Ache et céleri, contre l’acide urique

Ache

Ache

Botanique

L’ache, Apium graveolens de la famille des Apiaceae est la variété sauvage du céleri cultivé, on l’appelle aussi céleri sauvage, ache des marais, ache puante. Ne pas confondre avec l’ache des montagnes ou Livèche.

C’est une plante bisannuelle, haute de 30cm à 1m, qui porte entre les mois de juin et d’août de petites fleurs d’un blanc verdâtre réunies en ombelles lâches. Sa tige creuse, profondément veinée de fortes rainures, s’articule sur une grosse racine pivotante.

Ses feuilles luisantes ressemblent à celles du céleri cultivé. Les feuilles inférieures sont pétiolées et divisées en cinq segments dentelés.

Les fruits sont des akènes globuleux.

L’ache odorante est la variété sauvage du céleri cultivé.
Elle pousse essentiellement sur des terrains contenant du sel (marais et eaux saumâtres). On la trouve à l’état naturel dans toute l’Europe, en Afrique, en Amérique du sud, et elle a été implantée dans la plupart des autres parties du monde. Elle dégage une odeur caractéristique (nauséeuse) ce qui lui a valu le nom de graveolens.

Composition chimique et usage actuels

Les semences contiennent :
– des protides, essentiellement des acides aminés libres parmi lesquels l’asparagine et la glutamine
– des lipides : acides gras (acide palmitique, acide pétrosélinique, acide oléique et acide linoléique)
– des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C)
– des composés phénoliques représentés par :
. des flavonoïdes : flavones (apigénine et apiine)
. des furocoumarines telles que la célerine
– des vitamines B et de la vitamine A (rétinol)
– de la choline
– 2 à 3 % d’huile essentielle renfermant :
. des phénols : apiol
. des monoterpènes : 60 % de limonène, alpha-terpinéol, dihydrocarvone
. des sesquiterpènes : du caryophyllène, de l’humulène, du santalol
. 10 % de sélinène
. 3 % de phtalides, principes odoriférants : sédanènolide (3-n-butylphtalide), sédanolide
. du p-cymol
. de l’alpha et du beta-eudesmol

Les semences de céleri sont carminatives et cholagogues, stomachiques, apéritives et dépuratives.
On les recommande pour leur propriétés antispasmodiques et antibactériennes.
Les semences de céleri sont réputées faciliter l’élimination de l’acide urique. Elles agissent de plus en tant que décongestionnant respiratoire.
Elles seraient emménagogues et galactagogues.
Les phtalides contenus dans les semences de céleri ont une activité sédative.
Elles sont par ailleurs diurétiques et hypotensives.
Les semences de céleri ont enfin des vertus cicatrisantes.

Utilisation alimentaire
Le céleri est un légume et un condiment. L’huile essentielle de céleri est très utilisée comme aromatisant dans les aliments ou les boissons.

Utilisations Pharmaceutique
Les semences de céleri sont recommandées dans le traitement des indigestions, des dyspepsies et des troubles hépatiques.
Le céleri a une action diurétique : on l’emploie comme adjuvant dans le traitement de la goutte et de l’arthrite rhumatoïde.
Aux Philippines, les semences sont préconisées en cas d’asthme ou de bronchite.
L’huile essentielle de céleri est utilisée dans les troubles rénaux tels que la cystite.

Utilisations cosmétiques
Les semences de céleri présentent des propriétés anti-oxydantes. L’huile essentielle bénéficie par ailleurs d’activités bronzantes et anti-oxydantes.
Elle est enfin antiseptique et stimulante.
L’huile essentielle de céleri entre dans la composition de parfums.

