Partis politiques et syndicalisme au XIXe

radicalisme

Congrès radical à Nancy octobre 1907

Le radicalisme

Le mot vient d’Angleterre où il désigne l’aile gauche des whigs, ceux qui voulaient, avec Stuart Mill, maintenir l’économie de marché mais réglementer l’héritage, source d’injustes inégalités. Et en Allemagne, au début du XXe siècle, il évoque ceux qui vont jusqu’au bout de leur pensée et de sa mise en pratique, fussent-ils socialistes : Rosa Luxemburg est alors “radicale”.

Mais c’est en France que le radicalisme s’est implanté politiquement sur le long terme. Il désigne d’abord un état d’esprit libéral, laïc, progressiste, audacieux, hérité de la Révolution. Gambetta est radical sous l’Empire ; Clemenceau domine l’extrême gauche radicale à la Chambre au début de la IIIe République, sans se soucier beaucoup d’un groupe parlementaire qui n’a pas de programme réel.

Cette absence facilite des évolutions fort diverses, manifestes au temps du boulangisme et pendant l’affaire Dreyfus. Une partie des radicaux, à Paris notamment, évolue vers le nationalisme et/ou se lie aux milieux financiers.

Il est temps de créer un Parti républicain radical et radical-socialiste. C’est chose faite en 1901. Camille Pelletan en résume l’héritage et les objectifs : “Nous sommes les fils de la grande révolution de 1789. Nous défendons l’autonomie des individus et la propriété privée, mais nous sommes contre tout cléricalisme et hostiles aux concentrations financières.”

Le parti est composé de comités électoraux et d’associations diverses. Pas de syndicats cependant, pas de bourses du travail, le monde ouvrier en tant que tel est exclu de ce réseau. Mais les ouvriers sont aussi des électeurs. Champions de la discipline républicaine au deuxième tour des élections, les radicaux rêvent de constituer, et si possible de diriger, le bloc des gauches. Et leur diversité n’a pas disparu. Ce mélange d’idéologie et d’économie que le radicalisme met au service du politique fait et fera encore longtemps à la fois la force et la faiblesse du radicalisme.

Le socialisme

socialisme

Le Socialisme, caricature

Le foisonnement des penseurs et des “écoles” socialistes et communistes donne naissance à des réseaux d’adeptes convaincus et, dans le cas d’Etienne Cabet, à une organisation, de type politique, qui groupait vers 1845 quelques milliers d’adhérents. De Proudhon à Marx et à leurs admirateurs, des fabiens et des socialistes chrétiens anglais à Sorel et à Jaurès, la pensée socialiste ne va cesser de se déployer en Europe, et ailleurs.

Le socialisme entre en relation avec le mouvement ouvrier. Il intègre la notion de classe sociale. A travers les sections de l’Association internationale des travailleurs, des socialistes d’écoles différentes tiennent des congrès, élaborent des analyses, des positions et des programmes, agissent de façon plus ou moins solidaire.

Il faudra attendre le Congrès de Londres de la Deuxième Internationale en 1896 pour que soient définis les “principes essentiels du socialisme”, ceux auxquels doivent adhérer les associations qui seront invitées aux prochains congrès : “Socialisation des moyens de production et d’échange ; union et action internationales des travailleurs ; conquête socialiste des pouvoirs publics par le prolétariat organisé en parti de classe.”

La dernière partie de cette résolution était destinée à éliminer les anarchistes et, avec eux, les syndicats, en particulier français qui étaient nombreux.

Les partis socialistes se développeront au début du XXe siècle, mais le seul vrai parti de masse sera le Parti social démocrate allemand (SPD) qui, en 1914, comptera plus d’un million de membres dont 175 000 femmes.

Lassalle, Prussien avant tout

Compagnon de Marx en prison, Lassalle sera longtemps pour lui un ami et un soutien financier. Pourtant, Marx et Engels “le tenaient dans le présent pour un ami peu sûr, dans l’avenir pour un ennemi certain.” Ils acceptent mal sa défense des intérêts prussiens avant tout et le soupçonnent d’être un agent de Bismarck contre le radicalisme bourgeois.

