Le Sultan avait trop chaud – chap 90

desertJulien devait s’enfuir. C’était impératif, puisqu’il n’y avait pas moyen de gagner le concours normalement, il fallait réaliser un palais conforme aux plans de Shamir qui agréerait sans nul doute le sultan; ce serait un atout incontournable.
Comme il l’avait plusieurs fois ressenti (très fort) dans sa vie, son âme redoutait toutes les tyrannies y compris celles du cœur et les cages dorées n’étaient pour lui que des bâtisses de mort et d’humiliation. Il honnissait l’esclavage qui était encore courant à cette époque-là.
– Lève-toi et sauve-toi, pensait-il, avant qu’on ait seulement fini de refermer sur lui la porte de la « prison ».
A peine retourné dans sa cellule, Julien avait compris que s’il voulait s’en sortir, il fallait s’échapper.
Il alla trouver Assidi qui le rassura, puis Shira, et voilà le plan diabolique qu’il mit au point avec eux sans que personne ne le sache et sans que qui que ce soit ne soit pas dupe.
Julien prit les habits d’Assidi, se coiffa de son turban et sortit par la porte centrale où chacun le reconnut comme l’architecte en chef du palais. Il avait l’habitude d’entrer et de sortir grâce à un viatique qu’il ne montrait plus depuis longtemps. Toutefois il fut interpelé; c’est à dire que Julien dut répondre. L’échine glacée, il ne perdit pas son sang-froid et bougonna une réponse en arabe, langue qu’il connaissait bien. Tout le monde rit, lui fit un geste qu’il rendit; et ainsi sortit Julien, mais il avait eu chaud. Un cheval l’attendait dehors attaché au dernier arbre avant le désert; il l’enfourcha et il galopa, galopa, jusqu’au premier oasis où il fit boire sa monture. Après deux heures d’un bref sommeil, il repartit jusqu’au lever du soleil.
Et ainsi pendant plusieurs jours.

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