Un monument aux morts du Covid-19?

caricature de l'Assiette au beurre

caricature de l’Assiette au beurre

Puisque le covid-19, c’est la guerre, il faudra forcément un monument aux morts…

Je vais citer La Peste d’Albert Camus (à lire ou relire en ce moment), littéralement en ne remplaçant que peste par Coronavirus:

“- Dites, docteur, c’est vrai qu’ils vont construire un monument aux morts du Coronavirus?

– Le journal le dit. Une stèle ou une plaque.

– J’en étais sûr. Et il y aura des discours.

Le vieux riait d’un rire étranglé.

– Je les entend d’ici: “Nos morts….” et ils iront casser la croûte.”

Qu’allons-nous construire pour honorer les soignants et les morts après le Covid 19? Une couronne à virus?

Le sport de le célébration des morts et des héros n’est pas nouveau,

La statuomanie et la souscription furent le grand sport du XIXe siècle. Les places publiques, les carrefours nouvellement aménagés, les façades des bâtiments officiels accueillent de plus en plus de statues, de bustes (en pierre ou en bronze) représentant les célébrités ou tout au moins les gloires de l’époque.
La statuomanie s’était emparée de la République, fière de ses grands hommes, des plus petits aux plus grands, du moment qu’ils ont foi dans le progrès et qu’ils croient en la perfectibilité de l’homme. On rend hommage ainsi à ses morts que l’on honore et que l’on respecte : c’est le culte laïc, patriotique et démocratique du “Grand Homme”. La statue, image et message à la vertu éducatrice, ancrés au cœur de la cité, c’est un peu la nouvelle religion laïque née du XIXe siècle.
Souvent financée par la souscription publique, la statuomanie se développe à partir de 1830 et sous le Second Empire, connaissant son apogée sous la IIIe République.

le Voeu au Sacré-Coeur, en 1873

le Voeu au Sacré-Coeur, en 1873

Le plus grand “monument aux morts” fut le Sacré-Coeur de Montmartre, (pour panser la défaite de 1870 et encourager les Français à retourner se battre pour reconquérir l’Alsace et la Lorraine), construit grâce à une souscription où chacun apporte “sa” pierre”

Le 24 juillet 1873, l’Assemblée nationale vote l’édification, sur la colline populaire de Montmartre, de l’église du Sacré-cœur, dite du vœu national.
A la suite d’un concours (1874), le projet est confié à Monsieur Abadie et la première pierre est posée en grande pompe le 16 juin 1875, par l’archevêque de Paris qui y choisit l’emplacement de sa sépulture.
Un sanctuaire provisoire est inauguré le 3 mars 1876 pour que les fidèles puissent venir faire leurs offrandes ; c’est grâce à la souscription populaire que l’église a été élevée.
La construction est difficile ; il faut remplir de maçonnerie 83 puits de 38 mètres de profondeur.
En souvenir de ce 16 juin 75, le mois de juin deviendra le mois des pèlerinages traditionnels au Sacré-cœur.

 

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