La rupture est consommée quand il fonde l’association générale allemande des travailleurs en 1862, le premier parti socialiste en Europe. Dans son programme, il veut lutter pour l’autonomie du prolétariat face à la bourgeoisie, pour le suffrage universel, pour la création de coopératives de production.

Son parti aura une audience limitée, mais ses idées influenceront longtemps le mouvement socialiste allemand.

La SFIO, combien de tendances ?

Oui, nous parlons de l’époque de la création en 1905 de la Section Française de l’Internationale Ouvrière. Le mouvement socialiste français est riche en tendances diverses  ; entre les guesdistes, les vaillantistes, les possibilistes, les allemanistes et les indépendants, un premier regroupement s’est opéré : Parti socialiste de France, Parti socialiste français. L’Internationale à Amsterdam les invite à s’unir ; les jeunes pèsent en faveur de l’unité.

En avril 1905, les délégués des partis et des fédérations autonomes “affirment leur commun désir de fonder un parti de lutte de classes qui… reste toujours un parti d’opposition fondamentale et irréductible à l’ensemble de la classe bourgeoise et à l’Etat qui en est l’instrument.”

La “non-participation” aux gouvernements bourgeois ne sera pas remise en question. Mais toute lutte politique réelle impose des alliances et le parti, favorable à la “discipline républicaine”, souhaiterait la voir étendue au groupe parlementaire.

1879:  L’Immortel Congrès et la fondation du Parti Ouvrier

Après les congrès ouvriers de Paris et de Lyon, celui qui se tient en 1879 à Marseille marque un tournant : l’influence du collectivisme s’est développé en France. Jules Guesde diffuse ses théories dans l’hebdomadaire L’Egalité, ce qui lui vaudra d’être obligé de rédiger en prison Programme et adresse des socialistes révolutionnaires français.

A la différence des modérés, amis de Barberet, les anarchistes sont ralliés au collectivisme. Le congrès consacre l’aspect international de la question ouvrière, reconnaît la grève comme moyen de lutte, préconise la nationalisation des capitaux privés et leur transformation en capitaux collectifs, impersonnels et inaliénables”. La rupture avec les radicaux entraîne alors la création d’un parti de classe, le premier en France, le Parti ouvrier : la Fédération du Parti des Travailleurs Socialistes de France. Le programme rédigé par Jules Guesde sera la charte du parti, après son adoption au congrès du Havre.

1870 : Congrès de Paris

1878 : Congrès de Lyon

1879 : Congrès de Marseille : L’immortel Congrès – Jules Guesde –

1880 : Congrès du Havre

Le manifeste du parti communiste: février 1848

Le marxisme

Comme “marxiste”, “marxisme” a d’abord été forgé par les adversaires de Marx dans l’Association internationale des travailleurs, le Français Paul Brousse par exemple. Très vite, certains de ses partisans la reprennent à leur compte, malgré les réserves de Marx : “Moi, je ne suis pas marxiste” (1882). Ils lui donnent alors un sens positif. Ainsi, le jeune socialiste allemand Karl Kautsky, qui fonde en 1883 Die Neue Zeit, revue théorique non seulement du Parti social démocrate allemand, mais de tous ceux qui, dans les années 1880 se réclament de Marx. Pour Kautsky, “le socialisme marxiste n’est pas autre chose, en dernière analyse, que la science de l’histoire”.

Alors, le marxisme, un privilège allemand ? Non. Des textes de Marx sont diffusés et vulgarisés jusqu’en 1914 à travers toute l’Europe, à partir de l’Allemagne souvent, il est vrai. Et aussi vers le nouveau monde, l’Australie, le Japon, en somme les pays où se développe, selon des rythmes divers, le processus de formation du capital, où apparaît, plus ou moins, une classe ouvrière.

