James Whistler, La mère de l’artiste

James Whistler

La mère de l’artiste de James Whistler – Musée d’Orsay

Arrangements en gris et noir

« Le public peut-il ou doit-il se soucier de l’identité du modèle ? Le tableau doit valoir par les seuls mérites de son arrangement. », ces propos de James Whistler sur son travail sont plus que des indications.

« C’était inquiétant, mystérieux, d’une couleur différente de celle que nous avons l’habitude de voir ; La toile était avec cela à peine chargée et montrait presque son grain ; l’accord gris et du véritable noir de Chine étaient une joie pour les yeux surpris par ces harmonies inhabituelles ; c’était je ne sais quoi, de la peinture anglaise baudelairisée, de la peinture lunaire et réelle. » Huysmans est subjugué par cette toile de Whistler. J’ai l’impression que c’est contagieux et que la bonne proposition vous saute aux yeux…

Petits arrangements entre mère et fils. Plongée silencieuse et austère sur son meilleur profil : élégante sous sa coiffe blanche, distinguée dans sa robe noire. L’autre pointe : sévère et envahissante, cette dame se fait épingler. Sur un mur où s’entremêlent horizontales et verticales, angles droits et hors champs. Cède-t-elle ? Sourcils dressés, lèvres pincées, regard aux aguets, elle est prête à se retourner. Comment Whistler voit-il sa mère en peinture ?

1871 – 144,3 x 162,5 cm

Sujet

Portrait de Mme Anna Matilda Mc Neill, mère de Whistler, artiste américain qui vint s’installer en France en 1856 à l’âge de 22 ans, puis à Londres trois ans plus tard. Lié à l’avant-garde française, il expose au Salon des Refusés en 1863 et fait figure de révolté. Il veut que ce tableau soit son chef d’œuvre et résume ses convictions esthétiques d’avant-garde.

Représentée assise dans l’escalier londonien de son fils dans une pause classique, même sévère.

Composition

Sobriété et géométrie caractérisent cette composition. C’est une des toiles le plus modernes de Whistler, en tout cas par la composition organisée en perspective atmosphérique à partir d’une géométrie rigoureuse. Le point de vue est un peu en plongée ; le peintre a équilibré sa composition en déplaçant le personnage sur la droite du tableau, accordant à cette partie gauche un rideau très beau presque aussi noir que la robe de la mère. La perspective est soulignée très discrètement par les lignes dans le tapis de sol. La masse noire de la robe occupe une partie très importante du tableau, elle est très travaillée ce qui donne une profondeur au noir qui sans cela ferait une tache plate. Le personnage dans cette robe noire est le seule élément non géométrique du tableau, tout le reste du tableau est organisé autour de l’angle droit. De nombreuses modifications dans la pose du modèle et la place de certains éléments traduisent le souci de rapport exact de chaque détail.

Couleur, lumière

La lumière de ce tableau si austère est pourtant somptueuse ; c’est la contradiction sans doute du personnage que Whistler a voulu exprimer. Il a magnifiquement réussi, lui donnant de la douceur, du silence, une certaine fraîcheur aussi qui corrige la sévérité de l’atmosphère et du décor. Le noir domine, mais c’est un noir profond, distingué, plus solennel qu’inquiétant ; ces deux grandes parties sombres les plus importantes : la robe et le rideau, cette étrange plinthe noire au bas du mur jouant avec le rideau, sont animées par la tache blanche de la coiffe de dentelle, le mouchoir que  Madame Whistler tient dans ses mains ; et par la décoration florales où domine le blanc et quelques teintes très claires.

L’ocre jaune grisé, devenant un peu vert, du tapis va du sombre sous le rideau à une très légère tache de lumière ocre jaune à droite du tableau derrière Madame Whistler.

Le mur lui va vers le plus clair mais en se refroidissant d’une teinte bleutée qui ajoute une note très importante à la lumière générale de l’œuvre.

Matière, forme

Des formes simples et très dépouillées, une silhouette plate. Une peinture très diluée posée sur l’envers non préparé d’une toile qu’il avait déjà utilisée. Un premier plan presque sans substance.

Beaucoup de choses sont dites dans ce tableau par l’évocation. Le semis de fleurs brodées du tapis évoque visuellement au premier regard un ciel étoilé mais il participe aussi de la lumière que le peintre a créée, une lumière de sous bois dans une scène d’intérieur. Le réalisme des formes est ici au service de la noblesse de ce caractère pour lequel manifestement le peintre a de très profonds sentiments.

