La ciboulette

ciboulette © Secrets de plantes

ciboulette © Secrets de plantes

Botanique

La ciboulette ou appétit ou pourette ou civette, Allium schoenoprasum de la famille des Liliaceae, est une plante vivace de 20 à 50 cm de hauteur, à bulbes tuniqués oblongs, pousse en touffe.
Une de ses particularités est sa feuille creuse et cylindrique qui la distingue des autres herbes. A nervures linéaires comme toutes les Liliacées, elle est juteuse et son odeur doucement aillée.

La floraison a lieu de juin à août.

On la trouve à l’état sauvage dans de nombreuses montagnes européennes, ainsi qu’en Asie boréale et occidentale et en Amérique du Nord.
Elle est abondamment cultivée dans les jardins et s’est parfois naturalisée en plaine.

Apprenez à la reconnaître avec la flore.

Usages

Aromate réputé, la ciboulette n’en a pas moins été utilisée en plante médicinale opérant son action bienfaisante sur les bronches, les appareils digestif, urinaire et vasculaire, les irritations et le tonus en général.

Pour la table, parsemer une salade des fleurs roses de la ciboulette l’égaie et l’aromatise tout à la fois

Folklore

Le nom latin de la ciboulette est issu du grec “schoenos” (jonc) et “prason” (poireau), “poireau-jonc” illustrant bien son goût et sa forme particulière à tige creuse pointue.

La ciboulette était utilisée par les Chinois depuis des temps très anciens (3000 avant J.C.).
Elle fût plantée en Grande-Bretagne dès le Moyen Age et elle faisait partie de la liste des “75 herbes aromatiques à cultiver dans les jardins” établie par Charlemagne en 812 (“Capitulare de villis vel curtis imperialibus”).

Elle était jadis criée à Paris sous le nom d'”appétits” et aujourd’hui, si un parisien demande à son marchand “des herbes”, il lui donne des ciboulettes.

Recettes

Santé de la basse cour

Au XIXe siècle, on conseillait de mélanger la ciboulette à la nourriture des animaux de la basse-cour pour favoriser leur croissance et leur résistance aux maladies.

Salade de laitue à la ciboulette

Ingrédients
laitue
ciboulette
vinaigrette
Ciselez la ciboulette avant de l’ajouter à la vinaigrette.

Pommes de terre aux ciboulettes

Ingrédients
1 pomme de terre à purée par personne
1  botte de ciboulettes
crème épaisse
1 noix de beurre
fleur de sel
poivre
Faites cuire les pommes de terre au four.
Lorsqu’elle sont bien cuites, fendez-les en deux dans le sens de la longueur et déposez-y une sauce faites de crème chauffée avec une noix de beurre, des ciboulettes ciselée, du sel, du poivre.

Oeufs à la Linné

Ingrédients
oeufs frais
ciboulette
crème fleurette
sel
Linné, le prince des botanistes, aimait entre tout les oeufs pochés aux ciboulettes.

Fromage blanc aux appétits

Ingrédients
fromage blanc frais
ciboulette ciselée
crème fleurette
sel
Mélangez le tout un quart d’heure avant de servir au frais.

Omelette au thon de Brillat Savarin

Ingrédients pour 6 personnes
2 laitances de carpe
gros comme 1 oeuf de thon
1 échalote
gros comme 2 oeufs de beurre
persil,
ciboulette
12 oeufs

