Les chattes et la pilule, nouvelle

chatte

Tournante de chats de gouttières

– Maman, je veux prendre la pilule.

– Eh bien! prend la!

– Et ta chatte?

– Comment “et ta chatte?” qu’est-ce qu’elle a ma chatte? Laisse ma chatte tranquille!

– Tu lui interdis la pilule, à ta chatte.

– Bien sûr que je ne lui donne pas la pilule à ma chatte, toute cette chimie, ça la perturberait; c’est comme une drogue; tu te rends compte toute une vie à prendre des drogues! je ne veux pas la perturber ma chatte; tu sais comme elle est câline , et belle, et intelligente…et vive…

– Et moi, tu me laisse faire ce que je veux. Tu ne m’aimes plus!

– Où vas-tu chercher tout ça? C’est sûr que la pilule ça fait grossir, ça perturbe le psychisme…Mais comme tu es déjà perturbée, prend la pilule, très bien!

– J’te suis moins que ta chatte.

– Mais non, mais non, mais t’es presque majeure et puis j’en ai parlé à ton père, il te trouve trop maigre. il  dit: “ça lui arrondira les flancs de prendre la pilule, c’est pas plus mal. C’est mieux que si elle tombe enceinte! C’est pas le moment de repeupler la planète.” Et puis, même si tu ne peux pas faire plus d’une portée par an, on ne peut pas les noyer ou les placer sans histoire, il faut les élever. Alors prends la pilule  mais n’oublie pas un jour sur deux. Et puis après quand tu t’arrêtes, c’est pas un enfant que tu accouches, c’est tout un pensionnat! Et qui les élève?  Ma chatte, elle, n’a eu qu’une portée et je les ai tous donnés, les petits chats. Je fais très attention, pour ne pas l’abîmer, et tout. Maintenant, je prends des précautions, je ne la laisse pas sortir, ça donne des idées. Mais toi, tu fais comme tu veux.

– Elle n’est pas perturbée de ne pas sortir, ta chatte?

– Mais oui, tu as raison…Oh Minette. Je ne peux quand même pas mettre des capotes à tous les matous du quartier.

© Maryvonne Pellay

Le suicide de Gérard de Nerval

suicide de Gérard de Nerval - Lithographie de Gustave Doré

suicide de Gérard de Nerval – Lithographie de Gustave Doré

Écrire ou mourir

“Depuis plusieurs jours, je ne puis littéralement plus écrire une ligne. Je crains de ne pouvoir plus rien produire…. Je vais encore une fois essayer aujourd’hui.”
“Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber
Un air très vieux, languissant et funèbre
Qui pour moi seul a des charmes secrets”
26 janvier 1865, Labrunie Gérard, dit de Nerval, quarante sept ans, célibataire, homme de lettres. Genre de mort : suspension. Lieu où le cadavre a été trouvé : sur la voie publique, rue de la Vieille Lanterne, pendu à un barreau sous un escalier.

Observation : le corps a été réclamé par la Société des Gens de Lettres.
Nadar : “Je ne sais jusqu’à quel point il importe historiquement d’établir si le cher et doux Gérard de Nerval s’est ou a été pendu…. Quelques-uns, partisans de la légende du suicide, comme je le suis avec certitude absolue, ont mis cette mort sur le compte de la folie, folie est vite dit …”
Aujourd’hui, une personne répand une curieuse hypothèse, qu’elle dit avoir vérifié : c’est Nerval qui aurait écrit beaucoup des textes de Stendhal, Victor Hugo, Dumas, bref tous les grands auteurs du XIXe.

Nerval aurait menacé de dévoiler son statut de “nègre”, il aurait donc été suicidé…mais on attend toujours les preuves!

Nerval, Gérard Labrunie, dit Gérard de, écrivain français

Gérard de Nerval

Gérard de Nerval

 1808 (Paris) – 1855 (Paris)

L’absence de la mère, le rêve, l’étudiant bohème, le rêve, la passion, le rêve, les voyages en Italie et en Orient, le rêve, la mort, le rêve.
“Je ne demande pas à Dieu de rien changer aux événements, mais de me changer relativement aux choses, de me laisser le pouvoir de créer autour de moi un univers qui m’appartienne, de diriger mon rêve au lieu de le subir”.
“Que faut-il ? Se préparer à la vie future comme au sommeil,
Il est encore temps
Il est peut-être trop tard.”
“Gérard de Nerval, de tous les êtres qui ont vécu, est certainement un de ceux qui se sont maintenus de la façon la plus constante dans l’état de poésie.” -Edouard Jaloux-
Gérard de Nerval, “Ce fol délicieux qui avait tant d’esprit ou de folie pour oser, figurez-vous, promener au Palais Royal un homard en laisse.”
“Percer ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.” tel est le but de Nerval ; il y parvient par le songe qui de révélation en révélation le conduit à l’illumination finale.

Elève à Mortefontaine dans le Valois (Souvenir de Mortefontaine)
1827 : passionné de littérature allemande, il traduit Faust de Goethe.
1832 : La Main de gloire, contes
1832 : Fantaisie, poèmes
1834 : il voyage en Italie
1836 : Jenny Colon – sa passion – est Aurélia, sa transposition poétique
1841 : séjour dans une maison de santé
1843 : voyage en Orient
1851-54 : séjour dans les maisons de santé – raison menacée –
1848 : Scènes de la vie de Bohème
1851 : voyage en Orient
1852 : Nuits d’octobre
1854 : Filles du feu – Chimères
1853 : Aurélia Pandora – Promenades et souvenirs
1867 : Aurélia et le rêve (posthume et inachevé)

Photo extraite du CD-Rom "Le Psy c'est vous, cas N°2" © Jorge Sclar

Photo extraite du CD-Rom “Le Psy c’est vous, cas N°2” © Jorge Sclar

Et vous? avez-vous déjà eu envie de vous suicider?

Semaine d’aventures sur et sous les ponts.

Montez sur le parapet d’un pont et méditez sur toutes les fois où vous avez eu des envies de suicide : attendez jusqu’à ce que quelqu’un vous pousse à l’eau ou vous secoure. Préparez ce que vous allez dire à votre sauveur.

Passez la nuit sous un pont à jouer d’un instrument de musique, à chanter ou à boire du rouge ou de la vodka. Pensez à tous les SDF. Si vous en rencontrez, partagez ces instants avec eux.

La meilleure façon de mourir

mort

Rue de Paris sous la Commune de Maximilien Luce

Recensez toutes les formes de mort que vous connaissez, soit par la presse, soit parce que vous avez eu le malheur de les côtoyer de plus près, accidents, mort par balle, tir d’obus ou sur une mine, cancers à rémissions, cancers sans rémission, SIDA, AVC foudroyant comme la rupture d’anévrisme ou AVC invalidant comme les artères bouchées, crise cardiaque invalidante ou foudroyante, maladie d’Alzheimer, démence sénile, etc. Notez-les de 0 à 10.

Moins de la moyenne, ce sont les morts dont vous ne voulez absolument pas pour vous, 10/10, c’est celle que vous souhaitez.

Nous se sommes pas vraiment maîtres de notre mort, les accidents, les prédispositions génétiques et notre mode de vie en décident largement pour nous (même en ce qui concerne le suicide).

Avons-nous une infime marge de manoeuvre pour décider de notre fin de vie alors qu’à partir d’un certain âge, nous sommes comme des aveugles traversant un champ de mine?

Les lacunes juridiques sont béantes et la médecine souvent impuissante.

Le charme, anti-inflammatoire

les chatons du charme © Secrets de plantes

les chatons du charme © Secrets de plantes

Le charme, Carpinus betulus, de la famille des Betulaceae, est un grand arbre d’environ 25 m qui forme des bois ou des taillis jusqu’à 600 m d’altitude. Il aime tous les terrains. En France, on le rencontre surtout au Nord et à l’Est. C’est un arbre qui préfère les climats tempérés nordiques : les charmes de Glasgow, en Écosse, sont superbes. Il pousse ainsi en Europe et en Asie mais pas en région boréale ni méditerranéenne.

Son tronc, plus ou moins cannelé, a une écorce fine, grise et lisse. Ses jeunes rameaux velus, souvent tordus, portent des feuilles alternes et caduques, glabres sur leur face supérieure et légèrement pubescentes sur les nervures saillantes de la face inférieure. La feuille, dentée, régulièrement nervurée, est comme plissée.
Les fleurs femelles sont en grappes pédonculées, les fleurs mâles en chatons sessiles pendants. La fleur elle-même est un involucre foliacé, à 3 lobes inégaux, figurant un cornet ouvert qui porte soit des étamines soit un ovaire surmonté de 2 longs styles rouges.

En octobre ce dernier se transformera en un akène renfermant une graine.

Composition chimique et usages actuels

Charme

Charme

La feuille contient :
– des glucides, notamment des osides (gomme)
– des matières minérales
– des acides organiques : acide formique
– des composés phénoliques : acides phénoliques (acide gallique) et tanins (tanin gallique et tanin ellagique)
– des résines

On reconnaît au charme des vertus anti-diarrhéiques et anti-inflammatoires.

Usages pharmaceutiques
Le décocté de charme peut être utilisé pour ses propriétés astringentes en cas de bronchite et d’inflammation de la gorge.

Usages cosmétiques
Le charme est réputé pour ses vertus adoucissantes.
La feuille de charme est également astringente et douée de propriétés reminéralisantes.

Ces propriétés en font un actif recommandé dans :
– des shampooings pour cheveux abîmés et fragiles, gras ou normaux
– des laits corporels
– des crèmes adoucissantes pour les mains
– des soins reminéralisants pour peaux abîmées, fatiguées et ternes
– des crèmes pour peaux matures, mixtes ou normales
– des masques astringents pour peaux grasses
– des crèmes pour peaux sensibles et fragiles

Usages traditionnels

Les feuilles astringentes, étaient employées en médecine populaire, en

gargarisme dans les maux de gorge, dans les diarrhées et contre diverses formes de relâchement des tissus.
Des fruits, on a extrait une huile de très médiocre qualité.
Très apprécié pour sa solidité, le charme était utilisé comme bois d’oeuvre pour la confection d’outils et pour les constructions. C’était l’essence de prédilection pour confectionner les étals de boucherie.
C’est un bon bois de chauffe.
L’écorce donne une matière colorante jaune.

Rejetant aisément de souche, le charme est idéal pour la conduite en taillis : les “charmilles”, simples haies ou salles de verdure, en sont les témoins séculaires.

Folklore

Carpinus viendrait du celtique “car”, bois et de “pen”, tête.
Le charme servait notamment à fabriquer des jougs pour l’attelage des boeufs.
Il est symbole d’ornement et d’embellissement.
Selon Littré, il y aurait eu confusion entre le charme (arbre) et le sens magique de charme, envoûtement et enchantement.
A noter aussi, l’expression, “se porter comme un charme”.