Ache et céleri, contre l’acide urique

Ache

Ache

Botanique

L’ache, Apium graveolens de la famille des Apiaceae est la variété sauvage du céleri cultivé, on l’appelle aussi céleri sauvage, ache des marais, ache puante. Ne pas confondre avec l’ache des montagnes ou Livèche.

C’est une plante bisannuelle, haute de 30cm à 1m, qui porte entre les mois de juin et d’août de petites fleurs d’un blanc verdâtre réunies en ombelles lâches. Sa tige creuse, profondément veinée de fortes rainures, s’articule sur une grosse racine pivotante.

Ses feuilles luisantes ressemblent à celles du céleri cultivé. Les feuilles inférieures sont pétiolées et divisées en cinq segments dentelés.

Les fruits sont des akènes globuleux.

L’ache odorante est la variété sauvage du céleri cultivé.
Elle pousse essentiellement sur des terrains contenant du sel (marais et eaux saumâtres). On la trouve à l’état naturel dans toute l’Europe, en Afrique, en Amérique du sud, et elle a été implantée dans la plupart des autres parties du monde. Elle dégage une odeur caractéristique (nauséeuse) ce qui lui a valu le nom de graveolens.

Composition chimique et usage actuels

Les semences contiennent :
– des protides, essentiellement des acides aminés libres parmi lesquels l’asparagine et la glutamine
– des lipides : acides gras (acide palmitique, acide pétrosélinique, acide oléique et acide linoléique)
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques représentés par :
. des flavonoïdes : flavones (apigénine et apiine)
. des furocoumarines telles que la célerine
– des vitamines B et de la vitamine A (rétinol)
– de la choline
– 2 à 3 % d’huile essentielle renfermant :
. des phénols : apiol
. des monoterpènes : 60 % de limonène, alpha-terpinéol, dihydrocarvone
. des sesquiterpènes : du caryophyllène, de l’humulène, du santalol
. 10 % de sélinène
. 3 % de phtalides, principes odoriférants : sédanènolide (3-n-butylphtalide), sédanolide
. du p-cymol
. de l’alpha et du beta-eudesmol

Les semences de céleri sont carminatives et cholagogues, stomachiques, apéritives et dépuratives.
On les recommande pour leur propriétés antispasmodiques et antibactériennes.
Les semences de céleri sont réputées faciliter l’élimination de l’acide urique. Elles agissent de plus en tant que décongestionnant respiratoire.
Elles seraient emménagogues et galactagogues.
Les phtalides contenus dans les semences de céleri ont une activité sédative.
Elles sont par ailleurs diurétiques et hypotensives.
Les semences de céleri ont enfin des vertus cicatrisantes.

Utilisation alimentaire
Le céleri est un légume et un condiment. L’huile essentielle de céleri est très utilisée comme aromatisant dans les aliments ou les boissons.

Utilisations Pharmaceutique
Les semences de céleri sont recommandées dans le traitement des indigestions, des dyspepsies et des troubles hépatiques.
Le céleri a une action diurétique : on l’emploie comme adjuvant dans le traitement de la goutte et de l’arthrite rhumatoïde.
Aux Philippines, les semences sont préconisées en cas d’asthme ou de bronchite.
L’huile essentielle de céleri est utilisée dans les troubles rénaux tels que la cystite.

Utilisations cosmétiques
Les semences de céleri présentent des propriétés anti-oxydantes. L’huile essentielle bénéficie par ailleurs d’activités bronzantes et anti-oxydantes.
Elle est enfin antiseptique et stimulante.
L’huile essentielle de céleri entre dans la composition de parfums.

Usages traditionnels

On utilise, en médecine populaire et pour l’alimentation, les fruits, mais aussi la plante entière.
Ses propriétés médicinales sont connues depuis l’Antiquité où elle a été utilisée par les Égyptiens, les Grecs et les Romains.
Les principes actifs sont surtout présents dans les feuilles et les graines.
Elle a des propriétés diurétiques, stomachiques, stimulantes, expectorante et fébrifuges.
Les feuilles et la racine ont été employées dans les cas de fièvres intermittentes, de faiblesse nerveuse, dans les affections rhumatismales et goutteuses : en raison de son action contre les douleurs articulaires, on appelait l’ache  “balai des rhumatismes”.
Par décoction, on obtient un sirop efficace contre la toux.
Les graines font partie des quatre semences chaudes majeures (semences apéritives) des Anciens (Ache, Anis, Carvi et Fenouil). On en extrait une teinture utilisée lors des affections rénales.
L’eau de cuisson du céleri ferait un excellent shampooing propre à faire disparaître les pellicules et à fortifier le cuir chevelu. Le céleri était utilisé en bain local pour guérir et prévenir les engelures.
Le céleri existe sous plusieurs formes: en céleri-feuille dont on consomme les côtes, en céleri-rave que l’on prépare cru ou cuit, en céleri perpétuel et en graines, ces deux dernières formes s’employant comme condiments.
Savoureuse et apéritive, l’ache a perdu avec la culture une partie de ses propriétés médicinales. Le céleri ouvre l’appétit. Les graines sont utilisées dans les condiments et les potages (“sel de céleri”).