Préparation de l’omelette au thon selon Brillat Savarin
Prenez, pour six personnes, deux laitances de carpes bien lavées que vous ferez blanchir, en les plongeant pendant cinq minutes dans l’ eau déjà bouillante et légèrement salée.
Ayez pareillement gros comme un oeuf de poule de thon nouveau, auquel vous joindrez une petite échalotte déjà coupée en atomes.
Hachez ensemble les laitances et le thon, de manière à les bien mêler, et jetez le tout dans une casserole avec un morceau suffisant de très-bon beurre, pour l’ y sauter jusqu’à ce que le beurre soit fondu. C’est là ce qui constitue la spécialité de l’omelette.
Prenez encore un second morceau de beurre à discrétion, mariez-le avec du persil et de la
ciboulette, mettez-le dans un plat pisciforme destiné à recevoir l’omelette ; arrosez-le du jus d’un citron, et posez-le sur la cendre chaude.
Battez ensuite douze oeufs (les plus frais sont les meilleurs) ; le sauté de laitance et de thon y sera versé et agité de manière que le mélange soit bien fait.
Confectionnez ensuite l’omelette à la manière ordinaire, et tâchez qu’elle soit alongée, épaisse et mollette. étalez-la avec adresse sur le plat que vous avez préparé pour la recevoir, et servez pour être mangée de suite.
Ce mets doit être réservé pour les déjeuners fins, pour les réunions d’ amateurs où l’ on sait ce qu’ on fait et où l’ on mange posément ; qu’on l’arrose surtout de bon vin vieux, et on verra merveilles.
Notes théoriques pour les préparations.
1) on doit sauter les laitances et le thon sans les faire bouillir, afin qu’ ils ne durcissent pas ; ce qui les empêcherait de se bien mêler avec les oeufs.
2) le plat doit être creux, afin que la sauce se concentre et puisse être servie à la cuiller.
3) le plat doit être légèrement chauffé ; car s’ il était froid, la porcelaine soustrairait tout le
calorique de l’ omelette, et il ne lui en resterait pas assez pour fondre la maître-d’ hôtel, sur laquelle elle est assise.

Huitres chaudes à la ciboulette

Sur des huîtres écaillées, posez du beurre et des ciboulette hachées très menu.
Passez 3 minutes au four sur la position grillades.
C’est délicieux.

Rosa Bonheur, Labourage nivernais, le sombrage

Le labourage nivernais, domination de l’homme sur la nature

Rosa Bonheur

Labourage nivernais de Rosa Bonheur – Musée d’orsay

« J’avais bien aussi l’arrière-pensée de célébrer au moyen de mon pinceau l’art de tracer les sillons d’où sort le pain qui nourrit l’humanité tout entière. », c’est en ces termes que Rosa Bonheur explique l’enjeu de sa peinture à son amie et biographe Anna Klumpcke.

Qui pousse ce chant nivernais ? A cette période de sombrage, pas moins de deux attelages de six bœufs. Pris entre deux obliques, ils lient le sol et le ciel. Puissance de l’effort, sérénité de la force, intermédiaire entre l’homme et le fruit de la terre, ils en assurent la domination, le travail, la richesse. Pour obtenir ce sentiment de sécurité et d’allégresse, quel rôle joue la composition ?

1849 – 134 cm x 260 cm

Sujet

Une scène réaliste de labour dans le Nivernais par un radieux soleil de fin d’été. Rosa Bonheur, peintre et sculpteur, née dans le sérail et douée d’une personnalité très indépendante et “détonante” pour son époque a traversé presque tout le XIXe siècle. Le succès de ses toiles exaltant dans le style du naturalisme la nature et le monde animal d’une vigoureuse santé lui valurent médailles, commandes de l’État comme ce tableau (commandé en 1848) et légion d’honneur en 1899. Amie de la reine Victoria, sa réputation a traversé les frontières de l’Europe pour s’étendre aux États-Unis.

Après avoir reçu la médaille d’or pour ses envois au Salon de 1848, Rosa Bonheur se voit attribuer commande et bourse de l’État. Elle se rend à l’invitation d’un grand propriétaire nivernais qui connaissait son père pour y réaliser sur nature un grand tableau où figurera un attelage de bœufs.

