L’abricotier au fruit symbole du sexe féminin

L’abricotier, Prunus armeniaca L., de la famille des Rosaceae, est un arbre fruitier relativement petit, vivant à l’état sauvage de l’Iran à la Mandchourie. En Chine, il est cultivé depuis 4 000 ans. Actuellement au travers de l’Europe des vergers entiers lui sont consacrés en climat tempéré et méditerranéen. Ses jolies fleurs blanches, souvent lavées de rose surgissent au printemps avant les feuilles dentées, luisantes et coriaces. Dans le courant de l’été elles laissent la place à de grosses drupes dont on consomme la chair juteuse et savoureuse.

Composition chimique et usages actuels

noyaux d'abricot

noyaux d’abricot

Qualités : adoucissant, anti-âge, anti-radicalaire, astringent, hydratant, tonifiant, exfoliant.
anti-asthénique, fortifiant, dépuratif. L’abricot, par sa richesse en vitamines et oligo-éléments, est un anti-anémique et un fortifiant puissant. Son contenu en pectines lui confère des propriétés hémostatiques efficaces notamment sur le tube digestif.

Le fruit contient :
– des glucides principalement des oses (acide galacturonique, fructose et glucose) et des osides (pectine et saccharose)
– des protides (< 1 %)
– une faible quantité de lipides (< 0,5 %)
– 0,5 à 0,6 % de matières minérales
– des acides organiques notamment  l’acide ascorbique (vitamine C), l’acide citrique, l’acide malique et l’acide tartrique
– des composés phénoliques : des flavonoïdes
– des terpénoïdes : caroténoïdes en quantité appréciable dont le beta-carotène- des vitamines : vitamine B1 (thiamine), vitamine B2 (riboflavine), vitamine B5 (acide pantothénique), vitamine B12 (cobalamine) et vitamine B3 (vitamine PP, niacine)

Utilisations pharmaceutiques

L’abricot est efficace contre l’anémie, l’asthénie, la nervosité et il est fréquemment recommandé lors des convalescences. Les pectines qu’il renferme sont souvent utilisées dans les affections gastro-intestinales car elles retardent l’élimination trop rapide de substances telles que la pénicilline, l’insuline ou la vitamine C en formant des combinaisons à poids moléculaire élevé.

Utilisations cosmétiques
La fraction hydrosoluble des extraits d’abricot a des activités adoucissantes, astringentes, hydratantes et tonifiantes.
Les acides organiques lui confèrent des propriétés exfoliantes et sa teneur en pectines en fait un excellent épaississant.
On attribue à la fraction lipidique, grâce à la provitamine A qu’elle renferme, des propriétés anti-âge et anti-radicalaires, fonctions essentielles contre le vieillissement cutané et elle possède par ailleurs une activité tonifiante.

On recommande les extraits de fruit dans :
– des produits capillaires pour cheveux gras
– des produits hydratants pour le corps et les mains
– des produits pour le visage particulièrement pour le contour des yeux, pour les peaux sèches, matures et abîmées (masques, crèmes de jour et de nuit)

Utilisations traditionnelles

Abricotier

Abricotier

Ce sont ses fruits et leur amande que l’on emploie pour des pratiques tant médicinales, qu’alimentaires ou magiques.
L’abricot mûr est un fruit recherché, nourrissant, dépuratif, riche en vitamines A, C et en fer, apéritif, très énergétique et équilibrant du système nerveux.
L’abricotier d’Amérique ou de Saint Domingue (Mammea americana L.) appartient lui à la famille des Guttifères. Ce nom impropre lui a été donné par les premiers colons qui ne savaient comment le nommer ; cultivé aux Antilles, son fruit arrondi dont le volume est le double de celui d’un poing est préparé à l’état de compote avec ses fleurs, du vin sucré et aromatisé pour obtenir une liqueur nommée « Eau des Créoles ».
La consommation de l’abricot convient aux nerveux, aux intellectuels surmenés, atteints d’anémie par perte de sang, ou d’arthrite – comme alcalinisant- . Par contre ceux qui digèrent mal ou ont un foie sensible devront l’éviter.
Les médecins arabes prescrivaient l’huile extraite des noyaux d’abricot pour soigner les hémorroïdes, les maux de nez et des oreilles. Sa consommation exclusive guérirait l’aphonie.
Extérieurement dans la pratique populaire on l’utilise bien mûr en masque de beauté reconstituant, nourrissant et adoucissant : par son action calmante c’est
un excellent antirides.
L’abricot est synonyme de dessert de choix en cru et en cuit (marmelade, confiture, pâte confite) mais attention, s’il n’est pas mûr il est indigeste.
Son amande, amère, très oléagineuse, est comestible mais son enveloppe – qu’il convient d’éliminer dans toute préparation culinaire – renferme une substance génératrice d’acide cyanhydrique qui est un poison violent.

Histoire et folklore

blason, Aubry de la Villedé : d’azur à deux lions affrontés d’or supportant ensemble un écusson chargé d’un abricotier de sinople.

blason, Aubry de la Villedé : d’azur à deux lions affrontés d’or supportant ensemble un écusson chargé d’un abricotier de sinople.

