Bicyclette, vélo, la naissance de la petite reine

bicyclette

vélocipède Michaux

Du vélocipède des snobs à la bicyclette populaire

Lancée par les snobs, la bicyclette, devenue populaire, encourage le sport.
D’abord objet de curiosité et signe d’originalité, la bicyclette devient moyen de transport ; elle invite ainsi à l’évasion, au voyage (cyclotourisme, vélo tout terrain).

Accessoire de spectacle
(cirque) et facteur de santé, elle encourage au sport et à la compétition.

Symbole d’innovation, elle est toujours à l’image des progrès techniques d’une époque.

Depuis les essais très raillés du pauvre baron de Drais en 1818, et la folie du hobby-horse en Angleterre, le vélocipède est tombé dans l’oubli.

En 1861, le Français Michaux adapte une pédivelle sur une draisienne, c’est la Michauline.

L’Empereur Napoléon III s’y intéresse ; les manèges où l’on prend des leçons de vélocipède font fureur. Au bois de Saint-Cloud, les vélocipédeurs s’essayent aux premières courses, le Paris-Rouen consacre le succès de James Moore à douze km/h de moyenne.

“Avec le vélocipède, les troupes françaises mettront moins de dix jours pour atteindre Berlin!”.En attendant, la guerre de 1870 a chassé le vélocipède de France, et ce sont les Anglais qui vont donner au bicycle sa forme
définitive : démultiplication, roulement à bille, pneumatiques gonflables.

La Reine Victoria sort avec ses dames en tricycle, symbole de la libération de la femme.

Pendant ce temps, un polytechnicien remarque avec une imperturbable logique que, “pour aller plus vite, il suffit
d’agrandir la roue avant”, et voilà le grand-bi des année 1870, l’araignée : quels frissons!

La démultiplication, en ramenant le vélocipède à une taille confortable pour tous, gagnera.

Le 28 janvier 1886, le “Véloce-Sport” parle pour la première fois de bicyclette. Devenue populaire, elle
va permettre le développement du sport et tourisme à bicyclette.

Équipée de pneumatiques et de rayons en acier, fabriqués selon la technique de tréfilage mise au point pour les filaments des lampes d’Edison, elle ne pèse plus que dix kilos.

Chronologie

1818 : premiers essais du baron de Drais sur sa machine à courir (Hobby horse en Angleterre).

1861 : Michaux adapte une pédivelle sur une draisienne ; c’est le “vélocipède français” ou Michauline.

La guerre de 70 chasse le vélocipède de France ; ce seront les Anglais qui donneront au bicycle sa forme définitive : (dé)multiplication roulement à billes et pneumatiques gonflables.

Années 1870 : le grand-bi, impasse technologique.

21 janvier 1886 : le “Véloce sport” parle pour la première fois de “bicyclette”.

1893 : 500 000 bicyclettes en France.

1900 : 1 million de cyclistes (dont facteurs, coursiers, estafettes).

1903 : premier Tour de France.

1936 : la bicyclette populaire fait le bonheur des premiers Congés payés.

1994 : le vélo santé ; le vélo randonnée (VTT).

2015 : le vélo écolo

L’évolution des modèles

Draisienne © Musée des arts et métiers, l'Album

Draisienne © Musée des arts et métiers, l’Album

La Draisienne

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Vélocipède Michaux © Musée des arts et métiers, l’Album

Le vélocipède Michaux

L’essor des chemins de fer n’arrangent pas les affaires des carrossiers comme Pierre Michaux et son fils Ernest. Aussi ont-ils tout le loisir de réparer le vélocipède de Monsieur Brunel. Cela fait longtemps qu’on ne voit plus de ces draisiennes du début du siècle dont le mode d’emploi est cependant fort simple : “on pose légèrement les pieds sur le terrain, on fait de grands pas en direction parallèle avec les roues.

“Les Michaux se posent tout simplement la question mais “si on faisait des repose-pieds en prolongeant l’essieu de la roue avant… ce serait moins fatiguant…et si on y adaptait un axe coudé !

“Muni de cette pédivelle (l’ancêtre de la pédale), le vélocipède ne s’arrêtera plus sur le chemin du succès!”

Vélocipède à chaîne Guilmet et Meyer, 1869

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Vélocipède de Guilmet et Meyer

Les débuts d’une grande chaîne!

“Pour obtenir une plus grande vitesse, il suffit d’établir une multiplication quelconque sur l’axe de la roue motrice, au lieu de continuer à agrandir la roue avant des vélocipèdes”.