Rosa Bonheur fut un peintre à succès durant tout le siècle, contemporaine de Courbet et de Millet elle eut bien plus d’honneurs que ces derniers. Fille de peintre elle est dans le sérail dès l’enfance ce qui facilitera sa carrière . Comme le  montre ce tableau, monument à la gloire de l’agriculture, Rosa Bonheur est une optimiste, c’est le « plein chant de la terre », la joie du travail sous un ciel sans nuage. Le sentiment de force et de sécurité qui se dégage de cette grande toile de plus de deux mètres de long sont d’un monde sans ombre où la peine fait aussi partie de cette puissante harmonie.

Les labours marquent le point culminant de l’été, son zénith pourrait-on dire ; les moissons terminées on retourne la terre, c’est la conclusion d’une année de travail et de production, Rosa Bonheur exalte là une relation non problématique avec la nature, la description est optimum : c’est le jour le plus beau, dans cette campagne du Nivernais somptueuse, c’est aussi la lumière chaude d’un matin où vibre une allégresse communicante.

On oppose, semble-t-il, une santé puissante à quelque chose qu’on trouve contestable mais dont on ne dit mot, la ville sans doute. Il ne s’agit ici ni de vertu ni de plaisir, mais de travail, de santé et surtout de richesse ; la morale de cette bourgeoisie Française sure d’elle même cherche à se manifester, ce tableau en est aussi le porte- parole.

 

Composition

Deux grandes diagonales se croisent et font ensemble deux zones dans ce grand rectangle, une vide et lumineuse : le ciel et ses quelques nuages évanescents à l’horizon au dessus de la colline, l’autre pleine des labours et de cette belle colline au loin.

La ligne de composition essentielle est celle de l’action bien sur, le rang des bœufs qui montent vers la droite, elle traverse entièrement l’espace du tableau, elle est accompagnée d’une autre diagonale secondaire celle-la qui forme avec elle un angle aigu est importante car elle marque la limite du chemin de bordure du champ définissant aussi le point de vue sur la scène peinte qui comme nous le verrons par la suite n’est pas sans importance.

La colline contient aussi une diagonale secondaire faite par une ligne de haie. Rosa Bonheur définit ce grand paysage avec un minimum d’éléments, son économie suffit à planter son image complètement : elle donne trois indications ; la terre labourée, la prairie, la forêt. L’indication de la haie est effectivement importante dans la mesure où les haies dans les paysages Français sont très spécifiques selon les région autant que les types d’arbres. Son lointain de paysage est limitée à une colline nous l’avons vu, cette colline est une ligne, elle suffit à construire la ressemblance et donc la reconnaissance du paysage Nivernais. Il y a dans ce tableau une maîtrise parfaite et fort intelligente du propos.

La conjonction de ces grandes diagonales qui font un angle peu ouvert avec l’horizontale de l’ombre des bœufs sur le sillon donnent une impression générale de force tranquille (!), de puissance sereine et d’effort soutenu (le travail des bœufs) et de mouvement en avant.

Couleur, lumière

On retrouve cette rigueur d’un métier parfaitement tenu dans l’usage des coloris, Rosa Bonheur voulait un accord parfait « un grand majeur », aux harmoniques simples et puissantes; ce qu’ elle veut c’est d’abord recréer cette lumière d’été forte, riche d’éclat et de netteté et tout le sujet soit habité par elle, sans doute pressent-elle que ce siècle en son milieu, quittant la dramaturgie du romantisme va partir à la recherche d’une autre lumière, elle la désigne à sa manière, celle d’une artiste, c’est à dire qu’elle peint à l’endroit où se rencontrent une lumière réelle et la sienne propre.

Le travail de peinture d’une facture réaliste est admirable de maîtrise et de simplicité, Rosa Bonheur est une artiste de métier, elle pousse celui-ci à ses extrêmes limites ; elle fait l’ombre et la lumière sur les mottes de terre en trois coloris, le travail sur le poil des bœuf est éblouissant de perfection, la manière dont la lumière prend chaque chose est

D’une exactitude absolue qui suppose aussi une mémoire visuelle étonnante.

