Une avenue, forêt de l’Isle-Adam, de Théodore Rousseau

Vision idyllique d’un paysage rural

Théodore Rousseau

Une avenue en forêt de l’Isle Adam de Théodore Rousseau – Musée d’Orsay

« Laissez donc les choses de la nature là où la nature les a mises. La nature fait ce qu’elle fait mieux que chacun de nous ne peut le faire. Laissez là ces morceaux de bois. Laissez là ces pommes de pin. Nous serons un jour peut-être bienheureux de les retrouver là. » Et si vous vous abandonniez à cet impératif de Théodore Rousseau ?

Les arbres ne cacheraient-ils pas la forêt ? Perspective mise à l’ombre, fraîcheur du sous-bois, troncs parsemés de taches solaires, regard précipité vers l’azur, c’est une montée au ciel coupée net par le feuillage exubérant des géants verts. Fermière et animaux en deviennent minuscules. Comment la composition orchestre-t-elle cette grandeur végétale ?

Salon de 1849 – 101 x 82 cm

Sujet

Les peintres de l’École de Barbizon, Théodore Rousseau, Diaz, Dupré, Troyon,…, fuient la ville, ses ouvriers, son paysage qui s’industrialise et ses troubles sociaux pour trouver la nature au cœur de la forêt de Fontainebleau, dans ce petit village de Barbizon à une cinquantaine de kilomètres de Paris. La forêt de l’Isle-Adam est encore plus proche de la capitale puisqu’elle se situe à trente kilomètres au nord de Paris.

Cette avenue est une trouée de lumière dans l’épaisse forêt où l’on distingue une petite bergère au repos avec ses bêtes dans une paix idyllique.

Théodore Rousseau né à Paris qui est sans doute le personnage clé de l’École de Barbizon a choisi ce village dans la forêt de Fontainebleau pour y travailler le paysage, il y est d’ailleurs mort en 1867. Il est un des héritiers de cette génération de peintres de la seconde partie du XVIIIe siècle dont Fragonard parait être pour lui le plus proche.

Les peintres du XVIIIe ne se sont jamais séparés des prétextes culturels, pastorales ou scènes mythologiques à l’antique. Ce sera le travail de ces peintres d’écarter du tableau le bagage culturel du siècle précédent, et  de n’y laisser que la grande nature dont ils avaient aperçu le charme et la grande magie dans les décors de Watteau, Lancret Boucher, Fragonard.

Tout le travail de Rousseau se concentre donc sur la nature et aussi sur la recherche du lieu à peindre, nous sommes déjà entrés dans cette tendance de peinture de plein air que Courbet va pratiquer et qui aboutira dans la deuxième partie du siècle à l’idée des impressionnistes et à celle de Cézanne de la peinture sur le motif.

Une avenue, forêt de l’Isle Adam est une œuvre typique de la peinture de Rousseau, ce sont les arbres peut-on dire plus que la forêt elle même qui sont le sujet, les véritables personnages. La bergère et ses vaches ne sont qu’une indication secondaire, elle prendront le premier plan avec les réalistes.

Ici ils sont immergés dans une nature hospitalière et protectrice, en harmonie totale avec elle.

 

Composition

C’est une superbe composition verticale, organisée autour d’une trouée de lumière qui a la forme très légère d’une colonne de fumée, les arbres du centre de la composition

sont éclairés par la lumière du soleil, et les troncs tachetés de lumière forment une perspective cachée, qui précipite le regard vers le ciel au fond de l’espace du tableau, le regard monte alors suivant cette forme de colonne de fumée vers l’azur qui se reprend alors aux  feuillages des grands arbres.

Le sol défini par une tache de lumière qui fait apparaître le lieu où sont les vaches et la bergère, est une ligne en pente douce qui descend sur la droite, elle s’attache visuellement à la colonne du ciel. De chaque coté quatre arbres en soulignent la verticalité.