L’horloger Guilmet a depuis longtemps une grande habitude de la chaîne et de la multiplication, il propose à son ami le mécanicien Meyer, qui tenait boutique à Paris, au 54 boulevard Sébastopol, non loin du Conservatoire des Arts et Métiers, de construire un “vélocipède” à chaîne.

Cette nouveauté, modèle unique prototype, est exposée en 1869 ; personne ne le remarque et Guilmet meurt pendant la guerre de 1870.

La chaîne est à rouleaux. Les roues Meyer, brevetées en 1869, sont entièrement métalliques et à rayons réglables, caractéristique qu’elles partagent avec les roues du vélocipède Suriray de la même époque. Leur particularité réside dans la disposition des coussinets à billes qui, différence fondamentale avec ceux de Suriray, ne sont pas
situés sur la fourche arrière mais dans le moyeu. Cette disposition, la seule qui permette de démonter rapidement une roue, est adoptée aujourd’hui sur toutes les bicyclettes.

Ce prototype du premier vélocipède à chaîne reste sans lendemain… jusqu’au bicycle Lawson, dix ans plus tard.

En 1874, l’Anglais Harry Lawson dépose un brevet de chaîne pour bicycle qui sera commercialisé par
l’industriel Starley, créateur des premiers modèles de bicycles pratiques, sûrs et appréciés.

En1886, le vélocipède se popularise et s’appelle bicyclette.

Vélocipède Pickering et Davis, 1869

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Vélocipède Pickering et Davis

Le vélocipède se répand et gagne les États-Unis. Les inventions y suivent la tendance de l’Europe :soixante-dix brevets délivrés en 1869.L’innovation sur ce modèle porte sur la réduction du frottement dans la direction.La solution adoptée est une pièce de bronze qui vient s’emmancher sur le corps du vélocipède et peut recevoir les frottements de l’axe de direction en acier.Les roues métalliques à rayons tangents et les pneumatiques sont d’une facture probablement postérieure.Les roues originales de ce vélocipède étaient probablement en bois comme le laisse supposer le dessin du brevet.

Vélocipède Suriray,1869

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Vélocipède Suriray

Ce vélocipède est l’un des premiers à posséder des paliers à billes.Jules Suriray,
“entrepreneur général des travaux de la Seine” prend, le 2 août 1869, un brevet portant sur un vélocipède doté de roues cerclées de caoutchouc, de moyeux garnis de billes et d’un rochet”.Seul élément absent sur ce vélocipède, par rapport à la description du brevet : le rochet qui préfigure la roue libre.Suriray a peut-être rencontré quelques problèmes pour appliquer ce principe.

Tricycle construit en 1879.

Tricycle de 1879 © Musée des arts et métiers, l'Album

Tricycle de 1879 © Musée des arts et métiers, l’Album

Ce tricycle est mû par le poids du passager qui doit effectuer un mouvement analogue à celui du trot enlevé sur
un cheval. La selle, basculante, communique le mouvement au moyeu de la roue arrière au moyen de manivelles.

Le freinage se fait “sur les semelles”, à l’aide d’un sabot de bois qui imite la forme du pied ! Le train avant mobile permet de se diriger. Trente ans plus tôt un Français avait déjà fait breveter un “pondérifère”.

Les impasses technologiques

Grand Bi Rudge

Grand Bi Rudge

Grand bi Rudge, 1887

Dans la compétition que se livrent, jusque dans les années 1890, partisans du grand bi, à transmission directe, et partisans de la bicyclette à chaîne (sur le principe breveté par Lawson en 1879), ce grand bi de taille moyenne (diamètre de la roue 1,33 m), a de nombreux atouts :
– légèreté étonnante comparée aux bicyclettes de la même époque,

– simplicité de la transmission directe, qui réduit au strict minimum le nombre de pièces en mouvement et donc les pannes, avantage décisif lorsque l’on connaît la fragilité des premières chaînes,

– position du cycliste, très proche de celle du cavalier,

– enfin beauté minimaliste du design.

L’inconvénient majeur : cette roue que l’on a démesurément agrandie pour obtenir un développement significatif par transmission directe, pose au cycliste des problèmes d’équilibre et de sécurité. Avec la disparition du grand bi dans les
années 1890, c’est une forme de privilège qui tombe : celui du sport acrobatique, souvent réservé aux hommes, et pratiqué dans les clubs. Le grand bi forme la plus aboutie de la lignée des vélocipèdes mais sera supplanté par la lignée concurrente de la bicyclette.