On traduit, on publie des “abrégés”, on diffuse des textes en feuilleton dans la presse, on répère et on intègre à la parole socialiste des slogans d’une robustesse messianique. Le rôle des exilés politiques est souvent majeur dans ces entreprises de conviction intellectuelle : Genève, Londres, Paris, autant de foyers rayonnants.

A la fin du XIXe siècle et après la “crise révisionniste” qui revêt des couleurs différentes en Allemagne avec Bernstein, en Italie avec Croce, en France avec Sorel, en Russie avec Strouvé, à des stratégies politiques différentes correspondent de plus en plus des argumentaires différents.

Le marxisme n’est plus “nu”, on dit “marxisme vrai” ou “marxisme orthodoxe” ou encore “marxisme révolutionnaire”. Le temps est venu des marxismes et du maintien de la tradition critique, chère au père fondateur.

La lutte des classes

syndicalisme

l’ouvrier: dire que j’aurai peut-être cette gueule-là… (L’Assiette au Beurre)

Similitude de vie, de travail et d’intérêts matériels et moraux : sur cette définition des classes sociales, chrétiens et marxistes seraient assez d’accord. Mais alors que le pape Léon XIII prédit l’union des classes, les marxistes, eux, sont persuadés que l’antagonisme des classes est un fait scientifiquement établi, un moteur de l’histoire.

“L’histoire de toutes les sociétés jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes des classes” -Marx, Manifeste du Parti communiste, 1848-. Les violents affrontements qui opposent un peu partout ouvriers et dirigeants, n’excluent pas de grandes réconciliations au nom de l’intérêt général, autre valeur profonde du siècle. Colonisation, développement industriel, guerre défensive, provoquent la solidarité et le front commun.

En Angleterre, après les très dures émeutes d’ouvriers chartistes, les Trade-Unions souhaitent trouver place dans un pays auquel son Empire apporte la prospérité : les revendications seront essentiellement salariales.

Aux Etats-Unis, le mouvement ouvrier fortement influencé par les anarchistes, évolue avec l’AFL vers la négociation contractuelle, voire la solidarité d’entreprise.

En France, l’influence du syndicalisme révolutionnaire dans la CGT, l’appel à la grève ouvrière en cas de menace de guerre, n’empêchent pas les dirigeants socialistes et syndicalistes de se retrouver, avec les masses populaires, dans l’union sacrée, à l’heure du danger.

Il reste que nulle part l’intégration sociale des classes ouvrières n’est acquise. Pourtant, le XIXe est bien le “siècle où la lutte des classes n’a plus donné aux sociétés humaines des frissons à fleur de peau, mais les a saisies aux entrailles mêmes” (Jaurès).

Le syndicalisme

“…Le caractère distinctif de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classe.” – Marx – Engels, Manifeste du parti Communiste (1848) –

En 1862, les mutations de l’économie et de la société réclament une réponse de toutes les classes sociales qui se sentent agressées dans leur environnement, leur travail, leur mode de vie et de pensée. Tout naturellement, il leur vient l’esprit associatif. La classe ouvrière, en prenant conscience de son existence, la classe possédante pour conserver son pouvoir. Se réunir, s’entraider, mais aussi lutter pour conquérir ou garder les positions acquises.

C’est chez les ouvriers qualifiés que se sont formés les premiers militants, qu’ont été définis les premiers objectifs et conquises les premières victoires ; en Grande-Bretagne, en raison de son avance économique et des résistances qui ont entraîné les formes nouvelles de l’industrie. En France, la légalisation des syndicats attendra 1884, elle sera refusée au Japon de 1900 et 1945, c’est tout de même une exception.

Surtout n’imaginons pas, avant 1914, de belles constructions bien régulières. Nés, à la base d’une réaction de défense, souvent d’une grève qui a besoin de porte-parole, les syndicats ont des options différentes : rassembler certes pour améliorer les conditions de travail, mais faut-il combattre pour l’émancipation des travailleurs, de la classe ouvrière, contre le patronat et en visant à son abolition, sans même parler des syndicats crées par un patron pour faire pièce à l’organisation née spontanément. Catholiques et protestants, réformistes, révolutionnaires se déchirent et il est bien des manières d’être révolutionnaire.

La percée syndicale commence, y compris chez les ouvriers non qualifiés et bientôt dans le tertiaire. Partis et syndicats, un débat difficile auquel, malgré des mots d’apparence simple, aucun mouvement ouvrier n’a de solution simpliste. On ne peut même pas dire : aux syndicats, les luttes économiques, aux partis, les luttes politiques. Où mettrait-on le social. Indépendance, subordination, rien ne colle au réel. En Allemagne, les syndicats dirigés par les socialistes, sont dits neutres. En Angleterre, le parti travailliste se constitue à partir de syndicats non socialistes. En France, c’est la charte d’Amiens. A la veille de la guerre, le syndicalisme et c’est l’essentiel, est devenu, sauf pour l’Europe, en Russie, un phénomène de masse..

Les autres formes de solidarité subsistent, coopératives de consommation et de production, sociétés de secours mutuel, les organisations de type culturel, d’autant que la restructuration de l’industrie détruit et disperse la base militante et ainsi l’affaiblit. Seuls, les mineurs résistent et, plus nombreux, restent forts.

Quand le conflit survient en 1914, les forces ouvrières (1 million de syndiqués, plus de 5 .000 coopératives, près de 100 journaux professionnels) ne feront pas de séparatisme social : elles répondront sans hésitation à l’appel de la nation menacée.

Plantes et blasons

Blasons

Blason de Messire Pierre de Brosse, Maréchal de France

Les végétaux sont fréquemment employés sur les blasons

Les fleurs, les fruits, les feuilles, les tiges, s’y rencontrent plus souvent que les arbres ou les plantes entières.
Les arbustes et les arbres sont montrés arrachés, dévoilant leurs racines.
Les végétaux sont montrés de profil et les fleurs sont présentées épanouies

Près d’une centaine sont représentés ici. Ils vous donneront des idées pour vous confectionner un blason champêtre à proposer aux écologistes par exemple.
Petit rappel essentiel du langage des couleurs en héraldique :
azur=bleu
sinople=vert
gueules=rouge
or=jaune

Apprenez d’abord à “parler héraldique”:

Le blason ci-dessus est celui d’un Maréchal de France du temps de Charles VII:  “au lieu de Seuerat, l’an 1427 & 1430, qui par les domestiques du Comte de Perdriac, en trahison fut étranglé au chastel de Gaige en Roüergue & paravant auoit faict tuer le seigneur de Gyac, à l’appetit du seigneur de la Trimoille…Et portoit d’azur à trois gerbes de bled d’or, liees de gueulles, armé et lapassé d’or, à l’orle  de douze tourteaux de gueulles.”

Les blasons en noir et blanc sont principalement issus du livre de P.BP Gheusi de 1933: théorie nouvelle de l’art héraldique, chapitre sur les végétaux et les blasons en couleur sont tirés d’un livre de 1628: Catalogue des très illustres admiraux de France depuis le roy Clotaire II jusques à Louis XIII.

b1blason de Aubry de la Villedé : d'azur à deux lions affrontés d'or supportant ensemble un écusson chargé d'un abricotier de sinople.
b2Knoblauch: d'argent à trois têtes d'ail de sinople, deux en sautoir et une en pal, les racines en bas
b3De gueules à chico de tilleul, posé en bade, feuillé de cinq pièces, trois à senestre et deux à dextre, le tout au naturel
b4blason, Pancorbo : d'argent à cinq plantes de sables
b5Coupé, au 1 partie a. d'or à une plante de tabac au naturel garnie de fleurs de rosée sur une terrasse de sinople
b6Boberil : d'argent, à trois ancolies versées d'azur, tigées de gueules
b7Smet de Gand: coupé d'azur sur sable, à trois anémones d'argent, boutonnées de sinople
b8Dillen : écartelé, aux 1 et 4 d'argent à une plante d'aneth au naturel, posée sur une terrasse de sinople; aux 2 et 3 coupé, a.d'azur à une croix de Malte d'argent ; b. échiqueté de sable et d'or
b9D'or à un arbousier de sinople
b10Dittel: d'azur à la fasce ondée d'argent, accompagnée en chef d'une main de carnation tenant une lancette au naturel, emmanchée de sable et en pointe d'une plante d'arnica au naturel fleurie d'une seule pièce et terrassée au naturel
b11Fan de Raso: d'or au chevron de gueules, chargé d'un croissant d'argent et accompagné de trois têtes d'artichaut de même
b12D'or à une aubépine au naturel posée sur un terrasse de sinople
b13Van der Affen: d'argent à fasce de sable, accompagné de trois feuilles d'aulne de sinople, les deux du chef penchées, la première à dextre, la seconde à senestre, celle en pointe posée en pal
b14Bechaud: au 1 d'argent à un ormeau, le tronc accolé d'une plante de houblon et d'une vigne, le tout de sinople, au deux d'azur au bananier d'or, fruité de gueules
b15coupé au 1 d'azur à la fasce d'argent, accompagné de trois étoiles d'or, rangées en chef, au 2 d'argent à deux betteraves accostées de gueules
blebletxt
b17Richer : d'or eu chevet de gueules chargé de trois croisettes d'or et accompagné de trois bleuets d'azur tigés et feuillés de sinople
b18Berck : d'or au bouleau au naturel
arbrearbretxt
b72Duby : d'or à trois buis de sinople terrassés du même, au chef de gueules, chargé de trois étoiles d'or
b72Valat: d'or à un caféier de sinople, fruité de gueules, terrassé de sable, au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'argent
b72blason, d'or à cannelier fleuri de sept rameaux; au chef du premier, chargée d'une aigle de sable, couronnée du champ
b72Boussarolles : écartelé, aux 1 et 4 d'argent à trois tourteaux, malordonnés de gueules, au chef d'azur, chargé d'un renard passant d'or, aux 2 et 3 d'azur à une campanule d'argent, tigée et feuillée d'or
b72Ravanela : parti de gueules et d'argent, à une carotte d'or feuillée de sinople, brochant sur le parti
b72Diguron: d'argent à un cerisier de sinople, fruité de gueules, sommé de deux oiseaux affrontés au naturel, becquetant une cerise de gueules
b72Chenevoux: d'azur à une tige de chanvre d'or, nervée de sable
b72Campredon : d'argent, à trois chardons tigés et feuillés de sinople, fleuris de gueules
chenechenetxt
b72d'or à un cognassier de deux branches passées en double sautoir de sinople, fruité d'or, au chef d'azur
epineepineTXT
b31Castagny d'argent à un châtaignier de sinople mouvant d'un croissant de gueules et de deux étoiles d'azur
b72Roure (Languedoc): d'azur au chêne arraché de quatre pièces, ses quatre branches passées en sautoir et englandé d'or
b72Roucy-Manre: de gueules au chou d'or
b72d'argent à un citronnier de sinoples terrassé du même fruité d'or
b72d'azur au chevron d'or chargé d'une étoile de gueules et accompagné en chef d'un soleil d'or mouvant du canton dextre du chef et en pointe d'un tournesol d'argent
b72d'argent au cyprès arraché de sinople
ortieortietxt
b72Muller : d'or à deux branches d'eucalyptus globulus, au naturel, accostées, les pieds entrelacés
b72 au 1 d'argent à une plante de fenouil arraché de sinople, au 2 d'azur à une fleur de lis d'or
trefletrefleTXT
b72Auriol de la Nause: d'argent au figuier de sinople, chargé d'un auriol d'or et mouvant d'une terrasse du second
b72d'argent, à la branche de fougère versée en pal de sinople, nouée d'or
b72D'or, à trois fraises de gueules
roses4roses4txt
b72De sinople, à la plante de genêt fleurie d'argent
b72D'or à trois genévriers de sinople
b72d'azur au chevron d'or accompagné de trois clous de girofle de même
b72Borville: écartelé au 1 et 4 de gueules à trois coquilles d'argent, au 2 et 3 d'argent groseillier de sinople, fruité d'or
b72Guillot: d'argent à un gui de chêne de sinople mouvant du chef et soutenu de deux haches de gueules emmanchées d'azur passées en sautoir
b72Frontin des Buffards: d'argent, à trois branches de houx à triple feuilles de sinople
b72Tinseau : de gueules à un bras, paré d'or, mouvant de senestre, tenant un rameau d'hysope à trois branches du second
b72Dautier de Sisgau : d'azur à trois ifs arrachés et mal ordonnées d'or
b72de gueules à trois fleurs de jasmin d'argent
roses3rose3txt
b72d'azur au caducée d'or, posé en barra, accompagné en chef d'un soleil d'or, et en pointe d'une plante de joubarbe d'argent
b72blason, d'azur, au chevron d'or, accompagné de trois tiges de julienne d'argent, fleuries du même, tigées et feuillées de sinople
b72d'or à cinq plantes de laitue arrachées de sinople
b72Bouzonville: d'or à une branche de laurier de sinople en pal
b72Rentelinsen: écartelé, aux 1 et 4 d'argent à une plante de lentilles au naturel, au 2 de sable à une rose, au 3 d'azur à un un cygne d'argent
b72Ecuyer: d'argent à un rameau de lierre de dix feuilles de sinople, posé en pal, cinq feuilles de chaque côté
b72D'or trois plantes de lin de sinople rangées sur une terrasse du même et fleuries chacune de trois pièces mal ordonnées d'azur
lyslystxt
b72Garat: de gueules, à une rivière posée en bande d'argent, accompagnée d'un mont à trois coupeaux d'or, et en pointe de trois pieds de maïs de même, tigés de sinople
b72Saint-Léger: d'azur, à cinq mandragores d'argent, deux et trois, et au franc-canton d'hermine
b72D'argent au pin de sinople, fruité de trois pièces d'or mal ordonnées et accosté de deux marguerites de gueules
b72Winzenow: d'or à un troc écoté de sinople fleuri de cinq muguets au naturel
b72Jubié : au 1 d'argent à un mûrier de sinople chargé de 6 vers à soie d'argent, au 2 d'azur à une aigle de profil d'argent emplétant une perdrix du même, au chef de gueules chargé de trois étoiles d'argent
b72Brölemann: d'argent à la bande d'azur bordée d'or, accompagnée de deux myosotis d'azur, tigés et feuillés de sinople
b72Collette: d'or à un myrthe terrassé de sinople, accosté de dix abeilles d'azur, posée en pal, cinq de chaque côté, au chef de gueules, chargé de deux colombes affrontées d'argent
b72écartelé au 1 et 4 de gueules à un tige de sinople fleuris de trois narcisses au naturel et mouvant d'un tertre de trois coupeaux du second, aux 2 et 3 de sable à un griffon d'or, celui du 3 contourné
b72Cappel: d'argent à l'aigle éployée de sable, le champ chapé parti d'azur et de gueules à une fleur de néflier à cinq feuilles d'or et d'argent de l'un en l'autre
b72Robin: d'azur au chevron d'or, accompagné de trois oeillets au naturel
b72d'or une branche de sureau de sinople, fleurie d'argent, au chef d'azur, chargé d'un soleil d'or
b74de pourpre, à un olivier d'argent, son fruit de sinople
b75d'or à une branche d'oranger de sinople, fleurie d'argent, fruitée au naturel
b76d'argent, à l'orme de sinople, fûté de sable, arraché de gueules
b77Les Laurents: d'or, à deux palmes de sinople, adossées et posées en pal
osierosierTXT
b79Rallier : de sinople à trois râles de sable, perchés chacun sur un brin de patience de sinople
b80de gueules à un pavot d'argent, tigé et feuillé du même
b81Percico: d'azur au chevron d'or, accompagné de trois pêches du même, tigées et feuillées de sinople, les queues en haut
b82d'azur aux trois pensées d'or, à une tige de sinople au chef de gueules chargé d'un soleil d'or
b83Arbosela: d'argent au chevron de gueules, accompagné de trois peupliers de sinople
b84Calvairac de la Tourette: d'azur au chevron d'or, accompagné de trois pommes de pin du même et d'un chef aussi d'azur, chargé de trois étoiles d'or
b85d'azur au poirier de sinople
b86bandé d'or et gueules, à trois poireaux d'argent, feuillés de sinople, 2 et 1 brochant sur le bandé, le feuillé en haut, au chef d'or, chargé d'une aigle de sable becquée, membrée et couronnée d'or
b87Rosei: d'argent à trois violettes d'azur, tigées et feuillées de sinople
b88d'or au chevron de gueules accompagné de trois cosses de pois de sinople
b89blason, d'argent à une grappe de poivre au naturel, au chef d'argent chargé de trois fruits de sable
b90d'azur au chevron d'or, accompagné de trois pommes de gueules
b91écartelé: au premier de gueules, au deuxième d'or, à la quartefeuille de sinople, au troisième d'argent, à la quintefeuille pourpre
b92Runckel : au 1 d'argent à une renoncule en fleur, au 2 de sable à un crampon d'or
b93Boulin: d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de trois roses mal ordonnées d'argent et d'un lis du même
b94d'argent à un romarin de sinople
b95D'argent, au sapin d'azur, accosté de deux peupliers de gueules, les trois mouvant de la pointe
b96d'azur, au saule écoté d'argent et au chef de même, chargé d'un écot de gueules
b97d'argent à un sorbier de sinople, accosté de deux cailles de sable et surmonté de trois annelets de gueules montés en chef

