De la chance de ne pas être en prison

© jeu vidéo Le commissaire c'est vous

© jeu vidéo Le commissaire c’est vous

compassion, obsession, en prison
on devient larve ou bien voyou
voguent les épaves au fil des jours
hébétés, dénommés, en prison
on devient fou, on oublie tout
et même en somme qu’on est un homme

Je vais vous conter l’histoire
d’la larve qui s’prenait pour un homme
il fallait tout de même y croire
pour oser survivre comme.avez-vous déjà respiré
l’air maudit d’une prison

Que tu as un joli nom
liberté, liberté
que tu as un joli nom
mais c’est du chiqué
quand tu croupis en prison
liberté, liberté
t’es qu’un dénommé
t’es qu’un dénommé

comment crois-tu que l’on pense
liberté, liberté
comment crois-tu que l’on pense
en captivité?
mes compagnons de silence
liberté, liberté
diront leur secret
diront leur secret

fous, idiots ou bien tout comme
liberté, liberté
fous, idiots ou bien tout comme
on est humiliés
oublie que tu es un homme
liberté, liberté
ou tu vas crever
ou tu vas crever

Au fond de la prison
bien à l’abri du vent
à l’ombre des matons
on s’endort chaudement

j’habite ce lieu secret
à l’odeur fade et mouillée
tombeau  qui me dévore
pourtant je vis encore

compagnons de silence
au bout de la patience
s’éveillent les cauchemars
sur vos visages hagards

s’il en est un ici
qui dit oui à la vie
on sait lui faire comprendre
qu’il vaut mieux qu’il se pende

quelque chose se meurt
dans ce monde contre-coeur
quelque chose qu’on dénomme
tout simplement un homme

il nous faut tout subir
les sanglots les soupirs
ne suffiront jamais
à nous donner la paix

Y a plus d’échafaud
mais le mitard
pour les tôlards
c’est pire qu’un tombeau

Ma jeunesse s’est étiolée
à l’air maudit des prisons
l’printemps d’ma vie est raté
remballez votre sermon

sert à rien d’hurler ta peine
les épaves ça parle pas
on t’fait ravaler ta haine
t’es plus un homme, n’oublie pas

Jours privés de liberté
vous m’avez gelé le coeur
il fait trop triste à sangloter
enfermé au fond de l’horreur

délivre mon courage qui s’use
toi qui fait tout oublier
mes réveils sont des blessures
toi la mort, viens m’assister

Le mot de prison ne sera jamais doux
heurtant sans fin les étroites parois
il faut en faire le tour trois cent fois
pour faire 3 kilomètres à pied
c’est dans l’étroite prison
quand les ténèbres sont profondes
que l’esprit plane à l’horizon
et découvre au loin d’autres mondes
Je souffre loin de ce que j’aime
sous ces tristes verrous, le coeur gonfle à mourir
j’avais pensé me révolter.

Si vous voulez savoir ce qu’est une prison politique dans un pays en guerre, vous pouvez lire Exécuté à blanc (7écrit édition)

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