Dicycle “Safety” de l’Anglais E.C.T. Otto, brevet de 1879

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Dicycle Safety

On baptise “dicycle” cet engin, “ni bicycle, ni tricycle” et “ottoïstes », ses adeptes.
Plus stable que le grand bi, malgré une fâcheuse tendance à piquer du nez lorsque l’on commence à appuyer sur les pédales, le dicycle Otto est particulièrement recommandé aux
dames! En 10 ans, la Birmingham Smallarms Co limited en vendra un millier d’exemplaires.L’originalité de cet appareil est de proposer un nouvel équilibre sur deux roues: au lieu de la stabilité longitudinale et de l’instabilité transversale propre au bicycle, Otto propose un engin stable transversalement, et instable longitudinalement. Derrière la selle de la machine se trouve une béquille munie d’une petite roulette qui permet à l’ottoïste de s’asseoir sans danger de se retourner avec la machine. Une fois lancé le conducteur maintient son siège en équilibre sur l’axe des roues tout en pédalant. Le mouvement du pédalier est transmis aux roues par deux courroies métalliques.Les poignées situées de part et d’autre de la selle commandent le frein de la roue
adjacente et détendent la courroie de la roue opposée.On prend les virages en actionnant le frein d’une roue, la courroie métallique de l’autre roue dérape et permet au véhicule de tourner autour de l’axe constitué par la roue immobile. Sur ce principe de direction on réalisera des tricycles et des quadricycles. Ultime résurgence du même principe: la direction d’un char d’assaut qui se fait en freinant l’une ou l’autre des chenilles.

Les inventeurs

Karl Friedrich Drais, baron von Sauerbronn1785 (Karlsruhe) – 1851 (Karlsruhe), mécanicien badois.

Un personnage portant la redingote verte du service des eaux et forêts du grand-duché de Bade, fait son entrée dans les rues de Mannheim : juché sur un étrange véhicule à deux roues, il se propulse alternativement du pied droit et du pied gauche, progressant à l’allure du cheval au trot ; c’est Karl Drais von Sauerbronn.

Pour avoir effectué sans chute le trajet Karlsruhe-Strasbourg en quatre heures, le quart du temps nécessaire en diligence, il obtient un brevet, limité cependant au duché de Bade.1817 : passionné de mécanique, l’inspecteur des eaux et forêts met au point une machine, un véhicule dont l’avant n’est plus monté directement sur la poutre du  support du cavalier,  mais qui s’articule directement sur cette poutre par un pivot qui lui permet d’osciller à  gauche et à droite ; c’est une préfiguration de la bicyclette : la draisienne.

Drais possède une imagination fertile et une réputation d’inventeur: un périscope, une méthode pour l’écriture rapide, un système de calcul binaire, une machine reproduisant automatiquement en notes écrites les improvisations jouées par un musicien.

La draisienne, construite par le baron, est exhibée  par son domestique en 1818, devant les badauds des jardins de Tivoli. Mais celui-ci, faute d’entraînement, fait piètre figure dans sa démonstration et s’attire les ricanements des spectateurs. Quand il rentre faire son rapport à son maître, celui-ci est exaspéré par cet échec et désespéré par les caricatures qui ridiculisent son invention.

Il décide d’abandonner son vélocipède, et de se retirer dans un couvent de Karlsruhe. Isolé du reste du monde, il meurt en 1851.

Pierre Michaux 1813 (Bar-le-Duc) – 1883 (Bicêtre), mécanicien français

Cet ancien constructeur de diligence sans commande se convertit de la carrosserie au véhicule à deux roues. La bicyclette lui doit l’invention des pédales. Pour transmettre sa propre énergie au véhicule à actionner, Michaux exploite le mouvement circulaire continu de ses pédales coudées.Les usagers de la draisienne se sont aperçus d’un phénomène curieux : dans les descentes, ils peuvent se laisser aller sans toucher terre ; ils sont en équilibre sur deux roues dans le même plan.Mais cette “expérience” les oblige à maintenir les jambes écartées, posture fort incommode.Ernest Michaux, le fils, dont le jeu préféré est de descendre le pente des  Champs-Elysées sur un bicycle, a l’idée de munir la fourche avant de repose-pieds. Le père lui fait remarquer qu’il serait plus judicieux de remplacer les repose-pieds par une manivelle.
En 1855, Michaux fait couder l’essieu de sa roue avant et y ajuste directement les pédales au moyeu. Il utilise ainsi l’appui de ses pieds pendant la descente pour activer le mouvement.
Michaux père est alors constructeur de mécaniques pour voitures (Cité de Godot de Mauroy, aux Champs-Elysées) : il sera le premier constructeur du bicycle à pédales. Il remplace aussi les pièces de bois du bicycle par des pièces moins volumineuses en fonte malléable, métal suffisamment résistant et facile à modeler, qu’il emploie pour ses mécaniques de voiture. Ainsi naît la draisienne à pédales : le vélocipède.
Le vélocipède Michaux connaît un grand succès durant le Second Empire.L’année de son invention, il s’en vend 2 exemplaires, 142 en 1862 et plus de 400 en 1865.

