{"id":4531,"date":"2012-01-19T07:59:25","date_gmt":"2012-01-19T05:59:25","guid":{"rendered":"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/?p=4531"},"modified":"2012-01-19T10:47:09","modified_gmt":"2012-01-19T08:47:09","slug":"lopera-et-loperette-au-xixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/2012\/01\/lopera-et-loperette-au-xixe-siecle\/","title":{"rendered":"L&#8217;op\u00e9ra et l&#8217;op\u00e9rette au XIXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<!-- google_ad_section_start --><p><strong><span style=\"color: #800000;\"><a href=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HVT082_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4532\" title=\"HVT082_2\" src=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HVT082_2-211x300.jpg\" alt=\"HVT082_2\" width=\"211\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HVT082_2-211x300.jpg 211w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HVT082_2-105x150.jpg 105w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HVT082_2.jpg 339w\" sizes=\"(max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><\/a>1858 : L&#8217;heure l\u00e9g\u00e8re<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Depuis que Jacques Offenbach a ouvert son petit th\u00e9\u00e2tre des Bouffes parisiens, il y a d\u00e9j\u00e0 produit avec succ\u00e8s sept op\u00e9rettes en un acte.<\/p>\n<p>Mais son premier triomphe parisien, il l&#8217;obtient le 21 octobre 1858 avec Orph\u00e9e aux enfers (op\u00e9ra bouffe en deux actes) ; ce jour-l\u00e0, &#8220;la bouffonnerie lyrique fut un besoin de l&#8217;esprit parisien&#8221; et des foules d&#8217;\u00e9trangers habitu\u00e9s \u00e0 venir \u00e0 Paris pour les Expositions universelles.<\/p>\n<p>L&#8217;op\u00e9rette est n\u00e9e sous le Second Empire gr\u00e2ce \u00e0 Florimond Ronger, dit Herv\u00e9, organiste \u00e0 Saint-Eustache \u00e0 ses heures graves, chef d&#8217;orchestre dans les th\u00e9\u00e2tres \u00e0 demi-mondains \u00e0 ses heures l\u00e9g\u00e8res : il y donne alors dans la loufoquerie, comme si tout \u00e0 coup il \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement \u00e9m\u00e9ch\u00e9.<!--more-->Avec Offenbach, l&#8217;op\u00e9rette explose et devient le symbole de la vie parisienne sous Napol\u00e9on III ; elle force les portes de l&#8217;Op\u00e9ra comique et du th\u00e9\u00e2tre lyrique, prend m\u00eame pied au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, Charles Lecoq (La Fille de Madame Angot), Reynaldo Hahn (Ciboulette), Emmanuel Chabrier et Messager s&#8217;y essaient avec succ\u00e8s. Avec Franz Lehar (La Veuve joyeuse), elle reprend les accents de Johann Strauss.<span style=\"color: #800000;\"><strong> <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>La mal\u00e9diction de Hugo et le succ\u00e8s de Verdi<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Il est des sujets tabous qu&#8217;on ne livre pas sur la  sc\u00e8ne publique : la frivolit\u00e9 des rois par exemple. Victor Hugo  l&#8217;apprend \u00e0 ses d\u00e9pens : Le Roi s&#8217;amuse ne sera repr\u00e9sent\u00e9 qu&#8217;une seule  fois ; il est imm\u00e9diatement interdit par la censure, alors que l&#8217;Op\u00e9ra  de Verdi, Rigoletto, conna\u00eet une popularit\u00e9 imm\u00e9diate et durable. Tout  Venise (la dona \u00e8 mobile) puis le monde entier fredonne l&#8217;air&#8230;.<\/p>\n<p>L&#8217;arrangeur  italien muselle l&#8217;\u00e9loquence par ci, change les personnages par l\u00e0, mais  reste tr\u00e8s pr\u00e8s du drame hugolien si pr\u00e8s que Victor Hugo, pour des  questions de droits d&#8217;auteur, s&#8217;opposera \u00e0 la cr\u00e9ation en France de  Rigoletto, cet op\u00e9ra qui s&#8217;appropriait le succ\u00e8s que Le Roi s&#8217;amuse  n&#8217;avait pas obtenu.