Guizhou, le karst et les minorités

Wuyang, province de Guizhou

Wuyang, province de Guizhou

Notre maître de Tai-chi, chinois, nous a entraînés dans un voyage dans le Guizhou, au sud-ouest de la Chine.

En Chine, il y a ce qu’on voit, ce qu’on veut bien nous montrer, ce que dit le discours officiel et ce qu’on peut apprendre en croisant habilement les questions. Il y a surtout ce qu’on ressent: un passage à marche forcée d’une civilisation techniquement bloquée, aux traditions millénaires, à la culture en osmose avec la nature vers la civilisation du numérique et du BTP.

La province de Guizhou est particulièrement représentative de cette solution de continuité: changement de civilisation avec rupture, faisant fi de toutes les bases. Les ingrédients sont là pour que la démonstration soit frappante: paysages grandioses, région parmi les plus pauvres de Chine, population essentiellement composée de minorités ethniques installées depuis parfois des millénaires dans cette région :  Buyi, Shui, Miao, Dong.

On y rencontre un mélange d’architecture traditionnelle en bois et de fausse architecture traditionnelle en béton, la pagode dans tous ses états.

costume Miao

costume Miao

Le gouvernement a décidé en 2006 que cette province devait devenir riche. Solution : y développer le tourisme de masse chinois, baliser les sites à visiter, rendre tout facilement accessible aux trains et autocars en creusant des tunnels et construisant des ponts pour aller tout droit à travers les montagnes ou pour les enjamber, faire payer des tickets d’entrée pour les villages des minorités…

Le Guizhou est une région montagneuse subtropicale de mousson: « jamais 10 jours de soleil de suite, jamais 15 kilomètres de chemin plat ».
Le climat est doux, jamais de grands froids, jamais de grosse chaleurs mais la rigueur se fait sentir en altitude. La pluie tombe en abondance toute l’année. On y cultive le thé et le riz et surtout les plantes médicinales.
Cette région karstique a été chamboulée par le mouvement tectonique entre Inde et Chine, ouvrant grottes et fissures. Les Chinois qui adorent comparer les formes de la nature aux productions humaines parlent de reliefs en forme d’épée, de coussins ou de tours. La forêt s’enracine comme elle peut dans ces roches, trouvant toujours des fissures pour y glisser ses racines et elle s’y épanouit généreusement.
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Quelques sites impressionnants:

Dakikong, les eaux turquoise et le pont du ciel

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