Poirier

Poires © Secrets de plantes

Poires © Secrets de plantes

Le poirier, Pyrus communis, de la famille des Rosaceae, est un arbre fruitier très répandu que l’on rencontre à travers toute l’Europe et l’Asie septentrionale. Il est originaire des régions qui s’étendaient de la Perse septentrionale à la côte occidentale de l’Europe tempérée.
C’est une espèce cultivée depuis plus de 4000 ans. Il en existe d’innombrables variétés en Europe et en Asie.
Il pousse à l’état sauvage dans les bois et parfois les terrains vagues de presque toutes les régions de France.
C’est un arbuste ou arbre, de 20 m de haut maximum, sans épines (lorsqu’il est cultivé).

Ses feuilles sont ovales ou arrondies, légèrement dentées ou non, simples, glabres et luisantes à l’âge adulte. Les fleurs, grandes, en corymbe, comportent 5 pétales glabres et sont généralement blanches avec des anthères pourpres ou violacées. Le fruit est une drupe verte ou brunâtre : c’est la poire. La maturité est progressive et s’achève en septembre.

Usages

On en utilise le fruit, l’écorce et les feuilles
Dès les temps reculés, toutes les parties de la plante ont été recommandées contre les empoisonnements causés par les champignons. Les Anciens conseillaient ainsi les cendres de poirier sauvage mêlées à l’oxycrat. Ils pensaient même que faire cuire les champignons avec des feuilles de poirier éviterait l’intoxication : recette à éviter bien sûr. Ils connaissaient bien l’arbre puisque Caton l’Ancien cite déjà 6 sortes de poires et Pline, 35.
À cause de leur forme, on considérait que les poires, rafraîchissaient et guérissaient le foie enflammé et que l’infusion des feuilles était un désinfectant des voies urinaires.
L’écorce est astringente et légèrement fébrifuge (efficace dans les cas de fièvres intermittentes).
Les feuilles sont diurétiques et calmantes et elles exercent sur les urines une action antiputride analogue à celle de la busserole.
Les fruits, légèrement laxatifs, sont permis aux diabétiques. La décoction de fruits verts, riche en tanins, était prescrite dans l’Antiquité comme astringent intestinal.
En cosmétique, les extraits de poire sont utilisés pour leurs propriétés astringentes, adoucissantes et hydratantes.

La poire est un fruit excellent qui depuis longtemps orne nos table : chacune a sa saison et les poire à cuire ne sont pas celles à manger au couteau ou à faire du cidre
Les poires à cidre servent à la fabrication d’une boisson fermentée, le poiré.
Par la distillation, on en obtient également une eau-de-vie et la fermentation acide les transforme en vinaigre.

Le bois de poirier, enfin, est très dur. On peut s’en servir pour imiter l’ébène, en le teignant en noir ; on l’emploie surtout dans la gravure sur bois.

Composition chimique et usages actuels

Le fruit renferme :
– des glucides, notamment des oses (fructose) et des osides (pectine, lévulose)
– des matières minérales
– des acides organiques tels que l’acide ascorbique (vitamine C), l’acide citrique, l’acide malique
– des composés phénoliques, particulièrement des acides phénoliques (acide chlorogénique) et des tanins

On attribue à la poire des propriétés diurétiques et anti-diarrhéiques.

Usages pharmaceutiques
Le fruit du poirier est utilisé dans les affections des voies urinaires (cystites, maladies de la vessie…). On le recommande également pour stimuler la diurèse en cas de goutte, de lithiase ou de rhumastismes.

Usages cosmétiques
Les extraits de poire sont utilisés pour leurs propriétés astringentes, adoucissantes et régénérantes. On leur attribue par ailleurs des activités exfoliantes en raison de leur teneur en acides organiques. Ils sont par ailleurs antiseptiques.

