Hélène de Troie ou les caprices des dieux

Hélène de Troie, un pion sur l’échiquier des dieux

Iliade

Maryvonne Pellay dans l’Iliade

Il y a trois ans, j’ai joué un seul en scène à partir d’une version de l’Iliade que j’avais adaptée pour montrer à quel point la vie des humains est soumise aux caprices des puissants. Dans la cas de l’Iliade, c’était les Dieux.

Déjà chez les Grecs, les Dieux savaient faire ça  : des virus qui n’attaquaient que certaines ethnies!

Posez-vous la question: où est votre frange de liberté entre votre génétique, votre éducation et la société dans laquelle vous vivez? Elle est bien mince et il faut être habile pour s’en saisir.

Récit d’Hélène de Troie

Je suis reine et nom de Zeus, c’est pas ma faute si en plus je suis la fille du dieu des dieux. Pour baiser ma mère, Zeus s’est métamorphosé en cygne, puis a fait semblant d’être menacé par un aigle pour que ma mère le prenne dans ses bras. C’est comme ça que je suis née. On me traite de poule, c’est pas ma faute si je suis fille d’oiseau.
Je suis vieille mais je ne suis pas une femme ordinaire, la déesse de l’amour, Aphrodite la blonde, me fait paraître belle aux yeux de tous les hommes. Elle seule est plus belle que moi. Elle a fait une promesse au prince troyen Alexandre, si beau, si beau, si beau, beau de face, de profil, de trois quarts, de dos, parfaitement beau. Il a surpris trois déesses en train de se chamailler pour savoir qui était la plus belle. Elles lui ont demandé de trancher . Il s’est prononcé pour celle qui ne disait rien mais le regardait de ses yeux langoureux, Aphrodite bien sûr. Pour le remercier, la déesse lui a promis la plus belle femme du monde.
Qui c’est la plus belle  ?

Qui c’est qui, est la plus belle du monde
C’est moi, c’est moi, c’est moi, c’est moi
Hélène la grecque, Hélène le blonde, c’est pas ma faute si je suis trop belle
Aphrodite, a dit toi, toi, toi, toi, toi, toi
même t’es vieille, même t’es vieille, Toujours, toujours, tu resteras belle

Le prince Alexandre est arrivé en Grèce déguisé en berger, il se faisait appeler Pâris. Il est tombé amoureux de moi. J’ai essayé de lui résister, alors il m’a dit  : Aphrodite a dû se tromper. Sans doute n’es-tu pas la plus belle femme du monde. Je me suis vexée. Je lui ai demandé si Aphrodite était plus belle que moi. Il m’a répondu  : je me peux pas me prononcer car j’ai vu la déesse un peu plus dénudée, alors je me suis déshabillée, je ne peux toujours pas me prononcer car elle m’a  embrassé, alors je l’ai embrassé, et puis et puis…,  j’ai lui ai cédé… J’étais flattée qu’un homme puisse encore m’apprécier. Je sais, grâce à Aphrodite, je parais jeune et belle, mais je connais mon âge. Comment ne pas succomber aux charmes d’Alexandre. Il est si beau et j’ai tant besoin d’amour. Sans passion, les jours sont plats et fades. Je ne sais plus si c’est moi qui l’ai suivi en Turquie dans sa belle ville de Troie ou si c’est lui qui m’a enlevée pour m’emmener dans la douceur de sa chambre parfumée. Bref, quand je compare mon mari à mon bel amoureux, je n’ai pas envie de rentrer chez moi. Je n’aime pas mon mari, j’ai essayé de l’aimer, j’ai tout fait pour l’aimer mais je n’y suis pas arrivée, quand on ne peut pas, on ne peut pas. J’ai essayé de me rappeler où était mon devoir, bien mollement il est vrai pourtant, dieux que j’aurais aimé une vie calme et bourgeoise. C’est pas ma faute si j’ai fauté, Aphrodite veillait à ce que je succombe au charme d’Alexandre. La fatalité…quel bon prétexte, en fait ce fut un plaisir. J’adore quand mon amoureux me caresse en me disant que je suis belle.

