Nuit d’été à Aarsgaardstrand d’Edvard Munch

Libération de l’inconscient

Edvard Munch

Nuit d’été à Aarsgaardstrand d’Edvard Munch – Musée d’Orsay

« J’ai été impressionniste au début, mais à cause de mes brûlants conflits spirituels et existentiels, l’écriture impressionniste ne me suffisait plus. Il me fallait chercher une expression pour ce qui agitait mon esprit ». Quelle force pousse Munch à exprimer ce cri venu de l’intérieur ?

L’été scandinave ferme l’œil entre chien et loup. Crépuscule permanent où s’engouffrent les tourments. Coups de pinceau épais, clair-obscur du ciel, orange-rouge tranchés, c’est le temps des sentiments exacerbés. Qui oserait prendre un de ces deux sentiers ? En plein jour, ils mènent au bout de la nuit. Comment la couleur fait de ce tableau un paysage de l’âme ?

1904 – 99 cm x 103,5 cm

Sujet

Une nuit d’été à Aasgaardstrand, petit village côtier sur le fjord d’Oslo en Norvège où l’artiste se rendait fréquemment depuis 1888. Une de ces nuits sans obscurité où la lumière du Nord donne au paysage des allures fantomatiques. Munch aimait la nature, et aimait y vivre, il avait donc acquis une maison de bois dans une petite ville où il s’était installé un atelier. C’est une vue de cet endroit qui est ici représentée. Il s’agit sans doute du mur d’enceinte d’une grande propriété et c’est sans doute ce mur dont la partie supérieure est blanchi qui dut l’attirer car sa coloration dans la nuit sans nuit de l’été scandinave est particulière. Ce mur soutenu par une maçonnerie de grosses pierre est surmonté d’un groupe de grands arbres à la forme étrange.

Au bout de ce chemin qui fait une courbe entre une roche plate et un terrain herbeux  qui touche le mur d’enceinte, une maison blanchie aussi au toit très rouge.

Un grand ciel de ce bleu léger et évanescent, sans réelle lumière, qu’il prend pendant ces nuits bizarres et parfois tout aussi déprimantes que ces jours d’hiver où le soleil ne se lève que très peu de temps et dans un autre crépuscule permanent.

Composition

Contrairement à ce que le sujet du tableau devrait appeler, cette peinture contient un agitation étonnante qui vient de la manière dont Munch l’a traitée. La grande diagonale qui coupe le tableau en deux parties presque égales construit l’espace ; elle est en opposition avec la ligne du chemin duquel on a le point de vue sur l’endroit ; à côté de ce mur un chemin qui monte vers cette maison, donne une allure plus naturelle à la perspective coupante que fait ce mur blanc. La verticale est donnée par les troncs des grands arbres, et le poteau blanc de l’angle du mur, ce tableau est construit presque entièrement sur des diagonales rythmées successivement jusqu’au mur et à la maison blanche du fond.

 

Couleur, lumière

Munch qui a vécu à la fin du siècle à Paris connaît toutes les tendances Européennes, il est à cheval sur les deux Héritages : le Français et l’allemand, il expose sa peinture à Berlin, et à Paris , il a de nombreuses attaches dans ces deux villes. Pourtant il ne s’est intégré à aucun courant ne cessant de construire sa peinture à partir des deux expériences, principalement celle des dernières générations Françaises du XIXe  siècle (les impressionnistes, Gauguin, Lautrec, etc …) et celle des peintres allemands et autrichiens de la même époque.

Mais si il a vu les impressionnistes, la peinture de Friedrich, il a aussi regardé Goya qui sans doute fut un de ses grands inspirateurs, profondément valorisé par Manet et quelques autres, le maître Espagnol a beaucoup fasciné les peintres de cette génération aussi par sa liberté d’interprétation et surtout par le renouvellement qu’il apportait dans la manière de peindre, d’envisager le coup de pinceau dans le sens d’un exécution très vive, qui garde l’empreinte dans sa facture de toute la force du premier regard sur les choses.

Munch a des couleurs fortes et profondes ; la présence de l’orange dans ses toiles comme c’est le cas ici et de rouges orangés très intenses, sur les deux chemins fait chanter les verts sombres. A droite une tache d’un jaune vif joue avec la couleur du ciel, le rose jaune des murs qui aboutit au blanc absolu de la maison au fond, crée un univers de valeurs colorées très particulier qui dépasse toutes les expériences du XIXe  siècle, ce tableau de 1904 est un des premiers tableaux qui échappent à l’atmosphère du siècle précédent.