Cette femme dut être belle, elle garde encore un reste de cet éclat. Si Whistler la montre comme un personnage assez sévère, il l’entoure d’une évidente élégance, le fils présente la mère comme une personne de goût, une femme distinguée et profonde, qu’il respecte certainement, mais il est surtout évident que la reconnaissance et l’amour ont guidé ses pinceaux.

Au mur une des seize eaux-fortes de Whistler de la Série de la Tamise.

Gandhi, le racisme et vous

racisme

Sarkozy et Obama

La lutte contre le racisme passe par la prise de conscience

Ghandi ou comment préserver son identité sans heurter l’autre……Un combat qu’il a malheureusement perdu.

Racismes et peur de l’autre envahissent nos sociétés qui confondent préserver son identité et l’imposer aux autres. Les croisés de tout poil sont des gens dangereux pour la survie de l’espèce humaine.

Connaissons-nous l’étendue du racisme et du sectarisme tapis au fond de nous?

Passez en revue vos amis (j’ai bien dit vos amis et pas vos lointaines connaissances).

– Combien en avez-vous qui ne soient pas Français?

– Combien n’ont pas la même couleur de peau que vous?

– Combien n’ont pas la même religion?

– Combien ne sont pas du même milieu social?

Si vous n’avez aucun ami dans aucune des catégories ci-dessus, demandez-vous si : c’est volontaire (au moins vous vous assumez!), c’est parce que vous avez peur de sortir de votre cercle rassurant (quelle vie ennuyeuse vous devez avoir!), vous sortez de votre cercle, mais vous avez peur des contacts avec “la différence”, peur de ne pas savoir la gérer (Faites un effort!).

Gandhi

Gandhi

Gandhi Mohandas Karamchand, philosophe et homme politique indien

1869 (Purbandar) – 1948 (Delhi)

“Le petit fakir à demi nu” comme l’appelait Winston Churchill est une figure inoubliable dans le monde moderne. Non violent téméraire, dans un monde de violences souvent lâches, toute sa vie, le Mahatma* Gandhi essaie de transmettre son idéalisme. “Je suis un idéaliste pratique” dit-il. De formation juridique, Gandhi s’est imprégné des textes religieux hindous, du Coran et des évangiles.

Sa première révolte, il la connaît en Afrique du Sud, subissant lui-même les vexations racistes qu’il partage avec les immigrants indiens aux conditions de vie misérables.

Profondément choqué par le non-interventionnisme du gouvernement anglais, il déclenche la résistance passive, méthode de lutte non violente qui doit obliger l’adversaire à réfléchir et affronter ses responsabilités. Spiritualité et action, pureté pour chasser la violence en lui-même, ascèse pour augmenter sa force intérieure nécessaire à la résistance. Telles sont les lois qu’il se forge.

Dans son livre L’Autonomie indienne, il remet en cause les valeurs occidentales -machinisme, organisation socio-professionnelle et méthodes d’action politique-, préconise la religion populaire, la renaissance de l’artisanat, le respect des traditions, l’enracinement dans la culture indienne pour affirmer son identité contre le racisme et plus tard contre le colonialisme.

Quand il rentre en Inde, en 1915, il est connu, car il a déjà fait plusieurs séjours en prison en Afrique du Sud, et il n’a de cesse de développer son action contre l’emprise anglaise ; c’est la politique de non-coopération. Il fait encore de la prison, mais rien ne l’empêche de se consacrer à sa mission principale: la réforme morale de son peuple. Il entreprend des campagnes de jeûnes qu’il ne cesse que lorsqu’il obtient satisfaction.

Mis en résidence surveillée pendant la guerre, il tentera après la fin du conflit d’éviter la partition de son pays, sans succès. Il ne parvient pas non plus à calmer les violences entre hindous et musulmans.

“La non-violence sous sa forme active consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe” – Gandhi -. Accusé de tiédeur par les extrémistes hindous, perdant la confiance des musulmans, il est au centre de trop de tensions contradictoires pour échapper à la violence par la non-violence dans un pays aux prises avec l’angoisse absolue. Il meurt assassiné le 30 janvier 1948 sur son lieu de prière quotidien.

*Mahatma : “grande âme” – Bapu : père de la Nation.