Usages traditionnels

On utilise, en médecine populaire et pour l’alimentation, les fruits, mais aussi la plante entière.
Ses propriétés médicinales sont connues depuis l’Antiquité où elle a été utilisée par les Égyptiens, les Grecs et les Romains.
Les principes actifs sont surtout présents dans les feuilles et les graines.
Elle a des propriétés diurétiques, stomachiques, stimulantes, expectorante et fébrifuges.
Les feuilles et la racine ont été employées dans les cas de fièvres intermittentes, de faiblesse nerveuse, dans les affections rhumatismales et goutteuses : en raison de son action contre les douleurs articulaires, on appelait l’ache  “balai des rhumatismes”.
Par décoction, on obtient un sirop efficace contre la toux.
Les graines font partie des quatre semences chaudes majeures (semences apéritives) des Anciens (Ache, Anis, Carvi et Fenouil). On en extrait une teinture utilisée lors des affections rénales.
L’eau de cuisson du céleri ferait un excellent shampooing propre à faire disparaître les pellicules et à fortifier le cuir chevelu. Le céleri était utilisé en bain local pour guérir et prévenir les engelures.
Le céleri existe sous plusieurs formes: en céleri-feuille dont on consomme les côtes, en céleri-rave que l’on prépare cru ou cuit, en céleri perpétuel et en graines, ces deux dernières formes s’employant comme condiments.
Savoureuse et apéritive, l’ache a perdu avec la culture une partie de ses propriétés médicinales. Le céleri ouvre l’appétit. Les graines sont utilisées dans les condiments et les potages (“sel de céleri”).

Folklore

semence de céleri

semence de céleri

Apium vient du celte “apon”, eau,  “graveolens” signifiant “qui sent fort”.
Le céleri a été remarqué dès l’antiquité. Le nom latin de l’ache (apium) désignait les plantes recherchées des abeilles (apis). Le mot “céleri”, quant à lui, vient de selinon qui signifiait “ache” en grec et en latin.

C’était une plante funéraire pour les Romains et pour les Grecs qui en couronnaient leurs morts. On a même retrouvé dans les tombes égyptiennes des couronnes d’ache entremêlées à des fleurs de lotus.

Considérée comme plante médicinale dès le moyen âge, elle devient une véritable panacée, comme en témoigne le dicton breton : “l’ache de tous les maux détache”, et ce n’est que plus tard que, cultivée, elle devint céleri, plante alimentaire.

C’est également une plante de réputation magique : en Franche-Comté, on la dit bonne pour la vigueur sexuelle de l’homme mais cette réputation serait due à une erreur de traduction datant du moyen âge et qui s’est perpétuée au cours des siècles.

Recettes

caponata sicilienne

Ingrédients

3 aubergines

1 pied de céleri

500 g poivrons

300 g tomates

125 g huile d’olive

Sel, poivre.

Coupez les aubergines en tranches. Épluchez le blanc du céleri et coupez-le en morceaux. Coupez les tomates et enlevez les pépins. Débitez les piments en tranches. Le tout sera placé dans un poêlon de terre.Ajoutez l’huile d’olive, salez et poivrez.Portez sur le feu après avoir recouvert afin queles légumes rendent leur eau. Faites cuire à tout petit feu pendant une heure.Découvrez alors le récipient pour laisser évaporer l’eau excédente. Dès que l’huile se met à crépiter, enlevez le poêlon du feuTransvasez dans un plat et portez-le à l’endroit le plus frais de la maison.Servez très frais ce plat qui remplace fort bien le potage.

“moretum” selon Virgile

« D’abord de la terre que ses doigts ont légèrement creusée, il retire quatre têtes d’ail aux écailles serrées, puis arrache la fragile chevelure du céleri, et la rue roidissante et les coriandres tremblantes sur leur mince tige.

Ces herbes cueillies, il est assis gaiement près du foyer et, d’une voie sonore, il réclame le mortier à sa servante. Alors, il pèle chaque tête d’ail noueuse, retire les premières pellicules et, de tous côtés, il éparpille et rejette à terre les déchets méprisés. De la plante, il ne garde que le bulbe, il le trempe dans l’eau, et le jette au creux de la pierre ronde. Il saupoudre cela de grains de sel, il ajoute un fromage que le sel a durci et rongé, et il jette sur le tout les herbes que j’ai nommées.