Testez votre confiance en votre partenaire

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Tandem

Le tandem est un véritable juge de paix pour tester les relations que vous avez avec votre partenaire.Faire de la bicyclette à deux sur le même vélo, c’est à dire sur un tandem est un merveilleux test de la confiance que vous faites à l’autre et à vous même.

En principe, la place de la dame est devant, galanterie oblige, pour qu’elle soit à l’aise, voie mieux la route et profite de sensations plus fortes. Mais l’homme peut également diriger…Et le tandem pour tous existe!

Faites l’essai avec différents partenaires, vous en apprendrez long sur
vous et sur le partenaire. Ce test est presque aussi efficace que de passer quelques jours en vase clos en bateau par exemple pour tester la confiance que vous faites à l’autre, la confiance qu’il vous fait, vos capacités à diriger…et à suivre sans broncher!

Supportez-vous d’être derrière et de ne rien pouvoir diriger, vous ne pouvez que pédaler et hurler au secours, pouvez-vous être devant et supporter tous les faux mouvements de votre partenaire qui est derrière et qui se trémousse de peur ou êtes-vous capable, devant ou derrière d’être parfaitement en harmonie, de pédaler en rythme et de faire confiance à l’autre sans mourir de peur?

Trouvez un tandem et essayez.

Les impasses technologiques reviennent à la mode

motopède - Sciences et Voyages 1919

motopède – Sciences et Voyages 1919

Pourquoi certaines inventions percent-elles et d’autre pas? De nombreux facteurs sont en cause comme la maturité technologique mais aussi et surtout l’imaginaire social. L’objet doit correspondre non seulement à un besoin mais à la manière dont on souhaite l’assouvir.

Il faut croire que le motopède, lancé en 1916 aux États-Unis, puis en Angleterre ne correspondait pas à la manière dont les citadins avaient envie de se déplacer.

Pourtant, aujourd’hui, un motopède électrique à trois roue que l’on peut recharger chez soi serait une solution écologique au transport urbain, l’automobile pour tous…disait-on en 1919.

Les Américains y croyaient. Ils assuraient que ce véhicule commode, peu encombrant, peu coûteux et peu dangereux permettraient aux ouvriers de se rendre au travail…mais apparemment ce sont les snobs qui l’utilisaient sur la plage de Long Beach ou les jeunes Américains et quelques Anglais de la City se rendant à leurs affaires.
Le motopède, trottinette améliorée peut atteindre le 25 à 30 à l’heure en terrain plat, il monte des pentes douces, est muni d’amortisseurs. Il est pourvu d’un moteur à essence deux temps  et le débrayage et le freinage s’opèrent en même temps en ramenant le guidon en arrière. Il existe une version à trois roues.

Il ressemble furieusement à la trottinette électrique d’aujourd’hui!

L’abricotier au fruit symbole du sexe féminin

L’abricotier, Prunus armeniaca L., de la famille des Rosaceae, est un arbre fruitier relativement petit, vivant à l’état sauvage de l’Iran à la Mandchourie. En Chine, il est cultivé depuis 4 000 ans. Actuellement au travers de l’Europe des vergers entiers lui sont consacrés en climat tempéré et méditerranéen. Ses jolies fleurs blanches, souvent lavées de rose surgissent au printemps avant les feuilles dentées, luisantes et coriaces. Dans le courant de l’été elles laissent la place à de grosses drupes dont on consomme la chair juteuse et savoureuse.

Composition chimique et usages actuels

noyaux d'abricot

noyaux d’abricot

Qualités : adoucissant, anti-âge, anti-radicalaire, astringent, hydratant, tonifiant, exfoliant.
anti-asthénique, fortifiant, dépuratif. L’abricot, par sa richesse en vitamines et oligo-éléments, est un anti-anémique et un fortifiant puissant. Son contenu en pectines lui confère des propriétés hémostatiques efficaces notamment sur le tube digestif.

Le fruit contient :
– des glucides principalement des oses (acide galacturonique, fructose et glucose) et des osides (pectine et saccharose)
– des protides (< 1 %)
– une faible quantité de lipides (< 0,5 %)
– 0,5 à 0,6 % de matières minérales
– des acides organiques notamment  l’acide ascorbique (vitamine C), l’acide citrique, l’acide malique et l’acide tartrique
– des composés phénoliques : des flavonoïdes
– des terpénoïdes : caroténoïdes en quantité appréciable dont le beta-carotène- des vitamines : vitamine B1 (thiamine), vitamine B2 (riboflavine), vitamine B5 (acide pantothénique), vitamine B12 (cobalamine) et vitamine B3 (vitamine PP, niacine)

Utilisations pharmaceutiques

L’abricot est efficace contre l’anémie, l’asthénie, la nervosité et il est fréquemment recommandé lors des convalescences. Les pectines qu’il renferme sont souvent utilisées dans les affections gastro-intestinales car elles retardent l’élimination trop rapide de substances telles que la pénicilline, l’insuline ou la vitamine C en formant des combinaisons à poids moléculaire élevé.