A Troie, la ville bien sûr, pas une partouze, je nageais dans le bonheur, mais dans la famille de mon mari, on ne plaisante pas avec l’honneur. L’honneur dans la famille des Atrides, laissez-moi rire  ! Bref, mon mari Ménélas s’est plaint à son frère Agamemnon qui s’est fâché, c’est une manie chez lui  : Mon frère est cocu, la famille est sacrée, pour sauver l’honneur, une seule solution , la guerre  ! Tous les soldats grecs prennent la mer sur leurs beaux bateaux, cap sur Troie pour essayer de me récupérer.
Ce n’est pas moi qui ai déclenché la guerre, c’est la déesse Aphrodite la blonde  !
Ce n’est pas ma faute si mon mari ne suffit pas à me donner l’amour dont j’ai besoin.
Quand mon beau prince se pavane devant moi dans sa belle armure dorée, je n’ai pas envie de rentrer à la maison. Depuis neuf ans, Grecs et Troyens se battent pour moi devant la ville de Troie. Du haut des remparts quand je vois mon amant, avec ses beaux jambarts combattre mon mari,  je n’ai pas envie de rentrer à la maison. Ça m’arrange que cette guerre dure depuis si longtemps, tout ça à cause des dieux qui se chamaillent pour savoir quel camp ils vont défendre. Ce n’est est pas moi qui ai déclenché la guerre, c’est Aphrodite la blonde qui nous a réunis, Alexandre, le beau prince de Troie et moi, la belle Hélène.

Comme chaque matin, en me levant, je contemple les navires grecs échoués sur les plages de Troie. Je songe aux pauvres soldats à qui on a promis une belle aventure. Ils en ont marre d’être si loin de leurs femmes depuis si longtemps. Tant pis pour eux s’ils ont suivi le grand chef pour aller récupérer la femme de son frère cocu. Ils se consolent comme ils peuvent en enlevant les femmes et en pillant les trésors des Troyens dès qu’ils en ont l’occasion. Ils ne se rendent pas compte qu’il font les frais des querelles des dieux. Ils ne les connaissent pas. Ils croient que l’Olympe, cette montagne magique inaccessible, est un monde parfait. Moi qui suis fille de Zeus, je sais à quel point c’est faux. Comme ils sont immortels, les dieux s’ennuient et pour passer le temps ils provoquent la bagarre  sur Terre et comptent les points pour se distraire. Chaque dieu a ses chouchous parmi les humains toutes les ruses sont permises pour soutenir ses préférés en cachette de Zeus. Au final, les pauvres humains sont complètement manipulés. C’est leur faute aussi, quand tout va mal, au lieu de résoudre leurs problèmes, ils offrent des cadeaux aux dieux, pour qu’il les résolvent à leur place.
Les dieux adorent les cadeaux, victimes humaines, animaux égorgés, parfum, or, huiles de massage. Pour faire savoir aux hommes si les cadeaux leur ont plu, ils leur envoient des messages volontairement obscurs afin que chacun les interprète selon ses intérêts.
Pour compliquer la situation, les dieux sont farceurs. Par exemple, si les humains n’ont pas accès à l’Olympe, les dieux, eux, peuvent en descendre. Leur grand jeu c’est de se métamorphoser, en animaux, c’est comme ça que je suis née, en vieux mais aussi en jeunes pour faire des enfants aux belles femmes. Les déesses, elles aussi se métamorphosent et se laissent séduire par les hommes pour connaître enfin le véritable plaisir. Ainsi naissent des demi-dieux  : ils sont mortels, mais bénéficient d’avantages certains, ce sont les chouchous des dieux. Voilà pourquoi la guerre de Troie n’en finit pas. Personne ne me fera croire que tant d’hommes se massacrent depuis  neuf ans uniquement parce que Ménélas est cocu et que je suis la belle Hélène.