De sa main gauche, il maintient son vêtement par-dessus son aine velue, tandis que la droite commence par amollir sous le pilon l’ail odorant pour broyer ensuite l’ensemble où se mêlent les sucs.

Sa main tourne en rond ; peu à peu, une à une, les plantes perdent leur vertu propre ; les nombreuses couleurs n’en font plus qu’une ; ce n’est pas un vert franc parce que les parcelles laiteuses contrastent, ni la blancheur du lait, parce que toutes ces herbes l’ont altérée. Souvent une forte odeur frappe les narines dilatées du bonhomme ; il fait la grimace et maudit son déjeuner; souvent du revers de la main, il frotte ses yeux larmoyants, et furieux, il invective la fumée innocente.

L’ouvrage avançait, le pilon n’allait plus cahin-caha comme tout à l’heure, mais il tournait avec une lenteur plus pesante.

Alors il verse goutte à goutte l’huile de Pallas, ajoute la vertu d’un filet de vinaigre ; à nouveau, il mélange la préparation, et mêlée, il la brasse encore.

Enfin, de ses doigts, il fait le tour du mortier, ramasse en une seule boule les morceaux isolés pour qu’elle prenne l’aspect et le nom d’un moretum bien réussi. «

contre la gale

Le mélange de feuilles contusées, de sel commun et de vinaigre est un ancien remède populaire contre la gale.

cultiver le céleri

Sol assez frais et humide.
Multiplication par semis au printemps
sur couche ou en pleine terre.
La graine germe lentement, on repique.
La racine, bisannuelle, doit être récoltée la seconde année.

L’Acore contre la bronchite

Botanique

Acore

Acore

Appelé aussi canne aromatique, jonc odorant ou acore vrai, l’acore, Acorus calamus L., de la famille des Araceae, possède des feuilles en forme de baïonnette, ridées sur toute leur moitié inférieure et ses fleurs jaune verdâtre, minuscules, apparaissant en juin-juillet.

Le rhizome est amylacé et aromatique. Dans nos pays, l’acore ne se multiplie que par division des touffes. Le fruit est une capsule triangulaire.

Plante d’Orient, l’acore était cultivé dans le Nord Ouest des Indes et en Chine, dix siècles avant d’arriver en Europe. Végétant dans les eaux peu profondes, sur des boues riches en nutri-éléments, il est subspontané dans toute l’Europe où il fut introduit par les Tartares au XIIIe siècle, se répandant alors partout, de telle sorte qu’on le rencontre à peu près dans tout l’hémisphère Nord. Il ressemble à s’y méprendre au flambe d’eau (iris pseudoacorus).

Composition chimique et usages actuels

Usages pharmaceutiques
L’acore est employé dans le traitement des affections respiratoires (bronchites) et de l’insuffisance hépato-biliaire.

Usages cosmétiques
L’acore est reconnu être antiseptique et tonifiant par la présence de l’huile essentielle.

Composition chimique
Le rhizome renferme :
des glucides, notamment des oses et des osides (amidon, gomme, mucilages)
des composés phénoliques : 1 % de tanins
des résines
de la vitamine B1 (thiamine)
de la choline
2 à 6 % d’huile essentielle constituée de :
composés phénoliques : phénols (eugénol)
terpénoïdes : sesquiterpènes (calaménène, shyobunone, calamone, acorone, isoacorone, acalamone, acorénone, beta-asarone = cis isoasarone) et phénylpropanes
alcools sesquiterpéniques : alpha-cadinol

Usages traditionnels

 