Utilisations cosmétiques
La fraction hydrosoluble des extraits d’abricot a des activités adoucissantes, astringentes, hydratantes et tonifiantes.
Les acides organiques lui confèrent des propriétés exfoliantes et sa teneur en pectines en fait un excellent épaississant.
On attribue à la fraction lipidique, grâce à la provitamine A qu’elle renferme, des propriétés anti-âge et anti-radicalaires, fonctions essentielles contre le vieillissement cutané et elle possède par ailleurs une activité tonifiante.

On recommande les extraits de fruit dans :
– des produits capillaires pour cheveux gras
– des produits hydratants pour le corps et les mains
– des produits pour le visage particulièrement pour le contour des yeux, pour les peaux sèches, matures et abîmées (masques, crèmes de jour et de nuit)

Utilisations traditionnelles

Abricotier

Abricotier

Ce sont ses fruits et leur amande que l’on emploie pour des pratiques tant médicinales, qu’alimentaires ou magiques.
L’abricot mûr est un fruit recherché, nourrissant, dépuratif, riche en vitamines A, C et en fer, apéritif, très énergétique et équilibrant du système nerveux.
L’abricotier d’Amérique ou de Saint Domingue (Mammea americana L.) appartient lui à la famille des Guttifères. Ce nom impropre lui a été donné par les premiers colons qui ne savaient comment le nommer ; cultivé aux Antilles, son fruit arrondi dont le volume est le double de celui d’un poing est préparé à l’état de compote avec ses fleurs, du vin sucré et aromatisé pour obtenir une liqueur nommée « Eau des Créoles ».
La consommation de l’abricot convient aux nerveux, aux intellectuels surmenés, atteints d’anémie par perte de sang, ou d’arthrite – comme alcalinisant- . Par contre ceux qui digèrent mal ou ont un foie sensible devront l’éviter.
Les médecins arabes prescrivaient l’huile extraite des noyaux d’abricot pour soigner les hémorroïdes, les maux de nez et des oreilles. Sa consommation exclusive guérirait l’aphonie.
Extérieurement dans la pratique populaire on l’utilise bien mûr en masque de beauté reconstituant, nourrissant et adoucissant : par son action calmante c’est
un excellent antirides.
L’abricot est synonyme de dessert de choix en cru et en cuit (marmelade, confiture, pâte confite) mais attention, s’il n’est pas mûr il est indigeste.
Son amande, amère, très oléagineuse, est comestible mais son enveloppe – qu’il convient d’éliminer dans toute préparation culinaire – renferme une substance génératrice d’acide cyanhydrique qui est un poison violent.

Histoire et folklore

blason, Aubry de la Villedé : d’azur à deux lions affrontés d’or supportant ensemble un écusson chargé d’un abricotier de sinople.

blason, Aubry de la Villedé : d’azur à deux lions affrontés d’or supportant ensemble un écusson chargé d’un abricotier de sinople.

Les inscriptions de l’Égypte et de Babylone, les textes de la Bible ne font aucunement mention de l’abricot.
Selon Pline l’Ancien, l’abricotier serait originaire de Mongolie d’où les caravanes chinoises l’auraient apporté jusqu’au royaume des Parthes sur les bords de la mer Caspienne. Là, il serait devenu l’arbre emblématique de l’Arménie et se serait répandu en Europe, d’où son nom scientifique d’espèce : « armeniaca ». Sa culture se propagea d’Arménie en Grèce puis en Italie vers le milieu du premier siècle de notre ère. Romains et Arabes l’emportèrent ensuite dans leurs bagages de conquérants.
Son fruit est symbole du sexe féminin. On raconte qu’Eudoxie, impératrice d’Orient, scandalisait l’Église byzantine par son luxe et ses débauches ; lorsqu’elle exila le Patriarche Jean Chrysotome de Constantinople, le peuple assiégea son palais et le bombarda…d’abricots.
A la Cour de France, le rébus, déjà à la mode durant toute la Renaissance, devint une véritable manie sous le règne d’Henri III : « mignons » et duchesses rivalisaient d’esprit pour y introduire le mot abricot à des fins de marivaudages d’un goût souvent assez douteux. Finalement la Reine se fâcha et fit interdire l’emploi du nom de ce fruit dans ces jeux.

