Lichen d’Islande

Lichen d'Islande © Secrets de plantes

Lichen d’Islande © Secrets de plantes

Botanique

Le lichen d’Islande, ou mousse d’Islande ou oseille d’Islande, Cetraria islandica L., de la famille des Parmeliaceae, est un lichen originaire d’Europe du Nord.

On le rencontre dans toute l’Europe septentrionale et jusqu’au Groenland et au Spitzberg.
Il se développe dans les régions froides et montagneuses, s’agrippant aux rochers et à l’écorce des arbres sur lesquels il forme une croûte.

C’est une plante naine, un thalle, c’est-à-dire un appareil végétatif dont on ne peut distinguer ni racines, ni tiges, ni feuilles. Il est composé de lames foliacées rameuses et minces, profondément découpées en lobes inégaux qui s’enroulent sur eux-mêmes. Ce thalle est de couleur brun verdâtre en dessus et brun clair ou grisâtre en dessous ; il peut se dresser jusqu’à 10 cm de haut.

Usages

Inconnu dans l’Antiquité, le lichen n’est entré dans la matière médicale qu’au XVIIe siècle. Il contient un principe amer. C’est un expectorant et adoucissant de valeur certaine qui était utilisé jadis contre les toux des tuberculeux, contre les fièvres en Allemagne.
Le lichen d’Islande présente des propriétés anti-émétiques et vermifuges. Il est par ailleurs réputé antitussif et expectorant grâce à sa teneur en mucilages. Il est également diurétique.
Le lichen d’Islande est utilisé dans les affections respiratoires (bronchites, rhumes).

Le lichen d’Islande possède des activités hydratantes, des vertus purifiantes, déodorantes et antiseptiques. Il est par ailleurs épaississant.

Ces propriétés en font un actif recommandé pour des shampooings anti-pelliculaires, des lotions pour cheveux normaux ou gras, des produits hydratants pour le corps, des soins d’hygiène intime,  des crèmes purifiantes pour peaux grasses à tendance acnéique, des soins émollients pour peaux abîmées, fatiguées et sèches, des crèmes de massage pour les pieds et des produits après-rasage.

Débarrassé de son principe amer par une macération de 24 heures dans l’eau d’abord bouillante, c’est un aliment reconstituant, remède traditionnel des troubles de l’assimilation, de l’épuisement et de la faiblesse générale des convalescents, de l’inappétence et de l’amaigrissement. Bien des explorateurs en détresse lui ont dû de ne pas mourir de faim. Il est traditionnellement consommé par les Islandais.

Les rennes et les élans se nourrissent de ce lichen. Malheureusement, après l’accident de Tchernobyl, leur toundra natale toute proche a été contaminée par les radiations et on a dû abattre nombre d’entre eux.

Composition chimique

Le thalle renferme :

– des glucides, notamment 40 à 60 % d’osides (cellulose, mucilages), glucanes (lichénine, isolichénine)

– des protides, particulièrement des enzymes

– des matières minérales : calcium, fer, magnésium, manganèse, potassium, sodium

– des acides organiques : acide fumarique, acide cétrarique, acide fumaro-protocétrarique

– des acides lactoniques : acide lichestrique

– des composés phénoliques représentés par :

. des phénols : acide usnique

. des acides phénoliques : acide salicylique

– des traces d’huile essentielle

– de la lignine

Folklore

Son nom scientifique de “cetraria” vient du latin “cetra” qui était le bouclier rond en cuir des fantassins romains. A la surface du lichen on peut en effet voir des fossettes rougeâtres de forme ronde rappelant la forme de ce bouclier. Son nom d’espèce “Islandica” est dû au fait qu’il est traditionnellement consommé par les Islandais.

Il prédisposerait à la solitude et à la méditation et les experts en magie estiment que le lichen est maléfique pour tout ce qui concerne les rapports sociaux.