Agamemnon a entraîné dans l’aventure le bouillant Achille et ses vaillants soldats les Myrmidons. Il savait bien qu’il ne gagnerait pas la guerre de Troie sans lui. Je suis persuadée qu’Achille est venu se battre à Troie pour supplanter Alexandre dans mon lit. Achille est moins beau qu’Alexandre, mais plus héroïque.  Ça va lui coûter la vie au demi-dieu Achille. Les dieux préfèreront le voir mort avec les honneurs de la victoire qu’heureux en famille avec une vie tranquille. Ils sont comme ça les dieux, c’est leur façon de faire présent d’un peu d’éternité aux pauvres humains qui payent de leur vie une gloire immortelle.

Hélène lit une Missive 
Agamemnon a enlevé aux Troyens Chryséis, aux jolies joues rondes et douces. Chaque baiser de Chryséis doit faire oublier à Agamemnon les chairs molles de sa femme Clytemnestre, qu’il a laissée en Grèce. Mais il faut faire gaffe quand on pique une femme, Alexandre a déclenché la guerre en m’enlevant…enfin, façon de parler, puisque j’étais consentante. Agamemnon n’aurait pas du piquer Chryséis, fille d’un grands prêtre d’Apollon.

Les représailles du dieu ne se font pas attendre
Aujourd’hui une épidémie mystérieuse a tué nombre de chevaux et de soldats grecs, uniquement les grecs.
Les Dieux savent faire ça  : des virus qui n’attaquent que certaines ethnies.

Voilà, ça n’a pas raté  ! J’attendais avec impatience le moment ou ce balourd d’Agamemnon aller vexer Achille, qui se vexe facilement, il faut bien dire.
Agamemnon a compris la leçon et a renvoyé Chriséis chez son père, mais comme le roi des guerriers ne peut pas rester sans femme, il a repris à Achille la belle Briséis dont il lui avait fait cadeau.
Erreur fatale. Je savais bien qu’Agamemnon n’avait aucunes manières et qu’il était con. Et d’un on ne reprend pas un cadeau, surtout une femme, et surtout pas à un demi-dieu. Et de deux, on ne risque pas de mettre en colère son meilleur combattant, sans lequel on ne peut pas gagner la guerre.
Achille devient fou furieux. Je connais bien Achille, je ne me lasse pas de le regarder se battre contre son destin, il l’incarne, il le joue sur tous les tons, comediante, tragediante, rien n’est jamais de sa faute.  Il commence par crier, drapé dans sa dignité offensée.
Pourquoi je combats ? Pour plaire à Agamemnon et à Ménélas  ! Voilà comment ils me remercient, en me reprenant Briséis  ! Ils n’ont pas le droit. J’en ai assez, c’est grâce à moi que le grand chef Agamemnon gagne toutes les batailles, et il se réserve la plus grande partie du butin de guerre…
Puis, Achille boude.
Si c’est comme ça, moi je retourne en Grèce. Je n’obéis plus aux ordres de cet  ivrogne, planqué, lâche, faux-jeton. Il a osé envoyer ses hommes jusque dans mon fier bateau noir pour me reprendre Briséis de force.
Puis Achille pleure.
– Je ne veux pas qu’on nous sépare. J ‘aime Briséis j’aime  son regard sombre aux reflets bleus. Mère, mère, Thétis, conseille-moi  !
– Pour manifester ta colère, mon fils, cesse de combattre.

Sans Achille, les Grecs ne sont pas prêts de me ramener à la maison. Et moi, m’a-t-on demandé mon avis ! La gloire d’Achille, la gloire d’Achille…Et moi, et moi, et moi  ?  Achille, il boude et s’ennuie. Sa mère la déesse Thétis fonce sur l’Olympe pour réclamer vengeance à Zeus.