D’innombrables recettes de charmes ou de filtres incluent pulpe ou essence d’abricot pour susciter la passion amoureuse.

Recettes

pâte d’abricot
Ingrédients
500 g d’abricots
sucre cristallisé : 500g
Matériel :
une bassine à confiture non étamée
une écumoire
des pots à confiture pour 800 à 900g

Prenez des abricots de plein vent, mûrs. Fendez-les en deux pour ôter les noyaux que vous réserverez.
Pesez vos fruits et sur l’autre plateau de la balance le même poids de sucre cristallisé. Laissez-les reposer ensemble une nuit.
Le lendemain vous ferez cuire le tout dans la bassine à confiture en évaporant l’eau le plus possible.
Étalez dans un plat creux une couche d’environ 2 cm et saupoudrez de sucre cristallisé. Laissez refroidir, découpez en carrés que vous conserverez dans une boîte de bois ou de fer  en séparant les couches de pâtes de fruit par du papier.
Ce peut  être un joli cadeau de Noël.

salade de champignons aux abricots secs
Ingrédients pour 2 personnes
6 rosés ou champignons de Paris bien frais
feuilles d’aneth ou de fenouil
3 abricots secs en tranches minces
sel
citron
huile d’olive
Mélangez délicatement les ingrédients. Servir frais.
Cette agréable salade vaudra par la fraîcheur et l’excellence des éléments choisis.

sorbet  à l’abricot

Pour 1 litre environ
200 g de sucre
175 g d’eau
625 g de pulpe d’abricot

Portez l’eau à ébullition avec le sucre. Ajoutez la pulpe de fruit que vous aurez soigneusement passée au chinois. Laissez refroidir avant de mettre en sorbetière.

confiture d’abricot
Ingrédients
2, 5 kg d’abricots
1,5 kg de sucre cristallisé,
3 dl d’eau,
1 gousse de vanille

Essuyez soigneusement les abricots. Fendez-les en deux pour retirer les noyaux. Pesez-les : tout préparés, vous devrez en avoir 2 kg.  Versez le sucre cristallisé dans la bassine, puis l’eau. Mettez sur un feu assez vif en secouant de temps en temps d’un mouvement circulaire votre bassine pour activer la dissolution du sucre dans l’eau. Faites bouillir le sirop pendant 20 minutes sans le remuer jusqu’au “petit boulé”. Ajoutez alors la vanille que vous aurez fendue sur toute sa longueur, puis, avec précaution, les fruits en plusieurs fois, en ne mettant à chaque fois que la quantité qui tient à la surface du sirop. Retournez les fruits en les enfonçant avec l’écumoire ; les fruits sont devenus transparents. Retirez-les délicatement du sirop et répartissez-les dans les pots jusqu’à mi-hauteur. Continuez à feu vif de cuire le sirop et le jus rendu par les abricots : laisser bouillonner à nouveau jusqu’à épaississement du sirop qui réduit de moitié. Retirez la vanille.
Répartissez alors le sirop dans les pots jusqu’à 1 cm du bord.
Confiture délicate mais si transparente.

chutney d’abricots et de pommes
Ingrédients pour environ 1,5 kg:
500 g d’abricots secs, hachés
2 pommes vertes, épluchées et hachées
3 gros oignons émincés
125 mg de raisins secs
450 ml de vinaigre blanc
250g de sucre brun
1 cuillère à café de graines de moutarde
1 de cuillère à café de gingembre moulu
1 cuillère à café de piment de la Jamaïque moulu
1 cuillère à café de sel

Faites trempez les abricots quelques heures dans un bol d’eau, puis égouttez-les.
Placez tous les ingrédients dans une casserole à confitures et laissez mijoter 45 minutes à feu doux jusqu’à obtention d’une pulpe épaisse. Mélangez fréquemment pour que le fond n’attache pas.
Versez le chutney chaud dans des bocaux à conserves préalablement chauffés.

sifflet
sifflet avec noyau percé
Il suffira de frotter très patiemment un beau noyau d’abricot sur une
pierre, toujours au même endroit pour y faire un trou. Présenté devant
les lèvres du siffleur et grâce à un souffle vigoureux il émet un son
strident.
C’était traditionnellement un jouet de garçon.

Extrait du CD-Rom « Secrets de plantes », réalisé par Maryvonne Pellay avec Clotilde Boisvert, photos Pierre Aucante

Agar-agar

Agar-agar

Agar-agar

On apelle “agar-agar” ou aussi ogonori un mélange d’algues rouges qui, par décoction suivie de refroidissement donnent une gelée solide.