Acore

Acore

Il ne faut ni laver ni éplucher le rhizome, l’huile essentielle étant dans son écorce. On le récolte de mars à mai et de septembre à octobre. Le tissu intérieur doit être blanc rosé, spongieux.  Sa saveur est d’abord chaude et piquante puis âcre et amère.
Le rhizome d’acore est utilisé en médecine populaire ; il est encore demandé en Europe centrale. Il était connu aux Indes comme astringent aromatique il y a quatorze siècles (là bas les rhizomes ont une plus forte concentration en essences).
En Asie, c’est un produit d’hygiène très ancien ; l’utilisant comme antiseptique, les Tartares ne buvaient jamais d’eau sans y avoir auparavant fait macérer une racine d’acore sèche. Dans la médecine chinoise traditionnelle, il traite surdité, vertiges, épilepsie. Il était mastiqué pour faire cesser un mal de dent ou rompre l’accoutumance au tabac. Hémostatique, il arrête les hémorragies passives. Il stimule la digestion, réduisant les flatuosités. Chez les Amérindiens, les vieillards mâchaient quotidiennement un morceau de racine de la longueur d’un doigt afin de rester jeunes et en bonne santé.
Il tonifie et désinfecte la peau, encourageant son irrigation : déjà les belles Romaines ajoutaient sa décoction à l’eau du bain.
En Lituanie et en Turquie, les racines, confites au sucre, étaient très appréciées. Il entre dans la composition de certaines liqueurs comme la thériaque, l’orviétan, l’eau de vie de Dantzig et, plus proches de nous, la Bénédictine et la Chartreuse.
L’acore a été employé comme antimite.
Ses tiges servaient de stylets pour écrire sur les tablettes de cire.
Le parfum du roseau odorant exerce un puissant attrait sexuel ; c’était le parfum des péripatéticiennes romaines.

Folklore

« Akoros » nomme toute plante odorante en grec et « calamus », toute plante ressemblant à un roseau en latin.
Dans le livre de l’Exode,  l’acore fait partie des plantes aromatiques que le Seigneur demande à Moïse de se procurer pour préparer l’huile d’onction, celle qui sera le Saint Chrême.
On disait que le droguiste qui n’ouvrirait pas sa porte de jour ou de nuit pour délivrer de l’acore serait mis à l’amende.
L’acore était associé au safran, au genièvre, à la myrrhe et à la cardamome pour former le « kyphi », parfum le plus courant de l’Égypte ancienne. Les archéologues affirment qu’à l’ouverture de la tombe de Toutankhamon, c’est cette odeur qui s’en échappa.

Recettes

compote de pommes à la racine de jonc

Ingrédients
une livre de pommes
sucre, selon votre goût (1 verre à moutarde)
1 bol d’eau
1/2 cuillerée à café d’acore séché en poudre
1 bâton de cannelle
quelques râpures de noix de muscadeFaites bouillir eau et sucre pendant cinq minutes. Jetez-y les épices. Laissez infuser un bon quart d’heure. Reprenez la cuisson en y versant les pommes épluchées en gros quartiers.
Lorsque les morceaux fléchiront sous votre doigt, arrêtez-la, ôtez le bâton de cannelle, laissez refroidir.
 A manger tiède accompagnée de crème froide.

racine d’acore confite

Jadis, particulièrement en Angleterre, l’acore était consommé confit comme le gingembre dont il rappelle la saveur.
Attention, fraîche la racine provoque des vomissements.

rester jeune et en bonne santé

Les amérindiens donnaient à mâcher à leurs vieillards une racine quotidienne d’acore, longue d’un doigt , afin de les tenir en bonne santé.

récolte du jonc odorant

L’acore est récolté à l’automne, uniquement en milieu sauvage, dans les marécages, au long des rivières et ruisseaux.
Isolez le rhizome que vous débarrasserez de ses petites racines avant de le mettre à sécher à l’air libre ou à l’intérieur, à une température qui ne devra pas dépasser 35°.