Par l’audace de ses couleurs fortement contrastées, Munch annonce le fauvisme.

 

Matière, forme

Munch est un peintre moderne, il ne croit plus que les canons anciens puisse porter la sensibilité moderne il ne croit même plus aux genres; à la fin il deviendra une sorte très particulière de peintre autobiographique, sans doute le premier à s’aventurer après Van Gogh dans cette voie dont l’ancêtre est indubitablement Rembrandt. Ceci a fait un genre nouveau de tableaux. Et à nouveaux tableaux nouvelle manière. Sa matière si forte fut à l’image de cet homme beau et fort et qui surmonta tout.

Ces grands coups de pinceau larges, d’une grande élégance qui désignent la puissance de la peinture de Munch sont la matière de cette peinture, ce sont eux qui soutiennent les lignes de composition créant une harmonie et une matière proprement picturale au tableau.

Le centre du tableau ce sont ces grands arbres qui occupent la majeure partie du haut du tableau comme une immense chevelure verte à l’étrange visage de teintes brunâtres et au regard de mort. Sans doute Munch qui connaissait parfaitement cette lumière, y voyait une menace liée à la nature végétale.

Ce peintre avait conscience de la nature magique de l’art, la petite pyramide grise à proximité de la maison blanche le prouve; et le tournoiement qui habite ce tableau, pour qui sait le regarder est encore un cri dont on ne sait plus si c’est celui du monde ou celui d’un homme, Edvard Munch ou bien d’un autre encore ; cri d’angoisse devant cet objet incompréhensible pour la conscience moderne : Le monde.

Le vide du premier plan qui s’oppose à l’énorme masse de l’arbre crée une impression inquiétante de malaise, caractéristique de l’art de Munch, un des principaux représentants du mouvement impressionniste nordique.

Travail préparatoire au CD-Rom Secrets d’Orsay

Les champignons hallucinogènes

Les champignons hallucinogènes et leurs syndromes:

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Le syndrome panthérinien

ou atropinique, caractérisé par:
– Incubation : 1/2h à 3h ;
–  signes : dilatation de la pupille, nausées, vomissements, malaise général, jambes molles, confusions délirantes;
– espèces : Amanita muscaria, Amanita pantherina et autres champignons hallucinogènes ;
– conduite : sédatif, vomissement, charbon végétal, hospitalisation;
– toxine : muscarine.

 

 

Psilocybe semilanceata, pholiote écailleuse © Encyclopédie pratique des champignons

Le syndrome narcotinien

caractérisé par :
– incubation : 1/2h à 2 h;
– signes : troubles psychiques, anxiété, euphorie, hallucinations, vertiges, mydriase, durée 12h à 24h;
– espèces responsables : Psilocybe semilanceata, Gymnopilus spectabilis et Stropharia aeruginosa
– conduite : sédatif (valium), conduite rassurante, évolution favorable en 6 à 12h, mais risque de pulsions dangereuses;
– toxine : psilocybine, substance apparentée à l’acide lysergique (LSD).

L’ingestion de champignons hallucinogènes, surtout involontaire, peut être très traumatisante, elle peut causer la mort des enfants et pousser au suicide.

Dans la plupart des cas, elle rend très désagréablement malade.

Amanita muscaria ou Amanite tue-mouche

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Amanites tue-mouche © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycètes, Amanitales, Amanitaceae.

L’amanite tue-mouche pousse sous les conifères et sous les feuillus, particulièrement près des bouleaux, en  terrains acides. On la retrouve en été et en automne, plus souvent dans le nord de la France que dans le midi.

C’est un champignon vénéneux toxique.
Les toxines sont concentrées sous la cuticule. Il s’agit :
– de la muscarine (en petite quantité), qui provoque la dilatation des pupilles, et une baisse des battements du pouls.
– la butoténine, hallucinogène, qui provoque des excitations hilares et hystériques.

Le chapeau (quelquefois jusqu’à 25 cm de diamètre) est globuleux, puis plan.
La cuticule est d’un rouge éclatant, ou jaune orangé quand le champignon a été délavé par les pluies. La surface est brillante, et parsemée de grosses plaques blanches, puis jaunâtres, d’aspect irrégulier et cotonneux, qui peuvent disparaître après la pluie.
La marge est épaisse, régulière, et courtement striée.

