La roue de la Fortune d’ Edward Burne-Jones

Préraphaélites

La roue de la fortune d’Edward Burne-Jones – Musée d’Orsay

Renaissance de l’allégorie

Le tableau est peint entre 1875 et 1883

ses dimensions : 1 mètre 99 x 1 mètre

« Ma roue de la fortune est une image vraie, nous prenons notre tour et nous sommes brisés », n’est-ce pas une étrange considération d’Edward Burnes Jones ?

L’homme est condamné à la roue… Supplice d’antan, allégorie revisitée, ésotérisme caché, la condition humaine tourne sur elle-même. Chute à pic, ascension onirique, seule l’antique Fortune décide, les yeux clos. À tour de rôle, roi, poète, esclave, un camaïeu d’ocres bruns rythme le tournant des destins. Avec quelle particularité, ce préraphaélite a-t-il traité le sujet ?

Sujet

Cette étonnante allégorie du destin des mortels inexorablement attachés à la roue que fait tourner la fortune, tour à tour esclaves, rois ou poètes, existe en six versions différentes, de techniques diverses.

Celle-ci, commencée en 1875, fut très remarquée lors de son exposition à la Gorvenor Gallery en 1883. Au cours de son voyage en Italie en 1871, Burne-Jones copia tout particulièrement les Esclaves de Michel-Ange de l’Académie de Florence ainsi que les Sibylles la Chapelle Sixtine à Rome. Burne-jones était étudiant en théologie à Exeter où il rencontra William Morris, ils rencontrèrent ensemble Rossetti un peintre d’origine italienne par son père. Ils formeront le premier noyau du groupe des préraphaélites.

Ce mouvement favorisa l’éclosion de personnalités diverses car les différences de style entre ces artistes sont considérables mêmes si ils se référent tous aux mêmes époques de l’art de peindre, médiéval, première renaissance principalement. On nomme ce groupe d’artistes anglais les Préraphaélites.

Burne Jones voyagea plusieurs fois en Italie, il s’intéressa particulièrement à Botticelli, Mantegna et Michel-Ange, ces peintres seront sa source principale. La Roue de la fortune est une figure de l’ésotérisme hermétique qu’on retrouve dans les arcanes du jeu de tarot. Burne Jones en fit une image personnelle, où des enchaînés couronnés de lauriers ou d’or, un roi, un esclave et un poète, tournent attachés à une immense roue de char qu’une figure féminine incarnant la Fortune fait se mouvoir. Le peintre a ajouté deux détails très mystérieux à droite et à gauche…

Composition

Cette grande toile de deux mètres de haut est composée à partir de verticales, le peintre a voulu construire une structure qui lui permette de donner la sensation que cette grande roue verticale tourne sur elle-même, les rayons vus en perspective créent un rythme et cet objet, bien que la jeune femme ait les pieds posés sur un socle de pierre, donne le sentiment d’être suspendue dans l’atmosphère.

C’est une image de rêve comme la plupart des peintures de Burne-Jones ; mais un rêve de peintre très cultivé.

 

Couleur, lumière

La jeune femme qui, on peut le dire, tient le rôle de la fortune est d’abord vêtue à l’antique d’une robe extrêmement compliquée faite d’un tissus qui donne le sentiment du métallique et qui donc reçoit la lumière sur ses gris avec un effet de modelé qui la déréalise.

Les corps sont beaux mais très réels, et l’impression de force et de beauté qu’ils dégagent ne renvoient pas à une idéalisation de la forme humaine, la seule idéalisation c’est cette beauté sensuelle qui en émane. Cette facture donc onirise le propos déjà fantastique par son symbolisme.

La lumière est presque violente, il se dégage de ce tableau une impression de force, la gamme de couleurs est très restreinte, des gris bleus irisés pour la robe de la Fortune, un camaïeu d’ocres et de bruns pour les corps des hommes dont la musculature michelangelesque est modelée par la lumière.

 

Matière, forme

Cette manière de peindre donne aux tableaux de Burne-Jones un aspect inhabituel dans la peinture de cette époque, elle renvoie à l’enluminure d’une part et aux techniques de camaïeu qu’utilisaient les peintres de retables pour les revers des panneaux de bois, destinés à être refermés.

La facture magnifique des corps des trois hommes, le l’esclave, le roi et le poète donne le sentiment que de leur corps émane une lumière d’or. Les attitudes très étudiées semblent celles d’une danse. Seule la jeune femme qui meut la roue est immobile, elle tient les yeux clos, et ne regarde rien, cette actrice du destin ne voit rien ne pense rien, elle ne fait que tourner cette grande roue dans une sorte d’inconscience complète.

De chaque coté, deux lieux  étranges qui pourraient être plausibles dans l’espace, car Burne-Jones a besoin de provoquer un sentiment de réalité si il veut que ses représentations soit comprises comme il l’entend .

A droite en bas du tableau coincé pourrait-on dire dans la coin un morceau de portique de pierre qui ressemble fort à un détail d’architecture de temple indien.