Recettes

Pain de lichen

Ingrédients pour 12 pains :
250g de farine de lichen
250g de farine ordinaire
1,250 kg de    farine de seigle
3 litres d’eau
levain

Jetez la farine de lichen délayée au préalable dans un peu d’eau froide, dans une grande casserole d’eau bouillante. Laissez cuire à grande ébullition 1 heure puis très doucement (au bain-marie si vous ne voulez pas remuer sans cesse) pendant encore 1 heure. Laissez refroidir. Ajoutez-y, en mélangeant soigneusement, farine et levain. Vous laisserez fermenter toute la nuit dans un endroit tiède et protégé des courants d’air. Le lendemain, pétrissez le tout dans une grande terrine avec 1,250 kg de farine de seigle (ou d’une autre céréale). Laissez gonfler 4 heures. Cuisez au four.

Soupe d’Islande

Ingrédients :
10 g de lichen
2 bols d’eau
25g de farine de froment
15g de beurre
1 citron
1 œuf
crème

Dans l’eau, faites cuire 10 g de lichen pendant 1 heure. Préparez une sauce béchamel en faisant revenir de la farine dans du beurre et en y ajoutant du bouillon ou de l’eau. Mélangez alors cette sauce et le lichen avec son eau de cuisson, et laissez cuire le tout 1 heure, en prenant soin d’enlever l’écume s’il s’en forme.
Servez la soupe accompagnée d’un jus de citron et d’un jaune d’œuf mélangé à de la crème citronnée.

Knèfles à la mousse d’Islande

Ingrédients :
8 g de farine de lichen
1 litre d’eau
5 g de beurre
8 g de farine de blé
sel
1 œuf

Faites cuire la farine de lichen dans l’eau en remuant pendant 1 heure. Ajoutez ensuite 5 g de beurre en remuant bien, puis la farine, le sel et l’œuf. Laissez refroidir 2 h, jusqu’à ce que le mélange devienne ferme. Faites-en de petites boulettes que vous ferez cuire à l’eau salée environ 10 minutes.

Si la pâte est trop molle, rajoutez de la farine.

Jelloes à la mousse d’Islande

Ingrédients :
16g de farine de lichen
1 litre d’eau

Vous pouvez faire des jelloes et des crèmes à partir de l’eau de cuisson de la mousse. Il vous suffira de faire cuire le liquide jusqu’à ce qu’il se gélifie. Vous pourrez y ajouter un mélange de cacao, de sucre et de lait, ou tout autre parfum (mûres, cornouilles, pétales d’aubépine…). Versez le mélange dans des coupes et laissez refroidir jusqu’à ce qu’il soit pris.

Si vous voulez obtenir des crèmes, faites cuire le liquide un peu moins longtemps.

Le yeux clos de Odilon Redon

Odilon Redon

Les yeux clos de Odilon Redon – Musée d’Orsay

Intériorité mélancolique

« J’ai su avec les yeux ouverts plus grandement sur les choses, que la vie que nous déployons peut aussi révéler de la joie. », cette pensée d’Odilon Redon n’est-elle pas une continuation d’un regard tourné vers l’intérieur ?

C’est une brune aux yeux clos. Tête inclinée, coupée à l’ossature de l’épaule, visage retranché, tourné à l’intérieur, cette dame diaphane rêve-t-elle face à la mer étale ? Parallèle étrange, qu’un jeu lumineux révèle dans la douce pâleur d’un brun et d’un bleu, posés en touches fines, presque transparentes. La composition met en lumière cette émergence du symbole.

1880 – 44 x 36 cm

Sujet

Ce visage émergeant de ce qui semble être de l’eau est peut-être celui de Mme Redon mais l’essentiel est dans la matérialisation de la figure inclinée, dans ces yeux clos du personnage replié sur sa vie intérieure, sur ses visions et ses rêves. Redon donne ici l’archétype même de l’image symboliste. Ce n’est pas le portrait physique qui importe, c’est le monde mental, celui des correspondances baudelairiennes et des poètes symbolistes.