Scène Olympe
– Zeus, Agamemnon a humilié mon fils.
– Pour te faire plaisir, Thétis, je vais faire mourir quelques Grecs. A cause de toi, je vais devoir encore subir une scène de ménage de ma femme Héra qui soutient les Grecs et se méfie de moi car je fais semblant de soutenir les Troyens. Tu sais bien que je ne fais ça que pour assurer la gloire à ton fils.
Héra, écoute derrière la porte de nuages et médite sa vengeance. Elle en a assez d’être une déesse battue. Dès qu’elle prend un peu de liberté, son mari Zeus lui donne une fessée et la suspend aux nuages, les pieds lestés par des enclumes dorées…
– Athéné, ma fille, va trouver le grec Ulysse. Dis-lui d’encourager ses troupes à se battre pour récupérer Hélène. Il sait comment envoyer les hommes au casse pipe, il leur donne la permission d’enlever chacun une femme Troyenne en récompense de leur courage. Quand on est si loin de sa famille depuis si longtemps, ça marche à tout les coups. Va ma fille  !
Zeus, écoute lui aussi derrière la porte de nuages  :
– Messager va dire au troyen Hector de se préparer au combat.

Récit Hélène de Troie
Le jour se lève, du haut des remparts, j’assiste à mon spectacle préféré. J’admire ces soldats qui ont fourbi leurs armes, fait briller leurs casques, ajusté leurs beaux jambarts. J’attends avec impatience qu’ils se jettent les uns contre les autres.
Sur le rivage, près du beau vaisseau noir, je vois les chevaux immortels d’Achille brouter  tranquillement. Le demi-dieu boude et s’ennuie.

Refrain d’Achille
Qui c’est qui, est le bouillant Achille
C’est moi, c’est moi, c’est moi, c’est moi
sans moi pas d’victoire, j’suis fait pour la gloire
ma mère m’a dit t’es un grand guerrier, faut t’faire respecter
je boude, je boude, je boude je boude

Récit Hélène de Troie
Ouaou la mêlée  ! Ménélas descend de son char. Il se précipite sur Alexandre.
Cette attaque farouche m’impressionne, je ne m’attendais pas à tant de courage de la part de mon mari.
Alexandre, surpris prend la fuite. Il retourne se faire protéger par ses troupes.
A force de rester au lit avec moi, mon amant s’est ramolli.
Ménélas traite Alexandre de lâche, de lanceur d’oeillades, de séducteur de femme. Excité par ces insultes, Alexandre provoque Ménélas en duel. Les guerriers font une haie d’honneur pour laisser place au choc des chefs
Ils espèrent qu’ils vont enfin rentrer chez eux.
Ménélas casse son épée sur le bouclier d’Alexandre. Il saisit son casque par le panache et le traîne dans la poussière. Alexandre étouffe, le souffle coupé par la jugulaire qui l’étrangle. Les pierres déchirent sa peau.
Pourvu qu’il ne soit défiguré.
Ménélas va gagner… Non  !!! La déesse Aphrodite vient au secours du Troyen.  Elle coupe  la courroie . Alexandre est sauvé. La déesse le fait  disparaître dans une nuée de sable. Ménélas ne se rend pas compte qu’il ne tire plus qu’un casque vide.
On vient de ramener mon amant sain et sauf dans la douceur de notre chambre parfumée. Je le fais soigner par mes femmes.
Je suis perplexe, je ne sais quoi penser de ce duel injuste qu’Alexandre n’a gagné qu’avec l’aide d’une déesse. Je commence à avoir envie de rejoindre mon mari mais comme d’habitude ce sont les dieux qui vont décider.

