Aloès amer véra

Aloès amer

Aloès amer ou aloès vera © Secrets de plantes

Botanique

Cent trente espèces d’aloès habitent les déserts et les steppes de l’Afrique. Sortes de cactées, l’aloès amer, sans doute originaire des Canaries, vit dans ces chaleurs sèches et torrides mais il s’est actuellement acclimaté sur tout le littoral méditerranéen.

L’aloès amer ou Aloès des Barbades,  Aloe vera L., de la famille des Liliaceae, a un tronc court et robuste, qui peut atteindre un ou plusieurs mètres, porte haut un bulbe d’où sortent en panache une cinquantaine de feuilles longues et épaisses comme des bras, charnues, épineuse sur les bords, vertes et cireuses.

Après de nombreuses années végétatives, il lancera, entre décembre et juin, une vigoureuse hampe florale d’environ 1 m de haut, tubuleuse, avec des fleurs jaunes.

Composition chimique et usage actuels

Le suc contient :
– des glucides parmi lesquels :
. des oses : acide galacturonique, acide mannuronique, arabinose, galactose, glucose, mannose, rhamnose, xylose, acide uronique
. des osides : glucomannanes, cellulose, mucilages
– des protides, plus particulièrement :
. des acides aminés : acide aspartique, acide glutamique, alanine, arginine, glycine, histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, proline, sérine, thréonine, tyrosine, valine
. des enzymes : amylase, cellulase, lipase, bradykinase, catalase, oxydase, phosphatase, transaminase, déshydrogénase
– des matières minérales : aluminium, calcium, chrome, cuivre, fer, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, sodium, zinc
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques représentés par :
. des phénols : tocophérols
. des acides phénoliques : acide cinnamique
. des quinones : dérivés anthracéniques (aloïne, aloé-émodine, hydroxyaloïne)
– des terpénoïdes : triterpènes : saponines et stéroïdes (campestérol, beta-sitostérol) ; caroténoïdes (carotène)
– des vitamines : vitamine A (rétinol), vitamines du groupe B : vitamine B1 (thiamine), vitamine B2 (riboflavine), vitamine B3 (vitamine PP, niacine), vitamine B9 (acide folique) et vitamine B12 (cobalamine)

L’aloès amer est réputé pour ses propriétés anti-rhumatismales et anti-inflammatoires.
On lui reconnaît également des vertus apéritives et stomachiques, ainsi que des activités laxatives, dépuratives, cholérétiques et emménagogues.
L’aloès amer a d’autre part des propriétés antitussives. La plante est enfin cicatrisante.

Usages pharmaceutiques
La plante est fréquemment utilisée pour ses vertus laxatives et dans des préparations contre l’obésité.
L’aloès amer est aussi très efficace dans le traitement de l’asthme.
Par voie externe, l’aloe vera est employé pour la cicatrisation des ulcères et des brûlures.

Usages cosmétiques
L’aloès amer jouit de propriétés adoucissantes et hydratantes, purifiantes et régénérantes.
La plante présente par ailleurs des vertus épaississantes et gélifiantes.
C’est enfin un bon conditionneur capillaire et un agent filmogène cutané.
L’aloès amer vera est donc un actif fréquemment utilisé dans :
– des shampooings et lotions pour cheveux normaux ou secs, fins, abîmés et fragiles et pour les cheveux des bébés
– des gels émollients pour le contour des yeux
– des laits hydratants pour le corps
– des produits solaires, des produits calmants après-soleil
– des produits pour le bain
– des rouge à lèvres, des baumes à lèvres régénérants
– des produits de rasage
– des crèmes adoucissantes pour les mains
– des crèmes régénérantes pour peaux abîmées, fatiguées et ternes
– des crèmes hydratantes pour peaux sèches ou normales
– des crèmes adoucissantes pour peaux sensibles et fragiles
– des produits de soin pour la peau des bébés

 

Usages traditionnels

Aloès amer

Aloès amer

L’aloès amer renferme dans ses tissus un suc mucilagineux : il était extrait des feuilles à la fin de l’été, fin du cycle végétatif, par divers procédés. On en obtient un suc cristallisé qui se présente en petits et gros morceaux, parfois en poudre. Les égyptiens connaissaient déjà les vertus cholagogues de l’aloès, il y a 3 000 ans. Hindous, hébreux, grecs, romains et arabes l’appréciaient en tant que digestif et purgatif. Au début du XIIe siècle, l’École de Salerne l’enseigne comme un précieux médicament.
Employé pour soigner la coqueluche, on l’employait pour le  soulagement immédiat des brûlures. On en fit un collyre.
Cependant il était prescrit en petites quantités, sur un temps assez court et jamais pendant une grossesse.
La poudre d’aloès amer sert également à la destruction des cafards et des punaises.

