Achillée mille feuilles, anti-inflammatoire

Achillée mille feuilles

Achillée mille feuilles

Botanique

Appelée aussi herbe à la coupure, herbe aux charpentiers, millefeuille, L’achillée mille feuilles, Achillea millefolium L., de la famille des Rosaceae, est une herbe très commune, dont les tiges raides et buissonnantes atteignent 40 à 50 cm.
Remarquable par ses feuilles extrêmement découpées et ses fleurs en bouquets blancs ou rosés qui durent tout l’été.

Plante vivace  très commune de l’hémisphère nord, l’achillée pousse en terrain sec dans les friches et au bord des chemins.
Elle porte des rameaux et des feuilles profondément divisées et très découpées qui lui ont valu, entres autres noms, ceux de « millefeuille » et de « sourcil de Vénus ». Toute la plante dégage une odeur camphrée.

Composition chimique et usages actuels

Achillée

Fleurs d’achillée © Secrets de plantes

Les sommités fleuries renferment :
– des glucides représentés par :
. des oses (arabinose, galactose, glucose, inositol, mannitol)
. des osides (saccharose)
– des protides dont des acides aminés (acide glutamique, alanine, histidine, leucine, lysine)
– de faibles quantités de lipides, plus particulièrement des acides gras (acide linoléique, acide oléique et acide palmitique)
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C) et acide succinique
– des composés phénoliques :
. des acides phénoliques (acide caféique et acide salicylique)
. des flavonoïdes : flavones (apigénine, lutéoline)
. des tanins
. des coumarines
– des terpénoïdes :
. triterpènes (saponines) et stéroïdes (sitostérol)
. sesquiterpènes : lactones sesquiterpéniques (millefolides)
– des alcaloïdes
– des composés azotés représentés par la bétaïne, la choline et la trigonelline
– 0,5 à 0,8 % d’huile essentielle composée de terpénoïdes :
. monoterpènes (acétate d’isobornyle, bornéol, camphre, cinéole (eucalyptol), pinène, sabinène, terpinéol, thuyone)
. sesquiterpènes (azulène, caryophyllène)

L’achillée millefeuille a des propriétés anti-inflammatoires, anti-prurigineuses et cicatrisantes. On lui reconnaît également des vertus antipyrétiques, antispasmodiques, carminatives, cholérétiques et antitussives. De plus, elle possède des activités emménagogues et hémostatiques.
Le jus frais d’achillée millefeuille a des propriétés anti-asthéniques.

Usages pharmaceutiques
De tout temps on utilisa l’infusion d’achillée millefeuille pour combattre les crampes d’estomac, les flatulences, les gastrites, les entérites, les problèmes hépato-biliaires et les hémorragies internes d’origine pulmonaire. Elle est utilisée pour faciliter la digestion et calmer les douleurs abdominales d’origine digestive.
L’achillée millefeuille est aussi employée pour lutter contre les saignements internes (saignements du nez, saignements rectaux et hémorroïdaux, sang dans les urines et menstruations très abondantes).
Une décoction d’achillée millefeuille est un remède très efficace pour nettoyer les blessures et les écorchures, les mains gercées et les seins crevassés.
L’achillée millefeuille est utilisée en usage local comme traitement d’appoint adoucissant et pour calmer les démangeaisons des affections cutanées (crevasses, écorchures, gerçures) et contre les piqûres d’insecte.

Usages cosmétiques
L’huile essentielle est adoucissante et apaisante.
Les extraits d’achillée millefeuille sont utilisés dans des préparations pour le bain pour leur propriété &tonifiante&. Ils sont également doués de propriétés régénérantes et astringentes.
Les flavonoïdes de l’extrait d’achillée millefeuille favorisent l’effet dépigmentant des crèmes éclaircissantes.

L’ensemble de ces propriétés font des extraits d’achillée millefeuille un bon actif dans :
– des huiles de massage pour bébés
– des shampoings destinés aux cheveux mous et plats
– des produits d’hygiène intime
– des produits pour les mains, le corps et le visage (crèmes pour le contour des yeux, crèmes solaires, crèmes protectrices pour peaux stressées, fatiguées et ternes, mixtes, normales, sensibles et délicates, crèmes régénérantes pour peaux matures)
– des produits pour les pieds.