Scène Olympe
– Héra, je ne comprends pas pourquoi tu t’acharnes à vouloir la destruction de la belle ville de Troie où j’ai tant amis.  Si tu continues, je vais aller saccager la ville où toi, tu as le plus d’amis.
– Maman  a raison de soutenir les Grecs.
– De quoi te mêles-tu Athéné  ?
– Je descend faire un tour sur terre pour exciter Agamemnon contre les Troyens, ça va être facile. C’est Ménélas qui a gagné le duel. les Troyens auraient dû rendre Hélène, ils ne tiennent pas leurs promesses. Viens avec moi Arès.
– Ouais, je suis le dieu de la guerre et avec ma sœur,  la déesse Discorde, on sait faire nos entrées sur les champs de bataille. Personne ne sait jamais pour quel camp nous prenons parti car nous changeons tout le temps d’avis. C’est tellement drôle de semer la pagaille.
Ecoutez cette douce musique, les cris et les hurlements des deux armées qui s’affrontent de nouveau. Le fracas des boucliers et le tonnerre des cuirasses sont assourdissants. Le sang coule à flot, lances et flèches se plantent dans les poitrines, ressortent entre les omoplates, perforent les poumons, réapparaissent par les fesses, attaquent les tempes et ressortent par les yeux ou par la mâchoire, percent les crânes, détachent l’épaule du cou ou du dos, coupent la langue, sectionnent les tendons, écrasent les mentons. Là-bas à l’arrière de la bataille, certains jettent les pierres,  volent les chevaux, récupèrent les armes abandonnées par les mourants, ramassent les casques. Beaucoup mordent la poussière et rendent leur dernier soupir le nez dans la terre. Les dégâts sont énormes. L’affrontement a fait des blessés parmi les demi-dieux et même parmi les dieux. Aphrodite est blessée au poignet dans la bagarre . Le char d’Apollon va à son secours, La voilà de retour sur l’Olympe.
– Mère, les humains n’ont pas le droit de s’attaquer aux dieux, nous sommes intouchables. Ce serait bon de le leur rappeler  !
(rire d’Arès)
– Toi, Aphrodite, tu es meilleure pour le mariage, l’amour et la cuisine  ; pour la guerre, laisse tomber  !
– Viens avec moi Athéné ma fille, allons au secours des Grecs.  Je prend l’armure de Zeus et une lourde pique. Lorsque notre char d’or et d’argent sera en vue du camp grec,  je crierai Sans Achille, vous n’êtes que des minables!  Je te parie que les Grecs vont retourner se battre.

Récit Hélène de Troie

En attendant, Achille boude et s’ennuie et lorsqu’Achille boude et s’ennuie, il joue de la lyre et chante à ses soldats les exploits guerriers de son ami Patrocle. Agamemnon s’est enfin décidé à régler le problème Achille. Il envoie Ulysse en ambassadeur pour lui promettre des femmes dont Briséis et de nombreux cadeaux. Achille  prépare à son ami Ulysse un festin bien arrosé de vin et de boissons fraîches mais Achille ne cède pas. Il hurle
– Le lâche et le courageux reçoivent les mêmes honneurs. Avoir passé ma vie au combat, il ne me reste rien . Nous nous battons pour Hélène (c’est moi) Ménélas l’aime peut-être , Moi j’aime Briséis et Agamemnon me l’a enlevée.

Puis Achille boude,
– Je vais reprendre la mer et laisser ce lâche de grand chef se débrouiller avec Hector.
Puis Achille pleure
– Ma mère m’a dit que si je reste je mourrai jeune avec la gloire immortelle. M’en fiche de la gloire immortelle maman  !