<\/p>\n<p>Rigoletto tient une place privil\u00e9gi\u00e9e dans  l&#8217;\u0153uvre de Verdi ; la libert\u00e9 et la diversit\u00e9 d&#8217;expression explosent  mais le drame prend corps sc\u00e8ne apr\u00e8s sc\u00e8ne. L&#8217;air n&#8217;est plus un morceau  de bravoure isol\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1864 Le grand barbu qui s&#8217;avance, bu qui s&#8217;avance&#8230;<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Offenbach -&#8220;Je vous apporte un r\u00f4le \u00e9tonnant.&#8221;<\/p>\n<p>Hortense Schneider -&#8220;Trop tard, mon cher ! Je renonce au th\u00e9\u00e2tre, le Palais-Royal me refuse une augmentation.&#8221;<\/p>\n<p>Mais on ne renonce pas longtemps aux propositions d&#8217;Offenbach et ce n&#8217;est pas renoncer que de quitter le th\u00e9\u00e2tre pour l&#8217;op\u00e9rette.<\/p>\n<p>La Belle H\u00e9l\u00e8ne, comme tous les ouvrages d&#8217;Offenbach qui se sont succ\u00e9d\u00e9s au Boulevard Montmartre, a, d\u00e8s le soir de la premi\u00e8re sa place, marqu\u00e9e parmi les triomphes l\u00e9gendaires.<\/p>\n<p>Les plus grandes \u00e9toiles s&#8217;effacent devant Mademoiselle &#8220;Schneidre&#8221; (c&#8217;est ainsi qu&#8217;elle prononce) en qui s&#8217;incarne la fortune de l&#8217;op\u00e9ra-bouffe sous le Second Empire&#8230;&#8221; et la ronde affol\u00e9e semblait comme narquoisement men\u00e9e par la musique saccad\u00e9e d&#8217;Offenbach.&#8221;<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1864 &#8211; Les Troyens, de Berlioz, un grand po\u00e8me lyrique<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Berlioz: &#8220;J&#8217;admire Virgile et je me fais l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un grand op\u00e9ra trait\u00e9 dans le syst\u00e8me shakespearien, dont le deuxi\u00e8me et le quatri\u00e8me livre de l&#8217;En\u00e9ide seraient le sujet&#8221;.<\/p>\n<p>La princesse de Wittgenstein : &#8220;Il doit en r\u00e9sulter quelque chose de grandiose et de nouveau. Allons, il faut faire cet op\u00e9ra, sinon je ne veux plus vous voir&#8221;.<\/p>\n<p>Berlioz : &#8220;De retour \u00e0 Paris, je commen\u00e7ai \u00e0 \u00e9crire les vers du po\u00e8me lyrique des Troyens. Puis je me mis \u00e0 la partition, et au bout de trois ans et demi de corrections, de changements, d&#8217;additions etc., tout fut termin\u00e9. C&#8217;\u00e9tait en avril 1858.&#8221;<\/p>\n<p>On d\u00e9courage Berlioz de faire repr\u00e9senter Les Troyens \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra et ce grand ouvrage est repr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre lyrique en 1864 pendant vingt et un jours, amput\u00e9 de sa premi\u00e8re partie, mutil\u00e9, truff\u00e9 de coupures, et pourtant \u00e9mouvant, douloureusement passionn\u00e9, admir\u00e9, mais aussi raill\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1866 Ambroise Thomas, <\/strong><\/span><span style=\"color: #800000;\"><strong>le triomphe des proc\u00e9d\u00e9s et des id\u00e9es re\u00e7ues<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, le public du th\u00e9\u00e2tre imp\u00e9rial de l&#8217;Op\u00e9ra comique applaudit ce qui sera le succ\u00e8s le plus vif et le plus durable du r\u00e9pertoire : Mignon. Cette cr\u00e9ation ne quittera pas l&#8217;affiche pendant 28 ans et d\u00e9passera largement les mille repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p>Le sujet est romantique \u00e0 souhait, poignant : il relate les premi\u00e8res ann\u00e9es d&#8217;apprentissage de Wilhelm Meister, inspir\u00e9 d&#8217;une ballade de Goethe (1783). Messieurs Michel