Usages traditionnels

Achillée mille feuilles

Achillée mille feuilles

Le millefeuille est utilisé en jus frais pour ses propriétés toniques, mais surtout pour arrêter tout saignement interne ou externe. L’infusion de ses sommités fleuries séchées prise avant les repas donne de l’appétit
et empêche les crampes d’estomac, bue après le repas elle facilite la digestion en augmentant la sécrétion de la bile et prévenant les gonflements d’après manger.
C’est aussi traditionnellement un précieux adoucissant des affections locales de la peau (l’infusion calme les démangeaisons), des blessures qu’elle cicatrise (écorchures, crevasses, gerçures, piqûres d’insectes).
On peut se nourrir de son feuillage cuit tout au long de l’année. Ses graines, enfermées dans un petit nouet et plongées dans le vin , permettaient de transporter les tonneaux sans danger de corruption.

Folklore

Le centaure Chiron, personnage de la mythologie grecque et grand maître des plantes médicinales, fut chargé d’enseigner les secrets de sa science au jeune Achille. Homère raconte comment ce dernier se servit de l’achillée pour arrêter le sang de ses compagnons blessés lors de la guerre de Troie. Dédiée à Achille, l’achillée est réputée depuis l’Antiquité pour ses propriétés vulnéraires. D’ailleurs une simple feuille de l’ »herbe à la coupure » frottée sur une écorchure en arrête immédiatement le saignement. Par la suite elle devint la plante de tous ceux qui étaient confrontés à des armes tranchantes. Censée enlever la crainte et décupler le courage elle est aussi l’ »herbe aux militaires ».
C’était une herbe vénérée : les Celtes entouraient sa cueillette de rites religieux et aucune sorcière ne pouvait passer sous le joli bouquet de ses branches tressées en croix .
Aujourd’hui c’est une des trente deux herbes de la Saint Jean.

Recettes

Achillée mille feuilles

Achillée mille feuilles

achillée en épinards
Ingrédients:
1 livre de feuilles d’achillée
2 cuillères à soupe de beurre
le jus d’un citron
sel, poivre
eau ou bouillonVous pouvez cueillir l’achillée presque toute l’année ; nous en avons vu qui verdoyaient  sous la neige.
Séparer les fines feuilles des tiges qui sont dures et amères. Passer ces feuilles à l’eau et les égoutter avant de les jeter dans l’eau bouillante salée.
Cuire pendant 20 minutes, égoutter, presser entre les mains et faire revenir les feuilles d’achillée doucement à la poêle dans du beurre.
Assaisonner de sel, de poivre et, au moment de servir, relever d’un jus de citron.
Ce plat a un goût de verdure tonique et un peu amère.
Si vous ne supportez pas son amertume, rectifiez-la en y mêlant ortie, pissenlit, lierre terrestre ou ficaire cuits de la même façon.
A faire en fin d’hiver, dès les premiers beaux jours.

aspic d’achillée au raifort
Ingrédients:
500 g de feuilles d’achillée
1/2 cuillère à café de racine de raifort râpée,
1/4 l de lait
1 cuillère à soupe de vinaigre
sel,
sucre,
1 pincée de carragaeen

Mélangez le raifort aux feuilles d’achillée hachées très finement.
D’autre part, faites chauffer le lait et laissez-le bouillir quelques minutes avec le carragaeen.
Filtrez. Ajoutez le vinaigre, le sel, le sucre et le mélange d’achillée et de raifort.
Mélangez soigneusement le tout et versez le résultat dans de petits récipients adéquats.
Laissez prendre au frais.
Démoulez en trempant un instant les récipients dans l’eau chaude.
Ces aspics accompagnent agréablement une viande ou un poisson.

lotion pour peaux grasses
Lotion à l’achillée et à la camomille
Ingrédients:
1 cuillerée à soupe de fleurs d’achillée séchées
1 cuillerée à soupe de fleurs de camomille séchées
300 ml d’eau bouillante

Placer les fleurs dans un saladier, recouvrir d’eau, remuer puis couvrir et laisser reposer 30 minutes dans un endroit chaud.
Remuer à nouveau puis filtrer le liquide.
Verser dans des flacons et boucher de façon étanche.