Folklore

“Aloe” était le mot utilisé dans l’Antiquité grecque pour désigner des substances amères végétales. L’aloès en a gardé le nom à lui seul.
En Indonésie, l’aloès est appelé “lida bouaja”, langue de crocodile, à cause des contours épineux de ses feuilles.
L’aloès amer, partout où il existe, est considéré comme un grand protecteur : en Afrique, il préserve des revenants, au Cameroun, il assure la protection des femmes dans leur travail aux champs et à la maison, au Mexique, des morceaux d’aloès sont suspendus en longues guirlandes composites au long des maisons pour les protéger.

Recettes

l’aloès amer insecticide

On emploie l’aloès dissous dans l’alcool,pour chasser cafards et punaises des bois de charpente.

l’aloès amer cicatrisant

Pour soigner petite brûlures, coupures et crevasses, entaillez une feuille d’aloès des Barbades : un suc en sort que vous épandrez sur le mal.
C’est un remarquable cicatrisant.

La Dame en détresse de James Ensor

Ensor

La Dame en détresse de James Ensor – Musée d’Orsay

Drame caché

« Ce tableau qu’on admirait en 1886 à l’exposition représente une femme couchée sur un lit. Quelque chose d’inquiétant émane de la scène. ». Émile Verhaeren songerait-il à quelque drame caché ?

Rien ne l’atteint ! Ni la clarté laiteuse de l’extérieur, ni le regard du peintre, son frère, ni le nôtre. Dépression de l’espace, frontalité factice, incursion dans la semi-pénombre, visibilité latente, elle apparaît. Le jour tombe. La mélancolie monte. Comment ce clair obscur renforce-t-il ce sentiment d’accablement ?

1882 – 100 x 79,7 cm

Sujet

Cette toile qui s’inscrit dans le courant symboliste particulièrement fécond en Belgique ne laisse rien présager de ce que deviendra Ensor à la fin des années 1880, c’est à dire un artiste mordant, enclin au sarcasme et tourné vers l’expressionnisme. La dame en détresse est une de ces créatures féminines chères au symbolisme, étendue, dépressive dans sa chambre dans la pénombre, en proie à l’angoisse ou à l’idée de la mort.

Ce tableau est donc en quelque sorte un “Ensor avant Ensor” si on le compare au chef d’œuvre du maître, L’Entée du Christ où des masques grimaçants parodient l’épisode évangélique.

Il s’agit vraisemblablement de la sœur de l’artiste sujette à une dépression chronique, Ensor s’occupait de toute sa famille avec une sorte de dévouement un peu délirant, il a beaucoup fait pour cette femme avec laquelle il fut sans doute très lié. La scène se passe dans un appartement à Ostende, sans doute celui de la rue Boghead où vivait toute sa famille et qu’il rejoindra en 85.

Sa sœur Mitche d’une année plus jeune que lui était, après son père dont il disait qu’il était le seul à la comprendre dans sa famille, la personne la plus proche, il l’a peinte ici dans un de ses moments de dépression, allongée sur un lit dans une grande chambre typique des maisons flamandes.

Ostende est une ville importante en Belgique surtout connue comme la grande station balnéaire de la côte Belge. La lumière comme en Hollande y est particulièrement belle, unique en son genre, c’est celle de la mer du nord, mais elle n’est pas encore froide comme en Allemagne du nord ou au Danemark.

 

Composition

La disposition presque orthogonale du lit dans la pièce, à proximité d’une des trois fenêtres de ce mur en arc de cercle, et dont les rideaux sont tirés, a permis à Ensor une composition fort intéressante car l’espace en creux lui donnait l’occasion de construire une fausse frontalité, en fait le lit en acajou où dort Mitche  est légèrement de biais et le décalage du meuble, un peu sur la droite du tableau, donne à celui qui regarde le sentiment d’entrer dans cette pièce à demi obscurcie, et d’avoir à s’habituer la vue à cette pénombre avant de découvrir que quelqu’un dort sur le lit. Cette diagonale très peu marquée donne le sentiment d’un déplacement mais ne gène pas cet accord très harmonieux que fait le tableau au premier regard, transmettant une impression très particulière silence un peu sombre qui sied bien au sujet.

