Importance relative des faits réels
Il n’y a rien de plus propre à rappeler les philosophes et les hommes d’Etat à la modestie que l’histoire de notre Révolution : car il n’y eut jamais d’événements plus grands, conduits de plus loin, mieux préparés et moins prévus. -Alexis de Tocqueville-
Pour mieux comprendre la France de 1850, Tocqueville, hostile au coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte et à l’Empire, étudie le Premier Empire. Frappé par l’ampleur de la volonté centralisatrice de Napoléon Ier et curieux d’en retrouver les causes, il analyse les raisons de l’absolutisme royal. C’est ce tableau de la France politique et sociale au XVIIIe siècle qu’il publie en 1856 sous le titre L’Ancien Régime et la Révolution.
Parti d’une hypothèse et s’appuyant non seulement sur des sources imprimées, mais sur les archives de la généralité de Tours, il éclaire une question d’histoire comparée : pourquoi le passage de la société féodale à la société démocratique a-t-il pris une forme plus aiguë en France que dans les autres pays d’Europe ?
Tocqueville est un des premiers à avoir compris que l’histoire est faite de représentations plus ou moins imaginaires autant que de faits réels.