On recommande leur utilisation dans la composition de :
– lotions pour cheveux gras à tendance pelliculaire, shampooings pour cheveux secs
– produits peeling pour le corps
– crèmes adoucissantes pour les mains
– soins régénérants pour peaux abîmées, fatiguées et ternes
– crèmes pour peaux mixtes ou grasses

Folklore

fleurs de poirier © Secrets de plantes

fleurs de poirier © Secrets de plantes

Pyrus dérive soit du grec « pyr », flamme, par analogie avec la forme du fruit, soit plutôt du celtique « pir », poire.
Homère, dans une superbe description des jardins du roi des Phéniciens, évoque les grenadiers qui y prospéraient avec « des poiriers, des pommiers aux fruits d’or, des puissants oliviers, des figuiers domestiqués ».
L’arbre était consacré à Héra et les toutes premières statues de la déesse étaient en bois de cette essence. La poire elle-même, tout comme le coing, a longtemps été un fruit dédié à Vénus et on l’utilisait dans les charmes d’amour. Athénée décrit le char d’Aphrodite rempli de roses, de myrtes et de poires.
Ses pouvoirs magiques ont trait à la divination et à la sexualité. Les Avares du Bosphore (royaume grec de Crimée, Ve s. av. J.-C.) jetaient des branches de poirier au hasard sur une étoffe blanche et en tiraient des indications sur les événements à venir. On trouve des rites analogues chez les Scandinaves et les Germains. Des figurines rudimentaires étaient taillées dans le poirier et on leur attribuait des pouvoirs de protection contre les maladies, les accidents.  La poire elle-même a été utilisée sous toutes ses formes (crue, cuite, séchée, en pelure, en jus, par ses pépins ou sa queue) dans les charmes d’amour-attachement. Le bois de poirier était très prisé pour fabriquer les baguettes magiques.

Recettes

la poire dans la bouteille

Ingrédients
1 poirier en fruits
une bouteille
1   bouteille d’eau de vie de poire (Williamine par exemple)

Placez votre bouteille bien calée sur une jeune poire. Laissez grandir la poire. Quand elle est mûre détachez de l’arbre. Remplissez la bouteille en versant sur la poire une bonne Williamine. Bouchez. Laissez macérer. Dégustez en servant cette étonnante  bouteille.
Succès assuré : ça se raconte comme une partie de pêche.

Poires au kirsch

Couper de belles poires en deux, et les éplucher.
Les faire cuire à l’eau sucrée, les retirer quand elles sont fermes.
De l’eau de cuisson faire un sirop qu’on parfumera avec du kirsch et un jus de fruit selon le goût.
Disposer les moitiés de poires sur un plat, et verser dessus le sirop.
On peut intercaler avec les poires des demi-pêches pochées et décorer le plat avec des cerises confites, des morceaux d’angélique, etc.

Des doigts qui chantent

Si vos doigts craquent un peu trop lorsque vous croisez vos mains et si le petit vin blanc en est peut être l’alibi, alors n’hésitez pas : entreprenez une cure de poire sur 21 jours.
Il vous suffira de manger 1 kg de poires par jour.
Et d’arrêter le vin blanc !
Cure agréable au succès assuré.

Les tartines de grand’mère Anna

Ingrédients
1 pain
beurre salé
poire fondante du type William

Coupez le pain en tranches épaisse d’un doigt. Chauffez du beurre dans une poêle et jetez-y 2 à 3 tranches de pain selon le diamètre de la poêle. Faites les vivement dorer.
Pendant ce temps éplucher les poires et coupez-les en tranches. Sortez les tartines dorées au beurre, égouttez-les sur un papier torchon. Disposez dessus les tranches de poire.

C’est un fameux souvenir d’enfance.

Poires à l’hypocras

Ingrédients
1 bouteille d’hypocras rouge
poires fermes (Curé, Conférence..)

Vous viendriez de fabriquer votre hypocras et vous auriez de belles poires bien fermes.
Épluchez-les sans les ouvrir et en conservant la queue. Posez-les dans la casserole adéquate (émail, inox, cuivre). Recouvrez avec l’hypocras.
Faites cuire tout doucement en surveillant car les poires doivent rester fermes et en même temps être imprégnées d’hypocras jusqu’au trognon. Laissez refroidir dans le vin.
Sortez délicatement à l’écumoire. Dressez sur une assiette.faites épaissir le jus restant. Versez sur les poires. Laissez tièdir. Servez.
Vous aimerez.

Bibliographie et sources : voir l’article sur l’érysimum

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