Les inscriptions de l’Égypte et de Babylone, les textes de la Bible ne font aucunement mention de l’abricot.
Selon Pline l’Ancien, l’abricotier serait originaire de Mongolie d’où les caravanes chinoises l’auraient apporté jusqu’au royaume des Parthes sur les bords de la mer Caspienne. Là, il serait devenu l’arbre emblématique de l’Arménie et se serait répandu en Europe, d’où son nom scientifique d’espèce : « armeniaca ». Sa culture se propagea d’Arménie en Grèce puis en Italie vers le milieu du premier siècle de notre ère. Romains et Arabes l’emportèrent ensuite dans leurs bagages de conquérants.
Son fruit est symbole du sexe féminin. On raconte qu’Eudoxie, impératrice d’Orient, scandalisait l’Église byzantine par son luxe et ses débauches ; lorsqu’elle exila le Patriarche Jean Chrysotome de Constantinople, le peuple assiégea son palais et le bombarda…d’abricots.
A la Cour de France, le rébus, déjà à la mode durant toute la Renaissance, devint une véritable manie sous le règne d’Henri III : « mignons » et duchesses rivalisaient d’esprit pour y introduire le mot abricot à des fins de marivaudages d’un goût souvent assez douteux. Finalement la Reine se fâcha et fit interdire l’emploi du nom de ce fruit dans ces jeux.

D’innombrables recettes de charmes ou de filtres incluent pulpe ou essence d’abricot pour susciter la passion amoureuse.

Recettes

pâte d’abricot
Ingrédients
500 g d’abricots
sucre cristallisé : 500g
Matériel :
une bassine à confiture non étamée
une écumoire
des pots à confiture pour 800 à 900g

Prenez des abricots de plein vent, mûrs. Fendez-les en deux pour ôter les noyaux que vous réserverez.
Pesez vos fruits et sur l’autre plateau de la balance le même poids de sucre cristallisé. Laissez-les reposer ensemble une nuit.
Le lendemain vous ferez cuire le tout dans la bassine à confiture en évaporant l’eau le plus possible.
Étalez dans un plat creux une couche d’environ 2 cm et saupoudrez de sucre cristallisé. Laissez refroidir, découpez en carrés que vous conserverez dans une boîte de bois ou de fer  en séparant les couches de pâtes de fruit par du papier.
Ce peut  être un joli cadeau de Noël.

salade de champignons aux abricots secs
Ingrédients pour 2 personnes
6 rosés ou champignons de Paris bien frais
feuilles d’aneth ou de fenouil
3 abricots secs en tranches minces
sel
citron
huile d’olive
Mélangez délicatement les ingrédients. Servir frais.
Cette agréable salade vaudra par la fraîcheur et l’excellence des éléments choisis.

sorbet  à l’abricot

Pour 1 litre environ
200 g de sucre
175 g d’eau
625 g de pulpe d’abricot

Portez l’eau à ébullition avec le sucre. Ajoutez la pulpe de fruit que vous aurez soigneusement passée au chinois. Laissez refroidir avant de mettre en sorbetière.

confiture d’abricot
Ingrédients
2, 5 kg d’abricots
1,5 kg de sucre cristallisé,
3 dl d’eau,
1 gousse de vanille

Essuyez soigneusement les abricots. Fendez-les en deux pour retirer les noyaux. Pesez-les : tout préparés, vous devrez en avoir 2 kg.  Versez le sucre cristallisé dans la bassine, puis l’eau. Mettez sur un feu assez vif en secouant de temps en temps d’un mouvement circulaire votre bassine pour activer la dissolution du sucre dans l’eau. Faites bouillir le sirop pendant 20 minutes sans le remuer jusqu’au “petit boulé”. Ajoutez alors la vanille que vous aurez fendue sur toute sa longueur, puis, avec précaution, les fruits en plusieurs fois, en ne mettant à chaque fois que la quantité qui tient à la surface du sirop. Retournez les fruits en les enfonçant avec l’écumoire ; les fruits sont devenus transparents. Retirez-les délicatement du sirop et répartissez-les dans les pots jusqu’à mi-hauteur. Continuez à feu vif de cuire le sirop et le jus rendu par les abricots : laisser bouillonner à nouveau jusqu’à épaississement du sirop qui réduit de moitié. Retirez la vanille.
Répartissez alors le sirop dans les pots jusqu’à 1 cm du bord.
Confiture délicate mais si transparente.

chutney d’abricots et de pommes
Ingrédients pour environ 1,5 kg:
500 g d’abricots secs, hachés
2 pommes vertes, épluchées et hachées
3 gros oignons émincés
125 mg de raisins secs
450 ml de vinaigre blanc
250g de sucre brun
1 cuillère à café de graines de moutarde
1 de cuillère à café de gingembre moulu
1 cuillère à café de piment de la Jamaïque moulu
1 cuillère à café de sel

Faites trempez les abricots quelques heures dans un bol d’eau, puis égouttez-les.
Placez tous les ingrédients dans une casserole à confitures et laissez mijoter 45 minutes à feu doux jusqu’à obtention d’une pulpe épaisse. Mélangez fréquemment pour que le fond n’attache pas.
Versez le chutney chaud dans des bocaux à conserves préalablement chauffés.

sifflet
sifflet avec noyau percé
Il suffira de frotter très patiemment un beau noyau d’abricot sur une
pierre, toujours au même endroit pour y faire un trou. Présenté devant
les lèvres du siffleur et grâce à un souffle vigoureux il émet un son
strident.
C’était traditionnellement un jouet de garçon.

Extrait du CD-Rom « Secrets de plantes », réalisé par Maryvonne Pellay avec Clotilde Boisvert, photos Pierre Aucante

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