De l’autre côté et cela est fort beau car disposé à côté des pieds nus de la jeune femme, une longue sentine menant à un château médiéval Au fond de l’entrée de ce château brille une lumière jaune. Burne-Jones a travaillé son tableau à partir de la transparence des laques à l’huile qui donnent une matière très particulière à une peinture, il voulait une matière qui échappe totalement au réalisme d’autant que ses figures sont travaillées comme d’ailleurs leur groupe le préconisait, dans le sens de l’esthétique d’avant Raphaël.

Extrait du CD-Rom Secrets d’Orsay

Cours de théâtre: le travail sur le texte

L'absinthe, Edgar Degas - Musée d'orsay

L’absinthe, Edgar Degas – Musée d’orsay

Travailler un texte au théâtre, c’est le connaître et l’apprivoiser

Chaque auteur a son rythme et sa respiration propre. Lorsqu’on lit un texte, on s’imprègne de la respiration de l’auteur.

Même si on lit à voix basse, prendre sa respiration avant les verbes. Certains auteurs sont si mal “inspirés” qu’on peut en arriver à être incommodé physiquement si on respecte leurs respirations.

Pour travailler un texte, il faut le connaître et l’apprivoiser.

Quelques conseils

– lire plusieurs fois la pièce en entier et d’une seule traite.

– Lire acte par acte en analysant le texte (écrire de 5 à 10 lignes sur chaque acte).

– Lire la biographie de l’auteur.

Vous devez, après l’analyse du texte, vous faire une idée aussi précise du personnage que celle que vous donne de la buveuse d’absinthe, ce tableau de Degas.

Analyse de la pièce

Dans l’analyse de la pièce, n’oubliez pas les détails concrets qui pourront être utile non seulement pour le jeu, mais pour la mise en scène : dates, lieux, organisation sociale, architecture, costumes. La connaissance du contexte historique de la pièce permet ensuite de mieux s’en libérer pour ne s’attacher ensuite qu’à l’essence de la situation.

– Identifier les personnages moteur, les personnages en lutte, les comparses, les personnages annexes.

– Identifier le personnage le plus important de chaque acte.

Analyse des personnages

– Faire une analyse psychologique, morphologique, physiologique et philosophique de chaque personnage. Vous devez, après cette analyse, vous être fait une idée de la taille, du poids, de la finesse des attaches, des seins, du cul, de la bouche, des yeux, etc. du personnage.

– Noter tout ce qui est dit dans la pièce, directement ou indirectement, du personnage que l’on doit jouer. Ce qu’il dit de lui-même, ce que les autres disent. Chercher où est la vérité.

– Identifier ce qui prime chez le personnage : le concret, l’affectif ou le raisonnement.

– Noter les passages importants, puissants, qui stigmatisent le personnage : qui je suis?

– Analyser les entrées et sorties du personnage que l’on doit jouer : où je suis et pourquoi.

– Analyser les rapports de son rôle avec les autres personnages : à qui je parle?

– Enfin, trouver les écueils de l’interprétation : que devrez-vous éviter?

La respiration du texte et la découpe

Dans l’article consacré à la technique, j’indiquais comment articuler selon les respirations du texte. Il faut bien évidemment les indiquer au crayon dans le texte. Tout le travail d’analyse ci-dessus vous aidera à indiquer les respirations de votre personnage avant d’articuler le texte.

En règle générale : Si malgré l’analyse du personnage, vous n’avez pas vraiment trouvé son rythme et sa musique propre, respirez avant le verbe-action et avant les mots commençant par une voyelle. Au moins, on vous comprendra et on vous écoutera.

Indiquez les endroits où vous ne respirez pas, mais où vous bloquez votre respiration, soit pour jouer avec l’autre (qui a eu une réaction sur ce que vous dites), soit pour guetter la réaction chez l’autre. Un bon contrôle respiratoire permet de mieux jouer avec l’autre.

Où je suis, à qui je parle, qui je suis, que dois-je éviter?

Vous le savez après avoir analysé la pièce et les personnages. Mais vous allez dire que tout ça n’est que littérature et vous, vous devez jouer le rôle!

Savoir où je suis dans l’espace et le temps, quelques exemples:

La nuit, il faut parler plus large car lorsqu’on ne voit pas bien, on a tendance à parler plus fort puisqu’on évalue mal les distances. Dans une petite pièce, on freine la diction sinon le texte va paraître pompeux. Si vous savez que vous devez parler sur un bruit, étudiez son intensité pour pouvoir choisir les instants où le bruit est moins fort pour projeter votre texte.

Choisissez un passage de votre texte et entraînez-vous à le dire en imaginant des lieux et des époques différentes.

– A qui je parle?

On ne parle pas avec le même rythme à des personnes d’âges différents. On change de rythme selon qu’on s’adresse à l’autre pour exprimer un sentiment, pour expliquer un détail concret ou pour discuter d’idées. On change de voix selon qu’on ment ou ne ment pas à l’autre.  On change de projection aussi selon le rapport que l’on veut établir avec l’autre (supériorité par exemple).

– Qui je suis?

Bien savoir qui est votre personnage va vous permettre de composer ce personnage de lui donner une réalité, une vérité.