La chair est blanche, jaune orangée sous la cuticule, et toxique.
Elle n’a ni odeur, ni saveur caractéristique.

Les lames sont blanches ou blanc-jaunâtre, libres et inégales.

Les spores sont blanches et non amyloïdes.

Le pied (25 cm), élancé mais solide, blanc, pelucheux jusque sous l’anneau, se termine par un bulbe blanchâtre recouvert par 3 ou 4 bourrelets concentriques squameux, constituant la volve.

L’anneau est ample, pendant, membraneux, blanc, souvent bordé de jaune.

La toxicité de ce champignon se caractérise par des symptômes nerveux. 2 heures après l’ingestion apparaissent des brûlures d’estomac, des vomissements, des diahrées. Ensuite, peuvent survenir des délires, une sorte d’ivresse, des hallucinations auditives ou visuelles, des colères, des sueurs et enfin une prostration.

Attention à la confusion avec Amanita caesarea, regarder les lamelles, celles de l’amanite des César sont jaunes.

 Gymnopilus spectabilis ou Gymnopile remarquable

 Gymnopilus spectabilis, pholiote remarquable © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Pholiota spectabilis, Pholiota aurea, Homobasidiomycètes, Cortinariales, Crepidotaceae.

Voilà bien un champignon remarquable par ses couleurs, son jaune doré ou fauve orangé vif et par sa taille !

L’espèce est assez commune.  En été et en automne, on trouve ce champignon en touffes, sur des souches et à  la base des troncs de feuillus âgés, chênes, ormes ou saules.

Non comestible.
Considéré comme suspect du fait de son amertume et d’éventuelles propriétés hallucinogènes.

Le chapeau (de 8 à 15 cm) est très charnu, lisse, puis constitué de fibrilles soyeuses, bistres. Il est quelquefois bossu, et d’un fauve orangé splendide.
Il n’est ni visqueux, ni hygrophane, et n’a pas de grosses écailles à pointes.

La chair est épaisse, ferme, très amère, jaune pâle. Elle devient bistre au frottement.

Les lames sont serrées, échancrées, décurrentes en filet, jaune safrané, puis de couleur rouille.

Les spores sont ocre orange (10µ), en amande, verruqueuses.

Le pied est robuste (de 8 à 15 cm), épais en bas, avec un prolongement radicant jaune vif. Les fibrilles sont rougeâtres sous l’anneau.

L’anneau est ample, membraneux, jaune, rouillé par les spores..

Mycena pura, Mycène pur

Mycena pura après 18 heures de sporulation © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycètes, Tricholomatales, Marasmiaceae.

Voilà bien un champignon petit par la taille, mais grand pour le genre. Il existe une espèce voisine Mycena pelianthina, dont les lames sont bordées de brun pourpre foncé.

Champignon très commun, on le trouve dans tous les types de forêts de feuillus et de conifères, en été et en automne.

La comestibilité est incertaine, et peut apparaître toxique voire hallucinogène pour certains.

Le chapeau (6 cm) est lilas, conique, convexe, étalé, avec un mamelon central. Hygrophane, le chapeau possède une marge striée.

La chair est blanc rosé, avec une odeur typique de radis. Elle est très mince, et la trace des lames se voit pas transparence sur la cuticule, ce qui lui donne son aspect strié.

Les lames sont espacées, adnées, échancrées, et blanches rosâtres.

Les spores sont blanches et amyloïdes.

Le pied (6cm) est long et grêle. Il est concolore au chapeau, creux et fragile.

Il existe comme espèce voisine Mycena pelianthina, dont les lames sont bordées de brun pourpre foncé.

Attention au risque de confusion avec Laccaria amethystina qui est un excellent comestible et se différencie par :
– son absence d’odeur
– ses lames très violettes
– ses spores importantes, blanchâtres, bien visibles sur les lames espacées.
– son pied tenace.

Psilocybe semilanceata, Psilocybe lancéolé

Homobasidiomycètes, Cortinariales, Strophariaceae.

Autre noms : Psilo, Liberty Cap, Champignon magique, pholiote écailleuse.

Ce petit champignon est un hallucinogène puissant.