Récit Hélène de Troie

Ça m’étonnerait bien que les Dieux laissent partir Achille, ils vont sûrement combiner quelque chose pour le retenir. Achille, encore Achille  , il n’y en a que pour Achille, pour la gloire d’Achille.
En attendant, au palais, les hommes se préparent à repartir au combat  : Alexandre se livre à sa danse de séduction préférée, se pavaner devant moi avec ses armes magnifiques. Il est vraiment beau, je n’ai plus envie de rentrer chez moi. Tiens, le frère d’Alexandre, le grand guerrier Hector se fait chouchouter par sa maman qui lui apporte du vin doux. Sa femme Andromaque le rejoint sur les remparts de Troie. Elle supplie son mari  : Ne va pas combattre les Grecs, les dieux les protègent. Tu ne pourras rien faire contre eux et Achille te tuera. Hector ne l’écoute pas, il veut juste embrasser son fils mais oublie d’ôter son casque surmonté d’un panache en queue de cheval. L’enfant a si peur qu’il hurle.
Je sais que le combat va être rude car le roi de Troie a engagé de nombreux mercenaires étrangers.

Commentaire foot
Jamais vu, inoui, Agammenon en personne se prépare au combat, il porte son bouclier à tête de gorgone qui terrifie l’adversaire, son casque à queue de cheval rousse, il brandit les deux lances qui lui portent chance. au milieu de ses hommes sur le bord du fossé, il attend le choc . Du côté des Troyens, Hector, tout couvert de bronze, du haut de sa grandeur, donne ses ordres aux armées. Les dieux, assis sur le banc de touche de l’Olympe attendent le  spectacle.. La déesse Discorde entre sur le champ de bataille.

Le coup d’envoi du massacre est donné.

Agamemnon coupe les têtes à qui mieux mieux. Des chevaux tirent des chars vides, des chars renversés. Les Troyens  sont en fuite.
Hector va mourir, NON  ! Zeus intervient pour le sauver.  Le combat s’intensifie. Agamemnon est sérieusement blessé. Il se retire pour se faire soigner. Ulysse reste seul au milieu de la mêlée, Il se débat comme un beau diable, il ne va pas tenir longtemps si les dieux ou ses amis ne lui viennent pas en aide. Ulysse est blessé, Ménélas entend son cri de détresse il l’emmène sur son char.
Les sabots des chevaux et les roues du char projettent du sang partout.
La défaite des Grecs semble inévitable. Heureusement le grand fossé hérissé de pieux, dernier rempart opposé aux Troyens, fait très peur aux chevaux. Ils refusent de le franchir.
Hector saute sur le mur qui le sépare du camp Grec, il soulève une énorme pierre. C’est Zeus qui lui rend légère. Il la jette pour défoncer la porte du camp.
Hector enfourche son cheval alezan et s’engouffre avec ses troupes dans le camp grec. Le dieu Apollon lui ouvre le passage. Torches en main, les Troyens mettent le feu aux bateaux. Les Grecs sont perdus  !…

Récit Hélène de Troie

Pendant que le sang coule, allongé sur le pont de son beau vaisseau noir, Achille boude et s’ennuie. Entouré de superbes femmes, il se fait préparer dans des coupes d’or sa potion préférée (oignons, miel, vin, fromage de chèvre râpé). Son ami Patrocle refuse de boire avec lui, il énumère la longue liste des chefs morts au combat. Il supplie Achille de reprendre les armes. Achille refuse. Patrocle le traite de bâtard.
Achille hurle Les Troyens seraient en fuite depuis longtemps si Agamemnon m’avait respecté.
Quel vantard! Il ne fait que subir le plan de Zeus  : Il  doit envoyer son ami Patrocle aider les Grecs, Hector tuera Patrocle pour qu’Achille venge son ami en tuant Hector  ! Alors seulement, Zeus laissera les Grecs prendre Troie. Agamemnon lui aussi est bien vaniteux de croire que Zeus est de son côté. Zeus soutient le demi-dieu Achille voilà tout. Le demi-dieu Achille encore et toujours et moi alors, je suis aussi une demi-déesse, on dit demi-dieu ou demi-déesse, demi et en plus femme, on ne me demande pas mon avis. Je suis  bien naïve de croire qu’on se bat pour moi.
Après avoir boudé et crié, Achille pleure ses amis et décide d’envoyer Patrocle au casse pipe à sa place. Il lui confie ses soldats, les célèbres Myrmidons et tout son équipement  : de très beaux jambarts sur des couvre-chevilles en argent, une cuirasse aussi brillante que le soleil, une épée martelée de clous en argent, un casque monté d’une queue de cheval au poil soyeux, tout son équipement, sauf sa pique, car Achille lui seul peut la soulever avec sa force de demi-dieu,
Ils se serrent les uns contre les autres, bouclier contre bouclier, casque contre casque. Les Troyens, reconnaissant les Myrmidons et les deux chevaux immortels d’Achille, prennent la fuite. Patrocle arrive à éteindre le feu du bateau endommagé par les flammes. Chaque Myrmidon maîtrise un adversaire, lui brise le cou, lui éclate la cervelle, lui arrache une rangée de dents d’un seul coup  ! Patrocle coince les Troyens entre les vaisseaux, le rempart et le fossé où s’empilent cadavres et chars.
Patrocle s’attaque à l’écuyer d’Hector, il lui lance une pierre qui lui arrache les deux sourcils et lui fait rouler les yeux dans la poussière.