Elle s’est principalement attachée à la couleur dominante de la lumière qui est typique de la lumière Française, une sorte de rose doré, assez nettement orangée à cette saison. Cet orangé elle en fait le point de départ de ses choix de couleurs pour les bœufs, la terre, deux choses qui occupent totalement une moitié du tableau. L’autre c’est le ciel dont l’intensité du bleu fait vibrer puissamment ces couleurs, la colline intermédiaire de tonalités vertes, travaillée en petites masses pour les haies et la forêt fait le lointain et l’ambiance du paysage. Mais le grand travail reste celui que le peintre a fait sur les animaux.

La tâche bleue vif de la veste du bouvier située derrière le deuxième couple de bœufs et les deux bras levés qui se détachent sur le ciel font la jonction entre celui-ci et le monde de la terre, du travail.

 

Matière, forme

Ce tableau, véritable monument du naturalisme est à sa manière un chef d’œuvre. On peut contester cette ligne de composition associée à la lourdeur des bœufs mais la description de l’effort des animaux est parfaite, d’une vérité sentie. Rosa Bonheur aimait cette puissance des bœufs, animaux qu’elle voit comme des figures solaires sans pourtant mythologiser son propos car ce qui la préoccupe ici c’est l’animal domestique d’abord et avant tout ; et non pas son appartenance mythique.

L’animal de trait est l’intermédiaire entre l’homme et le don de la terre, il est l’instrument de la domination de l’homme sur la nature, la machine n’ est pas encore là et se borne à la charrue.

Même si les hommes sont présents dans ce tableau, il est manifeste que pour Rosa Bonheur le thème central de son tableau est le travail des bêtes, c’est à dire l’instrumentation de l’animalité.

Les paysans présents auprès des bœufs, le laboureur, le piqueur, etc… ne transmettent pas de présence et ne regardent pas vers celui qui regarde le tableau ; seuls les bœufs de trait, ces bœufs puissants et gras, fort bien nourris et qui donnent un sentiment de richesse et d’abondance, regardent vers nous c’est eux que le peintre désigne.

Rosa Bonheur fait ici l’apologie de la richesse et du travail, mais son propos peut aussi être interprété comme une apologie de la transformation de l’animalité en force de travail, et son image triomphaliste comme une sorte d’image apologétique de la France riche et puissante et encore dominante en Europe.

Dès l’origine, cette toile a été associée par la critique à l’atmosphère qui se dégage de l’univers de George Sand.

Devenez modèle

modèle

L’Atelier du peintre

Le modèle

Avez-vous déjà songé à faire modèle. Dans l’atelier où j’ai travaillé, certaines femmes faisaient ça pour gagner leur croûte, mais certaines étaient modèle pour se soigner : pour oser le regard des autres sur leur corps et pour accepter ensuite leur image à travers le regard de l’autre. C’est très facile pratiquement d’être modèle, les peintres et les ateliers en manquent, c’est plus difficile dans la tête.

Avez-vous songé à devenir Muse, la Victorine Meurent de Manet, la Dina Vierny de Maillol, ou Jean Marais pour Cocteau, etc.

Essayez-vous à faire modèle pendant un mois.

A l’atelier où je dessinais, les attitudes des modèles étaient très diverses. Certains voulaient voir ce que les élèves avaient produit et d’autres ne s’y intéressaient absolument pas.

L’autoportrait

Les autoportraits sont les oeuvres les plus fascinantes des peintres. Osez vous regarder en face et être votre propre modèle pou faire votre autoportrait sous la forme qui vous convient le mieux: dessin, peinture, sculpture, écriture.

Ce petit test vous aidera peut-être.

  1. S'il vous plait, allez regarder la tête que vous faites:






  2. Qu'est ce qui vous écoeure le matin à jeun?






  3. En quel animal auriez-vous la curiosité de vous réincarner?