Le Sultan avait trop chaud – chap 95

CHAMEAUTQuand Julien eut fini de parler sans arrêt avec Razi, la nuit était fort avancée. Les deux amis avaient une affection commune qui les liaient d’autorité : ils pouvaient parler d’Azaïra sans discontinuer à travers les nuits et les jours. Aucun ne savait s’en lasser, mais Razi sentait que sa mission d’information prenait fin. Il devait rentrer. Il voulut alors faire ses adieux à Julien. Celui-ci tenta de s’y opposer,  puis résigné et se faisant lentement à l’idée de le laisser partir, il emmena le grand eunuque au souk pour louer un chameau.
Il le chargea d’une lettre pour sa bien-aimée dans laquelle il tentait de la rassurer ou tout au moins de l’assurer de sa fidélité et de son impatience à la retrouver. A la fin du rouleau de parchemin, il lui promettait un retour en fanfare dès que son palais serait terminé.
On chargea le chameau de toutes les choses nécessaires et Razi s’apprêta à partir.
Julien alors, suggéra alors à Razi, pour que les recherches à son encontre cessent, de raconter la chose suivante :
– Razi, aide -moi; dis à tout le monde que tu as rencontré mon cadavre dans le désert, que, à la suite d’une mauvaise rencontre avec les brigands, j’ai eu le dessous et que le chef m’a fait exécuter après les tortures les plus délicieuses à cause de la femme qui avait organisé mon évasion. C’est crédible, c’est simple et tout ce qu’il y a de logique. Fais-le; j’en serais plus tranquille et pourrais vivre un peu moins reclus. Je te donne cette médaille que je ne quitte jamais en gage de ma disparition.  Arrange-toi, ensuite, pour  la récupérer et donne-la à Azaïra, quand elle aura jouer son rôle. Qu’elle la mette à son cou; cela me portera bonheur.
Ils se quittèrent sur ces dernières paroles. Les larmes affluèrent de chaque côté, dans les yeux de celui qui partait, dans les yeux de celui qui restait, puis elles coulèrent simplement. Ils s’embrassèrent et se promirent de ne plus jamais se quitter quand ils seraient tous réunis.
Enfin, ses dernières paroles furent pour lui recommander de ne pas venir trop souvent, non qu’il n’en ait pas envie, mais pour éviter qu’il se fasse repérer. Il avait remarqué que le sultan faisait toujours suivre Razi et craignait les rapports de ces vils indicateurs qui étaient pourris jusqu’à la moëlle et qui trahissaient n’importe qui pour une somme d’argent. Razi aquiesca; leurs larmes redoublèrent d’intensité puis ils se quittèrent pour ne pas risquer d’inonder la terre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: