Les ponts, techniques de construction

Technique de construction des ponts

Après l’histoire des ponts et leur classification, voici un peu de technique!

Cintre

cintre

cintre

Dans le cas d’ouvrages hydrauliques ou lorsqu’il faut franchir un obstacle important, on construit un cintre, véritable ouvrage en lui-même.
Dans le cas des arcs en maçonnerie, l’utilisation d’un cintre en bois est  indispensable.
Les techniques de constructions visaient à limiter l’importance du cintre nécessaire parce que le bois était rare.

Aujourd’hui, les méthodes de constructions utilisées depuis l’emploi du béton précontraint évitent de le recours à des structures provisoires aussi coûteuses que les cintres sauf pour de petits ouvrages permettant l’utilisation de poutres standard.
A l’opposé des échafaudages classiques qui transmettent les charges au sol par une multitude d’appuis provisoires, les véritables cintres comportent une structure porteuse, supportant les coffrages, qui transmet les charges au sol par un nombre limité d’appuis, généralement les seuls appuis définitifs.

Construction travée par travée

travee1

construction travée par travée

On reprend la poussée de la dernière arche construite par une pile massive.

Construction par anneaux

La construction par anneaux, utilisée pour les voutes en maçonneries, consiste à monter l’ouvrage par tranches longitudinales accolées les unes aux autres. les piles étaient percées d’ouïes afin d’alléger la structure et d’augmenter la capacité d’écoulement en cas de

Construction avec cintres suspendus

L’utilisation de cintres supendus, reposant sur des corbeaux encastrés dans la maçonnerie s’applique aux ouvrages très hauts.

Section transversale

Le choix de la section transversale d’un ouvrage est guidé par deux tendances contradictoires :
– réduction du temps de travail et donc recherche des formes simples
– augmentation du rendement géométrique (portée/poids), nécessaire pour les grandes portées.
différentes sections transversales de ponts en béton précontraint
Equilibre coût de matière/coût de main d’oeuvre, un exemple, la construction métallique :
au XIXe siècle, le coût de l’acier est élevé, ses caractéristiques moyennes tandis que le coût de la main d’oeuvre est faible, on privilégie les ponts en treillis parce que les gains d’acier permettent des économies nettement supérieures aux suppléments de main d’oeuvre pour l’assemblage.

Préfabrication

Les coûts de fabrications sont plus faibles dans une usine de préfabrication que sur un chantier (déplacement du personnel, intempéries). les problèmes d’assemblage et de manutention deviennent donc essentiels.

La préfabrication est utilisée essentiellement pour les ponts à poutre préfabriquées sous chaussée, précontraintes et les ponts constitués de voussoirs préfabriqués (qui ont généralement une section en caisson). Les voussoirs sont mis en place soit sur un cintre au sol ou sur cintre mobile de type autolançeur ou par encorbellements successifs.

Précontrainte

Pour imager le principe de la précontrainte, Freyssinet prenait quelques livres entre ses mains, et les pressait horizontalement comme dans un presse-livres, disant : “Si j’étais assez fort, on pourrait tenir sur ces volumes comme sur un pont, mais que je lâche, et tout s’écroule.”
La précontrainte permet de réaliser des ouvrages importants sans utiliser de cintre, alors que les ponts en béton armé devaient être construits sur échafaudages ou sur cintre.
précontrainte de continuité et câbles de continuité
précontrainte extérieure
précontrainte intérieure

Construction sur cintre

La façon la plus simple de construire un pont en béton (même précontraint) reste de le construire sur échafaudage ou sur cintre.
Cette construction peut être faite en une seule phase, sur un cintre général, ou par phases successives, en réutilisant des cintres élémentaires, adaptés à cette réutilisation.

Dans le cas des ouvrages en béton précontraint, on coule sur cintre essentiellement les ponts à nervures pour de faibles portées.
On le réalise par tronçons successifs, des mises en précontrainte partielle permettant le décintrement de la dernière partie construite et la réutilisation du cintre.

Construction sur cintre autolanceur

cintre autolanceur

cintre autolanceur

Les cintres sont mobiles, conçus en fonction de la structure.
Les cintres autolanceurs se déplacent en s’appuyant sur les piles et la partie déjà construite du tablier.

Construction par encorbellements successifs

Le principe des ouvrages de type cantilever ou porte-à-faux construits par encorbellements successifs est très ancien. Cette technique permettait d’augmenter la portée des ponts au-delà de la dimension des troncs d’arbres.

construction par encorbellements sucessifs

construction par encorbellements successifs

Cette technique est couramment utilisée aujourd’hui en particulier dans les ponts en béton précontraint :
on construit un voussoir encastré dans une culée massive, formant l’amorce du tablier;
le voussoir est mis en précontrainte puis l’équipage portant le coffrage est déplacé vers l’avant, et on bétonne le second voussoir, etc.

Poussage

Cette méthode est inspirée de la technique du lançage des ponts métalliques.
Le tablier est constitué de tronçons successifs exécutés sur une aire de fabrication fixe et assemblés par précontrainte. Au fur et à mesure de la fabrication des tronçons, la poutre continue ainsi constituée est translatée au-dessus des piles jusqu’à sa position définitive.

poussage

poussage

Cette méthode n’a pu être mise en oeuvre qu’à partir du moment où ont existé des dispositifs de glissements avec des coefficients de frottement très faibles (téflon) car le béton ne supporte pas, sous peine d’écrasement, des pressions de contact élevées.

Mise en place par rotation

Pour éviter la construction de cintre coûteux dans le cas d’un obstacle majeur à franchir, les ingénieurs ont mis au point une solution ingénieuse :
on construit une partie ou la totalité de l’ouvrage au sol sur des échafaudages traditionnels, parallèlement à l’obstacle à franchir.
Des mises en précontrainte partielles permettent le décintrement.

Mise en place par rotation

Mise en place par rotation

On peut alors mettre l’ouvrage en place par rotation autour d’un de ses appuis. Dans le cas de grandes portées, la construction peut se faire par double rotation : une moitié de l’ouvrage est construite sur chaque rive de l’obstacle.

Assemblage

L’assemblage pose de nombreux problèmes de résistance aux chocs, charges, vibrations.
Par boulonnage, puis par rivets, puis soudure (au début se révèle cassante et aujourd’hui très utilisée sur les éléments préfabriqués mais pas sur chantier). Puis boulons à haute limite d’élasticité qui comprime les pièces pas un serrage contrôlé et assurent ainsi la résistance par frottement des pièces l’une sur l’autre.

techniques d'assemblage des ponts

techniques d’assemblage des ponts

Autre problème dans l’assemblage des éléments d’un pont : les joints de dilatation et les joints permettant à l’ouvrage de résister aux vibrations et surcharges

Couverture

Élément qui porte la chaussée.
On a cherché d’abord à l’alléger (dalle de béton armé coulée sur une tôle couvrant le tablier) puis à la faire participer à la flexion générale de l’ouvrage pour gagner de l’acier. Cela exige une solidarisation du béton et de l’acier au moyen de connecteurs (ossature mixte béton-acier).

couvert1

Câbles

Petit historique des câbles de suspension :
– chaînes aux maillons et fer forgé (portée maximum : 21 m)
chaînes formées de barres de fer articulées qui a permis de dépasser des portées modestes;
– puis câbles à fils parallèles (fils de fer de 3 mm de diamètre) inventés par les frères Seguin (pont de Fribourg);
– câbles d’acier (Roebling au pont de Brooklyn);
– câble à torsion alternative inventé par Arnodin. Le principe est d’enrouler plusieurs couches de fil en hélice autour d’un fil central droit, les hélices étant alternativement dans un sens puis dans l’autre.

Le câble est la forme la plus économique d’emploi de l’acier, matériau résistant à la traction et capable de se déformer pour reporter les efforts qui lui sont appliqués à des parties résistantes puis finalement au sol.
Les câbles sont utilisés dans la construction des ponts : câbles de suspension, haubans, câbles de précontrainte.

Palée

Pieux battus dans le fond de la rivière servant de piles pour les ponts en bois ou pour les ouvrages provisoires.

Données

conf03Types d’ouvrages d’art :
– les ouvrages d’art non courants (travée> à 40 m, surface>1200 m2, ponts mobiles et pont canaux, ponts dans des zones à environnement difficile, etc.)
– les ouvrages courants types font l’objet de dossiers types et de programmes automatiques de calcul). Ces ouvrages ont des plans types, des programmes types de remplacement.     Les données à respecter dans la conception d’un pont :
– données administratives
– données naturelles (sol, hydraulique, climatique, sismique, etc.)
– données fonctionnelles (gabarits à respecter, profils, etc.)
– données d’environnement
– données architecturales
– données de gestion et de maintenance

Projets

La conception d’un pont est toujours faite par étapes et par approximations successives :
– le choix de l’emplacement de l’ouvrage implique une analyse des différentes solutions : on doit esquisser pour chaque emplacement, un type d’ouvrage et un tracé routier et en évaluer les conséquences. Il faut reconnaître le sol.
Les contraintes fonctionnelles peuvent entraîner des conflits.

L’étude a lieu en trois phases :
– l’étude préliminaire qui fait l’inventaire de toutes les solutions possibles compatibles avec les données naturelles et fonctionnelles.
– le projet d’ouvrage d’art qui comprend plans, coupes, élévations, détails constructifs, notes de calculs et mémoire expliquant les contraintes
– dossier de consultation des entreprises.

Fondations

Les fondations destinées à construire les piles ou les massifs d’ancrage d’un pont sont évidemment essentielles pour la solidité de l’ouvrage et dépendent du type de terrain. On distingue trois type de fondations :
1 – Fondations reposant directement sur le sol.
Le principe est simple : on réalise une fouille pour mettre à nu la couche de terrain sur laquelle on compte fonder l’ouvrage et on construit directement sur le sol la fondation projetée (radier, semelle ou massif)

2 – Fondations sur caissons :
– havage : on fabrique un caisson à la surface du sol puis on creuse le terrain à l’intérieur du caisson de façon à ce qu’il s’enfonce sous l’effet de son poids. Le caisson est ensuite rempli de béton.
– fonçage à l’air comprimé lorsqu’il faut traverser des terrains durs. Le caisson est fermé à sa partie supérieure par un plafond traversé par une ou deux cheminées d’accès. L’intérieur du caisson est mis sous pression d’air de façon à empêcher l’eau de remonter à l’intérieur. on peut alors travailler à sec.
3 – Fondations sur puits ou pieux :
pieux préfabriqués battus ou foncés dans le sol, pieux moulés dans des chemises métalliques, pieux moulés dans le sol sans tubage, puits dont le diamètre est de 0,80 à 2 mètres qui peuvent être remplis de béton.

Abouts

Extrémité par laquelle un morceau de charpente est assemblé avec un autre.

Ancrage

pont suspendu, massif d'ancragee

pont suspendu, massif d’ancrage

Massif d’ancrage : s’emploie pour le ponts suspendus

Arbalétrier

Pièces d’une charpente qui servent à soutenir le poids. Elles sont posées obliquement et assemblées d’un côté dans la poutre perpendiculaire,  de de l’autre dans la poutre horizontale.