L’Ortie piquante

L'ortie piquante © Secrets de plantes

L’ortie piquante © Secrets de plantes

Botanique

Appelée aussi ortie dioïque, grande ortie ou ortie rouge, ses tiges quadrangulaires sont robustes et velues, elles portent des feuilles de couleur vert sombre, opposées en forme de coeur à lancéolées, elles sont de plus fortement dentées et pointues.

Feuilles et tige sont hérissées de poils très urticants.

Les fleurs sont verdâtres, visibles de juin à octobre, elles sont disposées en grappes sur les pieds femelles et en long chaton pendants sur les pieds mâles.
Les fruits sont de petits akènes.

L’ortie est une plante cosmopolite formant souvent d’importantes colonies à proximité des habitations et sur les sols riches en nitrates. Elle affectionne également les lieux incultes et les jardins, pousse au long des chemins et des murs.
C’est une herbacée vivace de 0,5 à 1 mètre de haut.
De nos jours, l’ortie piquante est utilisée dans l’industrie pour l’extraction de la chlorophylle.

Composition chimique et usages actuels

Ortie piquante

Ortie piquante

Usages pharmaceutiques
Ses parties aériennes sont traditionnellement utilisées en cas d’acné modérée et dans les manifestations articulaires douloureuses (tendinites, foulures).
Elles sont recommandées en frictions dans le traitement des douleurs rhumatismales telles que lumbagos et sciatiques.
On recommande son utilisation pour soigner les eczémas, l’herpès, le psoriasis, les aphtes et la teigne.

Usages cosmétiques
Les parties aériennes jouissent de vertus anti-pelliculaires, antiseptiques et séborégulatrices. Elles constituent un efficace stimulant capillaire. Elles sont encore astringentes, déodorantes, régénérantes et reminéralisantes.

principes actifs de l’ortie piquante
Les parties aériennes contiennent
des glucides, notamment des osides
des protides : protéines et enzymes
des lipides : phospholipides (lécithines)
des matières minérales : fer, nitrate, potassium, silicium
des acides organiques : acide ascorbique (vitamine C), acide citrique, acide formique
des composés phénoliques parmi lesquels : des flavonoïdes, principalement des flavonols : glucosides et rutinosides en 3 du kaempférol, de l’isorhamnétine, de la quercétine
des tanins
des terpénoïdes : caroténoïdes : beta-carotène, xanthophylles
des vitamines : vitamine A (rétinol), vitamine B2 (riboflavine), vitamine B5 (acide pantothénique), vitamine B9 (acide folique), vitamine K (phylloquinone)
des chlorophylles a et b
une huile essentielle
Les poils urticants renferment 3 % d’histamine, environ 0,02 % de sérotonine et 2 % d’acétylcholine

Utilisations traditionnelles

Ortie piquante

Ortie piquante

Des livres entiers furent écrits à la gloire de l’ortie louant des propriétés médicinales, industrielles et alimentaires qui de nos jours sont bien oubliées.
On utilisait toutes les parties de la plante contre les hémorragies diverses. Les graines furent recommandées par Sainte Hildegarde pour soulager les maux d’estomac. Pour calmer les douleurs rhumatismales – ou les prévenir- il est de tradition, dans certaines campagnes, de se frictionner le corps avec des orties.
Selon certains herboristes, les graines d’ortie non seulement sont excellentes pour arrêter, par friction, la chute des cheveux mais elles seraient notre meilleur aphrodisiaque instantané.Depuis la préhistoire et jusqu’au XVIe siècle, l’ortie jeune fut mangée soit crue, hachée, en mélange avec la salade soit cuite, en épinards, pour faire de la soupe et des tartes.
Pour conserver viande ou poisson frais, on les enveloppe dans des feuilles d’ortie.
Les infusions de feuilles d’ortie appliquées à l’aide de compresses sur les peaux sèches et sensibles les soulagent.
Des vêtements et des toiles ont été tissés avec les fibres de l’ortie. Au XVIIe siècle, en Hollande, de belles toiles d’ortie étaient tissées pour les peintres.

Folklore

Blason du Grand Maître Bernard de Vinero

Blason du Grand Maître Bernard de Vinero

Urtica vient du latin urere : brûler faisant allusion aux piqûres brûlantes de ses poils.
L’ortie est symbole de courage, de départie, de blessure infligée.
L’ortie favoriserait la luxure. Ovide dans son “art d’aimer” parle d’un philtre d’amour composé pour une part d’ortie et Pétrone raconte qu’une prêtresse faisait fouetter les hommes impuissants avec un bouquet d’orties sous le nombril, sur les reins et les fesses pour leur donner de la vigueur.
On dit qu’une botte d’orties fraîchement coupée et glissée sous le lit d’un malade peut hâter sa guérison.
Elle passait aussi pour supprimer la peur si on la tenait avec un brin de millepertuis.

Recettes

éliminer les poils urticants avant de la consommer

Ortie piquante

tarte aux orties

Ingrédients
500g d’orties jeunes et fraîches
2 oignons
1 gousse d’ail
4 oeufs
1/4 de litre de crème fraîche
sel, poivre
pâte brisée: 200g de farine et 100g de beurre

Préparez une pâte brisée avec le beurre et la farine. Laissez-la reposer.
Cueillez des orties avec des gants si vous en craignez les piqures. Prenez garde de les récolter loin de champs traités ou de routes empoussièrées. Il est en fait bien précieux d’avoir un »coin aux orties » dans un jardin.
Si l’ortie est très jeune vous pourrez l’utiliser en entier. Plus âgée enlevez les feuilles et jetez la tige trop dure. N’utilisez jamais d’orties en fleurs. Eh oui les orties fleurissent! regardez, vous verrez de minuscules fleurettes vertes; elles ont même des fleurs différentes selon que le pied est celui d’une ortie mâle ou d’une ortie femelle. Lavez ces feuilles à grande eau et égouttez-les comme pour une salade.
Dans une sauteuse mettez à rissoler les oignons en lamelles , ajoutez-y les orties grossièrement coupés et l’ail finement haché: laissez-les fondre. Réservez hors du feu.
Battez les oeufs, ajoutez la crème, salez et poivrez à votre goût; versez le tout  sur  les  orties.
Foncez un moule à tarte avec la pâte. Versez-y la préparation.
Mettez à cuire 35 minutes à four moyen.
Servez chaud ou froid.
Ne dites pas  tout de suite à vos convives que c’est une tourte aux orties, attendez les compliments.

soupe d’orties suédoise

Ingrédients :
700g d’orties tendres
ciboulette
1/2 litre d’eau
1/2 litre de bouillon
1 noix de beurre
1 cuillerée à café de farine
3 œufs
poivre, sel, sucre

Lavez les orties et jetez-les dans l’eau bouillante. Faites-les cuire jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Égouttez-les. Hachez finement orties et ciboulette. Faites un roux avec le beurre et la farine. Mouillez-le avec le bouillon chaud. Laissez cuire 5 mn et ajoutez la verdure hachée. Assaisonnez de sel, de poivre et d’une petite pointe de sucre.
Mettez dans chaque assiette une moitié d’œuf cuit mollet et versez la soupe autour.

foie de canard dans les orties de B. Laffon

Ingrédients pour 4 à 6 personnes
1 foie de canard de 500 g
200 g    d’orties fraîches ou 1 bocal de 37 cl

Faites sauter les orties cuites à la graisse d’oie sans les saler ni poivrer. Disposez-en la moitié au fond d’une terrine à la mesure du foie, glissez-y le foie après l’avoir paré, salé et poivré comme à l’habitude. Recouvrez le foie du reste des orties, mettez le couvercle et cuisez à four très doux (80°C) durant 1 h 15.
Pressez légèrement le couvercle, consommez dans les 2 jours.
L’accord est parfait, complétez-le d’un bon vin de rhubarbe.

beurre d’orties

Ingrédients :
1 belle poignée de     feuilles d’ortie
50 g de beurre salé

Essayez donc un beurre d’orties en écrasant beurre salé et ortie crue (traitée au jet d’eau bouillante comme pour la salade d’orties crues) finement ciselée. Et pourquoi ne pas ajouter un peu d’alliaire en feuilles hachées menu, si vous voulez lui ajouter le petit goût aillé d’un beurre pour escargot ?
Un fromage hollandais très goûteux, à base de pâte cuite, est ainsi aromatisé aux orties et au persil.

bière d’orties

Ingrédients pour 1 fût de 10 litres :
2 kg de jeunes orties
8 litres d’eau
2 citrons coupés en tranches
60g de rhizome de gingembre râpé
2 bols de cassonade
1 cuillerée à soupe de levure de bière

Faites bouillir doucement dans l’eau, les orties, le citron (avec son zeste) et le gingembre. Laissez frémir 40 mn, puis passez le liquide et ajoutez la cassonade. Lorsque le liquide est tiède, dissolvez la levure dans un bol de liquide et ajoutez en mélangeant bien.
Mettez tout de suite en bouteilles, fermez-les bien, ficelez le bouchon ou employez des bouteilles à fermeture, genre bouteilles de limonade… Quinze jours plus tard, vous pouvez boire…: c’est curieux, agréable et très rafraîchissant… D’ailleurs buvez-le frais, car si vous ouvrez une bouteille un tant soit peu tiède, le liquide s’en ira tout entier en bulles.
C’était une boisson recommandée aux goutteux et aux rhumatisants…

soufflé aux orties

Ingrédients :
1kg de feuilles d’ortie
4 petits pains
1 noix de beurre
1 verre de lait
2 oignons
sel,
fenouil
1 œuf

Faites cuire les feuilles d’ortie à l’eau salée, égouttez-les, hachez-les. Coupez le pain en petits morceaux que vous ferez revenir dans le beurre et arroserez de lait bouillant. Laissez cuire quelques minutes à l’étouffée. Ajoutez les oignons coupés très fin, du sel et du fenouil selon votre goût.
Versez les orties dans ce mélange et liez le tout avec l’œuf dont le blanc aura été monté en neige. Faites cuire 1/2 heure à four chaud dans un moule à soufflé bien beurré.
Vous pourriez ajouter à cette préparation des restes de viande, de lard ou encore de jambon hachés.

galettes d’orties

Ingrédients :
1 cuillerée à soupe de graines d’ortie
1 litre d’eau
farine de seigle
sel

Faites bouillir 20 mn les graines d’ortie. Mêlez la décoction ainsi obtenue à la farine comme pour une pâte à crêpes assez épaisse. Salez. Faites cuire 20 mn à four moyen.
On donnait ces galettes à manger le soir, aux enfants incontinents.

Ortie piquante

Ortie piquante

éliminer les poils urticants avant de la consommer

Ortie piquante

savoir manger l’ortie crue

Versez sur les orties tout justes cueillies de l’eau bouillante ou passez le bouquet dans l’eau frémissante quelques instants.
Les vésicules des poils urticants éclatent libérant et l’acide formique qu’elles contiennent le spicule de silice qui pénètre la peau.
Servez-vous alors des orties comme d’une salade ordinaire.
Ses vertus reminéralisantes et revivifiantes sont étonnantes.

Cultiver et récolter l’ortie

S’implante difficilement mais se cultive facilement, sur
sol azoté
au soleil
Multiplication par semis.
L’ortie se cueille jeune et tendre.
Surtout ne la récoltez plus quand elle est en fleur, elle commence alors à développer ces fameuses fibres textiles qui feraient une bien mauvaise soupe.
Si vous vous piquez en récoltant les orties frottez avec de la patience ou des tiges d’impatience : en 5 minutes c’est oublié.