{"id":4410,"date":"2011-12-15T07:56:47","date_gmt":"2011-12-15T05:56:47","guid":{"rendered":"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/?p=4410"},"modified":"2011-12-11T18:01:35","modified_gmt":"2011-12-11T16:01:35","slug":"danseuses-montant-un-escalier-dedgar-degas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/2011\/12\/danseuses-montant-un-escalier-dedgar-degas\/","title":{"rendered":"Danseuses montant un escalier d&#8217;Edgar Degas"},"content":{"rendered":"<!-- google_ad_section_start --><p><span style=\"color: #800000;\"><strong><\/p>\n<div id=\"attachment_4411\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><\/strong><strong><a href=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/danseus.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4411\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4411\" title=\"danseus\" src=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/danseus-300x129.jpg\" alt=\"Danseuses montant un escalier - Edgar Degas - Mus\u00e9e d'Orsay\" width=\"300\" height=\"129\" srcset=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/danseus-300x129.jpg 300w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/danseus-150x64.jpg 150w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/danseus.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/strong><p id=\"caption-attachment-4411\" class=\"wp-caption-text\">Danseuses montant un escalier - Edgar Degas - Mus\u00e9e d&#39;Orsay<\/p><\/div>\n<p>Un cadrage r\u00e9volutionnaire au service d\u2019un instantan\u00e9<\/span><\/p>\n<p>Max Liebermann, le peintre allemand, admire cette \u00ab\u00a0impression d\u2019instantan\u00e9\u00a0\u00bb chez Degas. Il pense qu\u2019\u00ab\u00a0il est capable de composer de telle sorte que cela ne ressemble plus \u00e0 une composition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une danseuse entre en salle. Derni\u00e8re marche de l\u2019escalier, instantan\u00e9 sur le premier pas qui touche le sol. Elle est suivie par deux autres, coup\u00e9es \u00e0 ras bord. Angles de vue d\u00e9centr\u00e9s, d\u00e9placements contraires, balancement des tutus, perspective zigzagante\u00a0; ici, tout est mouvement, tendu, r\u00e9p\u00e9t\u00e9, rendu \u00e0 son paroxysme. Comment la composition m\u00e8ne-t-elle ce cours de danse\u00a0?<\/p>\n<p>1886-1888 \/ 30 cm x 89,5 cm<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong> <span style=\"color: #800000;\">Sujet<\/span><\/strong><\/h2>\n<p>Degas aimait le spectacle, tout le spectacle, ses lumi\u00e8res, ses musiques, ses costumes de toutes les couleurs, et surtout ces fleurs en mouvement que sont les ballerines. Deux corps auront compt\u00e9 pour lui, celui de la femme et celui du cheval, mais ce n\u2019est jamais un corps immobile que montre Degas, le cheval court, saute, se cabre\u00a0; la femme, elle, chante, danse, se lave\u00a0; chez Degas les corps sont toujours en mouvement et plus il s\u2019enfoncera dans la peinture plus cette obsession du mouvement envahira son \u0153uvre.<\/p>\n<p>Il y a manifestement deux parties dans cette \u0153uvre\u00a0: avant et apr\u00e8s 1870 . Quelques chevaux avant 70, et leurs cavaliers, mais aucune danseuse ni chanteuse ni com\u00e9dienne. Le spectacle commence apr\u00e8s la guerre.<\/p>\n<p>Monter en sc\u00e8ne se pr\u00e9pare \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00e0 l\u2019\u00e9cole de danse ou chaque jour on monte l\u2019escalier qui m\u00e8ne \u00e0 cette salle de cours. Degas qui conna\u00eet \u00e0 cette \u00e9poque tr\u00e8s bien tout ce qui concerne la danse en lit parfaitement toutes les \u00e9motions qui font partie de son obsession\u00a0: le mouvement. Il brosse ici dans ce vide impressionnant de la salle de danse l\u2019\u00e9motion de celle qui va entrer dans la lumi\u00e8re, les \u00e9ternels premiers pas, m\u00eame si cette jeune femme danse d\u00e9j\u00e0 depuis longtemps, c\u2019est cette tension du corps de la danseuse \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en salle ou en sc\u00e8ne que Degas d\u00e9crit ici.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>Composition<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>Personnages en mouvement coup\u00e9s par le bord du tableau = instantan\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019on appelle un zig-zag est dans cette toile \u00e0 l\u2019origine de la composition, le triangle en est vraisemblablement la base, mais Degas est fascin\u00e9 par le balancement raide des tutus et du d\u00e9hanchement un peu gauche que les chaussons de danse impose \u00e0 la d\u00e9marche normale des danseuses. Une ligne de perspective d\u2019ailleurs peinte sur le mur de l\u2019escalier (donc sugg\u00e9r\u00e9e plut\u00f4t qu\u2019affirm\u00e9e), d\u00e9signe l\u2019espace de lumi\u00e8re de la salle de danse, endroit du travail et du triomphe, \u00e9clair\u00e9e par le jour et par la ville que l\u2019on distingue l\u00e0 bas par une fen\u00eatre lointaine. Degas veut l\u2019espace d\u00e9velopp\u00e9, grand, r\u00e9el, \u00ab\u00a0naturaliste\u00a0\u00bb comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque ( o\u00f9 on ne se sentait pas encore si s\u00e9par\u00e9 de la nature que par la suite).