Arbalétrier du viaduc de Garabit

Arbalétrier du viaduc de Garabit

Caisson

Les caissons servent à construire les fondations sur lesquelles s’appuient les piles et culées d’un pont.
Ils peuvent être rectangulaires ou circulaires.
Havage (pour terrains meubles): on construit un caisson à la surface du sol, on creuse le terrain à l’intérieur du caisson, de façon à ce qu’il s’enfonce par effet de son propre poids (grâce en particulier au couteau situé à la base du caisson. le caisson est ensuite rempli de béton.
En site aquatique, le caisson est muni d’un fond provisoire qui permet de l’amener par flottaison à son emplacement avant de le descendre. Dans les terrains imperméables, on peut épuiser l’eau à l’intérieur du caisson pour travailler à sec.
Lorsqu’il faut traverser ou s’ancrer sur terrain dur, on fonce le caisson à l’air comprimé pour pouvoir travailler à sec : technique dangereuse et qui n’est plus utilisée depuis qu’il est possible des réaliser des forages de pieux de gros diamètres à grande profondeur.

Chèvre

Chèvre

Chèvre

Appareil formé de poulies et de pièces démontables, utilisé depuis qu’il existe des chantiers dans toutes les circonstances où l’on a à élever des fardeaux. On distingue plusieurs sortes de chèvres appropriées aux usages auxquels elles sont destinées: chèvres à haubans, à trois pieds, chèvre verticale, chèvre de tranchée, etc.

Cloche à plongeur

Cloche à plongeur, XVIIIe siècle.

Cloche à plongeur © L'Album du musée des arts et métiers

Cloche à plongeur © L’Album du musée des arts et métiers

Ce modèle en verre et en bois provient du cabinet de physique de Charles l’une des plus belles collections, avec celle provenant du cabinet de l’abbé Nollet .
Les cloches à plongeur servaient couramment pour les travaux de sondage ou de fondation pour l’édification des ponts.

 

Corniche

Corniche, du mot grec faîte, sommet, couronnement.
Les corniches couronnent le bord latéral d’une dalle de pont, la partie supérieure d’un mur de soutènement ou le haut d’un pur en retour d’une culée.
Fonctions essentielles des corniches :
– esthétique car elles marquent la ligne de l’ouvrage tout en masquant les irrégularités évetuelles de la structure porteuse;

Pont Bailey

Pont Bailey

– protection car elles servent de larmier et protègent de l’eau les dessous des dalles et les face extérieures de poutres.
Elles servent également de support pour divers équipements, garde corps, cadélabres, etc., et de butée pour les trottoirs.

Culée

Ouvrage de charpente ou de maçonnerie élevé sur un quai ou sur la berge pour fournir un point d’appui résistant à la portée d’une travée dans les ponts à poutre, à la retombée d’une arche dans les ponts en arc, ou à l’amarrage des câbles des ponts suspendus.
Types de culées :
culée remblayée
culée boîte
culée creuse
culée enterrée
culée spéciale en terre armée

Débouché

debouch1Le débouché linéaire d’un ouvrage est la somme des largeurs offertes à la rivière.
Le coefficient d’obstruction est le rapport de la surface obstruée par le pont à celle qui serait disponible si ce pont n’existait pas.
(toutes ces données sont évaluées au moment de la crue)
La diminution du débouché entraîne une surélévation du plan de l’eau et une augmentation de la vitesse d’écoulement.
Les remous qui en résultent créent des affouillements (surcreusement en forme d’entonnoirs à la base des piles) et mise en suspension du ond du lit lors des crues.
Les fondations des  anciens ouvrages étaient peu profondes et la faible ouverture des arches augmentait les remous. C’est pour en limiter les effets que l’on voit souvent des avant becs et des arrière becs triangulaires sur le piles.

Décintrer

Avant l’invention de la précontrainte, le cintre de bois était démonté une fois l’ouvrage terminé et ne pouvait pas être réutilisé  car on ne pouvait pas décintrer sans dommages pour le cintre. L’ouvrage est alors mis en charge.
Aujourd’hui une fois le béton coulé (soit en une seule phase pour les petits ouvrages, soit travée par travée), lorsque le béton a une résistance suffisante, on met en tension l’ensemble par des câbles de précontrainte et l’effet de la précontrainte assure le décintrement de la structure sans dommage pour le cintre.

Échafaudage

Dans le cas d’un ouvrage terrestre, lorsqu’on maitrise le sol, on construit un échafaudage classique pour transmettre les charges au sol lors de la construction du pont.
Ils sont constitués de poteaux entretoisé ou de tours métalliques. Traditionnellement, ils étaient en bois, aujourd’hui, on utilise des tours métalliques fomées d’un réseau croisé de profilés standards et réutilisables.

Encastrer

encastrement

encastrement

Les arcs sont soit articulés aux naissances dans la culée ou dans les piles, soit encastrés ce qui pose des problèmes de réalisation et de durabilité de l’encastrement à cause du point triple maçonnerie, acier et air.     encastr1.jpg

Étançon

Grosse pièce de bois ou aujourd’hui d’acier, placée le plus verticalement possible, destinée à soutenir un mur ou un plancher qui menace de tomber sans cet appui et qui permet de travailler dessus.

Haubans

L’utilisation de haubans n’est pas récente même si elle triomphe dans les ponts modernes de très grande portée. Des haubans provisoires servaient à soutenir les  éléments lors de la construction de ponts par encorbellements successifs.
Dans un ouvrage, les haubans subissent des variations de tension dues aux charges d’exploitation sur le tablier et aux effets de températures, variations plus importantes dans les ouvrages à tablier métallique.

Types de haubans

Types de haubans

Il existe trois types de câbles utilisés en haubans :
les câbles à fils parallèles (de 50 à 350 fils dans un hauban)
les câbles formés de torons parallèles (109 torons constitués de 7 bris torsadés)
les câbles clos, les premiers employés pour les haubans (fils parallèles entourés par divers couronnes de fils : section trapézoïdale et section en Z

Hourdis

A l’origine, maçonnerie de brique, de ciment ou de béton qui assure le remplissage entre les solives d’un plancher ou les pièces d’un pan de bois.
Dans le cas des ponts, on appelle hourdis, le remplissage entre les différentes pièces constituant le tablier.

Liaisons triangulées

Les structures triangulées se multiplient et se diversifient avec l’usage de l’acier.

Mise en charge

La mise en charge d’un ouvrage consiste à retirer les cintres, échafaudages ou haubans ayant servi à sa construction afin que la répartition des charges se fasse définitivement

Moise

Pièces de bois reliées deux par deux par des boulons et entre lesquelles sont prises plusieurs autres pièces ainsi maintenues à distance fixe les unes des autres. Très employées dans les pilotis, charpentes à grande portée. Elles ont l’avantage d’une pose rapide et simple.

Ossature

Colonne vertébrale du tablier

Dispositifs de retenue

Les niveaux de sécurité à respecter pour les dispositifs de retenue sont régis par des normes et ceux-ci doivent être homologués (protection contre la corrosion, charge supportée en fonction de la vitesse d’impact, etc).
Les barrières de sécurité routière son destinées à atténuer les conséquences, pour le véhicule et ses occupants, d’une sortie accidentelle de chaussée.
Les barrières peuvent être simples, doubles, souples ou rigides.
Aux barrières s’ajoutent les gardes corps destinés à retenir les piétons.

Pile

Pile de pont

Pile de pont

Les piles, constituées d’éléments simples, sont les appuis intermédiaires des ponts à plusieurs travées continues (les appuis d’extrêmité s’appelant culées).
Elles sont indépendante mécaniquement du tablier qu’elles supportent et reçoivent, sur une seule ligne d’appui des réactions dont la composante principle est verticale (même pour les ponts en arc).
Les piles reposent sur une fondation qui peut être superficielle ou profonde.

Différents types de piles :
constituées d’un ou plusieurs voiles
colonnes

Porte-à-faux

Cantilever, porte-à faux,  console, terme s’appliquat à des ponts construits par encorbellement successifs.

Portée

portee1La portée est la distance entre l’axe central de deux lignes d’appui consécutives. la portée est biaise lorsque l’angle des lignes d’appui avec l’axe longitudinal n’est pas de 90 degrés.
L’ouverture est la distance entre les parties intérieures de deux lignes d’appui consécutives.

Poussée

Effort horizontal que les voûtes exercent du dedans vers le dehors sur les piles et les culées.

Poutre

La poutre d’un pont est la partie du tablier qui repose sur les points d’appui des piles, elle est surmontée d’une dalle de couverture.
Les poutres peuvent avoir différentes sections et sont en bois, en fonte, et aujourd’hui en acier, en béton ou mixtes acier-béton précontraint.

Radier

Plate-forme horizontale et charpente ou en maçonnerie, servant de revêtement aux parties des ouvrages hydrauliques qui sont entièrement sous l’eau.
Le fond des écluses, l’intervalle qui sépare les piles d’un barrage sont des radiers. On en établit aussi entre les culées ou les piles d’une arche de pont lorsque le courant est assez violent pour faire craindre des affouillements.
La maçonnerie des radiers doit être exécutée à sec.

Raidisseur

Appareil qui sert à raidir les fils métalliques. en particulier dispositifs qui permettent de tendre et de raidir convenablement les haubans.

Sonnette

Appareil employé pour le battage des pieux et des pilotis dans les travaux de fondation. L’opération consiste essentiellement à soulever et à laisser retomber une masse pesante, appelée mouton, sur la tête du pieu pour l’enfoncer.

Tablier

Tablier d'un pont

Tablier d’un pont

Le tablier d’un pont est l’ensemble de la plateforme qui repose sur les appuis (piles ou culées) ou qui est soutenue par des suspentes dans le cas des ponts suspendus. C’est en quelque sorte l’ensemble sur lequel roulent les véhicules lorsque le pont est achevé.
Il comporte à la fois les poutres, la dalle qui les revêt, la couche de roulement, les équipements (garde-corps, corniche, joints, hourdis, etc.)

Tenon et mortaise

Le tenon est une languette laissée à l’extrémité d’une pièce de charpente et qui entre dans une entaille ou mortaise ménagée sur une autre pièce. Les deux pièces se trouvent assemblées à tenon et mortaise.

Travée

Se dit de toute partie comprise entre deux point d’appuis principaux d’un ouvrage.

Tympans

Partie comprise, au-dessus d’une pile de pont entre les deux arches qui s’appuient sur cette pile.
Dans les ponts métalliques en arc, on relie l’arc au tablier par des tympans formés de montants à géométrie très diverses.

Vérin hydraulique

Appareil de soulèvement de type presse hydraulique mais de dimensions plus réduites pour permettre de le transporter et de l’utiliser sur des chantiers.

Vis d’Archimède

Vis d'Archimède © l'Album du musée des arts et métiers

Vis d’Archimède © l’Album du musée des arts et métiers

Vis d’Archimède hollandaise, construite vers 1700.

La vis d’ Archimède  dont l’invention est attribuée au savant Syracusain, était souvent actionnée par un moulin à vent.
On appelle canon l’enveloppe cylindrique et marches, les spires successives de la cloison hélicoïdale intérieure.
On l’utilisait pour élever des liquides, en particulier pour l’épuisement des fondations dans les constructions hydrauliques.
Dans les sucreries et distilleries, elle servait à élever les betteraves qui venaient d’être lavées.