L’agar-agar ou ogonori (mot japonais signifiant fil à coudre) est formé d’une quinzaine d’algues rouges différentes selon les pays. En France l’agar-agar est fabriqué essentiellement à partir de Gracilaria verrucosa et de Gelidium sp. Thalle rouge foncé, de 30 à 50 cm de long, à plusieurs branches, devenant linéaires. Des cystocarpes, disposées en grande quantité, forment des renflements hémisphériques.
On les trouve dans le monde entier, abondantes dans les estuaires et les eaux peu profondes.
En France, on elles sont localisées en quantité exploitable dans la région de Nantes et surtout d’Hendaye.

Usages

Agar-agar

Agar-agar

L’agar-agar c’est aussi bien la gélose des laboratoires que la base de certains plats traditionnels, les jellos parfumés aux fruits et même aux légumes, font la joie des anglo-saxons.
L’agar-agar est utilisé également dans les régimes d’amaigrissement : pris en début de repas, il remplit l’estomac, estompant la notion de faim.

Folklore

Agar-agar

Agar-agar

La découverte de l’agar-agar est légendaire. Au Japon, un soir, l’empereur qui voyageait incognito avec seulement quelques serviteurs, se perdit et se réfugia dans une humble auberge. Il était très tard et l’aubergiste n’avait plus rien à offrir. Désespéré, il passa dans l’arrière cour essayant de récupérer quelques restes. Il avait jeté des algues et du poisson qui était le menu du soir et comme il gelait il récolta ces algues sous la forme de longs filaments blancs.
Une fois dans l’eau ceux-ci transformèrent le plat en une excellente gelée qui obtint un franc succès : c’était le premier agar-agar.

Recettes

gelée d'agar-agar

gelée d’agar-agar

gelée épicée au lait de coco
Ingrédients pour 4 personnes:
4 tasses d’eau
1 sachet (2g) d’agar-agar
1 capsule pilée de cardamome
2 cm de rhizome de gingembre frais
1 cuillerée à café de cannelle en poudre
6 morceaux de sucre de canne
1 tasse de lait de coco
3 grains de sel

Mélangez dans l’eau les épices et le gingembre épluché et râpé. Faites bouillir et ajoutez alors l’agar-agar en remuant et la pincée de sel. Laissez cuire une dizaine de minutes. Ajoutez le sucre en remuant. Versez le lait de coco. Continuez à remuer.
Vous aurez préparé un moule (bol, plat creux) rincé à l’eau froide et juste égoutté. Versez-y la préparation après l’avoir passée au chinois. Laissez-la refroidir puis prendre pendant 2 heures au réfrigérateur. Vous la démoulerez facilement en trempant le plat dans de l’eau chaude à mi-corps.
C’est un plat sucré des Indes.

compote de pêches à la menthe
Ingrédients
1 dose d’agar-agar
2 cuillerées à soupe de menthe sèche
2 à 3 pêches
2 cuillerées à soupe de sucre
1 litre d’eau

Faites une compote de pêches d’une part, une gelée d’agar-agar à la menthe d’autre part.
Pour la compote de pêches confectionnez un sirop avec le sucre et l’eau. Faites bouillonner. Jetez-y les pêches épluchées et coupées en gros morceaux. Aussitôt les morceaux de fruits attendris, ne les laissez pas se défaire, arrêtez la cuisson et laissez refroidir.
Préparez une infusion sucrée de menthe: elle sera moyennement sucrée mais riche en menthe du type menthe poivrée. Une fois prête, passée, encore chaude versez dans cette solution la dose adéquate d’agar-agar. Faites bouillir 1 minute. Versez dans un plat creux autant que possible rectangulaire sur une épaisseur d’1 cm. Laissez refroidir et prendre au réfrigérateur.
Sortez la gelée du réfrigérateur, divisez-la en cubes d’1 cm de côté.
Démoulez en trempant le plat brièvement dans l’eau chaude.
Répartissez les petits cubes verts dans la compote de  pêches rafraîchie.
(pour un vert plus intense vous pouvez ajouter un peu de
sirop de menthe à la gelée mais diminuez alors la teneur en sucre d’autant).

jello
Ingrédients
2 doses d’agar-agar
les 3/4 d’un petit bol d’eau
1 bol de sucre en poudre
21 de jus d’orange
6 cuillerées à soupe de jus de citron
sel fin
accessoires alimentaires(fleur ou fruits décoratifs)