<\/p>\n<p>Mais toute cette perspective n\u2019est l\u00e0 que pour montrer le mouvement, cette agitation d\u2019oiseaux des danseuses. L\u2019action comme souvent chez Degas est celle des marges, moments de repos, agitation des coulisses\u00a0; l\u00e0 c\u2019est l\u2019escalier, lieu de passage, lieu sans importance pour les danseuses, mais si important pour le peintre qui les regarde, car l\u00e0, cette jeune femme dont le corps commence \u00e0 recevoir la lumi\u00e8re du jour, oublie l\u2019instant et le lieu, elle est toute enti\u00e8re dans l\u2019effort \u00e0 venir et dans l\u2019espoir de r\u00e9ussir, comme lui le peintre de r\u00e9ussir cette chose, combien difficile\u00a0:saisir le mouvement dans toute sa richesse animale et humaine, dans cette r\u00e9union impossible, condition de la beaut\u00e9 naturaliste, mais pourquoi ne pas dire naturelle.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>Couleur, lumi\u00e8re<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>La lumi\u00e8re de l\u2019ext\u00e9rieur envahit la salle de danse elle se r\u00e9pand vers le bas dans la droite du tableau elle frappe le personnage central, cette danseuse anonyme qui est\u00a0le c\u0153ur et le sujet du tableau\u00a0. Tout le colorisme du d\u00e9cor est en relation avec le corps de la danseuse, avec son \u00e9motion, le rouge garance de la bande basse du mur de l\u2019escalier, le sol si charnel dans sa couleur, sur lequel elle va danser, tout est r\u00e9sonance du mouvement d\u2019arriver de cette danseuse un instant seule dans l\u2019escalier, et qui va se m\u00ealer aux autres, faire partie de la corolle des ces fleurs en mouvement.<\/p>\n<p>Contrastes ombres \/ lumi\u00e8re<\/p>\n<p>Talus blancs, mur brun, n\u0153ud rose.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>Mati\u00e8re, forme<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>Tout le XIXe si\u00e8cle voulait atteindre la mati\u00e8re des choses, m\u00eame Ingres avec ses surfaces on ne peut plus lisses, mais personne n\u2019osait y aller directement \u00e0 cette mati\u00e8re, il faudra Van Gogh qui suivait Monicelli \u00e0 la trace pour y acc\u00e9der. Tout le si\u00e8cle s\u2019est \u00e9vertu\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9senter et Degas est un des plus acharn\u00e9 \u00e0 cette tache, mais il ne franchira pas cette marge que Monet passera sur son pont japonais \u00e0 la fin de sa vie, mais au XXe<sup><\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Cette mati\u00e8re lumineuse est le fondement de la hantise plastique de Degas, mais ce n\u2019est que vers 90 qu\u2019il l\u2019atteindra apr\u00e8s une recherche plastique d\u2019un acharnement formidable, o\u00f9 le peintre veut m\u00ealer lumi\u00e8re et mati\u00e8re en une nouvelle repr\u00e9sentation ,il\u00a0 n \u2018est pas loin des impressionnistes dans cette recherche, mais se diff\u00e9rencie d\u2019eux par cette chose justement, cette mati\u00e8re-lumi\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du tableau\u00a0; alors que Monet l\u2019am\u00e8ne \u00e0 la surface du tableau. Degas reste dans l\u2019id\u00e9e du mouvement et Monet dans celle du miroitement. Le mouvement a ses exigences, c\u2019est \u00e9vident, il lui faut un espace pour se faire, il lui faut l\u2019ombre et la lumi\u00e8re pour sa dramatisation,. Degas accepte la touche mais pas le risque de la surface comme Gauguin, il n\u2019est pas un contemplatif, il est un scrutateur. Cela il l\u2019a montr\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but\u00a0: la finesse de l\u2019analyse psychologique\u00a0; voil\u00e0 la mati\u00e8re de son \u0153uvre. Les formes en d\u00e9coulent bien s\u00fbr, perfection des attitudes, v\u00e9rit\u00e9 des mouvements, exactitude des lumi\u00e8res.<\/p>\n<p><em>Extrait de l&#8217;analyse plastique pr\u00e9paratoire pour le CD-Rom de jeu Secrets d&#8217;Orsay<\/em><\/p>\n<!-- google_ad_section_end -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<!-- google_ad_section_start --><p>Un cadrage r\u00e9volutionnaire au service d\u2019un instantan\u00e9 Max Liebermann, le peintre allemand, admire cette \u00ab\u00a0impression d\u2019instantan\u00e9\u00a0\u00bb chez Degas. 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