Carr\u00e9 et Barbier ont habilement habill\u00e9 le livret \u00e0 la fa\u00e7on fran\u00e7aise dans la plus pure tradition des id\u00e9es re\u00e7ues et des proc\u00e9d\u00e9s admis. On y a \u00e9l\u00e9gamment ajout\u00e9 une pinc\u00e9e de ton \u00e9l\u00e9giaque, un peu de gentillesse et de la sentimentalit\u00e9 qui compensent le manque de puissance dramatique de Monsieur Ambroise Thomas et tout le monde comprendra la pr\u00e9dilection des bourgeois pour l&#8217;insignifiance de Mignon et les honneurs officiels ou non qu&#8217;il a suscit\u00e9s.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1871 A\u00efda de Verdi, une carri\u00e8re \u00e9blouissante<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le kh\u00e9dive d&#8217;\u00c9gypte, Isma\u00efl Pacha, cultiv\u00e9 et occidentalis\u00e9 cherche une id\u00e9e d&#8217;op\u00e9ra pour inaugurer le Th\u00e9\u00e2tre du Caire et l&#8217;ouverture d\u00e9finitive du Canal de Suez. L&#8217;Arch\u00e9ologue fran\u00e7ais Mariette Bey lui sugg\u00e8re le sujet d&#8217;A\u00efda ; Camille du Locle \u00e9crit le livret, et Isma\u00efl offre \u00e0 Verdi 150.000 francs or pour \u00e9crire la musique bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 proposer le sujet \u00e0 Wagner ou \u00e0 Gounod si Verdi refuse.<\/p>\n<p>Mais Verdi accepte. Le 24 d\u00e9cembre 1871, soutenu par un plateau remarquable, A\u00efda triomphe au th\u00e9\u00e2tre du Caire devant toute la critique internationale. Un triomphe sans concessions ; pour la premi\u00e8re fois Verdi montre un beau d\u00e9dain pour les effets r\u00e9put\u00e9s obligatoires, -les fameuses trompettes ne sont qu&#8217;un bien court \u00e9pisode- et au del\u00e0 du souci de &#8220;couleur locale&#8221; s&#8217;achemine vers le raffinement de &#8220;l&#8217;op\u00e9ra complet&#8221;.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1877 &#8211; De l&#8217;oratorio au drame lyrique<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Il faut pr\u00e8s de dix ans \u00e0 Saint-Sa\u00ebns pour achever Samson et Dalila. Le sujet inspir\u00e9 de la Bible d\u00e9routait ; la r\u00e9putation du musicien de faire compliqu\u00e9 et trop moderne pour plaire inqui\u00e9tait ; aussi l&#8217;\u0153uvre attend-elle longtemps avant d&#8217;\u00eatre mont\u00e9e \u00e0 Weimar \u00e0 l&#8217;instigation de Franz Liszt, grand ami de Saint-Sa\u00ebns et directeur de la musique.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette premi\u00e8re retentissante, &#8220;Samson et Dalila&#8221; n&#8217;est admis au r\u00e9pertoire de l&#8217;Op\u00e9ra de Paris que quinze ans apr\u00e8s et fera le tour des grandes sc\u00e8nes internationales.<\/p>\n<p>Hans von B\u00fclow, disciple de Wagner, voyait en Saint-Sa\u00ebns &#8220;le seul musicien contemporain qui ait tir\u00e9 un enseignement salutaire des th\u00e9ories wagn\u00e9riennes, sans se laisser \u00e9garer par elle.&#8221;<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>19 janvier 1884, cr\u00e9ation de Manon \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra comique &#8220;Je m&#8217;appelle Manon*&#8221;<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les r\u00e9p\u00e9titions ont \u00e9t\u00e9 calmes et relativement faciles. Le compositeur, d&#8217;ordinaire surexcit\u00e9, n&#8217;a pas eu un acc\u00e8s de col\u00e8re ni de d\u00e9couragement. Quand par hasard on lui demandait un changement ou une coupure, il prenait son chapeau et disait de son air le plus gracieux : &#8220;Allons, au revoir, mes amis je m&#8217;en vais.&#8221; Ainsi la partition de Massenet a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e sans qu&#8217;on ait modifi\u00e9 ni retranch\u00e9 une seule note. Et le soir de la grande premi\u00e8re \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra comique est un immense succ\u00e8s. &#8220;Je m&#8217;appelle Manon&#8221; ouvre un duo passionn\u00e9 entre Des Grieux et Manon, qui, sem\u00e9 d&#8217;obstacles, se terminera par la mort de celle-ci, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, mais toujours fascin\u00e9e par les bijoux : &#8220;Oh ! les belles pierres&#8221;, chante-t-elle, avant d&#8217;ajouter : &#8220;Je t&#8217;aime, prends ce baiser, c&#8217;est mon adieu \u00e0 jamais !&#8221;.<\/p>\n<p>* Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille d&#8217;apr\u00e8s le roman de l&#8217;abb\u00e9 Pr\u00e9vost.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Le Roi d&#8217;Ys, &#8220;Les profondeurs m\u00e9connues&#8221;<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&#8220;Un four assur\u00e9 !&#8221;, r\u00e9percutent \u00e0 l&#8217;envi les bruits qui courent.<\/p>\n<p>&#8220;Inchantable&#8221;, se plaignent les interpr\u00e8tes.<\/p>\n<p>Lalo  attend dix ans pour que le Roi d&#8217;Ys soit mont\u00e9 \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra comique. C&#8217;est  un succ\u00e8s triomphal. Seule la critique \u00e9met des r\u00e9serves. Pourtant,  Louis de Foucaud est enthousiaste : &#8220;Pas un compositeur allemand actuel  ne pourrait \u00e9crire une \u0153uvre de cette profondeur, de cet \u00e9clat. Cela est  fran\u00e7ais et ne pouvait venir que d&#8217;un Fran\u00e7ais. Quoiqu&#8217;ils fassent, on  les verra forc\u00e9s de reconna\u00eetre, et ils salueront Le Roi d&#8217;Ys comme ils  ont salu\u00e9 Carmen.&#8221;<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;\u0153uvre semble bien d\u00e9mod\u00e9e et  assez mince, insuffisante pour appartenir, comme le souhaitent encore de  nombreux partisans, au grand r\u00e9pertoire lyrique fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1900\u00a0 Louise de Charpentier, le peuple sur sc\u00e8ne<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&#8220;Quel  tapage ! Des ouvriers, des midinettes, des chiffonniers sur la sc\u00e8ne de  l&#8217;Op\u00e9ra comique !&#8221; L&#8217;Audace th\u00e9\u00e2trale, verbale et prosodique de Louise  vient essentiellement de la fid\u00e9lit\u00e9 au &#8220;vrai&#8221; scrupuleusement respect\u00e9e  par Charpentier ; les personnages parlent en prose dans le langage  convenant \u00e0 leur condition.<\/p>\n<p>Certains crient &#8220;au scandale&#8221; devant  &#8220;l&#8217;amour libre&#8221; repr\u00e9sent\u00e9 sur sc\u00e8ne ; Debussy, lui, ne comprend pas  comment les premiers auditeurs de Louise ont pu crier \u00e0 la nouveaut\u00e9  devant l&#8217;insignifiance d&#8217;un p\u00e2le v\u00e9risme, d&#8217;un m\u00e9lange de platitude et  de &#8220;cantil\u00e8ne chlorotique&#8221;.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les pol\u00e9miques, Louise  s&#8217;impose d&#8217;embl\u00e9e. Charpentier pr\u00e9sente son op\u00e9ra comme un &#8220;roman  musical&#8221; au sens naturaliste du terme c&#8217;est \u00e0 dire comme une tranche de  vie quotidienne.<\/p>\n<p>Pendant la seconde guerre mondiale, Gustave  Charpentier, dans un poussi\u00e9reux appartement de c\u00e9libataire, \u00e0  Montmartre, tenait encore la comptabilit\u00e9 des repr\u00e9sentations de Louise  dont il vivait sans souci et sans autre succ\u00e8s depuis plus de quarante  ans.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1911 Richard Strauss : &#8220;Je suis le compositeur du Chevalier \u00e0 la rose&#8221;<\/strong><\/span><\/p>\n<p>C&#8217;est  avec ce cri que Strauss accueille les Am\u00e9ricains qui veulent  r\u00e9quisitionner sa villa, en 1945. Sur un livret qu&#8217;on lui avait  d\u00e9conseill\u00e9, avec un titre qu&#8217;il ne voulait pas, Strauss r\u00e9ussit sa  &#8220;conversation musicale&#8221;, un m\u00e9lange r\u00e9ussi entre lyrisme et simplicit\u00e9.  C&#8217;est une \u0153uvre baroque, \u00e0 mi-chemin entre la com\u00e9die et le drame ou  comme il le dit lui-m\u00eame &#8220;ce n&#8217;est point une com\u00e9die viennoise, mais une  farce berlinoise&#8221;, un flot de fantaisie et de ga\u00eet\u00e9, un ensemble  enchanteur sur le b\u00e2ti le plus rab\u00e2ch\u00e9 du monde : l&#8217;\u00e9viction d&#8217;un noceur  par un bel amant travesti ! Strauss adore l&#8217;esprit g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;\u0153uvre  de Hugo von Hofmannsthal : &#8220;tous les caract\u00e8res sont fins, clairement  dessin\u00e9s, mais malheureusement, j&#8217;aurai besoin de tr\u00e8s bons acteurs \u00e0  nouveau, cela n&#8217;ira pas avec les chanteurs d&#8217;op\u00e9ra habituels.&#8221; Strauss  est &#8220;le compositeur du Chevalier \u00e0 la rose&#8221;, connu et jou\u00e9 dans le monde  entier.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>1904 Madame Butterfly, une &#8220;guimauve&#8221; internationale<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Madame Butterfly, drame lyrique en deux actes et trois tableaux, inspir\u00e9 d&#8217;un roman am\u00e9ricain et de deux romans de Pierre Loti (Le Mariage et Madame Chrysanth\u00e8me) raconte les d\u00e9boires d&#8217;un mariage entre la belle japonaise, Madame Butterfly, et un officier de la marine am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s sentimental, assaisonn\u00e9 de &#8220;guimauve&#8221; am\u00e9ricaine, cet op\u00e9ra de Puccini a toujours beaucoup de succ\u00e8s, les ritournelles plaisant \u00e0 toutes les oreilles.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #800000;\">Le style &#8220;Napol\u00e9on III&#8221;<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Napol\u00e9on III &#8211; &#8220;C&#8217;est bien, c&#8217;est beau, c&#8217;est tr\u00e8s beau !&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;Imp\u00e9ratrice Eug\u00e9nie &#8211; &#8220;Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que ce style-l\u00e0 &#8230;? Ce n&#8217;est pas un style !&#8230; Ce n&#8217;est ni du grec ni du Louis XVI, pas m\u00eame du Louis XV.&#8221;<\/p>\n<p>Charles Garnier &#8211; &#8220;Non&#8230; ces styles-l\u00e0 on fait leur temps&#8230; c&#8217;est du Napol\u00e9on III et vous vous plaignez ?&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;Empereur souriait silencieusement dans sa moustache. Enfin, s&#8217;approchant de Garnier, il lui dit tout bas :<\/p>\n<p>&#8211; &#8220;Ne vous tourmentez pas&#8230; elle n&#8217;y entend rien du tout !&#8221;<\/p>\n<p>Il est vrai que le concours est une id\u00e9e de l&#8217;Imp\u00e9ratrice qui souhaite la victoire de son favori Viollet-le-Duc.<\/p>\n<p>Cent soixante et onze candidats envoient un projet. Cinq sont prim\u00e9s dont celui de Garnier. Au second tour, il gagne et sera nomm\u00e9 architecte pour la construction de l&#8217;Op\u00e9ra de Paris le 6 juin 1861.<\/p>\n<p>29 mai 1861 : jugement prononc\u00e9 (parution au Moniteur).<\/p>\n<p>6 juin 1861 : lettre de Walewski \u00e0 Garnier.<\/p>\n<p>21 juillet 1862 : pose de la premi\u00e8re pierre.<\/p>\n<p>1862 &#8211; 1875 : construction de l&#8217;Op\u00e9ra.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong><\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_4533\" style=\"width: 229px\" class=\"wp-caption alignleft\"><strong><\/strong><strong><a href=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HCD41_28.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4533\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4533\" title=\"HCD41_28\" src=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HCD41_28-219x300.jpg\" alt=\"Inauguration de l'Op\u00e9ra de Paris\" width=\"219\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HCD41_28-219x300.jpg 219w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HCD41_28-109x150.jpg 109w, https:\/\/mieux-se-connaitre.com\/wp4\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/HCD41_28.jpg 351w\" sizes=\"(max-width: 219px) 100vw, 219px\" \/><\/a><\/strong><p id=\"caption-attachment-4533\" class=\"wp-caption-text\">Inauguration de l&#39;Op\u00e9ra de Paris<\/p><\/div>\n<p>Premi\u00e8re \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra<\/p>\n<p>Surprise, griserie, enthousiasme, le 5 janvier 1875, tout le monde attend ce jour-l\u00e0 depuis plus de dix ans. La munificence de l&#8217;inauguration du nouvel Op\u00e9ra refl\u00e8te l&#8217;importance symbolique de cette soir\u00e9e : la France se rel\u00e8ve doucement du d\u00e9sastre et en une nuit, Paris retrouve son rayonnement traditionnel.<\/p>\n<p>Pour Garnier, l&#8217;architecte, c&#8217;est la fin des \u00e9motions et des vicissitudes qui l&#8217;ont \u00e9prouv\u00e9 depuis 1860 : diminution de cr\u00e9dits \u00e0 la fin de l&#8217;Empire, injustice des critiques, difficult\u00e9s dues \u00e0 la guerre, puis \u00e0 la Commune : le chantier est arr\u00eat\u00e9 en 1870 et le futur Op\u00e9ra transform\u00e9 en entrep\u00f4t et en arsenal.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat des hostilit\u00e9s, la construction inachev\u00e9e fait peine \u00e0 voir. L&#8217;incendie de l&#8217;op\u00e9ra de la rue Le Pelletier, en 1873, servira de d\u00e9tonateur pour convaincre les pouvoirs publics de faire voter les cr\u00e9dits pour l&#8217;ach\u00e8vement des travaux. C&#8217;est chose faite le 28 mars 1874.<\/p>\n<p>Alors, le jour de l&#8217;inauguration approche, les places se vendent au march\u00e9 noir, les grands de ce monde arrivent pour admirer, le grand escalier voulu par Garnier : il joue pleinement son r\u00f4le, &#8220;\u00e0 chaque \u00e9tage, les spectateurs accoud\u00e9s aux balcons garnissent les murs et les rendent pour ainsi dire vivants pendant que d&#8217;autres montent ou descendent, et ajoutent encore \u00e0 la vie.&#8221; &#8220;Le Mar\u00e9chal(Mac-Mahon) donna alors avis de quelques nominations et promotions dans l&#8217;ordre de la L\u00e9gion d&#8217;honneur&#8230;&#8221; pour tous ceux qui avaient \u0153uvr\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9dification de cette grande \u0153uvre.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>La musique de l&#8217;avenir<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&#8220;Le public parisien n&#8217;est ni musicien, ni religieux, ni artiste, il veut \u00eatre amus\u00e9, voil\u00e0 tout.&#8221; La gloire de l&#8217;\u00e9poque n&#8217;est ni Wagner ni Berlioz, mais Offenbach. Paris accepte mal la repr\u00e9sentation \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Tannh\u00e4user qui sur ordre de l&#8217;empereur remplace le ballet traditionnel. Apr\u00e8s 164 r\u00e9p\u00e9titions difficiles, Tannh\u00e4user est jou\u00e9 le 13 mars 1861 et copieusement siffl\u00e9 par un public qui se conduit plus en voyous qu&#8217;en spectateurs avertis.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me repr\u00e9sentation d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en bataille. Wagner retire sa partition. Dans son Dictionnaire des Id\u00e9es re\u00e7ues Flaubert note \u00e0 Wagner : &#8220;ricaner quand on entend son nom et faire des plaisanteries sur la musique de l&#8217;avenir.