 

Voile

Voile

Voile

Les piles de ponts peuvent prendre différentes formes, en colonne ou en voile.

Volée

Partie d’un pont mobile que l’on peut baisser ou ouvrir.
Se dit également de chacune des partie d’un escalier comprise entre deux paliers successifs. Par extension entre deux culées.

Voussoir

Voussoir

Voussoir

On désignait ainsi les blocs de pierre taillés en forme de coins qui entrent dans la construction d’un voûte.
Le voussoir présente deux faces courbes , l’une intérieur et concave, élément de l’intrados, l’autre convexe (ou plat) qui forme l’extrados, deux faces inclinées cachées dans la maçonnerie, appelées joints de lit.
par extension, on appelle voussoir, dans un pont en béton précontraint, les éléments (préfabriqués) qui sont mis en précontrainte bout à bout.

Voûte

voute1Les vraies voûtes sont constituées de pierres taillées et assemblées de telle sorte que les joints soient  à peu près perpendiculaires à l’intrados. Ils sont ainsi comprimés sous charge permanente lors du décintrement et ne subissent aucun effort de traction.
Les voûtes permettent d’augmenter la portée mais la construction d’une voûte ne peut pas se faire sans cintre ce qui a toujours posé des problèmes d’approvisionnement en bois, d’appui en rivière, etc.
Ne pas confondre avec les fausses voûtes qui ne sont en fait que des travées indépendantes superposées et ne permettent qu des portées très limitées. Les pierres sont disposées en lits horizontaux, chaque assise dépassant légèrement l’assise précédente jusqu’à se rejoindre suffisamment pour pouvoir être recouvertes d’une seule pierre.

L’inconvénient des voûtes est qu’elles exercent sur les appuis des efforts ayant une importante composante horizontale, il est donc nécessaire de construire des culées massives pour empêcher les déplacements horizontaux qui évidemment entraîneraient l’effondrement du pont.

Cet article est une synthèse d’un travail qui a été réalisé avec le Musée des arts et métiers

L’Atelier du peintre, allégorie réelle de Gustave Courbet

Gustave Courbet

L’Atelier du peintre de Gustave Courbet – Musée d’Orsay

De la peinture de démocrates !

“Il y a trente personnages grandeur nature, il s’agit de l’histoire morale et physique de mon atelier. On y voit toutes les personnes qui me servent et participent à mon travail” -Courbet-,

On reconnaît ses amis et ses connaissances, à droite, les exploiteurs et les exploités à gauche et lui assis, peignant un paysage.
La critique l’accuse de vulgarité, de manque de goût et d’esprit de provocation quand il expose cette toile au milieu de trente neuf autres au Pavillon du Réalisme, sorte de baraquement précaire.
“C’est de la peinture de démocrates, de gens qui ne changent pas de linge et qui ont la prétention de s’imposer à la bonne société.” -Comte de Nieuwerkerke-
Réalité, allégorie, le tableau fait scandale, obtient un succès considérable, excitant la curiosité et l’étonnement. Aujourd’hui admirée de tous, cette grande fresque de 3,60 m sur 5,98 m avait été refusée à l’Exposition universelle de 1855.

Réalisme et allégorie

J’ai conservé une lettre de Courbet qui en dit long sur ce tableau. « Il est divisé en deux parties. Je suis au milieu peignant. A droite, ce sont les actionnaires, c’est-à-dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l’art. A gauche, l’autre monde de la vie triviale, le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort ».

1848-1855, sept années de création en trois actes. Au centre, la peinture par elle-même. Où le vécu prime : le modèle, l’enfant et la toile sont éclairés. Derrière eux, les vestiges de l’idéal académique, un Saint Sébastien et un crâne posent dans l’ombre. A droite, la source lumineuse, les amis contemplent le foyer de création. En face, l’envers de l’art, politicien, banquier, miséreux s’agitent… Qui se cache derrière ces portraits ? Quel est le véritable sujet de cette allégorie ?

Titre complet : L’atelier du peintre, allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique.

1854-I855 dimensions : 361 x 598 cm

Sujet

Cette immense toile commencée à Ornans en octobre 1854, fut refusée par le jury de l’Exposition Universelle de 1855 et présentée par Courbet dans son exposition particulière installée dans un baraquement construit à cet effet en marge de l’exposition. Réalisme et allégorie ne font qu’un dans cette œuvre que Courber présente comme un bilan de sept ans de création de 1848 à 1855

Ce tableau gigantesque à l’image des appétits du peintre, Courbet l’exposa en face du salon officiel, Delacroix vint le voir, s’y attarda longuement.

Cet expression « Allégorie réelle » parut absurde à ses contemporains et ce tableau passa pour une œuvre énigmatique. Sa complexité ne fut étudiée que beaucoup plus tard, on se préoccupa d’identifier les personnages lesquels sont liés d’une part à des événements historiques et de l’autre côté, à des péripéties de la vie du peintre ; l’intention de Courbet s’est éclairée en grande partie, il reste pourtant des éléments inexpliqués, liés sans doute à des événements oubliés maintenant et qui eurent en leur temps une grande importance. On a vu en son temps une simple auto-adulation dans la manière dans Courbet s’est mis en scène lui-même. Et pourtant cette toile « à programme », pourrait-on dire poursuit le propos du peintre commencé dans Un enterrement à Ornans, où le sujet du tableau était la mort. Ici ce sujet c’est la peinture et le problème du sujet dans la peinture est redéfini par elle-même. Ce court-circuit du sens dérouta les contemporains de Courbet qui renoncèrent souvent à comprendre ce tableau extraordinaire, on leur retirait le pain de la bouche, plus d’idéal, plus de sujet, une foule de personnages dont certain incompréhensibles. Le temps lui-même culbuté puisque tout ce monde circule au même instant dans le même endroit, l’atelier du peintre. « L’allégorie réelle » devint une affaire d’état, les journaux s’en mêlèrent, on savait Courbet républicain et très hostile au coup d’état de Louis Napoléon, la cabale fut féroce et ne cessa jamais, exilé 16 ans plus tard et dépossédé de ses biens Il meurt en exil.