C’est l’idée des yeux clos qui semble-t-il a dirigé la construction de cette toile ; on ne peut donc dire de cette œuvre qu’elle soit un portrait. Redon accordait un importance à cette idée d’yeux clos car il en fit plusieurs versions dans cette même disposition, dessins, pastels et estampes.

Est-ce la souffrance tue, le sommeil et le rêve, la mort, la vie intérieure ou tout cela ensemble que Redon a voulu faire apparaître, nous n’en savons rien, on sait seulement que Redon avait copié  la tête de L’Esclave mourant de Michel-Ange au Louvre à cette époque.

 

Composition

Le tableau est divisé en deux partie qui semblent complémentaires, le visage lui même et la partie basse du tableau limitée par une ligne qui coupe le personnage au dessous de l’épaule. Le personnages est légèrement de profil le visage tourné de notre côté, les yeux baisés et clos.

L’axe du visage est légèrement penché, mais la ligne de l’épaule est parallèle à cette ligne qui coupe la partie basse du tableau. Cette partie est d’une autre nature que le visage, on peut penser que le peintre a associer sans souci d’aucun réalisme deux éléments en apparence disparates pour les faire agir l’un sur l’autre et créer une émotion d’un type particulier.

Cette étendue plate qui ressemble à une étendue de sable mouillé au bord de la mer qu’on peut lire dans cette peinture comme une mer extrêmement étale et calme et dont la dernière vague s’avance sous la lumière du soleil qui la fait briller, cette courbe de lumière semble éclairer le visage mais compte tenu de la déréalisation des choses on peut aussi ressentir cette tache de lumière comme une projection ou une émanation de ce visage. Le vide immense qu’elle produit donne à ce visage une dimension  indéchiffrable, à la fois réelle et imaginée.

 

Couleur, lumière

Après une période essentiellement consacrée au travail du noir et du blanc à travers la pratique de la lithographie, Odilon Redon qui était aussi peintre découvre la couleur qui deviendra éclatante et primordiale dans ses pastels. Les yeux clos constituent une approche toute en nuances des pouvoirs suggestifs de la couleur. Coloris pâles, harmonieux, discrets.

Cette peinture est traitée en couches très fines et transparentes, à partir des couleurs de terre (ocre jaune, terre de sienne naturelle et terre d’ombre brûlée) auxquelles le peintre a ajouté un peu de blanc et bien sur le bleu qui entoure le visage. On ne sent la touche que dans l’éclat de lumière qui semble être reflétée par l’eau. Le jeu de la lumière comme cela a été dit plus haut est ambigu car c’est un jeu entre les deux éléments du tableau qui en fait l’expression, il ne s’agit pas ici de montrer une lumière réelle, mais d’exprimer un sentiment à caractère extatique par deux réalités associées ensemble : l’immensité plate et vide de l’océan et la sérénité d’un visage.

Odilon Redon utilise ici à la fois l’analogie, et pour la première fois une sorte d’assemblage qui n’est pas sans faire penser au collage ; ce symbolisme réduit à presque rien est d’une étonnante efficacité. Mais ceci est aussi du à la qualité magnifique de cette peinture dont l’harmonie de couleurs est d’une subtilité et d’une délicatesse qui doit beaucoup à un grand savoir quant à l’art de peindre du passé

 

Matière, forme

Odilon Redon était un grand pastelliste, cette matière très douce et lumineuse convenait sans doute à l’expression de sa lumière intérieure, et dans son travail à l’huile on sent l’influence de cette technique, car une partie importante de cette peinture est faite de très légers frottis qui laissent voir le grain de la toile en clair, irisant ainsi le sujet d’une trame qui éloigne visuellement le visage, l’estompant légèrement dématérialisant les ombres et faisant de la chevelure une matière douce, presque fumeuse à certains endroits.