La fuite en Égypte d’Odilon Redon

Odilon Redon

La fuite en Égypte d’Odilon Redon – Musée d’Orsay

La couleur au service du symbolisme

« C’est le triomphe de la lumière sur les ténèbres. C’est la joie du grand jour opposée aux tristesses de la nuit et des ombres ».

« J’ai toujours éprouvé la nécessité de copier la nature en des objets menus, particuliers, fortuits ou accidentels. C’est seulement après un effort de volonté pour représenter minutieusement un brin d’herbe, une pierre, le pan d’un vieux mur que je suis pris comme d’un tourment de créer de l’imaginaire ». Odilon Redon.

C’est la fuite illuminée. Composition décentrée, la Sainte famille part à dos d’âne, jeu des couleurs, vermillon et bleu azur saturent les vêtements, perspective atmosphérique, la Vierge, l’enfant et Joseph forment une auréole prismatique. Comment la lumière éclaire-t-elle ce moment biblique d’une aura visionnaire et fantastique ?

vers 1900-1903 / dimensions 45 cm X 38 cm

Sujet

Odilon Redon aimait les petits formats, et il excellait à y créer de grands espaces pour la plupart illustrant des scènes à caractère mythologique biblique, tirés de l’Évangile ou produits de son imagination et donc purement mentaux.

La Fuite en Égypte est une vision symbolique de l’Évangile dans lequel la Sainte Famille fuit la persécution.

On distingue néanmoins assez précisément le groupe illuminé en bas à gauche du tableau, la vierge et l’enfant sur l’âne, l’enfant désigne peut-être le chemin de sa petite main, ils sont assis sur un âne de couleur brunâtre, derrière l’encolure de l’animal la figure de Joseph marchand à pieds.

Cette figure est assez fidèle à la tradition catholique dans son imagerie et la position des personnages, par contre le décor, cet étrange paysage d’une grande beauté l’est moins, et c’est par là que Redon échappe à la peinture religieuse pour n’être plus que peintre.

Odilon Redon situe la scène dans un paysage visionnaire où figure un vieil arbre mort gigantesque sur lequel s’appuie un autre, jeune celui-là et tout aussi mort.

L’auréole de lumière qui nimbe la Sainte Famille accentue cette impression d’irréel, de songe.

Composition

L’espace est construit sur une perspective atmosphérique, le premier plan est circulaire, façonné par l’aura de la Sainte Famille qui occupe tout le coin gauche du tableau ; presque au centre et coupant le tableau en deux parties le grand arbre et donc dans cette partie gauche du tableau cette diagonale faite par l’arbre mort et tombé sur son voisin.