Courbet est un des inventeurs de ce mouvement moderne du réalisme. Le combat pour la modernité  incarné par la génération de la révolution de1848 est corollaire d’un grand bouleversement dans la pensée et les arts plastiques  du milieu de ce siècle. Courbet y tient une place essentielle et apparaît comme un chef de file, «  l’atelier » est aussi une tentative de retournement de la peinture d’histoire ; la volonté de Courbet de substituer le vécu à l’idéal lui fait inventer un nouveau type de sujet, mais ces sujets sont portés par une peinture dont les canons plastiques ont évolué à l’intérieur de la tradition issue de la renaissance. C’est donc la « vulgarité » des sujets qu’on reproche à Courbet, ses grasses paysannes, son casseur de pierre… On y voit une intention perverse, et provocatrice ; elle n’est pas délibérée chez Courbet, ce peintre est entraîné par la logique de ses nécessités intérieures, de sa perception du monde et de ses origines terriennes. Lorsqu’il compose cette grande machine de l’atelier, il pense bien sûr à Veronese, sans doute à Velasquez et à son jeu de miroir ; il veut faire un monument à la taille des Ménines ; résumer le temps, sa vie d’un moment et faire une sorte de portrait de l’étrange visage qu’a brusquement pris l’Histoire depuis la révolution de 48.

Le tableau est divisé en trois grandes parties organisées dans leur verticalité ; au centre du propos : Le tableau, le peintre peignant, le modèle et l’enfant . Ils forment un monde en soi, monde qui dialogue avec l’origine : La nature en premier lieu, et dans le paysage la maison désignée par le peintre de son pinceau. Courbet désigne le sujet de la peinture pour lui-même mais il se désigne aussi en propagandiste du réel et non, comme on l’en a accusé, en propagandiste de lui même. La peinture est au centre de la peinture, son rôle est d’être et de se faire, son sujet la nature, et donc ce dont nous sommes issus et où nous retournerons, mais cette fois ce n’est plus la tombe dans la terre, c’est la maison du paysan, de celui qui cultive cette terre. La femme nue, l’enfant, le chat, et cette grande fleur rose de la robe quittée par le modèle forment avec le tableau une clôture autour du peintre. Au delà, deux mondes : celui de la droite plus ordonné et tourné vers le centre : les amis, à gauche une sorte de chaos de personnages en apparence très hétéroclites, le monde. En fond une toile retournée et de grands paysages indistincts peints sur les murs

Semble-t-il. La lumière vient de la droite, du côté des « amis » bien sûr.

On sait avec sûreté qui sont un certain nombre de personnages de cette petite foule de gauche, certains restent pourtant mystérieux. On reconnaît d’abord et bien sûr Louis Napoléon en chasseur (on sait son goût pour la chasse et les chiens que Courbet partageait d’ailleurs) à ses pieds les instruments de la passion, guitare, chapeau noir et couteau. Derrière lui deux personnages Achille Fould le banquier et Lazare Carnot le vieux républicain, au dessus Garibaldi. D’autres personnages de la politique et de l’histoire de cette époque complexe figurent derrière le tableau, on ne les nommera pas tous, car ce qui est important dans cette immense scène c’est d’abord que tous ce monde soit réuni dans un même espace, au même moment, sans autre ordre apparent que cette séparation droite gauche. A droite parmi les amis du peintre on reconnaît notamment Alfred Bruyas, son mécène et collectionneur, le philosophe Proudhon et, à l’extrême droite, le poète Charles Baudelaire.

Composition

Comme nous l’avons vu le tableau est divisé en trois grandes parties, les deux lignes de perspectives sont faites de part et d’autre du peintre par l’éloignement des personnages. Mais l’ensemble peut aussi être vu comme un arc de cercle entourant le groupe central dont le départ serait le coffret que tient le personnage représentant Fould passant au visage de Louis Napoléon, au chapeau de Bertin au bras levé du modèle dans l’ombre au dessus du tableau pour retomber sur le groupe où figure Proudhon ensuite la tête de Madame Sabatier et le livre que tient Charles Baudelaire. On peut d’autre part le diviser en cinq sections verticales, séparant les différents groupes et les insérer de part et d’autre de la scène centrale dans des structures en forme de losange.

L’unité de temps et de lieu du tableau en fait une scène impossible, inimaginable dans le réel et pourtant Courbet ne transpose pas, ce sont vraiment des portraits de Louis Napoléon, de Fould, de Champfleury de Baudelaire qui figurent dans le tableau, d’où cette idée « d’allégorie réelle » qui choqua tant à l’époque. Les deux côtés du tableau s’opposent en tout, d’une part ceux qui regardent le peintre peindre et qui sont derrière lui, pour qui le tableau est miroir de pensée, ceux-la sont dans une tranquillité douce ; D’autre part une agitation étrange et désordonnée du monde de l’argent, du pouvoir, de la guerre ; monde sans ordre apparent, chaotique.