1888 : études de droit en Angleterre

1891 : avocat

1893 : séjour en Afrique du Sud

1904 : journal, Indian opinion

1908 : L’autonomie indienne

1915 : retour en Inde

1920 : leader du parti du Congrès

1932 : Gandhi quitte le Congrès

1947 : indépendance de l’Inde (et du Pakistan)

La quintefeuille, belle mais envahissante

Quintefeuille

Quintefeuille © Secrets de plantes

Botanique

La quintefeuille,ou “main de Mars” ou “patte de pigeon”, Potentilla reptans, de la famille des Rosaceae, est une potentille rampante ; d’eurasiatique, elle est devenue cosmopolite et  est très répandue dans notre hémisphère nord. Herbacée, cette vivace rampante a des stolons rougeâtres qui ressemblent à des lacets de souliers et peuvent atteindre 1 m de long.

Ses feuilles à longue queue, digitées, portent 5 folioles dentées sur presque tout leur pourtour.

De grandes fleurs simples (jusqu’à 3 cm de diamètre), d’un jaune vif et brillant, sont solitaires et longuement pédonculées.

Apprenez à la reconnaître avec La Flore.

Usages

Quintefeuille

Quintefeuille

On récolte plante fleurie et racine en évitant le contact du fer.
Ses propriétés astringentes sont les mêmes que celle de la potentille ansérine et de la tormentille, ses proches parentes.
Astringente, elle était utilisée pour arrêter les diarrhées, les hémorragies, les vomissements de sang, les hémorroïdes, les pertes blanches, l’incontinence urinaire.
La plante entière, bouillie dans du lait, était recommandée contre l’asthme, les bronchites, la coqueluche et les états anxieux.

En usage externe elle soigne maux de gorge, ulcérations et ramollissement des gencives.

Sa racine mâchonnée favorisait la percée dentaire des bébés. Un traité du XVIe siècle indique que “c’est un cas fort merveilleux que cette plante mise sous la plante des pieds et au creux de la main fait cesser les chaleurs de quelque fièvre que ce soit”. C’est aussi un dépuratif que l’on employait contre les maladies de peau : dartres, herpès, eczéma, prurit.

Malgré sa beauté,les jardiniers la considèrent comme une mauvaise herbe dont il est parfois difficile de se débarrasser.

Composition chimique et usages actuels

Les parties aériennes renferment :

– des composés phénoliques parmi lesquels :

. des flavonoïdes : des tanins condensés (tanins catéchiques en forte quantité)

. des tanins galliques

– des alcools triterpéniques (tormentol)

Utilisations pharmaceutiques

Grâce aux tanins qu’elle contient, la quintefeuille a des propriétés astringentes et anti-diarrhéiques.

Les propriétés hémostatiques la font employer également pour soigner les écorchures.

Utilisations cosmétiques

Sa teneur en tanins confère à la plante des vertus astringentes. Les flavonoïdes qu’elle renferme lui procurent des activités anti-radicalaires. Elle est par ailleurs adoucissante et purifiante.

Ces propriétés en font un actif anti-âge.

Les extraits de quintefeuille entrent dans la composition de :

– shampooings pour cheveux gras, lotions pour cheveux normaux, abîmés et fragiles

– crèmes adoucissantes pour le contour des yeux

– crèmes purifiantes pour peaux stressées et abîmées

– lotions astringentes pour peaux mixtes et grasses

Folklore

“Potens” veut dire puissant en latin, le diminutif “illa” précisant une grande force dans une petite plante. “Reptans” est issu du latin “reptare”, ramper et illustre le type de tige de la plante.

La quintefeuille a les mêmes pouvoirs magiques que la potentille ansérine : de la famille des Rosaceae, c’est une fleur de type 5, chiffre auquel correspondent pouvoir, amour, argent, santé et sagesse. Aussi attribuera-t-on à la plante des pouvoirs de protection, gains matériels, rêves prémonitoires.

Un bouquet de quintefeuille déposé devant la maison de quelqu’un peut lui apporter tous ces bienfaits. Si l’on trouve une potentille à 7 doigts, il faut la mettre sous verre et lui donner une place d’honneur dans la maison : c’est un talisman exceptionnel.

Le Grand Albert, célèbre traité mi-magique mi-médical du début du moyen âge, dispose qu’il suffit de porter de la quintefeuille sur soi pour devenir savant et s’assurer le succès dans les requêtes au Prince.

Les disciples d’Hippocrate et de Dioscoride la connaissaient sous le nom de “pentaphyllon”.