Le sultan avait trop chaud – chap 86

desertA son retour dans la pièce qu’elle partageait avec Julien, Shira remarqua qu’il était un peu agité.  Elle comprit vite que s’il avait refusé ses propositions galantes, il n’en était pas moins un peu jaloux de la voir prolonger son entretien avec Assidi.
Quand il la vit, surexcitée, l’oeil brillant et la chevelure en bataille, il eut un sourire intérieur qu’il dissimula pour ne pas la vexer et il entendit sans surprise ses premières paroles.
– « Accorde à ton esclave la grâce qu’il va te demander et pardonne-lui d’avance ce qu’il a à te dire »Puis elle l’entretint sur ce qu’elle avait dans l’esprit, le rassura sur les conditions d’exécution du concours et lui assura que Assidi ne lui en voulait aucunement;  il prenait sa responsabilité à cœur ce qui exigeait de lui qu’il se refuse d’exprimer la moindre préférence amicale à l’égard d’un concurrent. En fait il ne participait pas (personne ne le savait), mais faisait partie du jury qu’il présidait. Et s’il était dans le palais avec les autres architectes, c’était pour être l’oeil du sultan au milieu des architectes.
Elle lui raconta enfin ce qui s’était passé entre eux et qu’il n’est pas utile de redire une nouvelle fois. Julien était perspicace et comprenait bien qu’une femme comme Shira , c’était dans sa nature, ne pouvait s’empêcher de rendre un homme heureux et Assidi avait été choisi. Elle ne restait pas longtemps sur un échec; ainsi va le vent du désert le long des collines déposant là quelques grains de sable, puis plus loin ailleurs, et ainsi de suite.
Pour lui adoucir la vie alors, elle prit son luth et commença à chanter pour le distraire, après avoir accordé savamment les cordes. Elle pinça les cordes avec un vibrant amour, à réveiller les morts, et à attendrir le granit.

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