La lumière dans les tableaux

lumiere12Effets de lumière

Organisation particulière ou inhabituelle de la lumière dans un tableau. La lumière est à l’origine de la perception des couleurs et des volumes. Multiple, elle peut provenir d’une bougie ou d’un bec de gaz, mais c’est la lumière du jour, toujours changeante qui a susciter l’ intérêt le plus grand pour les peintres du XIXe siècle.

Lumière incertaine, versatile et diverse, susceptible de se refléter sur des surfaces brillantes et qui transforme à chaque instant la perception du paysage. Les effets de lumière apparaissent dans toute leur complexité grâce aux artistes peignant sur le motif.

Corot dans La clairière parvient à rendre la clarté diffuse et irisée de la lumière sur les feuillages et fait vibrer l’air, de ces mille petites touches argentées.

Intensité lumineuse

Degré de clarté.

L’intensité lumineuse d’un tableau apparaît au travers de zones colorées qui, par leur éclat ou la manière dont elles sont agencées les unes par rapport aux autres, transmettent à l’œuvre une clarté plus ou moins prononcée.

Pour se rendre compte des intensités lumineuses d’un tableau, il est toujours intéressant de le passer en niveaux de gris car on est parfois trompé par les couleurs vives qui nous semblent plus lumineuses alors que ce n’est pas forcément le cas. Par exemple, passez en niveau de gris La Fuite en Egypte d’Odilon Redon, vous serez étonné.

La juxtaposition de couleurs ou de valeurs très contrastées est par exemple une façon de rendre la couleur claire plus éclatante, plus lumineuse.

Dans Galatée de Gustave Moreau, l’intensité lumineuse est concentrée sur le corps de la jeune femme. Il émane de son corps, une chaleur vivante, incarnation de la vie et de la beauté.

Modelé

Rendu du relief des formes.

Le traitement de la lumière, au travers des ombres et du clair-obscur, fait ” tourner les figures ” en volume par des dégradés progressifs.

Dans La naissance de Vénus d’Alexandre Cabanel, le modelé est parfaitement exécuté. Les glacis roses et bleus intensifient et refroidissent les teintes ombrées de la chair, le volume idéalisé est restitué avec précision. ”On ne devrait pas dire modeler, on devrait dire ”moduler” ( Cézanne).

La Femme à la cafetière est une œuvre charnière dans la production cézannienne. La forme du corps, de la tasse et de la cafetière est construite par les ombres qui cernent solidement les volumes, autour des bras ou des plis de la robe par exemple.

L’ombre

l’ombre propre d’un objet désigne la partie non éclairées de l’objet lui-même, l’ ombre portée est l’ombre projetée par un objet sur une autre forme.

Manet, dans Branche de pivoine blanche et sécateur, parvient à rendre grâce à de subtils nuances de vert, les feuillages et leurs ombres propres, de même que celles des pétales, passant d’un blanc à un mauve grisé. Les ombres portées se distinguent délicatement du fond  gris vert sombre, l’ensemble créant une très belle harmonie tonale.

Les différentes ombres propres et ombres portées présentes dans Le repas de Gauguin indiquent une source lumineuse à l’avant et à droite. Mais l’ombre propre des visages des enfants, dans le fond, montre que cet éclairage n’atteint que la nappe.

Rehaut

Retouches en hachures brillantes servant à faire ressortir des figures, des ornements, des moulures peintes ou dessinées , en accentuant les reliefs – (Bescherelle).

Les rehauts sont utilisés pour accentuer une lumière, faire tourner une forme, soutenir un relief manquant de force, mais aussi pour rendre des effets de brillance et des éclats de lumière. Rehauts blancs sur fond bleu, dessins à rehauts d’or.

Les Yeux clos d’Odilon Redon comporte un rehaut très particulier, sous la forme d’une tache de lumière en bas du tableau, tache qui semble éclairer le visage du personnage. Ce rehaut clair apparaît comme la source de lumière dans le tableau.

Source de lumière

Nature, direction et origine de la lumière dans un tableau.

La source lumineuse est assimilée soit à la lumière naturelle, soit à une ou plusieurs sources de lumières artificielles. Fréquemment lors d’une représentation en lumière naturelle, la source est placée en dehors du champ de la toile, alors que s’il s’agit d’une lumière artificielle, il arrive que la source lumineuse soit intégrée dans la composition.

Dans Le dîner, effet de lampe, Félix Vallotton tire parti de l’éclairage particulier produit par une lampe sur la table du dîner, pour peindre une scène singulière. L’éclairage cru de la lampe met en relief l’ovale blanc de la table et les objets qui s’y trouvent, tandis que les dîneurs sont maintenus dans la pénombre. Installés sur un premier plan concentrique, ils semblent comme extérieurs à la scène, l’un d’eux, peint à contre jour au premier plan, étant réduit à une grande silhouette noire. Par cet étrange effet, nous nous retrouvons sur un second plan concentrique, observant l’intimité de ce repas, comme à l’insu des protagonistes …Toutefois une petite fille nous regarde regarder !

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