 

 

Couleur, lumière

Courbet est un de ces artistes qui ont été marqués par l’art de Titien, il a tiré beaucoup de leçons de la peinture du Grand vénitien, non seulement concernant le traitement des personnages et la construction du tableau mais aussi la gamme de couleurs accès sur les couleurs de terre : ocre, sienne brûlée, terre d’ombre, terre de Cassel, etc.

Il travaille donc principalement avec les bruns et les noirs dans L’Atelier , et comme dans L’Enterrement à Ornans réserve des notes vives ou claires à chaque zone du tableau qui met en valeur ces teintes sombres.

A gauche le vêtement de l’asiatique rouge et or, au centre le tas rose de la robe sur le sol et le ciel du tableau, à droite le châle de Madame Sabatier couvert de motifs floraux de toutes les couleurs,  la petite note rouge du livre près de Charles Baudelaire, et la robe à rayures bleues claires de la jeune amoureuse, toute la lumière converge vers les deux points centraux du tableau, le linge blanc que tient la femme et le ciel dans le tableau.

Il est vrai que le paysage est un tableau dans le tableau, que la manière de peindre est la même, donc qu’il n’y a pas rupture mais amphibologie. Ceci choquait à l’époque, maintenant nous n’y pensons même plus. Courbet voulait ramener la peinture sur elle-même, affirmer l’art comme une fin en soi ce qu’affirmera encore plus fortement son disciple Manet avec son Olympia.

 

Matière, forme

« 7 années de vie dans l’atelier », c’est ce que contient ce tableau. On peut interpréter cette phrase de différentes manières, notamment dans le sens d’une sorte de condensation du temps en un tableau, contenant une sorte de symphonie, faites des émotions du peintre devant les divers événements qui ont ponctué les 7 années qui ont suivi la révolution de 1848.

On peut donc penser que cette symphonie est aussi mêlée de sentiments, amours, amitiés, rêves, fureurs ; et de la trace d’événements qui se seraient produits dans son atelier, visites, lecture de textes, concerts, discussions d’art ou de politique, maladies ou décès (on sait que le médaillon représente Virginie Binet, morte dans ces années et à la quelle Courbet était très attaché).

La grande musicalité de ce tableau fait donc penser que Courbet n’avait nullement l’intention de faire une peinture politique, mais visait à l’œuvre totale dans l’idée réaliste, quelque chose de comparable aux opéras de Wagner qu’il devait certainement connaître, d’autant que le musicien était aussi outre-Rhin un des grands artistes républicains de 1848. Baudelaire défendit les deux artistes à la même époque, et aussi l’idée d’un art total.

Cette toile est justement très intéressante car elle échappe à toute classification et en se déclassant, ébranle tous les catégories ; ce n’est pas une peinture de genre mais elle en contient aussi les éléments, ce n’est pas non plus une peinture d’histoire mais elle est construite à la manière de ; ce n’est pas une scène de bataille mais les armées sont face à face, ce n’est pas une allégorie mais l’auteur la nomme « allégorie réelle », elle n’est pas symboliste puisqu’elle se veut réaliste.

Dans un longue lettre au sujet de cette œuvre Courbet en dévoile certains aspects mais il se garde bien de tout dire, manifestement il voulait que cette « grande machine » conserve une partie de son secret, comme si l’idée même de ce secret, de cette incertitude de la compréhension faisait partie de l’art, et même en était une indispensable dimension, lieu ou l’artiste et derrière lui l’homme échappe à toute captation totale de l’être, lieu de sa liberté. A la fin de cette lettre Courbet ajoute une réflexion significative : «  Comprenne qui pourra ».

Une sorte de flou habite cette grande peinture, il y a chez Courbet une recherche très particulière de matière qui aboutira à l’utilisation du couteau pour peindre, ici il ne l’a utilisé que pour traiter la robe rose jetée à terre, tout le reste est au pinceau. Cette lumière de fin d’après midi somptueuse qui règne dans la toile est un des éléments plastiques centraux dans l’art de Courbet, comme si ce moment du retour de chasse en fin d’après-midi lui était apparu comme le moment sublime par excellence où l’ombre et la lumière s’équilibrent pour développer la plus grande richesse de coloris possible dans la lumière.

Compléments sur le tableau

 

L’asperge blanche

Asperge

Asperges © Secrets de plantes

Botanique

L’asperge blanche, Asparagus officinalis L. de la famille de Liliaceae, possède une racine épaisse appelée “griffe” qui donne naissance à une tige cylindrique atteignant parfois un mètre de haut, ses grands panaches filiformes sont en réalité des tiges transformées.

Les feuilles sont réduites à des écailles; elles portent à leur aisselle des fleurs petites et verdâtres.

La plante est dioïque: les pieds femelles porteront des fruits charnus et rouges de la taille d’un pois. Cultivée, l’asperge officinale se rencontre en terrain sablonneux dans presque toute la France où elle est souvent subspontanée.

Composition chimique et usages actuels

La racine renferme :
– des glucides, notamment des oses (arabinose) et des osides (fructosane, inuline, mucilages)
– 11 % de protides, particulièrement des acides aminés : arginine, asparagine, tyrosine
– 10 % de matières minérales telles que le calcium, le chlore, le fer, le manganèse, le phosphore, le potassium, le sodium
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C), acide malique
– des composés phénoliques parmi lesquels :
. des flavonoïdes du type flavonols : rutine
. des tanins
– des triterpènes : saponines (sarsasapogénine) et stéroïdes (beta-sitostérol, asparagosides A à I)
– de la vitamine B1 (thiamine), de la vitamine B2 (riboflavine)
– de la choline
– des traces d’huile essentielle

L’asperge a des propriétés apéritives, diurétiques et laxatives.

Usages pharmaceutiques
L’asperge est principalement employée pour améliorer les fonctions d’élimination de l’organisme.