Le figuier de barbarie

fleur de figue de barbarie

fleur de figue de barbarie – Secrets de plantes

Botanique

La figue de barbarie peut vous soulager les pieds…à condition de ne pas marcher dessus!

Originaire du Mexique, le figuier de Barbarie, ou cactus raquette, ou figuier d’Espagne, pousse spontanément dans les lieux arides, secs et pierreux.
Il s’est répandu par la Basse Californie puis, jusqu’en Méditerranée, en Orient et en Inde.
Naturalisé et cultivé, il est présent en France sur le littoral méditerranéen, çà et là dans le Midi, jusqu’au centre de la France.
C’est une plante spontanée dans le sud-est des États-Unis et en Afrique du Nord.

Le figuier de Barbarie, Opuntia vulgaris, de la famille des Cactaceae, est une plante vivace à racines petites, noueuses et très résistantes ; il peut atteindre 2 m de haut et 1,5 m de large.

D’un tronc court sortent des tiges charnues, plus ou moins ramifiées, d’un vert glauque, composées de segments ovales, plats et charnus, rétrécis aux articulations, que l’on nomme communément “raquettes”.

Figuier de barbarie

Figuier de barbarie – Secrets de plantes

En guise de feuilles, le figuier de Barbarie porte, en touffes et à intervalles réguliers, des épines vert-jaune, souples, entourées de 3 ou 4 aiguillons robustes.

Des fleurs sessiles apparaissent, de mai à juillet, au bord des articles supérieurs, à l’aisselle des épines. La floraison ne dure pas plus de 5 jours. Les fleurs sont grandes, jaune d’or parfois teinté de rouge, d’un diamètre de 4-6 cm à sépales verts, à pétales nombreux, épais, pubescents.

Le fruit, qui est comestible, ressemble à une poire couverte d’aiguillons : c’est une baie de 3 cm, cramoisie ou jaunâtre, ressemblant en effet à une figue, recouverte de faisceaux d’aiguilles raides et piquantes, disposées en spirale vers le sommet. Une pulpe orangée de saveur acidulée agréable entoure de nombreuses graines noires.

Composition chimique et usages actuels

Le fruit renferme :
– des glucides dont des osides (amidon, mucilages et pectine)
– des acides organiques : acide citrique, acide tartrique (acides alpha-hydroxylés)
– des composés phénoliques représentés par :
. des flavonoïdes
. des tanins
– des terpénoïdes : caroténoïdes

Son contenu en flavonoïdes et en tanins confère à la figue de barbarie des vertus anti-diarrhéiques.

Utilisations cosmétiques
Le fruit est réputé avoir des propriétés anti-âge, exfoliantes et hydratantes.
Les extraits de figue de barbarie entrent dans la composition :
– de produits après-soleil pour le corps et le visage
– de produits pour les mains desséchées
– de produits pour le soin du visage, particulièrement pour le contour des yeux et les peaux sèches et fatiguées
– de crèmes de nuit

Usages traditionnels

Figue de barbarie

Figue de barbarie

On en utilise les feuilles et le fruit.
Le figuier de Barbarie a été prôné en médecine pour les principes mucilagineux renfermés dans toute la plante. Il est traditionnellement très utilisé en Afrique du Nord pour ses propriétés hémostatiques, cicatrisantes et hydratantes.

Les fleurs, les fruits (filtrez alors soigneusement la préparation), voire même les racines sont employés contre la diarrhée, les coliques douloureuses, la dysenterie. Mais les fruits consommés en trop forte quantité peuvent à l’inverse provoquer une constipation tenace et dangereuse.
En usage externe, la pulpe extraite des feuilles, utilisée en cataplasme, constitue un remède efficace contre les piqûres douloureuses et enflées des tarentules, qui s’atténuent rapidement, sans brûlures, après application de cette pulpe. Elle était également utilisée sur les furoncles, les abcès, les cors, les durillons et toutes les inflammations cutanées et même sur les rhumatismes. Cette même substance est employée par les autochtones d’Amérique du Sud comme hydratant et protecteur solaire.
Le fruit, une fois débarrassé de ses épines, est agréable, à la fois sucré et acidulé : il est mangé frais ou sec, en jus frais ou fermenté.

Les arabes en font des haies impénétrables dont ils ont entouré jusqu’aux casemates. Il est cultivé dans les jardins et en intérieur.

Folklore

figues de barbarie - Secrets de plantes

figues de barbarie – Secrets de plantes

Opuntia vient de “herba opuntia”, qui désigne Oponte,ville grecque où cette plante était un vrai figuier. Par assimilation, le figuier de Barbarie se nomme “opuntia”.
Au Mexique, c’était, avec le maïs, une des principales nourritures des Indiens avant l’arrivée de Christophe Colomb. Le figuier de Barbarie a alors fait son apparition en Europe, les navigateurs le disséminant de par le monde.
Il est dit du figuier de Barbarie qu’il repousse les voleurs et que son suc éteint le désir.

Recettes

épluchage
Saisir la figue entre 3 petites baguettes de bois auxquelles on imprimera un mouvement tournant afin de détacher le fruit. Maintenu de cette façon, on pourra le fendre pour en atteindre la chair moelleuse.