Folklore

semence de céleri

semence de céleri

Apium vient du celte “apon”, eau,  “graveolens” signifiant “qui sent fort”.
Le céleri a été remarqué dès l’antiquité. Le nom latin de l’ache (apium) désignait les plantes recherchées des abeilles (apis). Le mot “céleri”, quant à lui, vient de selinon qui signifiait “ache” en grec et en latin.

C’était une plante funéraire pour les Romains et pour les Grecs qui en couronnaient leurs morts. On a même retrouvé dans les tombes égyptiennes des couronnes d’ache entremêlées à des fleurs de lotus.

Considérée comme plante médicinale dès le moyen âge, elle devient une véritable panacée, comme en témoigne le dicton breton : “l’ache de tous les maux détache”, et ce n’est que plus tard que, cultivée, elle devint céleri, plante alimentaire.

C’est également une plante de réputation magique : en Franche-Comté, on la dit bonne pour la vigueur sexuelle de l’homme mais cette réputation serait due à une erreur de traduction datant du moyen âge et qui s’est perpétuée au cours des siècles.

Recettes

caponata sicilienne

Ingrédients

3 aubergines

1 pied de céleri

500 g poivrons

300 g tomates

125 g huile d’olive

Sel, poivre.

Coupez les aubergines en tranches. Épluchez le blanc du céleri et coupez-le en morceaux. Coupez les tomates et enlevez les pépins. Débitez les piments en tranches. Le tout sera placé dans un poêlon de terre.Ajoutez l’huile d’olive, salez et poivrez.Portez sur le feu après avoir recouvert afin queles légumes rendent leur eau. Faites cuire à tout petit feu pendant une heure.Découvrez alors le récipient pour laisser évaporer l’eau excédente. Dès que l’huile se met à crépiter, enlevez le poêlon du feuTransvasez dans un plat et portez-le à l’endroit le plus frais de la maison.Servez très frais ce plat qui remplace fort bien le potage.

“moretum” selon Virgile

« D’abord de la terre que ses doigts ont légèrement creusée, il retire quatre têtes d’ail aux écailles serrées, puis arrache la fragile chevelure du céleri, et la rue roidissante et les coriandres tremblantes sur leur mince tige.

Ces herbes cueillies, il est assis gaiement près du foyer et, d’une voie sonore, il réclame le mortier à sa servante. Alors, il pèle chaque tête d’ail noueuse, retire les premières pellicules et, de tous côtés, il éparpille et rejette à terre les déchets méprisés. De la plante, il ne garde que le bulbe, il le trempe dans l’eau, et le jette au creux de la pierre ronde. Il saupoudre cela de grains de sel, il ajoute un fromage que le sel a durci et rongé, et il jette sur le tout les herbes que j’ai nommées.

De sa main gauche, il maintient son vêtement par-dessus son aine velue, tandis que la droite commence par amollir sous le pilon l’ail odorant pour broyer ensuite l’ensemble où se mêlent les sucs.

Sa main tourne en rond ; peu à peu, une à une, les plantes perdent leur vertu propre ; les nombreuses couleurs n’en font plus qu’une ; ce n’est pas un vert franc parce que les parcelles laiteuses contrastent, ni la blancheur du lait, parce que toutes ces herbes l’ont altérée. Souvent une forte odeur frappe les narines dilatées du bonhomme ; il fait la grimace et maudit son déjeuner; souvent du revers de la main, il frotte ses yeux larmoyants, et furieux, il invective la fumée innocente.

L’ouvrage avançait, le pilon n’allait plus cahin-caha comme tout à l’heure, mais il tournait avec une lenteur plus pesante.

Alors il verse goutte à goutte l’huile de Pallas, ajoute la vertu d’un filet de vinaigre ; à nouveau, il mélange la préparation, et mêlée, il la brasse encore.

Enfin, de ses doigts, il fait le tour du mortier, ramasse en une seule boule les morceaux isolés pour qu’elle prenne l’aspect et le nom d’un moretum bien réussi. «

contre la gale

Le mélange de feuilles contusées, de sel commun et de vinaigre est un ancien remède populaire contre la gale.

cultiver le céleri

Sol assez frais et humide.
Multiplication par semis au printemps
sur couche ou en pleine terre.
La graine germe lentement, on repique.
La racine, bisannuelle, doit être récoltée la seconde année.

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