Commentaire foot

Attention, voilà Zeus  !

Il frappe Patrocle dans le dos. Hector achève Patrocle d’un coup de lance . et hurle  : Achille t’a laissé tomber et te laisse mourir  !  L’écuyer de Patrocle essaye de fuir sur le char tiré par les chevaux immortels d’Achille. Hector va le rattraper. Non  ! Zeus les lance au grand galop jusqu’à la tente d’Achille. Les Troyens s’emparer du corps de Patrocle. Et c’est Achille qui surgit du fossé et remonte le terrain. Il n’ aucune chance! sisisisisiSi  ! Athéné éblouit les Troyens et provoque la panique. Achille parvient à reprendre le corps de son ami.

Récit Hélène de Troie

Achille pleure. Pour la première fois, ses larmes et ses cris ne me font par rire. Son désespoir me touche. La mort de Patrocle rend Achille fou. Il prend de la cendre et s’en verse sur la tête, sur le visage. Il se roule dans la poussière, s’arrache les cheveux de rage. Les femmes crient en choeur avec lui. C’est lancinant. Achille parvient enfin à parler entre ses sanglots  :
Chers Myrmidons, lavez le corps de Patrocle, enduisez-le d’huile, remplissez les plaies d’onguents, enveloppez son corps d’un linceul blanc.
La vue du corps de Patrocle enflamme le désir de vengeance d’Achille, violent, impitoyable, sans merci.
Je n’enterrerai  pas Patrocle avant d’avoir rapporté les armes et la tête d’Hector. Je jure  de trancher le cou de 12 Troyens devant le bûcher où le corps de mon ami sera brûlé.
Achille sait qu’il va mourir en se lançant dans le combat, et moi, je vais être obligée de retourner chez mon mari.

Refrain
Qui c’est qui, va se faire tuer sur l’champ de bataille, sur l’champ d’bataille
C’est Achille, c’est Achille, c’est l’dmi dieu Achille
Qui c’est qui va retourner, chez son mari, chez son mari
C’est Hélène, c’est Hélène, c’est la belle Hélène
On est tous manipulés, nipulés, nipulés,
On est tous manipulés, tra la la la la la