 

Couleur, lumière

Les arbres sont le corps du tableau, ils occupent la majeure partie de l’image et entourent presque entièrement la zone de lumière qui est comme un T renversé. C’est ce contraste qui crée la profondeur optique du tableau.

On sent néanmoins les lignes de fuite marquées par l’éloignement des troncs des arbres, au premier plan le feuillage des chênes est très sombre, cette ombre profonde est faite de verts foncés et de sépia, les parties d’ombre sur les troncs sont presque noires tandis que les taches de lumière sont presque blanches, ce qui donne à la lumière sa force et son éclat.

C’est en fait la lumière qui structure le tableau, et la forme de cette trouée est comme un appel du ciel vers nous. Celui-ci est moucheté de petits coups de pinceau de blanc et de rose, ces clartés sont reprises dans la composition en bas du tableau sur la vache blanche et la petite coiffe de la bergère points culminant de la lumière.

La  note  bleue de Prusse de la jupe qui joue avec les teintes de beige et de terre de sienne brûlée est la seule note qui contredise cette gamme de couleurs naturelles. Dans le chemin une autre jeune fille s’approche de la zone de lumière, vers nous donc, elle est en jaune et rouge, un châle blanc sur les épaules. Une vache descend la pente sur le chemin, ou passe semble-t-il un ruisseau dont on ne voit presque rien ,mais cette vache brune à taches blanches est penchée et boit l’eau du ruisseau dont on voit un reflet bleuté ; quelques coups de pinceau en blanc marquent le miroitement de l’eau.

Une dominante de verts de différentes nuances, ponctuée du bleu du ciel et de la jupe de la bergère et du brun rouge de la robe des vaches.

Matière, forme

Le travail que Rousseau a fait sur les feuillage est somptueux, il a cherché une façon composite pour créer la matière de ces feuillages et lui donner cet aspect à la fois léger, miroitant tout en leur donnant une densité profonde.

C’est cet alliage qui fait la solennité de ces arbres et leur donne un aspect qui rappelle la tapisserie et son atmosphère. Rousseau veut ici faire surgir la beauté de ces grandes forêts françaises aux arbres très vieux Il y a pourtant, en plus de la fidélité à la nature vue, une idée plastique très intéressante, Rousseau dans ces feuillage évoque une plante humble et minuscule mais qui couvre les troncs et les sols, la mousse, jaune dorée, verte qui parfois a des reflets rouges. Il en a fait la matière cachée de son tableau.

Le travail de l’artiste sur les feuillages dans la lumière, sur le miroitement de celle-ci laisse présager les recherches futures des Impressionnistes sur les mêmes motifs dans les années 1860-1870.

Extrait du travail préparatoire du CD-Rom Secrets d’Orsay

Abolition de l’esclavage et du servage

Pendant longtemps certains les condamnent mais presque tous le justifient!

Abolition de l'esclavage

Abolition de l’esclavage

A la conquête des libertés et d’abord d’être un homme libre ! A la veille de la Révolution, les derniers serfs en France étaient ceux de l’abbaye de Saint-Claude dans le Mont-Jura. Voltaire a pris leur défense et a longtemps bataillé en leur faveur ; leur sort fut adouci en 1779.A la Martinique française, en 1840, on vendait encore « une négresse avec ses six enfants… payables comptant » à la sortie de la messe.Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les critiques de l’esclavage étaient rares, certes la philosophie des Lumières a condamné l’esclavage (Montesquieu, Rousseau, Voltaire et Diderot sont unanimement contre) mais même les églises chrétiennes justifient l’esclavage antique, comme le résultat d’une juste guerre, peine du péché et donc voulu par Dieu.

En fait la différence est assez mince entre servage et esclavage : dans les deux cas, il y a traite, commerce licite des hommes, droit de vie et de mort sur eux. Esclaves et serfs sont considérés comme des êtres inférieurs selon les lois et selon les mœurs.