De la fin de l’été à l’automne, sur les pelouses, les pâturages, les bords de route. Il pousse souvent sur les excréments comme les bouses de vaches.

Puissant hallucinogène. Le ramassage et le transport en sont interdits. Ses effets peuvent entraîner des comportements dangereux. Les deux principes actifs sont la psilocine et la psilocybine.

Chapeau conique à sommet pointu en bonnet de lutin, à marge un peu plissée, visqueux, brun-jaunâtre nuancé d’olivâtre, chamois ocre en séchant. La marge peut parfois être nuancée de bleu.

La chair est crème pâle. Son odeur est faible et herbacée. Sa saveur est douce.

Les lamelles sont beiges puis virent au brun.

Les spores sont brun pourpre foncées, elliptiques (15µ).

Le pied est blanc à crème parfois nuancé de bleuâtre à la base.

Panaeolus sphinctrinus, Panéole à marge dentée ou Panéole à gaine.

panaeolus sphinctrinus, panéole à marque dentée © Encyclopédie pratique des champignons (CD-Rom)

Homobasidiomycète, Cortinariales, Bolbitiaceae§.

Tous les Panéoles viennent sur milieux riches en matières organiques.

Ce champignon de taille moyenne pousse dans les prairies et les pelouses riches en matières organiques, fumier et excréments.

Attention : le Panaeolus Sphinctrinus contient, comme d’autres panéoles et psilocybes, de la psilocybine qui est une toxine hallucinogène (hallucinations, vision déformée des objets, couleurs erratiques, etc..).

Le chapeau est campanulé (de 2 à 4 cm).
Il est gris verdâtre, plus ou moins foncé selon l’humidité.
La marge débordante laisse voir une multitude de petites dents blanches.

La chair est mince et peu importante, comme chez tous les panéoles.

Les lames sont adnées, grises, liserées de blanc sur l’arête, nuageuses.
Elles présentent des taches noirâtres, dues à des mûrissements des spores décalés dans le temps, qui contrastent avec le fond clair des lames.

Les spores sont noires (15µ x 9µ).

Le pied est élancé (6 à 12cm), grisâtre, recouvert d’une pruine également grisâtre.

La fougère mâle

Fougère mâle

Fougère mâle © Secrets de plantes

Botanique

La fougère mâle, ou polypode mâle, Dryopteris filix-mas, de la famille des Fougères, est une plante des bois et lieux couverts ; elle se plaît dans les taillis, les haies, les fossés humides, surtout en exposition nord et dans les forêts de hêtres. Elle préfère les sols riches, argilo-siliceux ; on la trouve partout, sauf dans les plaines méridionales et en haute montagne.

C’est une plante vivace, haute de 40 cm à 1 m, à souche très épaisse. Ses frondes courtement pétiolées, sont oblongues, lancéolées, nombreuses, d’abord enroulées en crosse, puis disposées en entonnoir autour de la souche. Les feuilles, à segments étroitement lancéolés, portent à leur envers, de juin à octobre, des sores (groupes de spores) en forme de rein, assez gros, peu nombreux, en 2 lignes rapprochées de la nervure médiane et couvrant à peine les 2/3 supérieurs du lobe. La spore germera en donnant naissance à une plantule.

Apprenez à la reconnaître avec la Flore.

Composition chimique et usages actuels

Le rhizome renferme :
– des glucides notamment des oses et des osides (amidon)
– des lipides plus particulièrement des acides gras tels que l’acide caprylique, l’acide oléique, l’acide palmitique, l’acide cérotique et l’acide butyrique
– des matières minérales
– des composés phénoliques constitués :
. de flavonoïdes dont des tanins condensés : tanins catéchiques (7 à 8 % d’acide filicotannique et acide protofilicotannique)
. de quinones : des phloroglucinols (composés instables de phloroglucine et d’acide butyrique ou isobutyrique qui se condensent en aspidinol, albaspidine, aspidine, desaspidine et en acides flavaspidique et filicique)
– des terpénoïdes : triterpènes : stéroïdes (phytostérol)
– des vitamines B
– des traces d’huile essentielle

La fougère mâle possède des propriétés analgésiques et anti-rhumatismales.
C’est également un excellent vermifuge grâce à la présence de dérivés de la phloroglucine.

Usages pharmaceutiques
La fougère mâle est utilisée dans le traitement des douleurs rhumatismales, en cas de goutte et d’arthrite.