Le visage décalé un peu sur la gauche du tableau donne à la partie droite du vide bleu une profondeur et un espace aérien que la lumière sur le visage renforce. L’impression de sommeil et de rêve que procure ce tableau donne le sentiment que le peintre a voulu nous communiquer une sorte de paysage intérieur, affirmant ainsi que chaque être humain est habité par un monde qui lui est propre.

Redon est un des principaux maîtres du symbolisme.

Extrait du travail préparatoire pour le CD-Rom Secrets d’Orsay

Folie, psychoses et névroses

folie

La Salpétrière : les folles

Folie : pathologie ou égarement passager?

La fin du XVIIIe siècle se met à identifier la possibilité de la folie avec la constitution d’un milieu : “la folie, c’est la nature perdue, c’est le sensible dérouté, l’égarement du désir, le temps dépossédé de ses mesures. En face de cela, la nature au contraire, c’est la folie abolie, l’heureux retour à l’existence à sa plus proche vérité.” – Michel Foucault –

La folie objet d’observation, de connaissance : “si le nouvel espace de l’internement rapproche, au point de les réunir en un séjour mixte, la folie et la raison, il rétablit entre elles une distance bien plus redoutable, un déséquilibre qui ne pourra plus être renversé, aussi libre que soit la folie dans le monde que lui aménage l’homme raisonnable, aussi proche qu’elle soit de son esprit et de son coeur, elle ne sera jamais pour lui qu’un objet.”

Les désordres de la conduite, de l’affectivité ou de la pensée s’expliquent-ils par la pathologie mentale ? Peut-on faire tendre la psychiatrie vers la neurologie ?

Les découvertes de Freud permettent d’accepter que le terme de folie est incompatible avec la psychanalyse, que ceux que l’on nomme “fous” sont une réalité de la vie sociale. Point.

Leur conduite n’est comparable qu’à celle de ceux que l’on dit “normaux”, normaux socialement parlant.

La réponse de Freud se résume en : “est pathologique la conduite de celui qui ne peut aimer (rapports affectifs et sexualité) ou qui ne peut travailler (assurer une fonction en fonction de ses talents).”

1872 Les leçons de Charcot à la Salpétrière ou l’hystérie dans tous ses états

Chaque dimanche à 9 heures 30, un auditoire de plus en plus nombreux se presse dans une petite salle pour écouter les leçons cliniques de Charcot sur les principaux types de névroses, épilepsie, hystérie, paralysie agitante, lésions cérébrales. Les raisons de la vogue des cours de Charcot pendant 20 ans sont ambiguës, l’engouement pour le magnétisme importé par Mesmer en 1778 n’est pas totalement mort.

Ni les fanatiques du merveilleux, ni les chaires officielles ne font la différence entre les voyants ou autres complices de prétendus magnétiseurs et le travail expérimental de Charcot qui ose mettre de l’ordre dans un domaine jusque là tabou ou occulte : les affections nerveuses.

Freud suivra ces cours en 1885 pour essayer de découvrir les origines psychologiques de la névrose.

Charcot cherchait à faire tomber les hystériques dans un état de catalepsie ou de somnambulisme en les plaçant au foyer de lumières intenses (arc électrique) ou en les faisant asseoir sur des caisses de résonance sur lesquelles il fixait un diapason géant.

Psychonévrohystérofolie: essayez d’y comprendre quelque chose!

Anglais et Allemands introduisent la mesure et les mathématiques, construisent la psychologie rationnelle pendant que les Français, avec Victor Cousin, s’enlisent sous le verbalisme de l’école spiritualiste. C’est dans ce climat, en 1870, que l’introduction de la Psychologie anglaise contemporaine de Théodule Ribot éclate comme un manifeste subversif. Son enseignement :

– édifier une psychologie objective, solidaire de la physiologie à laquelle il faut emprunter ses méthodes,

– étudier la pathologie mentale : le malade est “un instrument de grossissement qui amplifie le phénomène normal”.