« La règle de l’Eglise n’est pas de rendre les esclaves libres, mais de les rendre bons. » -Augustin, évêque africain, Ve siècle après J.C.-

Il faudra les révolutions du XIXe siècle pour que le courant abolitionniste l’emporte, parce que les rapports avec le travail change, parce que l’émancipation des peuples devient un droit, parce que surtout les intérêts économiques des protagonistes vont évoluer.

Ce vent de générosité n’est pas désintéressé même si le promoteur, Victor Schoelcher, ne peut être soupçonné d’arrière-pensée ; il proclame « on ne saurait en même temps revendiquer le suffrage universel en métropole et tolérer l’esclavage dans les colonies », mais il n’a pas encore convaincu le monde «de l’égalité de tous».

Mais au XIXe siècle, même après son abolition, les liens entre esclavage et colonisation resteront troubles très longtemps. Ce trouble persiste aujourd’hui.

Les étapes

1848 France

La République est humaine et généreuse : aussi le gouvernement provisoire accepte-t-il le décret d’abolition de l’esclavage présenté par Victor Schoelcher, bien dans la logique de ses principes.
Nommé Sous-secrétaire à la Marine, il est, en fait, le ministre des Colonies. Chargé de mettre en place un groupe de travail pour préparer la réforme et indemniser les colons, Victor Schœlcher réussit à appliquer les décrets dans le calme, en particulier aux Antilles, ou l’abolition est vécue comme un changement décisif et irréversible. Mais le fait de n’avoir pensé qu’à indemniser les colons laisse des traces, encore aujourd’hui!

1854 Le général Faidherbe

au Sénégal depuis deux ans, où la France possède des comptoirs sur le littoral et deux postes militaires : Saint-Louis et Gorée, est partisan d’une politique de pénétration ; il veut créer une liaison saharienne vers l’Algérie pour constituer «un bloc français», hâter dans les faits l’abolition de l’esclavage et développer l’influence de la « civilisation ».

En avril 1854, il obtient 600 volontaires venant de Saint-Louis et, avec eux, conquiert le Tata, réputé imprenable parce que défendu par 2 000 terribles guerriers. Le gouvernement, soucieux de poursuivre une politique de continuité, le nomme gouverneur du Sénégal.

1861, Etats-Unis, la guerre de Sécession

« les Indiens mourront dans l’isolement comme ils ont vécu ; mais la destinée des nègres est en quelque sorte enlacée à celle des Européens ; les deux races sont liées l’une à l’autre, sans pour cela se confondre ; il leur est aussi difficile de se séparer complètement que de s’unir. » -Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris

Prophétie qui concerne autant les Européens que les Américains. Dès le début du XVIe siècle, des esclaves noirs sont emmenés aux Indes occidentales : en 1830, plus nombreux que les Indiens, ils représentent plus du cinquième de la population.

Le maintien de l’esclavage en Amérique, terre de liberté (!) apparaît de plus en plus aberrant.

Il y a les esclavagistes et les abolitionnistes, le Nord et le Sud, les Républicains et les Démocrates.
Mais l’antagonisme des intérêts est plus fort encore que la révolution du problème de l’esclavage. La question des tarifs, les vues protectionnistes du Nord ont suscité une opposition violente dans le Sud où la liberté commerciale est indispensable à l’exportation des matières premières (coton et autres). Le mouvement séparatiste fait des progrès dans le Sud à partir de la Caroline du Sud et du Texas.

L’élection de Lincoln est ressentie comme un message de guerre. Le 10 février 1861 les délégués de six états sudistes proclament « les états confédérés de l’Amérique ».

Le discours inaugural de Lincoln et un incident banal qui tient du casus belli conduisent irrémédiablement à la guerre civile : elle sera terrible et coûtera 600.000 hommes à l’Union.

