Le Sultan avait trop chaud – chap 89

andiruQuand le vizir comprit qu’il fallait s’exécuter, il essaya de s’insurger, alléguant un changement arbitraire et inique du règlement dirigé contre le lauréat, puis il menaça. Sans rien obtenir, même pas une colère du sultan. Au vu de cette dernière scène, l’architecte qui avait gagné commença à prendre une couleur qui voisinait les couleurs verte et jaune qui ne donnent pas particulièrement l’impression d’une mine réjouissante. Pour tout dire, il commençait à être pris de panique.
Un seul intermède, au milieu de toutes ces vilenies avait été charmant : la remise de son projet à Julien par la fille du sultan; il parvint à lui murmurer : »je t’aime, je t’expliquerai ».
Le sultan prit une joie sauvage à la sortie furieuse de son vizir;  celui-ci avait manqué de calme, il avait déjà perdu : il avait joué et perdu sa place et probablement sa tête.
Le vizir sentit de colère la sueur jaillir d’entre les yeux, se frappa la tête de ses mains, cassa ses babouches et déchiqueta  le parchemin qu’il tenait. En fait il était pris d’une grave crise de folie destructrice. Il était atterré : il finit par se donner des coups de poing sur la figure, se mordre les mains et abandonna son turban qu’il jeta au loin. Il était inconsolable. Même sa fille qui était si laide (celle qu’il voulait marier) mais très douce ne parvint pas à le calmer. Sa femme aussi n’eut aucun succès et elle perdit sa robe dans l’affrontement, car il la déchira entièrement en des dizaines de lambeaux de toute taille.Le lendemain, il n’était toujours pas calmé; une grande partie de la porcelaine y était passée et les esclaves n’avaient pas fini de débarrasser les salles des multiples morceaux quand on apprit que Julien s’était échappé.
Là, le grand vizir prit peur, car les cellules étaient sous sa responsabilité directe.
Et il voyait déjà n’importe quel petit vizir aller raconter fielleusement au roi :
– O roi, voici que le grand vizir que tu cites toujours et de l’attachement de qui tu prétends être sûr, qui non seulement a acheté le conseil pour imposer son architecte, mais en plus laisse s’enfuir un étranger, un gamin corrompu qui courtise toutes les femmes du désert et fait des clins d’oeil à ta fille comme s’il était sûr qu’un jour elle tomberait dans ses bras.
Et le grand vizir se prit à imaginer un instant que le sultan refuserait pendant un moment de le croire, mais devant les preuves, finirait par succomber aux calomnies. Et comme il est plutôt changeant, la punition serait sévère.
Le grand vizir était effondré. Et pourtant il n’était pas responsable de l’évasion de Julien; voilà comment les choses s’étaient passées…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: