Gène récessif

un lieu où raconter des histoires

bord de mer

Écrivez une nouvelle ayant pour thème la génétique

Voici un exemple:

Promenade en mer

Si l’on considère qu’une météo ensoleillée peut être un critère de satisfaction pour le vacancier moyen, le mois de juillet s’est révélé catastrophique. Aussi puis-je considérer que mes vacances studieuses sont une réussite. Tel l’ermite perché sur l’aiguille de l’île de Hoy ou tel le moine retiré dans l’abbaye la plus ancienne de France, j’ai consacré le meilleur de mon temps à écrire et à contempler la mer.

Loin du monde parmi le monde, je ne réponds pas toujours au téléphone, mais ce matin-là, encore endormie, les yeux collés par la nuit, je sors de mon hébétude secouée par la sonnerie du téléphone qui se fait insistante. Le contrat du siècle ou le fâcheux du coin ? Je réponds. Ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est Jacques, l’inénarrable Jacques toujours « prêt ». Aussi aimable qu’un gardon frais sautant d’un lac glacial dans les hauteurs de la Norvège, il raconte qu’arrivé depuis quinze jours, il a été sur-débordé d’invités – comme d’habitude !  C’est lui qui les invite, il devrait être au courant – qui ont défilé dans sa maison toujours aussi accueillante, telle une noria en rotation godet après godet.

–       Qu’est-ce que tu dirais d’une petite pêche au bouquet aux îles Chausey.

–       Euh ….

–       Axel et Antoinette ne se sentent pas bien, j’ai deux places sur le bateau.

–       Euh …

–       C’est une bonne idée non ?

–       Attends, je demande à Jules … oui, il a l’air d’accord, enfin je crois aux bruits qu’il fait. Ça ressemble à un accord.

–       Bien. Alors, rendez-vous à la cale de Dinard à neuf heures vingt.

–       Pardon ?

–       Oui, tu as bien compris dans moins d’une heure.

–       C’est à dire que …

–       Je crois que tu connais Tania, elle a très envie de te revoir après tout ce temps. Elle sera avec nous.

–       Tania ? C’est pas vrai ! Bien sûr que ça me ferait plaisir de la revoir. Il y a 14 ans que je ne l’ai pas vue.

–       Justement !

–        … depuis son mariage. Je ne connais même pas son mari.

–       Il ne sera pas là, elle est venue seule avec ses trois enfants.

–       Trois ? Ah ! On se lève et on y va. A tout de suite.

–       Super ! 9 heures 20 sur le quai d’embarquement pour les îles Chausey. C’est la grande marée, la crevette est coincée.

–       Génial !

–       Nous serons quinze en tout.

–       Formidable. Je te reconnais bien là ton talent de Grand Organisateur.

L’appareil à peine raccroché, le doute m’envahit. La cale ? Les vedettes abordent normalement plus loin à l’entrée du port de Dinard.

–       Bon, Jules, on fait vinaigre, et on se renseigne sur place. On prendra un café là-bas, s’il reste un peu de temps. Je serai plus tranquille. N’oublie pas ton ciré, il fait toujours froid sur le bateau et des chaussettes. Chaud aux pieds, chaud au corps ! dit toujours Sophie. Elle a raison.

–       Je sais, je sais. Sophie a raison, c’est une bonne mère et une bonne grand-mère.

–        Pas comme moi.

–       Je n’ai pas dit ça et je ne le pense pas.

Au radar, nous sommes au radar, mais l’œil s’ouvre peu à peu pour admirer les effets du beau temps sur la lumière. Décidément, le bleu de la mer n’est plus beau que son reflet dans les yeux de certains humains.

C’est là qu’on apprend que la cale nord, c’est un départ du port de Saint-Malo.

–       Appelle Jacques sur son portable, me dit Jules, toujours plein de bon sens.

–       Je n’ai pas son numéro sur moi.

–       Et le fixe ?

–       Non plus.

–       Demande l’annuaire à la caissière.

Quand j’appelle, je tombe sur la grand-mère qui, ravie, m’embrasse par téléphone et me trompette dans l’oreille en riant :

–       Ils sont partis ! Les filets, les paniers et tout. Partis, partis ! A la pêche, je crois.

–       Vous n’avez pas le numéro de portable de Jacques ?

–       Non plus.

–       Excusez-moi de vous avoir dérangée, j’espère que je ne vous ai pas réveillée.

–       Non, non, ce n’est pas grave, je leur dirai que vous avez appelé. Ils sont à la pêche.

–       J’espère que ce ne sera pas utile. Euh … excusez-moi … merci.

Quelques secondes plus tard, mon portable sonne. C’est Jacques !

–       Eh bien, qu’est-ce que vous faites ? Non pas les Vedettes blanches. C’est un autre circuit qui vient de Saint-Malo. Le bateau a un peu de retard, mais il arrive. Je vous vois tous les deux, c’est bon.

Et l’on fait les présentations. Bonjour, bonjour, des petites bises sèches. L’entrain n’y est pas encore. Il fait beau. Une petite bise fraîche souffle du nord-est. Tout cela va se roder.

Tania est parfaite, en mère de famille entourée de ses trois enfants : deux filles et un petit garçon aux oreilles décollées. Elle est toujours aussi belle. Sa peau mate et ses grands yeux noirs ont gardé leur expression forte ; seules quelques rides de la maturité trahissent son âge. Les yeux des enfants sont plus clairs, les cheveux carrément blonds. Des petits minois qui ressemblent à celui de leur mère en tout doux : Nina, Ophélie, Léopold. Quand on regarde de plus près, ils ont tous les trois les yeux d’un bleu de calot.

Les retrouvailles se font bien ; on redécouvre l’autre assez vite malgré cette longue séparation. Sur le bateau, pendant la traversée, chacun reste chez soi et fait face au froid. Vivent les chaussettes ! Sophie avait raison, comme d’hab’.

A l’arrivée, nous prenons conscience que, avant que la marée soit assez basse pour pêcher, il y a trois bonnes heures à passer, le temps de prendre un café, de se rendre sur les lieux à pied, de déjeuner.

A ce moment-là, on entend la douce voix de Jacques nous inviter à nous poser :

–   Et si on prenait un café, cela nous réchauffera, on a le temps de toute façon.

La marée n’est basse qu’à trois heures.

–       Oui ! la réponse est unanime.

–       Bonne idée.

Et, autour du café, du chocolat, peu à peu les langues se délient :

J’admire les petits de Tania, ils sont trop mignons à cet âge-là.

–       Et lui ?

–       Mathias ?

–       Oui.

–       Il n’est pas à moi celui-là. C’est le fils de Claude, la sœur de Sophie.

–       Ah d’accord.

Je n’ai qu’une petite probabilité statistique de me tromper, Je peux m’avancer sans être ridicule et le petit jeu m’amuse.

–       Ton mari, que je ne connais pas n’aurait pas les yeux bleus par hasard ?

–       Si. Pourquoi tu me demandes ça ?

–       J’en étais sûre.

–        Mais, comment le sais-tu, puisque tu ne l’as jamais vu ?

–       Tes trois enfants ont les yeux bleus et tu as les yeux noirs.

–       Oui et alors ?

–       Tu portes donc bleu et noir dans tes chromosomes, tu as hérité le gène bleu de l’un de tes parents et le gène brun de l’autre. Comme brun est dominant, c’est ce gène qui détermine la couleur de tes yeux. Tu as les yeux bruns.

–       Et alors, pourquoi est-tu si sûre que mon mari a les yeux bleus ?

–       Le gène bleu est récessif. Pour avoir les yeux bleus, il faut avoir hérité du caractère bleu de ses deux parents pour que le caractère bleu s’exprime. Toi, avec tes yeux bruns (mais avec du bleu caché, sinon aucun de tes enfants ne pourrait avoir les yeux bleus), tu produis la moitié d’ovules porteurs du gène yeux marrons et la moitié porteurs du gène yeux bleus. Si ton mari avait les yeux marrons sans gène bleu, tu ne pourrais pas avoir d’enfants aux yeux bleus, même raisonnement que pour toi. Ton mari pourrait être comme toi porteur de marron-bleu, mais dans ce cas, il produirait moitié spermatozoïdes marrons, moitié bleu. La probabilité pour que vous ayez un enfant aux yeux bleus (c’est à dire porteur de bleu-bleu) ne serait que de 25% à chaque nouvelle naissance. Sur trois enfants, c’est évidemment possible que les trois aient les yeux bleus dans ce cas, mais peu probable. En revanche, si ton mari a les yeux bleus, il est porteur de bleu-bleu, donc vous avez à chaque fois une chance sur deux d’avoir un enfant aux yeux bleus, ce qui est plus plausible.

–       WOUAH OUH ! La superbe démonstration, ça en jette, vous avez entendu, les filles ! Sherlock Home ! Je te reconnais bien là à toujours vouloir tout expliquer et tout comprendre avant même de savoir si je vais bien, si je suis toujours avec mon mari etc. Tu n’as pas changé et je vais très bien, je te remercie … et j’adore le père de mes enfants aux yeux bleus.

–       Je vois bien que tu es en pleine forme ! Pourquoi te le demander ?

Toute à mes retrouvailles avec Tania, je n’ai pas fait très attention à un autre couple d’amis qui nous accompagne. Je leur ai dit un bonjour rapide sans trop regarder les trois enfants. J’entends Jacques appeler :

–       Bruno, mais où vas-tu ? On y va, ce n’est pas du tout par là.

Il court après son ami qui s’éloigne. Dès que Jacques s’est rapproché, Bruno s’oppose à lui, se débat presque physiquement. Il est blême et a du mal à prendre sur lui. La gestuelle véhémente, il ne crie pas mais on sent qu’il souffre. Il finit par se laisser convaincre de venir rejoindre le groupe, mais il traîne les pieds et reste un peu à l’écart. Dans ce monde, on ne règle pas ses problèmes en public. « Pas de crevettes devant les invités », comme aime à répéter Jacques.

Au moment d’embarquer, j’avais bien remarqué que Bruno et sa femme avaient les yeux bleus clairs et que, si, sur leurs trois enfants, l’aîné et le cadet avaient les yeux bleus, la petite fille du milieu, les yeux du plus beau brun foncé.

Sans le laisser sentir, avec discrétion, Bruno vient de suivre attentivement ma conversation avec Tania. Il met un moment à comprendre car il se sait concerné ; tout à coup, il a l’impression qu’une bombe lui a éclaté dans les pieds mettant à mal la statue vaillante, immuable qu’il essaie toujours de présenter à son entourage. Il ne veut pas admettre cette nouvelle vérité qui vient de lui fracasser les certitudes. Pour cacher son désarroi, il prend une distance, dans l’espoir de se ressouder dans l’instant. C’est à ce moment que Jacques le surprend. Ce qu’il vient de réaliser, il ne peut l’admettre.

Moralité : mesdames, quand vous avez les yeux bleus et votre mari aussi, prenez un amant aux yeux clairs, les conséquences font moins désordre.

Bruno vient s’asseoir à côté de moi à la pause déjeuner. Il semble calme. Nous parlons de pêche à la crevette, de crabes et de dorades puis … sans prévenir il passe au sujet qui le préoccupe tant :

–       Je vous ai écouté tout à l’heure, là, au sujet de la couleur, mais êtes-vous sûre que la propriété de couleur des yeux est portée par un seul gène, parce que, si c’est comme la couleur de la peau, c’est plus complexe…

J’hésite à enfoncer le clou. Il est difficile de continuer à parler quand on sait qu’on va faire souffrir la personne à laquelle on s’adresse. Je me dis que la confirmation de la certitude vaut mieux que l’affreuse angoisse dans laquelle je l’ai plongé. Autant qu’il sache vraiment. Il n’est pas bon de le rassurer après avoir jeté le doute.

–       Vous avez raison, la couleur des yeux n’est pas portée par un seul gène, mais par très peu de gènes et leur localisation fait qu’on ne rencontre que très peu d’exceptions et surtout dans le cas de couleurs pas très définies, vert mélangé de brun par exemple. Chez l’homme, la possibilité de mettre sa langue en gouttière est un caractère porté par un seul gène ; l’incapacité de mettre la langue en gouttière est un gène récessif donc lorsque les deux parents peuvent ne peuvent pas mettre la langue en forme de gouttière, aucun de leurs enfants ne le pourra, même avec tout l’entraînement du monde.

–       C’est quoi ça ?

–       Tirez la langue et essayez le la replier comme si vous vouliez en faire une cigarette russe, vous savez, ce biscuit que l’on mange avec la mousse au chocolat …

Bruno tire la langue, et il n’arrive absolument pas à mettre sa langue en gouttière, elle reste désespérément plate. Il se lève brusquement et va vers sa femme et lui demande de tirer la langue et d’essayer de la rouler.

–       Mais qu’est-ce qui te prend ? lui demande-t-elle.

–       C’est un jeu.

–       Ah bon, bizarre !

La femme s’exécute et n’y arrive absolument pas.

–       Je n’y arrive pas, mais peut-être, avec un peu d’entraînement…

–       L’entraînement n’y peut rien.

Il appelle ses trois enfants et leur dit qu’on fait un concours de … « comment on tire la langue ». cela les réjouit et, pourtant, l’instant est grave. J’espère de tout cœur que l’amant de madame porte le gène récessif qui lui interdit de mettre la langue en gouttière, cela calmerait les choses. Mais quand on est engagé sur le toboggan, il est difficile de s’arrêter sans se brûler les mains. Pas de chance, l’amant de madame pouvait mettre sa langue en gouttière. Il suffit d’admirer les efforts des deux garçons qui n’y arrivent pas et la joie de la petite Jade aux yeux noirs, qui jubile : « Moi, j’y arrive, na,na,na, à faire la cigarette russe avec la langue ! ». Bruno est sûr que sa femme l’a trompé. Trompé, passe encore. Lui-même ne s’en est pas privé, mais lui faire élever un enfant qui n’est pas le sien ! La couleuvre est difficile à avaler.

Il revient s’asseoir à côté de moi.

–       Vous avez tout compris, n’est-ce pas ?

–       Oui, euh, je suis désolée, j’ai été maladroite. Jamais je n’aurais fait mon petit cours de génétique à Tania si nous avions eu le temps de nous présenter vraiment. Je parle toujours trop vite. Il faut bien regarder autour de soi avant de lâcher ce genre d’information.

–       Il est vrai que vous m’avez perturbé, mais ne vaut-il pas mieux savoir ? …

–       Je n’en suis pas sûre.

–       Si, et voyez-vous, ce qui me fait le plus mal au cœur, c’est que j’adore Jade mais je trouve que c’est criminel de la priver de son vrai père, de priver un père de son enfant et tout ce qui s’enchaîne. Je n’ai pas le droit. Je ne suis pas sûr de pouvoir supporter cette situation longtemps, en silence, sans obliger ma femme à présenter Jade à son père. Mais je l’aime tant, cette petite fille.

–       Alors ne dites rien. L’appel du sang, vous savez, c’est très exagéré ; il ne faut pas trop y croire.

Pendant ce temps, les deux garçons continuent de s’évertuer à mettre leur langue en gouttière sans y arriver, furieux que la fillette fasse mieux qu’eux.

–       Dis, papa, pourquoi j’y arrive moi et pas les garçons. Ils sont moins doués que moi ?

–       Je t’expliquerai.

–       … plus tard, quand je serai grande…c’est ça !

–       Non, non, bien avant mais c’est un peu compliqué, je …

–       Cinq minutes. D’accord ? Ben, tu ne me réponds pas ? Y’a un problème ?

Filature et flagrant délit

filature dans Le Commissaire c'est vous

filature dans Le Commissaire c’est vous

La Filature

La filature est l’un des moyens de surprendre un suspect potentiel en flagrant délit et de pouvoir l’appréhender.

La filature ne va en général pas sans planque, dispositif policier mis en place à proximité d’un domicile ou d’un lieu de réunion de délinquants pour surveiller leurs activités et déplacements.

Ces opérations sont déclenchées sur commission rogatoire, pièce de justice délivrée par le juge d’instruction à un officier de police judiciaire pour accomplir dans un délai limité, un certain nombre d’investigations dont le détail figure sur la pièce de justice.

Flagrant délit

crime ou délit qui se commet actuellement ou vient de se commettre.

Ce type d’enquête concerne les crimes (art 53 du Code de Procédure Pénale) ou les délits pour lesquels la loi prévoit une peine d’emprisonnement (art 67 du C.P.P), ce qui exclut de ce champ les contraventions ou les délits punis d’amendes.

Définition de la flagrance :

” est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement ou qui vient de se commettre”. C’est le cas du cambrioleur surpris par la police dans le pavillon où il opère (“qui se commet actuellement”) mais il est plus délicat d’appréhender le sens de la phrase “qui vient de se commettre”, puisque la loi n’a par précisé le délai au delà duquel la flagrance disparaît. La jurisprudence et les habitudes des parquets font varier ces délais concernant la notion d’actualité de la commission de l’infraction et il appartient à l’officier de police judiciaire, en cas de doute ou de situation peu claire, de se rapprocher du parquet pour obtenir des consignes.

La flagrance par présomption vise deux cas distincts:

– “dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique” (là encore, il n’existe pas d’identification précise des termes de “clameur publique” et de “temps très voisin de l’action”, mais il reste évident que cette clameur émane la plupart du temps de la victime, d’un témoin, qui appellent au secours, désignent un voleur qui s’enfuit et demandent de le stopper. La clameur suffit donc à justifier l’interpellation de la personne désignée et il est nécessaire qu’elle intervienne quasiment de manière simultanée avec l’infraction ou qu’elle la suive de peu, sans délai.

– “dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime au ou délit”.

La découverte d’objets sur un quidam met au jour une infraction survenue  peu avant, et impute cette dernière à celui trouvé en possession du matériel incriminé.

La procédure de flagrant délit peut être mise en oeuvre par le procureur de la République lui-même puisque l’article 41 du Code de Procédure Pénale dispose que le procureur de la République “a tous les pouvoirs et prérogatives attachés à la qualité d’officier de police judiciaire prévus par la section 2 du chapitre 1er du titre 1er du présent livre (des officiers de police judiciaire – art.16 à 19 – 1 du C.P.P) ainsi que par des lois spéciales”. Le même article précise qu’en “cas d’infractions flagrantes, il exerce les pouvoirs qui lui sont attribués par l’article 68 du C.P.P” (lorsque le procureur de la République se rend sur les lieux d’un crime ou d’un délit flagrant, l’O.P.J présent sur place se trouve dessaisi de plein droit. Le procureur de la République peut accomplir les actes d’enquête, ordonner à l’O.P.J présent de poursuivre l’enquête ou saisir de l’enquête un autre O.P.J. Pourtant, l’article 68 du CPP ne dit mot de la possibilité pour ce magistrat de placer une personne en garde à vue, d’autant que le procureur de la République  est chargé de contrôler cette mesure privative de liberté. A contrario, l’article 70 du CPP  permet au seul procureur de la République “en cas de crime flagrant et si le juge d’instruction n’est pas encore saisi”,de “décerner mandat d’amener contre toute personne soupçonnée d’avoir participé à l’infraction”. L’article 72 du CPP dispose que “lorsque le procureur de la République et le juge d’instruction sont simultanément sur les lieux, le procureur de la République peut requérir l’ouverture d’une information régulière dont est saisi le juge d’instruction présent”.

Les officiers de police judiciaire de plein exercice (mentionnés à l’article 16 du CPP) sont compétents pour intervenir en flagrant délit à tous les stades de l’enquête (alors que les agents de police judiciaire de l’article 20 du CPP ne peuvent que procéder à des auditions, sous le contrôle de l’O.P.J- article 62 dernier alinéa du CPP. Il reste que tout citoyen peut également accomplir un acte relevant du flagrant délit : celui d’interpeller dans un lieu public, l’auteur présumé d’une infraction flagrante (article 73 du C.P.P).

La procédure de flagrant délit suppose de nombreux actes, l’enquête s’inscrivant sous le sceau de l’urgence : elle peut se poursuivre au maximum sur huit jours, à condition que le déroulement des opérations soit constant. Toute interruption entraînera un changement de cadre d’enquête (enquête préliminaire ou commission rogatoire).

a) L’enquête débute par la saisine de l’O.P.J qui peut présenter plusieurs formes dont la plus courante est la plainte de la victime, la réquisition du chef de maison etc…Le premier procès verbal, dit de saisine, constate le caractère flagrant de l’infraction.

L’O.P.J, avisé d’un crime flagrant, a obligation d’en informer le procureur de la République (art 54 alinéa 1 du CPP).

b) les constatations suivent le transport sur les lieux de l’infraction. Tout transport de l’OPJ en un lieu privé pour effectuer des constatations doit respecter les heures légales (en flagrant délit, des dérogations légales sont prévues par la loi :réquisition du chef de maison (article 53 alinéa 2 du CPP), introduction dans certains lieux recevant des personnes se livrant habituellement à la prostitution (art 706-35 du CPP), dans les lieux où l’on use en société de stupéfiants ou dans ceux où sont fabriquées, transformées ou entreposées ces substances (article 706-28 du CPP) ainsi que dans les lieux privés où l’enquête nécessite de rechercher et constater des infractions à caractère terroriste (art 706 -24 du C.P.P). Dans un lieu privé et même si l’article 54 du CPP ne l’exige pas, les constatations sont effectuées en présence du propriétaire des lieux ou de son représentant, ou de deux témoins dûment requis.

La préservation des traces et des indices est essentielle et prévue par l’article 54 alinéa 2 du C.P.P qui dispose que “l’OPJ veille à la conservation des indices susceptibles de disparaître et de tout ce qui peut servir à la manifestation de la vérité. Il saisit les armes et instruments qui ont servi à commettre le crime ou qui étaient destinés à le commettre, ainsi que tout ce qui paraît avoir été le produit de ce crime”.

La réalisation d’un périmètre de sécurité matérialisé, la saisie et la mise sous scellés, les réquisitions dans le cadre de l’article 60 du C.P.P, les mesures conservatoires, permettent de respecter les dispositions de l’article 54-2 du CPP.

L’article 55 du C.P.P interdit “de modifier avant les premières opérations de l’enquête judiciaire l’état des lieux et d’y effectuer des prélèvements quelconques” sauf si “ces modifications ou ces prélèvements sont commandés par les exigences de la sécurité ou de la salubrité publique, ou par les soins à donner aux victimes”, dans un lieu où un crime a été perpétré.

L’OPJ peut interdire à toute personne de quitter les lieux de l’infraction avant qu’il ait terminé ses opérations et maintenir ainsi sur place des témoins (article 61 du CPP).

Extrait du glossaire du CD-Rom “Le Commissaire c’est vous”

Quelques sites pour trouver des informations sur la filature

http://blog.leprive.biz/2009/08/19/enquete-sur-un-metier-fantasme-detective-prive/

https://blog-detective.cnsp.org/la-filature-surveillance-et-le-rapport-d%E2%80%99enquete-des-elements-essentiels-de-la-mission-du-detective/

Exercez-vous à la filature

filatureChoisissez l’être qui vous est le plus cher et imaginez que vous êtes un détective privé ou un flic chargé de le filer.

Exercez cette filature pendant toute la semaine, sans vous faire repérer bien sûr, et vous verrez à quel point c’est un métier difficile.

Vous risquez aussi de découvrir que vous connaissez mal l’être aimé, ses rythmes, ses habitudes lorsqu’il n’est pas avec vous.

Si vous ne voulez pas connaître ses secrets, ou si vous avez peur de mal les interpréter, abstenez-vous de ce défi.

Avant de vous lancer dans cette aventure, regardez le film Filatures de Yau Nai Hoi, un vrai chef d’oeuvre.

filature dans Le Commissaire c'est vous - © photo Jorge Sclar

filature dans Le Commissaire c’est vous – © photo Jorge Sclar

Vous avez décidé de relever le défi de la filature?

êtes-vous au clair sur les motivations profondes qui vous ont poussé à le faire? La violation de l’intimité que représente une filature n’est pas anodine.

Vous allez vivre pendant une semaine dans la peau d’un OPJ…à la poursuite de quel coupable? à la poursuite de l’être que vous aimez le plus…

  1. Pourquoi acceptez-vous cette filature ? pour…






  2. A la reflexion, cette filature confirme que :






  3. Se lancer dans ce défi, ca ressemble à :






  4. Pendant la filature, j'ai pensé...






  5. Par principe ou par experience …






  6. Pendant cette filature…j’ai pensé :






  7. Comment aller vers le dénouement après un tel acte ?






  8. Après cette filature:






  9. Ai-je eu raison de faire cette filature ?






  10. A la fin de cette premiere filature…






  11. La verite ?






  12. Et maintenant , que faire ? Comme disait Lénine






  13. Reflechir, ca suppose de savoir:






 

 

BoussolePetit test rapide pour savoir si vous ne vous laissez pas facilement éblouir ou déboussoler.