La victoire des « yankees » du Nord impose l’abolition de l’esclavage ; le Sud, brisé par la guerre, subit le rétablissement de l’Union. Il reste à réussir la reconstruction.

Les intérêts économiques, véritable raison de la guerre de Sécession auront raison de la tradition esclavagiste des vaincus : le Sud, et les industriels du nord ont besoin d’une main d’œuvre bon marché pour développer l’industrie.

L’attitude paternaliste de l’auteur de La case de l’oncle Tom, s’il aide la cause de l’abolition, concrétise le préjudice que porte en elle cette attitude empêchant pour l’avenir la naissance de liens véritables entre les blancs et les noirs.

1861 : Abolition du servage et Russie

Abolition du servage

Abolition du servage

Il se développe « aux temps modernes » un « deuxième servage », attachant le paysan à la terre, le rendant à nouveau corvéable à merci, comme le serf d’occident au Moyen Age. Sans doute, alors que l’esclave noir, comme jadis celui de Rome, était sous la dépendance absolue de son maître, le serf n’est qu’attaché à la glèbe.

Liberté, liberté, plus de corvée !

 « La libération des paysans est nécessaire, inéluctable et elle ne peut pas être différée. »* 39% de la population, soit 23.069.631, tel est le nombre de serfs des deux sexes au recensement de 1858-59.

Le tsar Alexandre II, malgré des réticences personnelles, est conscient que cette situation est incompatible avec le développement industriel et l’extension des communications. Par un ukase du 2 juillet 1858, il émancipe les paysans dans les terres domaniales et fixe le « statut du paysan libéré du servage » le 3 mars 1861, texte qu’il fait lire dans toutes les églises. La réforme est complétée par une loi sur le rachat des terres, précisant les droits respectifs des propriétaires et des paysans émancipés et instituant une administration et une juridiction pour les paysans affranchis.

Les réactions ne se font pas attendre : la noblesse s’estime spoliée, les moujiks se jugent trompés. La féroce répression des révoltes sur les thèmes « Liberté, liberté, plus de corvée ! » ou « le pays est à nous, nous ne payons plus de cens et ne travaillons plus pour le propriétaire » jette les premières semences de l’esprit révolutionnaire.

L’enseignement du Christ a d’autres lectures que celles justifiant l’esclavage et puis, il n’y a pas, en Russie, plus ardents partisans de l’émancipation des serfs que les manufacturiers des textiles qui ont besoin de bras « libres ». La main d’œuvre, facteur indispensable du développement industriel et de l’économie urbaine doit être libérée des servitudes du passé agraire. On remplace le servage par le salariat, nouvelle façon de concevoir les rapports humains dans le travail.

1889, le Brésil

le Brésil, une des dernières terres d’esclavage, suit le mouvement d’émancipation. Les « positivistes », sous la bannière « Ordre et Progrès » libèrent les « nègres » pour les entasser dans les bidonvilles qui entourent les zones industrielles et ont fait cultiver le café par des immigrés italiens moins exigeants!

Les artisans de l’abolition

Schoelcher Victor, homme politique français

1804 (Paris) – 1893 (Houilles)

Sensibilisé très tôt aux problèmes de l’esclavage – on dit qu’Homère suscite sa première émotion sur ce grand problème -, Victor Schoelcher s’inscrit a la Société des amis des noirs, créée pendant la Révolution française pour lutter contre les méfaits de l’esclavage.

Ses prises de position pour l’abolitionnisme sont confortées par toutes les expériences qu’il vit au cours de ses voyages au Mexique, à Cuba, en Louisiane. Il en rapporte une étude dans laquelle il montre que l’esclavage avilit autant le maître que l’esclave, qu’il faut éduquer les noirs pour qu’ils puissent assurer leur destinée. Il veut convaincre les Français de l’égalité des races.

Il entre, en 1832, au Comité de libération des Noirs dont Larmartine assure la présidence.