Teinture d’achillée (usage domestique)

Ingrédients:
2 kg de tiges d’achillée en fleur

Matériel:
bassine d’étain
bassine de fer selon
Teindre dans une bassine d’étain donnera une couleur jaune pâle à maïs soutenu, alors que teindre dans une bassine de fer donnera un vert mousse foncé.

Soin immédiat d’une écorchure qui saigne
L’herbe d’Achille, c’est l’herbe du guerrier et des plaies.
Froissez dans vos doigts une feuille d’achillée, de façon à en faire sortir la sève, et frottez-en l’écorchure : le sang s’arrête immédiatement de couler.
Pour des blessures plus importantes, il faudra EN ATTENDANT LES SECOURS, employer infusions et compresses.
Pour des blessures internes on peut boire l’infusion d’achillée.

Décoration : croix de Saint Jean
A la Saint Jean, on cueillait l’achillée en fleur pour en faire des croix protectrices.
Les tiges sont croisées de telle façon qu’au bout de chaque montant de ces croix de 20 à 30 cm de haut apparaissent les fleurs en bouquets ronds.
superstition populaire : pour découvrir une sorcière, faites qu’elle passe sous cette croix : elle ne le pourra pas.

Ricin

Ricin © Secrets de plantes

Ricin © Secrets de plantes

Le ricin, Ricinus communis, de la famille des Euphorbiaceae, est une plante herbacée annuelle, originaire d’Abyssinie. De là, il s’est répandu dans le monde et il s’est acclimaté en donnant des variétés subspontanées, présentant des caractères fixés parfois très éloignés du type. L’état hétérogène des variétés de ricin tient surtout à la fécondation croisée, qui semble très fréquente chez cette plante dont les inflorescences érigées paraissent disposées pour que celle-ci s’accomplisse.
Le ricin est un arbuste de 1 à 4 m dans nos régions mais qui peut atteindre en Afrique tropicale la taille d’un petit arbre.

Sa tige est grosse, verte ou brun rougeâtre, creuse et elle porte de grandes feuilles alternes, à stipules caduques, isolées, pétiolées ; ces feuilles peuvent mesurer jusqu’à 1 m de largeur et sont palmées en 5 à 11 lobes plus ou moins profonds, dentés, souvent glandulifères. L’inflorescence est en grappes ou cymes, à l’aisselle des bractées. La plante est monoïque, avec des fleurs femelles  situées au-dessus des fleurs mâles. Le fruit est une capsule tricoque, hérissés d’aiguillons, à 3 loges, enfermant des graines ovales, mouchetées, arrondies, grisâtres et charnues.

Apprenez à la reconnaître avec la flore

Les armes, fierté de l’être humain?

Les fusils Chassepot en 1867

Les fusils Chassepot en 1867

Pourquoi les armes sont-elles la fierté de l’être humain?

Les Chassepot ont fait merveille, dit le général de Failly  en 1867.

“Je vois déjà cette brillante jeunesse, habile à arborer des cols majuscules aux premières représentations des Bouffes – Parisiens, je la vois munie d’un fusil Chassepot…Le Français né malin, naît aussi garde national” -Jules Claretie-

Les femmes, qui pleurent le départ de leurs hommes pour la guerre sont séduites par les uniformes et les armes, ces symboles de la puissance masculine.

Aujourd’hui, le lobby des armes aux Etats-Unis est tout puissant.

L’homme porterait-il des armes pour se défendre, comme le serpent son venin, les félins leurs griffes et leurs crocs, les requins leur dents? Mais les animaux tuent pour se nourrir (et pas tous) et règlent leurs conflits de territoire parfois de façon violente mais sans massacrer les leurs. L’exemple des grands singes, nos plus proches cousins, est instructif : ils pratiquement l’intimidation, parfois le combat mais surtout la réconciliation.