Faites chauffer et bouillir 1 mn l’algue en poudre.
Ajoutez le sucre, 3 grains de sel fin et remuez jusqu’à dissolution ; versez alors les jus de citron et d’orange. Disposez au fond d’un bol ou d’un saladier humidifié un petit décor tel que une belle fleur de primevère des bois, un semis de pétales de violettes, quatre pétales de coquelicot en croix. Vous aurez soin bien entendu de les poser la face contre le fond du bol  Versez délicatement la préparation dessus. Laissez refroidir puis « prendre » au refrigérateur quelques heures. Démoulez en trempant le bol à mi-corps dans l’eau chaude. Renverez sur le plat de service.
C’est joli et très amusant.
Bien meilleur fait avec des jus naturels qu’acheté tout fait dans le commerce. Je doute que vous en trouviez en France mais aux Etats-Unis, on peut voir des rayons entiers dans certains supermarchés, uniquement remplis de « jello » de toutes sortes, souvenir de la lointaine Grande Bretagne et d’un temps où l’on consommait couramment des algues.

kyauk kyaw (chau-chau)
Sur le marché de Rangoon on vend une petite algue gélifiante, son nom birman signifie « pierre-fleur », son nom scientifique est Eucheuma gelatinae. Nous la remplacerons dans cette recette par de l’agar-agar.
C’est une boisson vendue en Birmanie, très couramment, dans la rue.

Ingrédients
agar-agar
sucre de palme
eau de rose
eau glacée et glace pilée

Confectionnez un sirop de sucre de palme. Parfumez-le à la rose dès son refroidissement.
Préparez d’autre part une gelée d’agar-agar(suivre les proportions indiquées sur les sachets), sinon achetez une boîte de gelée d’algues dans une épicerie chinoise. Découpez la gelée en très fines lamelles.
Dans chaque verre mettre pour 1 cuillerée de lamelles de gelée, 1 cuillerée de sirop parfumé, ajoutez la glace pilée puis l’eau glacée. Mélangez soigneusement avant de servir.
C’est une délicieuse boisson de canicule.

gâteau d’algues au serikaya
Ingrédients pour 4 personnes:
5g d’ agar-agar
50g de sucre
1 litre d’eau

Serikaya :
2 oeufs
40g de sucre en poudre
500g de crème de noix de coco

Versez dans une casserole l’eau, le sucre et l’agar-agarque vous ferez bouillir environ 5 mn. Vérifiez que le sucre soit bien fondu.
Préparez un moule: passez-le sous l’eau froide, ne l’égouttez pas. Versez alors la préparation en la passant. Dès son complet refroidissement entreposez-la au réfrigérateur pour 2 ou 3 heures.
Au moment de servir confectionnez la sauce d’accompagnement, le serikaya. Mélangez les oeufs et le sucre, versez la crème de coco sans cesser de battre. Faites cuire le tout en remuant au bain-marie jusqu’à épaississement (10 mn environ).
Démoulez le gâteau d’algues sur le plat de service. Présentez le serikaya dans une saucière, à part, chaud
ou froid.
C’est une recette indienne.

boisson de Grenade
À Grenade une fraîche boisson est faites à partir d’algues gélifiantes auxquelles sont mêlées muscade, cannelle, girofle et sucre – toutes épices poussant sur l’île. Elle est tellement populaire qu’elle peut même être achetée en bouteille.

arlequin blanc
Ingrédients pour 4 personnes
4 g d’agar-agar
75 g de lait de coco
180 g de sirop de canne à sucre
1/2 litre d’eau

Dans une casserole versez l’eau, 60g de lait de coco, le sucre de canne et l’agar-agar. Faites bouillir le tout durant 5 bonnes minutes.
Versez dans un moule rectangulaire sur une épaisseur de 2 cm. Laissez refroidir. Le tout se prend en gelée. Versez alors le reste du lait de coco sur la préparation et mettez la préparation au réfrigérateur pendant environ 2 heures.
Découpez en losanges cette gourmandise indienne, délicieusement rafraîchissante à l’heure du thé ou après un repas épicé.

le dessert de Luang
Ingrédients
1 boîte de gelée d’algue (épiceries orientales)
gingembre frais
sucre
eau

Faites bouillir le gingembre paré dans l’eau. Passez. Ajoutez le sucre. Faites refroidir et même glacer.
Découpez la gelée en tout petits morceaux.
Dans chaque verre déposez 2 cuillerées à café de gelée, versez dessus le gingembre glacé.
C’est une rafraîchissante, inhabituelle et délicieuse boisson d’été. Luang est vietnamien.

agar-agar, mode d’emploi
L’agar-agar fond dans l’eau à partie de 80°C.
Il prend en gelée entre 25 et 30°C.

Dosage :
0,5 à 1% soit 1/2 gramme pour gélifier 1/2 litre.