Pavlov ira plus loin, en mettant la psychologie sous la dépendance de la neurologie : ce que nous croyons être notre libre arbitre n’est que système de réflexes conditionnels acquis au cours du dressage et de l’éducation.

Pendant que la psychologie tourne autour du libre arbitre, la psychanalyse tourne autour de l’hystérie. C’est en pourchassant l’hystérie que les médecins ont cerné bon nombre de maladies. C’est d’ailleurs un médecin, chef d’un service de convulsionnaires à la Salpêtrière, Jean Martin Charcot, qui fait entrer l’hystérie dans la neurologie. Son élève, Babinski achève son œuvre. Et un autre de ses élèves, Sigmund Freud apporte les clés du langage de l’inconscient.

Groddeck, lui, invente le “ça”, principe universel de vie, auteur du phénomène psychique et du phénomène organique, cause réelle de toute maladie.

Freud et Groddeck sont arrivés à l’inconscient, séparément, par l’analyse de leurs symptômes. La nature de leurs “maladies créatives” a déterminé leur voie. Groddeck était atteint de toutes sortes de maladies psychosomatiques et Freud de troubles névrotiques.

La psychanalyse, longtemps contestée, conquiert à la fin du XIXe siècle le territoire qu’on lui laisse entre le psychique, le métaphysique et le religieux, avec comme no man’s land le psychosomatique : l’irrationnel scientifique.

Les principales psychoses

Psychose

Anciennement maladie de l‘âme, la psychose recouvre un ensemble de maladies mentales différentes des névroses et des perversions.

Ce sont d’une part la paranoïa et la schizophrénie, d’autre part la mélancolie et la manie.

Par opposition aux névroses qui caractérisent plus une maladie des nerfs, affections qui touchent un organe ou l’autre, sans lésion, sans fièvre, une maladie fonctionnelle des nerfs, les psychoses, aux symptômes psychiques, relèvent de l’aliéniste : confusions hallucinatoire, paranoïa, psychose hystérique.

La psychose, (si l’on veut en préciser les critères de définition) c’est : l’incapacité d’adaptation sociale, la gravité des symptômes, l’atteinte de la faculté de communication, absence de conscience de l‘état morbide, perte de contact avec la réalité, caractère non compréhensible des troubles, altérations du moi.

Toute psychose est une névrose, mais toute névrose n’es pas une psychose.

La paranoïa

Paranoïa, en grec : folie, indique certains dérèglements de l’esprit. Ce terme englobe les différentes formes de délires chroniques comme la maladie de la persécution, le délire de la jalousie, certains aspects d’érotomanie, la folie des grandeurs.

Un délire systématisé progressif, “qui se présente comme une interprétation particulière du monde extérieur dans ses relations avec la personnalité du malade qui rapporte tout à à lui, soit en mal, soit en bien.” – Seglas – Leçon clinique sur les maladies mentales et nerveuses -1895 – et auquel s’ajoute un manque de critique et de contrôle.

“Une perception interne est réprimée, et, en ses lieux et place, son contenu, après avoir subi une certaine déformation, parvient à la conscience sous forme de perception venant de l’extérieur. Dans le délire de persécution, la déformation consiste en un retournement de l’affect ; ce qui devrait être ressenti intérieurement comme de l’amour est perçu extérieurement comme de la haine. “ – Freud – Cinq psychanalyses – 1935.

“La paranoïa chronique sous sa forme classique est un mode pathologique de défense comme l’hystérie, la névrose obsessionnelle et les états de confusion hallucinatoire. Les gens deviennent paranoïaques parce qu’ils ne peuvent tolérer certaines choses.” – Freud –

Freud insiste sur le fait que “symptômes paranoïaques et schizophréniques peuvent se combiner dans toutes les proportions”.

