L’Acore contre la bronchite

Botanique

Acore

Acore

Appelé aussi canne aromatique, jonc odorant ou acore vrai, l’acore, Acorus calamus L., de la famille des Araceae, possède des feuilles en forme de baïonnette, ridées sur toute leur moitié inférieure et ses fleurs jaune verdâtre, minuscules, apparaissant en juin-juillet.

Le rhizome est amylacé et aromatique. Dans nos pays, l’acore ne se multiplie que par division des touffes. Le fruit est une capsule triangulaire.

Plante d’Orient, l’acore était cultivé dans le Nord Ouest des Indes et en Chine, dix siècles avant d’arriver en Europe. Végétant dans les eaux peu profondes, sur des boues riches en nutri-éléments, il est subspontané dans toute l’Europe où il fut introduit par les Tartares au XIIIe siècle, se répandant alors partout, de telle sorte qu’on le rencontre à peu près dans tout l’hémisphère Nord. Il ressemble à s’y méprendre au flambe d’eau (iris pseudoacorus).

Composition chimique et usages actuels

Usages pharmaceutiques
L’acore est employé dans le traitement des affections respiratoires (bronchites) et de l’insuffisance hépato-biliaire.

Usages cosmétiques
L’acore est reconnu être antiseptique et tonifiant par la présence de l’huile essentielle.

Composition chimique
Le rhizome renferme :
des glucides, notamment des oses et des osides (amidon, gomme, mucilages)
des composés phénoliques : 1 % de tanins
des résines
de la vitamine B1 (thiamine)
de la choline
2 à 6 % d’huile essentielle constituée de :
composés phénoliques : phénols (eugénol)
terpénoïdes : sesquiterpènes (calaménène, shyobunone, calamone, acorone, isoacorone, acalamone, acorénone, beta-asarone = cis isoasarone) et phénylpropanes
alcools sesquiterpéniques : alpha-cadinol

Usages traditionnels

 

Acore

Acore

Il ne faut ni laver ni éplucher le rhizome, l’huile essentielle étant dans son écorce. On le récolte de mars à mai et de septembre à octobre. Le tissu intérieur doit être blanc rosé, spongieux.  Sa saveur est d’abord chaude et piquante puis âcre et amère.
Le rhizome d’acore est utilisé en médecine populaire ; il est encore demandé en Europe centrale. Il était connu aux Indes comme astringent aromatique il y a quatorze siècles (là bas les rhizomes ont une plus forte concentration en essences).
En Asie, c’est un produit d’hygiène très ancien ; l’utilisant comme antiseptique, les Tartares ne buvaient jamais d’eau sans y avoir auparavant fait macérer une racine d’acore sèche. Dans la médecine chinoise traditionnelle, il traite surdité, vertiges, épilepsie. Il était mastiqué pour faire cesser un mal de dent ou rompre l’accoutumance au tabac. Hémostatique, il arrête les hémorragies passives. Il stimule la digestion, réduisant les flatuosités. Chez les Amérindiens, les vieillards mâchaient quotidiennement un morceau de racine de la longueur d’un doigt afin de rester jeunes et en bonne santé.
Il tonifie et désinfecte la peau, encourageant son irrigation : déjà les belles Romaines ajoutaient sa décoction à l’eau du bain.
En Lituanie et en Turquie, les racines, confites au sucre, étaient très appréciées. Il entre dans la composition de certaines liqueurs comme la thériaque, l’orviétan, l’eau de vie de Dantzig et, plus proches de nous, la Bénédictine et la Chartreuse.
L’acore a été employé comme antimite.
Ses tiges servaient de stylets pour écrire sur les tablettes de cire.
Le parfum du roseau odorant exerce un puissant attrait sexuel ; c’était le parfum des péripatéticiennes romaines.

Folklore

« Akoros » nomme toute plante odorante en grec et « calamus », toute plante ressemblant à un roseau en latin.
Dans le livre de l’Exode,  l’acore fait partie des plantes aromatiques que le Seigneur demande à Moïse de se procurer pour préparer l’huile d’onction, celle qui sera le Saint Chrême.
On disait que le droguiste qui n’ouvrirait pas sa porte de jour ou de nuit pour délivrer de l’acore serait mis à l’amende.
L’acore était associé au safran, au genièvre, à la myrrhe et à la cardamome pour former le « kyphi », parfum le plus courant de l’Égypte ancienne. Les archéologues affirment qu’à l’ouverture de la tombe de Toutankhamon, c’est cette odeur qui s’en échappa.

Recettes

compote de pommes à la racine de jonc

Ingrédients
une livre de pommes
sucre, selon votre goût (1 verre à moutarde)
1 bol d’eau
1/2 cuillerée à café d’acore séché en poudre
1 bâton de cannelle
quelques râpures de noix de muscadeFaites bouillir eau et sucre pendant cinq minutes. Jetez-y les épices. Laissez infuser un bon quart d’heure. Reprenez la cuisson en y versant les pommes épluchées en gros quartiers.
Lorsque les morceaux fléchiront sous votre doigt, arrêtez-la, ôtez le bâton de cannelle, laissez refroidir.
 A manger tiède accompagnée de crème froide.

racine d’acore confite

Jadis, particulièrement en Angleterre, l’acore était consommé confit comme le gingembre dont il rappelle la saveur.
Attention, fraîche la racine provoque des vomissements.

rester jeune et en bonne santé

Les amérindiens donnaient à mâcher à leurs vieillards une racine quotidienne d’acore, longue d’un doigt , afin de les tenir en bonne santé.

récolte du jonc odorant

L’acore est récolté à l’automne, uniquement en milieu sauvage, dans les marécages, au long des rivières et ruisseaux.
Isolez le rhizome que vous débarrasserez de ses petites racines avant de le mettre à sécher à l’air libre ou à l’intérieur, à une température qui ne devra pas dépasser 35°.

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