Usages cosmétique
L’asperge est reconnue pour ses activités détergentes, reminéralisantes et restructurantes. Elle est aussi un actif anti-âge apprécié.
Elle favorise l’apparition du bronzage grâce à la présence de tyrosine.
On recommande l’usage des extraits d’asperge dans la composition de :
– shampooings pour cheveux mous et plats, lotions pour cheveux abîmés et fragiles
– des crèmes nourrissantes pour le contour des yeux
– des crèmes anti-rides pour peaux matures et abîmées
– des crèmes pour les mains
– des produits lavants pour le corps
– des produits facilitateurs de bronzage

Usages

Asperge

Asperge

C’est une plante alimentaire, médicinale et ornementale depuis la plus haute antiquité.
Griffe et baies sont utilisées en tant que médicinales, alors que la jeune pousse est, en principe, réservée à la table.
La racine fait partie des cinq racines apéritives majeures de l’ancienne pharmacopée avec celles du persil, du petit houx, de l’ache et du fenouil.
Racine et jeunes pousses étaient utilisées comme diurétique et calmant dans les affections du coeur.
La pousse de l’asperge est cueillie, avant son développement, pour la cuisine : elle est l’occasion de nombreuses préparations gastronomiques.
En période de pénurie, on tenta, sans grand succès, de tirer de ses graines un ersatz de café.
Son feuillage, très aérien, est particulièrement apprécié des fleuristes pour agrémenter les bouquets.

Folklore

Fruits de l'asperge © Secrets de plantes

Fruits de l’asperge © Secrets de plantes

“Asparagos” en grec veut dire “je déchire”, allusion faite aux épines redoutables de nombreuses espèces d’asperge.
Cultivées et consommées depuis la plus haute antiquité, les asperges ornaient déjà les pyramides égyptiennes. Sa culture apparaît en France à partir du XVe siècle.
Il y a quelques années encore, on offrait en cadeau à ses amis proches la première botte d’asperges de la saison. Leur place dans le repas est tellement appréciée qu’il existe des “services à asperges”; c’est le seul plat de légumes à part entière (avec le “poireau vinaigrette”, d’ailleurs appelé l'”asperge du pauvre”) proposé dans les restaurants.

Recettes

Asperges au safran

Ingrédients
1 kg d’asperges
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
2 oignons verts hachés
noix muscade fraîchement râpée
7 ou 8 filaments de safran
sel
poivre`

Vous aurez épluché soigneusement les asperges en éliminant les bouts filandreux et durs.
Faites cuire à l’eau bouillante salée ou à la vapeur pendant environ 10 minutes afin que les asperges restent légèrement croquantes.
Dans une poêle, faites revenir sans colorer les oignons.
Ajoutez les asperges et le safran
Baissez le feu et faites mijoter à couvert pendant environ 7 minutes
Vous allez les retourner, les saler, les poivrer et les saupoudrer d’une pincée de noix de muscade ;
laissez encore cuire à feu doux, couvert, pendant environ une dizaine de minutes.
Servez lorsqu’elles sont légèrement dorées.
C’est une recette médiévale.

Asperges à la Fontenelle

Ingrédients
1 botte d’asperges
2 noix de bon beurre frais
1 oeuf

Les asperges cuites à l’eau, sont trempées successivement dans le beurre fondu et l’oeuf cuit à la coque.

Ce Fontenelle ne vivait que pour le raffinement de la cuisine. Il aimait les asperges ainsi préparées, manière qu’il avait peutêtre inventée. Un jour qu’il avait invité un vieux comparse de ses amis celui-ci désira ses asperges à la vinaigrette :on fit donc deux préparations différentes pour ce déjeuner. Au milieu de l’entrée, l’ami succombe à une crise cardiaque et Fontenelle de se précipiter à la cuisine “Toutes au beurre, toutes au beurre!”

Gratin d’asperges

Ingrédients pour 4 personnes
1,5 kg d’asperges
3/4 de litre d’eau salée
3 cuillerées a soupe de farine
l00g de beurre
1 petit pot de crème fraîche
gruyère rapé
muscade
sel et poivre

Pelez, lavez et coupez les asperges en morceaux de 3 à 4 cm. Mettez de côté les pointes qui doivent cuire moins longtemps.
Faites cuire vos asperges 1/4 d’heure dans l’eau bouillante salée dans un récipient spécialement conçu pour la cuisson des asperges : les têtes ne sont pas immergées, elles cuisent à la vapeur, restant croquantes.
Egouttez le tout, en soulevant leur base comme dans une poissonnière, et conservez l’eau de cuisson.
Disposez vos asperges dans un plat à four. Préparez un roux léger avec 2/3 du beurre et la farine. Mouillez-le avec le jus de cuisson des asperges et ajoutez sel, poivre et râpure de muscade.
Ajoutez la crème et versez votre roux sur les asperges.
Saupoudrez de gruyère râpé et de noisettes de beurre avant de faire gratiner à four chaud.
Un blanc de Touraine, l’accompagnera très bien.

Asperges frites

Supprimer la partie dure des asperges, faire blanchir à l’eau et au sel, retirer, rafraîchir. Puis bien les essuyer, les passer à la farine ou à la pâte à frire et faire frire à forte chaleur.

Asperges en ragoût à la flamande

Couper la partie tendre d’asperges vertes en morceaux de trois centimètres que l’on fait cuire à demi dans l’eau salée.
Mettre à la casserole, avec du beurre, un hachis de persil, petits oignons, quelques feuilles de laitue.
Saler, poivrer, une pincée de farine, muscade.
Mouiller d’un peu d’eau.
Quand tout est cuit, on y fait revenir les asperges et on sert quand elles sont tout à fait cuites.