Sous-secrétaire d’État aux colonies dans le gouvernement provisoire de la République en 1848, il rédige le rapport qui condamne l’esclavage et qui conduit au décret d’abolition du 27 avril. Partisan ardent de la République, il combat la politique de Louis Napoléon Bonaparte ; il le paie d’un exil de vingt ans après le coup d’État du 2 décembre, refusant de bénéficier de l’amnistie.

Il est aux côtés de Gambetta lorsque la République est proclamée le 4 septembre 1870. Député de la Martinique, puis sénateur inamovible, il se bat pour le développement de l’enseignement dans les Antilles françaises. Il engage un dernier combat, contre la peine de mort, qui ne sera pas couronné de succès.

1832 : Comité pour la libération des noirs

1848 : abolition de l’esclavage

1848-51 : député en Martinique et à la Guadeloupe

1853 : “Histoire des crimes du 2 décembre”

1871 : réélu député de la Martinique

1873 : sénateur inamovible

Après le partage le l’Afrique, après l’abolition de l’esclavage, la morale.

La Conférence internationale de Berlin (1884-85) qui entérine le partage de l’Afrique et la souveraineté de Léopold II sur le “Congo indépendant” engage les puissances signataires à la suppression complète de l’esclavage et de la traite des noirs (en forte diminution déjà) dans les territoires annexés.

Au nom de la pacification, on va lutter contre les sultans arabes, responsables du trafic.

L’action du cardinal Lavigerie, les pressions du ministre britannique Salisbury amènent Léopold II à convoquer une conférence à Bruxelles résolument antiesclavagiste extérieurement, mais qui dans la réalité, vise surtout à faire cesser les rébellions .

On y édicte : la nécessité de protéger les esclaves fugitifs, le droit de visite sur mer pour les navires de moins de 500 tonneaux, l’obligation des pays destinataires(Turquie, Prusse) d’exercer un contrôle.

Ainsi, un bureau permanent de contrôle est-il installé à Zanzibar.

Lincoln Abraham, homme politique américain

1809 (Hodgenville, Kentucky) – 1865 (Washington)

En pleine guerre civile, Lincoln affiche la motivation de son action : “Mon but essentiel dans ce combat est de sauver l’union, et non de sauver ou de détruire l’institution de l’esclavage.” – New York Tribune, août 1862 -. Du jeune autodidacte au président des Etats-Unis, élu grâce à la division des démocrates qui présentent deux candidats contre lui, il y a un long parcours de refus :

– refus de se laisser enfermer dans un rôle subalterne à cause de son manque d’instruction ;

– refus de l’esclavage quand il visite le Mississipi à vingt trois ans ;

– refus de la guerre contre le Mexique ;

– refus du compromis Kansas-Nebraska qui permet aux nouveaux Etats entrant dans l’Union de choisir s’ils seront esclavagistes ou non ;

– refus enfin comme candidat du parti républicain d’être considéré comme un “tocard”.

Le “tocard” est élu avec 25% des voix, mais avant sa prise de fonction le 4 mars 1861, les Etats du Sud font sécession. Lincoln, homme de l’Ouest et de la frontière, fait tout pour éviter la guerre, mais quand il y est contraint, il la gagne pour préserver l’Union.

Réélu en 1864, il veut une paix sans vengeance, s’opposant ainsi au Congrès : “Que ces morts ne soient pas morts en vain, que cette nation avec l’aide de Dieu connaisse un renouveau de liberté, et que le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple ne disparaisse pas de notre planète !”.

Le 8 avril 1865, le général Lee, sudiste, se rend. Le 14, Lincoln est assassiné lors d’une représentation théâtrale. Il meurt le lendemain.

Le “grand émancipateur” est mort faute d’avoir été compris ; c’est une perte pour les sudistes, paradoxalement ; le programme de reconstruction de Lincoln est en effet profondément modifié sous l’administration Grant : le Congrès fera occuper les Etats vaincus par des troupes fédérales et y établira des gouvernements imposés par le Nord.