Le reste de la composition est dans la nuit plus ou moins lumineuse, on y distingue un lointain peu-être de falaise, d’autres arbres à droite à peine peints de quelques coups de pinceau qui font l’éclat de la lumière sur les troncs.

Le paysage nocturne presque insaisissable forme dans son lointain un arc de cercle, la diagonale de l’arbre tombé qui commence dans une partie d’ombre de cette courbe et qui monte comme elle vers la droite donne à la composition son mouvement qui est celui d’une ascension. Il semble pourtant que le groupe fasse une halte, indécis quant au chemin à prendre, ce serait l’enfant qui désignerait la route à suivre.

 

Couleur, lumière

Odilon Redon est un des plus grands coloristes de son siècle, ses gammes de couleurs, ses audaces et surtout sa liberté ont fait de lui un artiste qu’on ne peut réduire à l’expression d’une spiritualité plus ou moins mystique. Il est un peintre à part entière, n’obéissant qu’aux règles de l’art et aux siennes propres.

La scène décrite ici est du domaine du fantastique religieux, une auréole prismatique entoure les personnages eux même illuminés par le centre qui semble être l’enfant bien que son visage comme celui des deux autres personnages sont de couleur sombre et complètement escamotés. Le groupe est l’origine de la lumière qui illumine toute la scène ; elle se répand comme celle d’une lampe sur le vieil arbre mort et les autres parties à proximité. Mais elle a la forme d’un rayonnement solaire, et son côté prismatique fait que Redon a joué dans cette étonnante lumière avec les complémentaires rendant la scène encore plus fantastique.

Le lumière rouge qui habite les vêtements des personnages est mise en vibration par ce cercle qui de jaune vire au vert et au bleu ciel sur la droite du cercle, Cette lumière rouge d’ailleurs est elle même composite, au vermillon associé des carmins et des orangés, ainsi que des bruns rouges des jaunes et surtout la tache bleue clair du vêtement de Joseph. C’est cette lumière rouge et non la verte que nous retrouvons sur le tronc du vieil arbre mêlée au rose au jaune et à des beiges jaunes qui rendent la matière du bois mort, écorcé en grande partie.

Le reste de la scène est plongé dans une nuit profonde mais chaude, nuit d’orient, imaginée par Redon ; le ciel à base de bleu d’Anvers (une laque bleue tirant sur le vert) et toute une gamme magnifique de bruns jaunes et de bruns rouges (au fond sur les parties de falaises) qui donne une résonance à la présence du vieil arbre et peuple la nuit de présences merveilleuses, telles celles qu’on attribue aux scène de l’enfance du Christ.

Matière, forme

L’élégance de la touche de Redon est particulièrement sensible dans ce petit tableau, son coup de pinceau est un des plus beau de l’histoire de la peinture, un des plus nobles. Odilon Redon fait surgir avec une grande économie de moyens des univers au charme extraordinaire et dont la magie reste toujours troublante. Il est de ces peintres du XIXe siècle qui ont intégré la modernité qu’il ressentaient profondément sans perdre la mémoire, et tourner totalement le dos au passé, sur le plan du métier, Odilon Redon est très cultivé comme l’étaient aussi Moreau ou Degas, il se dirigea comme ce dernier vers la technique du pastel qui sans doute devaient lui apparaître comme plus apte que d’autres à traduire son univers, les effets qu’il obtint avec cette technique, il les transposa dans la peinture à l’huile avec un égal bonheur, donnant ainsi à sa peinture une matière très particulière, à nulle autre pareille.

Il donne ici l’exemple d’un jeu de lumière, de couleur et de matière d’une audace esthétique rare, construisant un tableau où le sujet s’impose non par sa lisibilité mais par la lumière qu’il dégage en lui-même et autour de lui, en devient la traduction de la vision intérieure de la peinture.

Pour aller plus loin dans l’analyse de ce tableau.