Récit Hélène de Troie

La déesse Thétis a fait faire pour son fils Achille un nouvel équipement complet sur mesure chez Héphaïstos, le forgeron des dieux. Le bouclier à lui seul  raconte l’univers entier.
Mais plus rien n’a de saveur pour Achille, ni le luxe de son équipement, ni le festin bien arrosé préparé pour les Myrmidons, ni même les câlins de la belle Briséis qu’Agamemnon lui a rendue. Achille n’est plus que vengeance.
Commentaire Hélène
Les guerriers des deux camps sont prêts, les Dieux aussi, chacun de leur côté. La douleur d’Achille excite sa violence. Sa lance brise des os, transperce des crânes, fait gicler les cervelles dans les casques. Les entrailles se répandent par terre, la moelle jaillit des vertèbres. Le sang coule sur la terre noire, les chevaux immortels d’Achille foulent les cadavres. Achille, fatigué de tuer sélectionne les douze Troyens  qu’il a promis d’offrir à la mémoire de Patrocle. Puis il cherche Hector et finit par le trouver. Du haut des remparts de la ville, les Troyens encouragent Hector qui court le long des murailles, poursuivi par Achille qui veut la gloire de tuer tout seul celui qui a exécuté son ami Patrocle. Un tour, deux tours, trois tours, encore un tour, les deux guerriers s’insultent   Hector: Je vais te transpercer de ma pique. A ta mort, la guerre sera plus légère, car tu es pire que la peste pour les Troyens  ! Achille  : Je vais te donner en pâture aux chiens et Patrocle sera vengé. Hector : Je t’offre du bronze et de l’or pour que  tu rendes mon corps aux Troyens si tu me tues.  Achille: Je préférerais couper et dévorer ta chair toute crue  ! Hector :  Tu as une âme de fer mais prends garde que les dieux ne s’irritent après toi. Alexandre te perdra … Sa phrase s’achève dans un gargouillis. Hector est pris de hoquets il vomit un sang noir épais par cascades. Achille vient de tuer Hector  ; il lui tranche la gorge, le dépouille de ses armes, perce les tendons de ses pieds, y attache les courroies de son char et traîne sa victime dans la poussière. Les chevaux immortels galopent de toute leur énergie  ; les cheveux d’Hector se répandent et sa tête si belle est défigurée.
Je crie et je gémis avec les autres devant ce spectacle atroce. Andromaque, la femme d’Hector ne supporte  pas le martyre de son mari … elle s’évanouit.
Achille hurle : Je vais poursuivre ma vengeance et accomplir ce que j’ai promis, livrer Hector aux chiens qui vont le dévorer cru, puis égorger devant le bûcher de Patrocle les douze Troyens que j’ai fait prisonniers.
Achille étend Hector dans la poussière, près du lit de Patrocle. Il sert le repas funèbre, égorgeant pour ses soldats bœufs, chèvres, cochons, moutons.
Comme d’habitude, le sang coule à flots, pour une fois c’est celui des animaux.
Achille distribue des récompenses à ses soldats: femmes, armes, chevaux. Il refuse de se laver avant d’avoir fait brûler le cadavre de son ami, il coupe ses beaux cheveux blonds et les offre à Patrocle. Il met sur le bûcher des amphores de miel et d’huile, quatre chevaux et deux chiens et enfin allume le feu.
Achille ne parvient pas, comme il  se l’est promis, à faire dévorer Hector par les chiens. Les Dieux protègent sa dépouille mais Achille continue à traîner Hector au rythme de ses pleurs.
Les dieux sont très énervés par la conduite d’Achille, ils obtiennent de Thétis qu’elle convainque sont fils de rendre le corps d’Hector au roi de Troie et de partager un repas avec lui. Normalement, je devrais rentrer chez moi, mais non, la volonté de Zeus concernant Achille n’est pas encore accomplie. Achille, toujours Achille, arrêtez de me parler d’Achille. Alexandre doit tuer Achille. Les armes de mon amant ne lui servent pas qu’à se pavaner devant moi. Les Grecs ne rentreront chez eux qu’après  avoir saccagé Troie. Ulysse va sûrement nous sortir une ruse de son sac pour permettre aux Grecs de pénétrer dans la ville. Alors seulement, je rentrerai avec mon mari et me résignerai à la vieillesse et à une vie bourgeoise.
Quelle histoire  !

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