Usages cosmétiques
Les extraits de fougère mâle sont employés pour leurs propriétés astringentes et tonifiantes.
Ils sont particulièrement recommandés dans des :
– produits capillaires destinés aux cheveux gras, mous et plats
– produits pour le corps
– produits de soin du visage pour les peaux mixtes, grasses et ternes

Usages

On utilisait rhizome, frondes et crosses.
La plante fraîche devra être partiellement séchée sans la laver. Sa récolte intense avait raréfié cette plante commune, aussi faut-il en modérer la cueillette ou la mettre en culture.
Le rhizome peut être récolté toute l’année et on ne le sépare pas de la base des feuilles. Il est employé dès l’Antiquité contre les parasites intestinaux de toutes sortes: il avait la réputation d’agir en particulier sur la douve du foie. Mais s’il est un bon ténifuge, il peut se révéler inconstant et parfois dangereux.
Les frondes possèdent des propriétés calmantes. Un bouquet de feuilles fraîches, appliqué sur les rhumatismes, lumbago, sciatique, en calme la douleur.
En usage externe, le rhizome de fougère, utilisé en bains, dissipe les douleurs spasmodiques ou goutteuses et la friction avec son vinaigre fait disparaître les raideurs ou enflures rhumatismales. Sa décoction  est détersive sur les plaies.
On utilisait le rhizome de fougère mâle comme ténifuge vétérinaire.
En Scandinavie, on mange les jeunes crosses en asperges. En Sibérie, on parfumait la bière avec le rhizome. En temps de famine, le rhizome séché et pulvérisé servait à faire du pain.
Là où la plante abonde, on nourrissait les porcs avec le rhizome pour les faire grossir. Les feuilles mêlées à la paille ont souvent constitué un fourrage de remplacement mais qui, selon des travaux récents, ne serait peut-être pas sans danger.
On a utilisé la cendre de fougère dans la fabrication de la porcelaine de Chine, de savon et de verreries.

Folklore

Dryopteris vient du grec “drus”, “druos”, arbre, chêne et “pteris”, fougère. D’autre part “filix” en latin signifie fougère et “mas”, mâle, à cause du port robuste de la plante.
D’où peut être son symbole de sincérité.
Elle est utilisée dès l’Antiquité, par Théophraste (IIIe siècle av. J.-C.) puis par Dioscoride et Pline ( au début de l’ère chrétienne). Délaissée au moyen âge, la plante refait son apparition en tant que médicinale au XVIe s. pour être à nouveau oubliée sauf par quelques détenteurs de son secret qui en firent leur fortune.
Le pain de fougère était consommé lors de famines : il était grossier et surtout très mauvais. Le duc de Choiseul en présenta un morceau au roi Louis XV en lui disant : “Sire, voyez ce que votre peuple mange”.
Matelas ou coussins de fougères étaient courants dans l’usage populaire : en Normandie, ils étaient destinés traditionnellement aux  nouveaux-nés pour les préserver du rachitisme. On couchait aussi sur des paillasses de fougères – que l’on appelait significativement des “pisseux” – les enfants maladifs ou urinant au lit.
La fougère a servi à la fabrication de certains verres, comme l’atteste ce vers : “la fougère où pétille un breuvage écumant”.
La fougère mâle est une de nos grandes herbes magiques. Les pousses munies de 5 crosses étaient vendues en Allemagne sous le nom de “Main de Saint Jean” pour protéger contre le mauvais sort.
Pour se protéger des morsures de serpent, il faut couper avec les dents puis rejeter par dessus la tête, la première crosse de fougère enroulée comme un reptile que l’on rencontre au printemps.
On dit qu’une femme enceinte qui marche sur une fougère avortera.  Une racine de fougère placée sous l’oreiller provoque rêves et visions. Les feux de fougères allumés au crépuscule font venir la pluie.
L’Église, au Synode de Ferrare, dut interdire une pratique très répandue qui consistait à cueillir les “fleurs” de la fougère mâle, la nuit de la Saint Jean, afin de se rendre invisible. En Bretagne, comme en Franche-Comté, il fallait être en état de grâce pour pouvoir la cueillir.

Recettes

décoction vermifuge

Ingrédients
30 à 60g de rhizome
1 litre d’eau

faire réduire de moitié
prendre le matin à jeun
une heure après absorber un purgatif doux tel celui de bourdaine