1837 : avocat à Springfeld

1847 : Lincoln entre au Congrès comme délégué de l’Illinois

1858 : Lincoln est battu à l’élection au Sénat

1860 : Lincoln est élu avec 25% des voix

1er janvier 1863 : Lincoln proclame l’affranchissement des esclaves des Etats rebelles.

1864 : Lincoln est réélu président des Etats-Unis

1865 : Lincoln est assassiné par un acteur partisan sudiste, John Wilkes Booth.

Les Noirs sous les drapeaux fédéraux

L’abolition de l’esclavage est le prétexte humanitaire de la lutte économique que les Nordistes livrent aux Sudistes.

S’il est vrai que la victoire à l’élection de 1860 du démocrate abolitionniste Abraham Lincoln déclenche la guerre, il n’est pas moins sûr que les conflits sur les tarifs et les intérêts industriels contradictoires nourrissent les tensions entre le Nord et le Sud.

Plus de cent mille Noirs combattent sous le drapeau des fédéraux (Nordistes) ; cette liberté conquise au prix du sang versé, ils ne la perdront pas.

Les lois du 16 avril et 9 juin 1862 abolissent l’esclavage dans le District de Columbia et Lincoln propose une indemnité contre l’émancipation des Noirs dans les états ralliés à l’Union.

Dès 1863 il proclame la liberté des esclaves dans les états révoltés et les Noirs transfuges sont incorporés sous les drapeaux fédéraux.

L’amendement constitutionnel qui abolit définitivement l’esclavage aux Etats-Unis, voté par le Sénat et la Chambre, entre en vigueur le 18 décembre 1865.

1906 La Jungle d’Upton Sinclair : Une dénonciation du remplacement de l’esclavage par l’esclavage du salariat, un grand roman d’information

“Le voici, enfin ! Le livre que nous attendions depuis tant d’années ! La Case de l’oncle Tom de l’esclavage du salariat: l’ouvrage du camarade Sinclair. La jungle ! C’est essentiellement un livre actuel … Il est vivant, plein de chaleur. Plein de vie, jusqu’à la brutalité. Il est écrit de la sueur, du sang, des gémissements et des larmes.

Il décrit notre pays, non pas tel qu’il devait être, tel qu’il semble être dans l’imagination des orateurs éloquents célébrant l’anniversaire du 4 juillet, c’est-à-dire la patrie de la liberté et de l’égalité des chances ; mais il le dépeint tel qu’il est en réalité, la patrie de l’oppression et de l’injustice, un cauchemar de misères, une géhenne de souffrances, un enfer pour l’homme, une jungle de bêtes féroces.” -Jack London-

Le capitalisme sauvage est sans pitié. Upton Sinclair publie son cri dans l’hebdomadaire socialiste L’appel à la raison. Le livre paraîtra en 1906. Il y démystifie le paradis américain et crée un nouveau genre littéraire : le grand roman d’information.

L’Éphédra, un stimulant

Éphédra

Éphédra © Secrets de plantes

Botanique

L’éphédra ou éphèdre, ou raisin de mer, ou uvette, Ephedra vulgaris, de la famille des Ephedraceae, est un sous-arbrisseau dioïque de 15 à 20 cm de haut. Cette plante singulière pousse essentiellement en Haute Provence mais elle est aussi parfois présente sur les autres reliefs du sud de la France. Sa répartition s’étend de la Méditerranée au Finistère. C’est dans les sables dunaires que cette plante des steppes trouve son parfait épanouissement.

Son port ressemble à celui de la prêle. Ses rameaux verticillés sont dépourvus de feuilles apparentes. Les fleurs sont très petites. Elles sont constituées, sur le pied mâle, de 2 écailles jaunes entourant les étamines, et sur le pied femelle de 2 écailles entourant l’ovaire, qui s’épaississent et deviennent charnues, pour donner à maturité une sorte de baie rouge de la grosseur d’un pois.

