La composition en peinture

Camille Corot

La clairière, souvenir de Ville d’Avray de Camille Corot – Musée d’Orsay

La composition est l’art d’organiser les éléments du tableau.

La composition est la construction interne des œuvres, répartition et organisation des formes et éléments plastiques sur la toile

En alliant invention et disposition, l’artiste au travers de ses choix d’agencement transmet l’unité à la composition. Il est possible de réduire une composition à ses lignes géométriques, mais la coordination des idées plastiques détermine l’organisation de la surface peinte comme l’action du cadre sur son contenu et illustre tout l’art et la dextérité du peintre.

Dans La clairière, souvenir de Ville-d’Avray, Camille Corot organise la composition autour de deux verticales suggérées par les deux arbres, et de deux diagonales, la première indiquées par les branches à gauche du tableau et la deuxième par la ligne fictive qui relie la cime des arbres au dernier plan.

L’oeuvre Des glaneuses, de Jean-François Millet est composée d’une ligne d’horizon qui traverse la toile de gauche à droite. Cette ligne placée dans le haut du tableau traduit la stabilité du sol et s’oppose aux trois glaneuses qui se tiennent en dessous de celle-ci et impulsent à l’oeuvre leurs mouvements. Au travers de deux courbes, qui apparaissent en reliant les trois têtes puis les trois mains des glaneuses résulte une impression de lent balancement.

Disposition sur la toile

Organisation des formes de différentes grandeurs sur la toile

La disposition des différents éléments sur une toile conditionne la composition ; elle aide à la lecture immédiate du tableau. Elle dépend du sujet du tableau et du point de vue adopté par le peintre.

La fuite en Egypte d’Odilon Redon est l’exemple d’une composition décentrée.

Les yeux clos d’Odilon Redon, un exemple de composition centrée.

Espace

Reproduction réelle ou imaginaire du champ de vision sur le plan d’un tableau.

La surface d’une toile permet toutes sortes d’illusions spatiales. De la représentation d’un volume au système de la perspective, en passant par une organisation de la toile en plans colorés, les peintres se sont appropriés de nombreuses techniques pour faire émerger l’impression de la profondeur.

Ils ont questionné l’espace de la toile à la lueur de leur talent.

Au XIXe siècle, un souffle de modernité va pousser les artistes à se jouer progressivement des lois de la perspective, en supprimant par exemple l’illusion de la profondeur au profit de motifs décoratifs en aplats, comme dans une tapisserie.
A reprendre.

Toulouse-Lautrec, dans La Toilette, peint une vue en plongée sur une femme assise sur le sol, elle occupe une position centrale. Le sol, qui matérialise presque à lui seul le décor, ne crée qu’une faible profondeur par rapport au plan du tableau. Aucun objet dans la partie supérieure de l’œuvre n’apparaît en entier, le peintre crée un espace tournant autour du modèle.

Hors champ

Hors du cadre de la toile

Des éléments de la composition comme un personnage coupé par le cadre ou encore un regard tourné vers l’extérieur du cadre convie le spectateur à envisager et imaginer l’existence d’un hors champ.

Dans La famille Bellelli de Degas, le chien en bas à droite du tableau est coupé par le cadre de la toile. Ce choix de composition convie le spectateur à imaginer un au-delà du tableau et insiste sur le départ de l’animal.

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