Sur le plan des armes naturelles, nous sommes à égalité avec les grands singes, avec un léger handicap, celui d’être moins agiles dans la fuite au faîte des arbres, donc on comprend pourquoi les hommes primitifs qui avaient réussi à se fabriquer des armes avaient un avantage pour se défendre contre les bêtes sauvages. A quel moment l’usage des armes a-t-il dégénéré en guerre fratricide : lorsque l’homme s’est sédentarisé et a amassé et stocké sa production!

Bref, tant que l’homme n’aura pas appris la réconciliation et le partage, tant que porter un colt au ceinturon restera une image de la virilité, les armes resterons la fierté de l’être humain et le gage de sa perte.

Les fusils au XIXe

En 1866, les paroles ne respirent que la paix, mais l’inspirent bien peu et les actes n’ont en vue que la guerre : le fusil à aiguille en Prusse, le fusil Ridner en Autriche, le Chassepot en France.
En 1866, les Chassepot sont encore sans rivaux, pas pour longtemps, la guerre de 1870 est proche. En Italie, lors de l’opération du corps expéditionnaire français à Rome soutenant les troupes pontificales contre celles de Garibaldi,  “ils ont fait merveille” (1867).
Ils tirent plus loin, plus vite ; ils sont plus légers, mieux équilibrés, il ne crachent pas par l’arrière et ils ne s’encrassent pas comme les fusils prussiens, et surtout, ils ne se chargent plus par le canon, mais par la culasse ; les tirailleurs n’ont plus besoin de se lever pour les charger et peuvent rester ainsi à couvert.
Puis le général Boulanger est fier de faire adopter les fusils Lebel en 1886.

L’évolution de l’armement depuis le XIXe

armement

départ pour la guerre de 14

Les progrès de l’industrie permettent directement l’évolution des armements ; produire en grande série un matériel puissant, c’est atteindre le plus grand nombre de combattants adverses tout en garantissant sécurité et maniabilité à ceux qui les servent.

Il faut aussi savoir s’adapter : dans la guerre de commandos ou dans les guerillas, l’allégement devient une question de vie ou de mort.
Eléments stratégiques du progrès : acier, béton, chimie, télécommunication, chemin de fer, puis aviation.
Par l’amélioration de leur fabrication, colts et fusils gagnent en sécurité, en légèreté, en rapidité de chargement, en précision et en portée de tir.

Les canons Krupp, “triomphe de l’industrie allemande”, lancent en 1879 des obus de 700 kg perçant tous les blindages à 2 000 mètres. La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par cette course entre portée des canons et taille des obus, d’une part, résistance des blindages d’acier et des fortifications en béton, d’autre part.
L’industrie chimique fournit des explosifs de plus en plus puissants : les grenades atteignent l’ennemi abrité des coups directs, la dynamite améliore la diversité, la puissance destructrice et meurtrière des mines et pièges que le combattant peut faire exploser au passage de l’adversaire.
Au XXe siècle, la guerre change d’échelle et devient mondiale. Le transport des troupes se motorise grâce au train puis, à partir de la guerre de 14-18 grâce aux voitures et aux camions. La guerre se mécanise grâce aux chars et aux avions, puis intègre les télécommunications, le télégraphe puis le téléphone comme outil stratégique. La Première Guerre mondiale donne une accélération extraordinaire à l’aéronautique. Chaque phase de cette douloureuse période est marquée par un nouveau modèle, faisant passer la suprématie aérienne alternativement d’un camp à l’autre.
L’utilisation des armes chimiques en 1915 crée un moment de stupeur; c’est le prélude à l’affranchissement de l’armement de la tutelle de la seule sidérurgie, à son entrée dans l’ère chimique, atomique et biologique.

Aujourd’hui les drones qui permettent de tuer sans voir son ennemi, sans se “torchonner” font entrer la guerre dans une nouvelle phase : la mort de l’autre devient virtuelle : le combattant ne voit plus son ennemi en face à face, il joue à un jeu vidéo.