Le presque angle-droit de la composition sert la musicalité un peu secrète du tableau, soutenue par des détails évocateurs comme ces deux statuettes de part et d’autre de la fenêtre masquée par les rideaux, la table de chevet assortie au lit mais au pieds non à la tête du meuble.

 

Couleur, lumière

Ensor, à son habitude, a travaillé sa toile avec des couleurs transparentes et une gamme qui lui paraissait convenir à la reproduction de cette lumière très subtile et très belle des Flandres. Il a donc utilisé principalement des laques et des alizarines, gris de paynes, laque de garance, carmins, vert émeraude et des terre transparentes  comme la terre de Cassel et la terre d’ombre brûlée. Cette harmonie en tonalités sombres, mélange de tons chaud et froids est contre-balancée par la lumière saturée qui vient de la fenêtre dont les rideaux ne sont pas tirés ; cette lumière couleur de laiton, d’un jaune vibrant n’influe que peu dans l’intérieur de la chambre, elle n’est forte que par l’obscurité qui règne dans la pièce ; c’est d’ailleurs une lumière de fin d’après-midi jaunie par la chute du jour qui s’annonce.

Couleurs et lumière adoucie s’accordent au sujet symboliste et à l’atmosphère “dépressive” de ce tableau camaïeu d’ocre, de bleu gris et de brun rouge , gamme de couleurs restreinte qui contribue à rendre l’atmosphère lourde.

 

Matière, forme

La matière est peu épaisse, peu d’empâtements, c’est une peinture fluide. Les formes de la femme étendue sont allusives; elles semblent s’immerger mollement dans le lit qui contraste par sa solidité architecturée.

La matière des tableaux d’Ensor de cette période est magnifique, d’autant plus qu’on a très vite le sentiment, lorsqu’on connaît l’univers qui l’a vu naître qu’elle est un produit de cette lumière qui aurait traversé le peintre ; il y a une aisance, une élégance aussi  très grande dans cette peinture ; si on la met à côté de celle de ses contemporains Bonnard et Vuillard pour cette même période on y voit un parenté certaine mais il est évident que la présence de la réalité chez Ensor est plus forte.

Extrait du travail préparatoire au CD-Rom Secrets d’Orsay

Évaluez votre bonheur

Jérôme Lefranc

D’après Soulages – Blog de Jérôme Lefranc

On dit que les Français sont râleurs, mécontents de leur sort et qu’il n’apprécient pas à leur juste valeur les bienfaits dont ils sont comblés.

Analysez les éléments de votre bonheur, objectivement, et faites le total.

Vous êtes vivant=10 points

Vous êtes en bonne santé=9 points (enlevez de 1 à 2 points selon que vos petits maux quotidiens vous titillent plus ou moins)

Vous n’êtes pas seul(e)=7 points

Vous avez des relations sexuelles régulières=6 points

Vous avez des enfants=3 points/enfant (-3 points pour chaque enfant qui représente un fardeau pour des raisons de santé, de caractère, d’échec scolaire, etc)

Vous n’êtes pas sans-abri=5 points

Vous pouvez vous nourrir ainsi que votre famille=5 points

Vous avez un travail= 3 points

Vous vivez dans un pays en paix=6 points

Votre pays n’est pas sur une faille géologique ou sur le trajet des ouragans=6 points

Vous n’avez pas à souffrir de discrimination raciste ou sexuelle=5 points

Vous faites partie des CSP plus=5 points

Vous faites ce que vous aimez=2 points

Vous êtes né optimiste=6 points/Vous êtes né pessimiste= – 6 points

Vos parents sont en vie=4 points

Vous vous entendez bien avec votre famille=4 points

Vous n’êtes ni constipé ni colopathe=8 points

Si vous arrivez à plus 40 points, vous êtes plus heureux que 90% des humains alors, arrêtez de vous plaindre, c’est une insulte et un manque de respect et de charité envers eux.