&#8221;<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Romantisme<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Wagner va r\u00e9former le chant. Il \u00e9crit sur ses livrets, trouve des solutions pour concilier les exigences du drame et de la musique en syst\u00e9matisant l&#8217;usage du leitmotiv, th\u00e8me qui caract\u00e9rise un personnage, un sentiment ou une id\u00e9e. Il transporte la symphonie dans l&#8217;op\u00e9ra, d\u00e9veloppe l&#8217;accompagnement orchestral qui ne fait plus qu&#8217;un avec le chant. Dans la T\u00e9tralogie, il coupe d\u00e9finitivement avec les structures anciennes de l&#8217;op\u00e9ra \u00e0 l&#8217;italienne ou \u00e0 la fran\u00e7aise. Il est le cr\u00e9ateur de ce qu&#8217;on appelle le drame lyrique.<\/p>\n<p>Wagner emprunte \u00e0 Berlioz, Liszt ou Weber. Son influence est profonde mais les imitateurs s&#8217;y sont cass\u00e9s les dents. Seul, Richard Strauss a la puissance et l&#8217;originalit\u00e9 suffisantes pour \u00eatre un disciple de Wagner.<\/p>\n<p>Il y a autant de romantismes que de nations, de romantismes que de disciplines, et bien souvent les artistes, quand ils s&#8217;expriment, que ce soit Hugo, Berlioz, Novalis ou Kleist, Scott ou Delacroix, restent tr\u00e8s ind\u00e9pendants des th\u00e9oriciens dits du &#8220;romantisme.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Cr\u00e9ation lyrique en France<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Des courants souvent contradictoires traversent la cr\u00e9ation lyrique en France. Le genre en vogue du grand op\u00e9ra historique cr\u00e9\u00e9 par Meyerbeer, Hal\u00e9vy et Auber pendant la p\u00e9riode romantique se maintient jusqu&#8217;en 1914, en d\u00e9pit des tentatives de quelques musiciens pour introduire plus de finesse et de raffinement dans le langage ou dans l&#8217;orchestration. Berlioz est de ceux-l\u00e0, dont les grandes \u0153uvres lyriques ne rencontrent qu&#8217;incompr\u00e9hension.<\/p>\n<p>Avec Gounod, Bizet, Massenet, Lalo et Saint-Sa\u00ebns, se d\u00e9veloppe cependant un style purement fran\u00e7ais, m\u00e9lodieux, harmoniquement subtil, brillant d&#8217;orchestration. Mais, h\u00e9las, l&#8217;influence de Wagner fait des ravages et des compositeurs comme d&#8217;Indy, Chausson, et m\u00eame Chabrier se laissent tenter par les sir\u00e8nes germaniques.<\/p>\n<p>Heureusement, Debussy vient, et son Pell\u00e9as reste l&#8217;\u0153uvre majeure de son \u00e9poque.<\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>L&#8217;op\u00e9rette<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Avec Offenbach, l&#8217;op\u00e9rette explose. Elle force les portes de l&#8217;Op\u00e9ra comique et du th\u00e9\u00e2tre lyrique, gagne le th\u00e9\u00e2tre et reste comme l&#8217;image d&#8217;Epinal de la vie parisienne de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p>On serait tent\u00e9 de dire que l&#8217;op\u00e9rette est morte avec le Second Empire, mais la Troisi\u00e8me R\u00e9publique a La Fille de madame Angot de Charles Lecoq, Ciboulette de Reynaldo Hahn, le boulevardier corset\u00e9. Emmanuel Chabrier, Messager s&#8217;y essaient avec succ\u00e8s. Avec Franz Lehar, elle reprend les accents de Johann Strauss.<\/p>\n<!-- google_ad_section_end -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<!-- google_ad_section_start --><p>1858 : L&#8217;heure l\u00e9g\u00e8re Depuis que Jacques Offenbach a ouvert son petit th\u00e9\u00e2tre des Bouffes parisiens, il y a d\u00e9j\u00e0 produit avec succ\u00e8s sept op\u00e9rettes en un acte. 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