Chacune renferme 2 graines d’un noir violacé.

Apprenez à la reconnaître avec la Flore.

Usages

Ephédra

Ephédra

L’éphédra présente des propriétés cardiotoniques et vasoconstrictrices sous l’action de l’éphédrine. Ce principe actif possède des activités similaires à celles de l’adrénaline. Cet alcaloïde peut, suivant les cas, ralentir ou accélérer le rythme cardiaque, stimuler la contraction des muscles lisses.
On lui attribue également des activités antitussives,
bronchodilatatrices, expectorantes et anti-inflammatoires.
Décongestionnant respiratoire, l’éphédra est principalement utilisée en oto-rhino-laryngologie où elle se montre efficace dans les bronchites asthmatiques, les rhinites d’origine allergique et les coqueluches.
Des résultats significatifs ont été constatés dans certains cas de migraine, d’urticaire. La plante trouve aussi son utilisation en ophtalmologie car elle favorise la dilatation de la pupille.

Les baies étaient récoltées par les paysans russes, les hordes de Grande Tartarie et les chinois pour leurs vertus pharmaceutiques et également alimentaires : acidulées, elles peuvent être consommées crues, séchées ou préparées en gelée.
Aux Etats-Unis, l’éphédra est utilisée sous le nom de “thé des Mormons”.

Composition chimique et usages actuels

La tige contient :

– des glucides : des oses et des osides (mucilages)

– des protides dont principalement des dérivés d’acides aminés (maokonine)

– 10 % de matières minérales

– des composés phénoliques constitués de phénols : pyrocatéchol, flavonoïdes tels que des flavones, des flavonols, des proanthocyanidines : des leucoanthocyanes (leucoanthodelphinidine, leucopélargonidine), des anthocyanidines, de tanins : des tanins ellagiques, des tanins galliques;

– 0,5 à 2 % d’alcaloïdes : éphédrine, pseudo-éphédrine, nor-éphédrine, orantine

– de la choline

L’éphédra présente des propriétés cardiotoniques et vasoconstrictrices sous l’action de l’éphédrine. Ce principe actif possède des activités similaires à celles de l’adrénaline. Cet alcaloïde peut, suivant les cas, ralentir ou accélérer le rythme cardiaque, stimuler la contraction des muscles lisses.

On lui attribue également des activités antitussives, bronchodilatatrices, expectorantes et anti-inflammatoires.

L’éphédra est par ailleurs un décongestionnant respiratoire.

L’éphédra et notamment l’éphédrine est principalement utilisée en oto-rhino-laryngologie où elle se montre efficace dans les bronchites asthmatiques, les rhinites d’origine allergique et les coqueluches.

Des résultats significatifs ont été constatés dans certains cas de migraine, d’urticaire.

La plante trouve aussi son utilisation en ophtalmologie car elle favorise la dilatation de la pupille.

En cosmétique, il faut mentionner que l’éphédrine et ses sels sont interdits en cosmétique (directives CEE)

Folklore

Le nom éphèdre est en grec le nom de cette prêle à laquelle ressemble tellement la plante. Le nom d’espèce “distachya” vient du latin “dis”, deux fois et “stachys”, épi, car à chacune des articulations de la plante, deux petites écailles opposées entourent la tige (ce sont en fait des feuilles réduites à l’état d’écailles).
Utilisée depuis des temps immémoriaux par la médecine chinoise, l’éphèdre figure dans un livre attribué à l’empereur Schen-nung, datant d’environ 2 760 ans avant J.C, qui introduisit la plante dans la médecine chinoise sous le nom de “Ma-Huang”.
Elle aurait été initialement utilisée comme stimulant pour augmenter le rendement du travail des esclaves.
Ses vertus pharmaceutiques ne furent reconnues par le monde occidental qu’au XXe siècle.