisseaux de la peau.
L’huile essentielle d’écorce d’oranger doux est recommandée en cas de rétention urinaire, d’obésité et de palpitations.
La teinture d’écorce est employée comme aromatisant dans les médicaments.

Utilisations cosmétiques
L’huile essentielle d’écorce d’oranger doux bénéficie de propriétés antiseptiques, purifiantes, régénérantes et tonifiantes. Elle est également réputée adoucissante.
On reconnaît aux extraits d’écorce d’oranger doux des vertus décongestionnantes et antiseptiques.
Les extraits d’écorce ainsi que l’huile essentielle peuvent être incorporés dans :
– des produits d’hygiène bucco-dentaire
– des shampooings pour cheveux normaux, abîmés ou fragiles
– des laits tonifiants pour le corps
– des crèmes régénérantes pour peaux matures et abîmées
– des crèmes adoucissantes pour peaux sensibles et délicates
– des produits antiseptiques pour peaux mixtes ou grasses à tendance acnéique
– des crèmes de massage pour jambes lourdes

Folklore

Le mot orange viendrait du narandja des Arabes, emprunté au sanscrit nagarunga qui signifie fruit préféré des éléphants. Sinensis fait allusion à son origine chinoise.
L’oranger doux est originaire de Chine et de Cochinchine ; ce n’est que vers le début de l’ère chrétienne qu’il se serait répandu aux Indes d’où les Arabes l’emportèrent en Syrie, en Égypte et sur la côte orientale de l’Afrique.
Les Croisés, l’ayant trouvé en Palestine, l’introduisirent en Europe.
Sa culture n’est vulgarisée qu’à la fin du XIVe siècle. Cependant on dit qu’on voyait à Rome, dans la cour d’un couvent, un oranger qui aurait été planté par Saint Dominique en personne : on réservait ses fruits aux malades, au Pape et aux cardinaux, le jour des Cendres, jour d’entrée en Carême.
Les oranges étaient inconnues des romains. Les grecs par contre avaient créé le mythe du « jardin des Hespérides » où poussaient ces fameuses pommes d’or qui semblent bien être des oranges ; ce paradis était situé à l’extrémité de l’Europe, c’est à dire au Portugal. D’où les noms étonnants que portent les oranges : en piémontais,portogallotto, en albanais,protokale et chez les kurdes, prtoghal. On dit d’ailleurs que la culture des orangers commença il y a fort longtemps au Portugal et que tous les pieds dérivent du premier et unique exemplaire importé de Chine et qui vivrait encore à Lisbonne dans la maison du comte Saint Laurent.
L’orange a toujours été un cadeau de choix. C’était, il y a encore à peine plus de 50 ans, le cadeau merveilleux réservé aux enfants au lendemain de Noël.

Recettes

zestes d’orange confits

Ingrédients :
2 oranges non traitées d’une variété à peau épaisse
600g de miel toutes fleurs
gingembre en poudre

Épluchez les oranges en enlevant l’albedo, partie blanche du zeste. Découpez en lanières que vous ferez tremper dans l’eau fraîche toute une nuit.
Le lendemain, changez l’eau et faites tremper à nouveau dans de l’eau fraîche. Vous recommencerez 7 fois, c’est-à-dire 7 jours de suite, cette opération. Ébouillantez les zestes : égouttez-les puis séchez-les sur un linge bien propre. Mettre les zestes dans une petite casserole, ajouter le miel et porter doucement à ébullition. Les zestes doivent être complètement recouverts de miel. Laisser bouillotter à feu très doux, jusqu’à ce qu’une goutte de miel, plongée dans un verre d’eau froide, tombe au fond sans se déformer. La cuisson dure environ de 10 à 15 minutes. Egoutter les zestes sur une grille et laisser sécher quelques heures. Dans une boîte en fer disposer les zestes en les saupoudrant de gingembre en poudre. Fermer la boîte et entreposer au frais pendant un mois environ avant de consommer.

canard sauce bigarade

Ingrédients
1 canard
huile
3 oranges
1 citron
1 verre à liqueur de curaçao
fond de veau ou concentré de volaille

Faire dorer le volatile en cocotte, dans une huile très fine, après l’avoir farci d’une orange coupée en quatre avec sa peau. Le cuire à l’étouffée, en mouillant de très peu de fond de veau ou de concentré de volaille délayé dans de l’eau chaude. Retirer le canard et le vider de sa farce. Déglacer la cocotte avec un verre de jus d’orange coupé de jus de citron, ajouter une julienne de zestes d’orange et de citron. Laisser réduire et mettre au point avec un verre a liqueur de curaçao. Servir le canard nappé de cette sauce passée au tamis et accompagné de quartiers d’orange passés à la poêle.
Une seule épice se marie agréablement à cette préparation: quelques râpures de muscade sur le canard à mi-cuisson.

suprême de canard à la Robert Landry

Ingrédients
oeuf
huile neutre
sel, poivre
cerfeuil
curaçao

Un jour de grande chaleur, préparez des suprêmes de canard, présentés froids avec une mayonnaise au cerfeuil légèrement détendue de curaçao.
Raffinement pour un jour de grande chaleur.
“La muscade et surtout son enveloppe, le macis, se prêtent à toute utilisation de cette liqueur. D’autres alcools du même ordre, cointreau, grand-marnier, etc., renferment une saveur orangée mais d’une tonalité beaucoup plus discrète.”

jus d’orange chaud

En Autriche, dans les chalets, au coeur de l’hiver, on offre des orangeades brûlantes et délicieuses.

remède antigrippe

Soigner sa grippe en se mettant au lit et en absorbant 3 litres par jour de jus d’orange frais.
C’est un agréable et efficace antigrippe gitan.

orange/lanterne

Ingrédients
1 orange
huile
1 allumette

Coupez horizontalement l’orange en deux parties.
Du côté où l’on voit la trace du pédoncule se trouve le reste du style transformé en une colonne blanche et cotonneuse que vous prendrez bien soin de conserver en  évidant l’orange.
Sur l’autre moitié, coupez de petites lucarnes en amandes sans abîmer la coupe.
Placez la moitié contenant la mèche sur la table, versez de l’huile sur cette mèche, enflammez-la, couvrez avec la moitié ajourée.
Cette jolie lanterne odorante émerveille les petits enfants
et attendrit les grands.

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