Position paranoïde

L’adjectif paranoïde rappelle l’aspect persécutif du délire que l’on trouve dans la paranoïa et la schizophrénie paranoïde.

“… ces ensembles d’anxiétés et de défenses, bien qu’ils apparaissent pendant les stades les plus précoces, ne se limitent pas à cette période, mais resurgissent pendant les premières années de l’enfance et ultérieurement dans certaines conditions”, ils caractérisent la position paranoïde. Mélanie Klein – Quelques conclusions théoriques ayant trait à lavie émotionnelle de l’enfant – 1952.”

La schizophrénie

Incohérence de la pensée, de l’action, et de l’affectivité, perte du sens des réalités, repli sur soi, vie intérieure livrée aux fantasmes, une activité délirante plus ou moins chronique, conduisant à une détérioration intellectuelle et affective, une allure démentielle. Une ‘démence précoce’ qui va au delà des symptômes accessoires, un trouble des associations qui régissent le cours de la pensée : ‘… les associations perdent leur cohésion. Parmi les milliers de fils qui guident nos pensées, la maladie en rompt, ici et là, de façon irrégulière, tantôt tel ou tel, tantôt un certain nombre, tantôt une grande partie. De ce fait le résultat de la pensée est insolite et souvent faux du point de vue logique.’ Bleuler – 1911.

Les leçons de Charcot à la Salpétrière ou l’hystérie dans tous ses états

Chaque dimanche à 9 heures 30, un auditoire de plus en plus nombreux se presse dans une petite salle pour écouter les leçons cliniques de Charcot sur les principaux types de névroses, épilepsie, hystérie, paralysie agitante, lésions cérébrales. Les raisons de la vogue des cours de Charcot pendant 20 ans sont ambiguës, l’engouement pour le magnétisme importé par Mesmer en 1778 n’est pas totalement mort.

Ni les fanatiques du merveilleux, ni les chaires officielles ne font la différence entre les voyants ou autres complices de prétendus magnétiseurs et le travail expérimental de Charcot qui ose mettre de l’ordre dans un domaine jusque là tabou ou occulte : les affections nerveuses.

Freud suivra ces cours en 1885 pour essayer de découvrir les origines psychologiques de la névrose.

Charcot cherchait à faire tomber les hystériques dans un état de catalepsie ou de somnambulisme en les plaçant au foyer de lumières intenses (arc électrique) ou en les faisant asseoir sur des caisses de résonance sur lesquelles il fixait un diapason géant.

Extraits du glossaire du CD-Rom Le psy c’est vous et de 1848-1914, Toute une histoire!

La folie lorsqu’on n’est pas fou: de quelle folie rêvez-vous?

voiture de luxe

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Vous n’êtes pas fou, vous n’êtes pas folle mais parfois vous rêvez de sortir du cadre, de pouvoir faire une folie.

Faites la liste des 10 folies qui vous obsèdent et indiquez si elles sont affectives, concrètes ou abstraites. Si vos folies sont bien équilibrées dans ces trois catégories, vos avez peut-être une chance d’en réaliser quelques unes.

Si elles sont affectives (vouloir être aimé à tout prix de quelqu’un, devenir gay…), vous pouvez souffrir de les sentir hors de votre portée, de constater que votre pouvoir de séduction est insuffisant ou inadapté.

Si elles sont concrètes (vous payer un hôtel particulier ou une Ferrari…), elles sortent sans doute du cadre de vos moyens.

C’est pour cela que nombreux sont ceux qui jouent: c’est la façon la moins sûre, mais la moins fatigante d’espérer concrétiser sa folie. Si ça ne fonctionne pas, vous vous retranchez facilement derrière le “pas de chance”.

Si elles sont abstraites (devenir danseur étoile, président de la république…), demandez-vous si vos qualités sont adaptées à vos folies. Si oui, pourquoi ne les réalisez-vous pas?