L’agave, plante paresseuse

agave

agave © Secrets de plantes

Botanique

Plusieurs espèces sont regroupées sous le nom d’agave. Elles sont originaires d’Amérique du Nord et d’Amérique Centrale (où elles sont fortement associées à la religion aztèque) mais sont bien naturalisées en région méditerranéenne (depuis le XVIe s.), en Afrique (Kenya, Angola) et dans le sud de l’Asie.

L’agave, Agave americana ou  Agave sisalana de la famille des Amaryllidaceae porte de larges feuilles épaisses, pouvant mesurer jusqu’à 1m50, aux bords hérissés  de pointes dures. Ces feuilles s’organisent en rosette autour d’une inflorescence qui, après une croissance d’une dizaine d’années, peut mesurer jusqu’à 10 mètres et porter plus de 1 500 fleurs.

Après cette floraison spectaculaire, la plante meurt.

Usages

Les feuilles et les racines sont traditionnellement utilisées en Amérique du Sud pour leurs propriétés diurétiques, dépuratives, antiscorbutiques et antisyphilitiques.
Les feuilles contiennent essentiellement une saponine et les racines des matières sucrées. Ces racines peuvent être un bon succédané de la salsepareille comme antisyphilitique. On les emploie essentiellement en teinture et en décoction.
. Au Mexique la sève évaporée, donne le miel de Maguey, dont on obtient par fermentation des boissons alcoolisées célèbres tel le “ pulque ” (boisson nationale mexicaine), le “ mescal ” et certaines “ tequilas ” très fortes.
Le pulque aurait été une boisson consommée en grande quantité par les grands prêtres aztèques avant les cérémonies sacrificielles. Aujourd’hui encore les chamans l’utilisent pour atteindre l’état de transe.
Au Mexique, on se servait de ses grandes feuilles pour couvrir les maisons.

Les feuilles fibreuses de l’Agave sisalana servent à fabriquer une matière textile, le sisal, en séparant les fibres pour les laver puis les sécher au soleil. Le sisal, utilisé dans la corderie, a une bonne résistance, il est réputé. On l’utilise également pour en faire des sacs.

Folklore

En Espagne, il était appelé “ arbol de maravillas ” (arbre aux merveilles) car on pensait qu’il était immortel et fleurissait tous les deux cents ans (en réalité tous les 10 à 12 ans). Linné, se référant à cette croyance, a tiré le mot “ agave ” du grec agauos (merveilleux).L’agave, que l’on nommait à tort “ aloès ” avant que Linné ne lui donne son nom, a été implanté dans le sud de la France au XVIe siècle. On en faisait des haies infranchissables (à cause de ses épines) et peu exigenates en eau.
Il était surnommé “abécédaire” car son action salivatoire (due à la saponine) aidait à “délier la langue des enfants”.
Source inespérée dans les déserts, la sève est appelée “ aguamiel ” .

La tradition espagnole ajoute que c’est le Diable qui est à l’origine de sa création : voyant Dieu créer la menthe, une toute petite plante aux feuilles minces et tendres, le Diable jaloux décida de créer une plante très grande aux feuilles épaisses et charnues. Il fit l’agave, hérissé de piquants et paresseux comme lui, ne fleurissant que tous les deux cents ans. Heureusement, car sa floraison annonce guerres, pestes et famines.

Au Mexique, l’usage de couvrir les maison de ses feuilles était censé apporter la fertilité : si un couple qui n’avait pas d’enfants refaisait sa toiture, avant un an la femme était enceinte.
A rapprocher de la réputation aphrodisiaque de l’agave : les indiens mélangeaient son jus à d’autres plantes aromatiques pour éveiller l’appétit sexuel.

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