  1. Par quoi ne vous laissez-vous pas déboussoler ?






Important pour une filature, savoir se repérer.

Voici quelques questions de logique et de topographie.

Vous savez que la personne que vous filez se dirige vers un rond point où aboutissent six rues dont deux en sens unique vers le rond-point. Vous voulez prévoir le trajet que va prendre la personne. COmbien de manières différentes y a-t-il d'entrer dans le rond-point et d'en ressortir sans faire plus d'un tour?






plan quadrilleVous avez quadrillé le plan de la ville où vous filez l'être aimé...Il se présente comme ci-dessus. Les zones gris clair sont celles où votre cible n'a pas mis les pieds, les zones rouges sont celles où elle s'est rendue. Vous souhaitez étudier de façon approfondie et reparcourir toutes les zones carrées possédant autant de cellules grises que de cellules rouges quelle que soit leur taille. Combien de zones carrées allez-vous devoir reparcourir?






parcoursVous savez que votre cible doit se rendre de R à S, vous supposez qu'elle va prendre le chemin le plus court, mais voilà, lequel? Combien y a-t-il de plus courts chemins équivalents en suivant les voies tracées de R à S?






Vous avez deux personnes que vous voulez "filocher", vous avez constaté que le temps que vous avez consacré à suivre la personne A est de 20% inférieur à celui que vous avez consacré à suivre la personne B. Le temps que vous avez passé à suivre B est supérieur à celui que vous avez passé à suivre A de:






Vous avez "filoché" toutes les femmes de votre bureau et vous annoncez "elles ont toutes deux choses à cacher". Après vérification, votre affirmation s'avère fausse. Parmi les affirmations de vos collègues, laquelle est sans aucun doute vraie?








La renoncule âcre, plantes des maris trompés

Bouton d'or © Secrets de plantes

Bouton d’or © Secrets de plantes

La Renoncule âcre ou bouton d’or ou grenouillette, Ranonculi. L. de la famille des Ranunculaceae est une plante herbacée vivace, de 30 à 60 cm, on la trouve dans les prés, les bois, les pâturages, les chemins, jusqu’à 2500 m.
Elle pousse dans toute le France, en Europe centrale et septentrionale, en Asie boréale et au Maroc.

Sa tige est dressée, non sillonnée, munie dans le haut de poils appliqués.

Les feuilles radicales sont pentagonales, palmipartites, à 3-5 lobes incisés-dentés tandis que les feuilles supérieures sont tripartites, à lobes linéaires.

Les fleurs comportent 5 sépales verts velus et 5 pétales libres de couleur jaune.

Les akènes forment des têtes rondes.

 

Usages

Cette plante a connu des usages variés.
Les plus grosses racines passaient pour chasser la fièvre et le suc de la feuille a été employé contre les verrues. La plante est mellifère.
Attention, elle présente une certaine toxicité.

Folklore

Renoncule âcre © Secrets de plantes

Renoncule âcre © Secrets de plantes

Ranunculus signifie petite grenouille et acris, piquant.
La renoncule a connu de nombreux usages rituels, folkloriques ou magiques.
On en semait par exemple les fleurs devant la porte des maris trompés.
Ou bien on lui attribuait la réputation de “faire pisser au lit les enfants qui la portent à la bouche”.
Plusieurs de ses usages ont trait au beurre. Pour qu’il soit bon toute l’année, il faut manger la première renoncule aperçue au printemps. Ou si en touchant le menton d’une ménagère avec une renoncule, celle-ci lui laisse des traces jaunes, elle réussira son beurre dans le courant de l’année. De même pour avoir du beurre bien jaune, il était conseillé de mettre dans le pot au lait les trois premières fleurs trouvées au printemps.
Les jeunes gens, voulant échapper à la conscription, se faisaient des compresses de “piepou” (R. Acris) qui provoquaient des ulcérations dangereuses persistant parfois toute leur vie.

Recette traditionnelle contre les corps au pied

Les fleurs de bouton d’or (R. acris, variété double) étaient écrasées et appliquées sur les nids d’agaches (cors aux pieds) qu’ils faisaient disparaître rapidement.