Gâcher sa vie en procrastinant

oeuf de pâques

oeuf de pâques

Pour gâcher sa vie

Il suffit de ne pas résoudre les problèmes quotidiens.

Selon la personnalité, les facteurs qui gâchent la vie, vont des raisons concrètes (un problème concret qui pourrait être résolu mais qu’on rechigne à résoudre pour des raisons parfois obscures), aux raisons affectives (qu’on ne sait pas comment résoudre, soit par manque de courage, soit par attachement, soit par gentillesse), et aux raisons abstraites (mal être, voie choisie inadaptée, etc.).

Faites ce petit test flash qui n’a comme unique prétention que de vous faire vous poser des questions sur les façons de gâcher sa vie.

  1. Qu'est-ce qui vous gêche la vie?






 

Essayez de recenser vos problèmes à résoudre.

Certains sites vous proposent même de vous vendre des problèmes contre du vrai argent.
Pas besoin de payer pour que l’on vous propose un problème, chaque instant de la vie en est un si vous êtes conscient de ce qui se présente à vous qui mérite votre attention et qui appelle une décision.
Le premier jour, notez dans votre journée tout ce qui vous grattouille ou vous chatouille: trop de temps pour aller au bureau, pas content(e) de votre look dans le miroir le matin, relation maussade avec votre compagne ou compagnon… À la fin de la première journée, choisissez un petit ou un gros de ces problèmes puis définissez une stratégie et une tactique pour le résoudre au lieu de le subir avec ennui et déplaisir.

La carline acaule

carline acaule © secrets de plantes

carline acaule © secrets de plantes

La carline acaule (ou cardabelle ou baromètre ou chardonnette ou loque), Carlina acaulis, de la famille des Asteraceae,  est une belle indigène des terrains calcaires entre 400 et 2800 m. On la trouve à ras de terre, épanouie comme un petit soleil épineux dans les pâtures, les pelouses maigres, les bois clairs de montagne, en France (Alsace, Aube, Vosges, Jura, Bourgogne, Loire, Bugey, Lyonnais, Dauphiné, Vaucluse, Var, Alpes maritimes, Pyrénées) et aussi en Espagne, Italie, Europe centrale. 

Les malheurs de Sophie

Les malheurs de Sophie

bibliothèque rose

Le bonheur d’écriture, connais pas. J’ai toujours enfilé les mots laborieusement, je ne termine pas mes phrases lorsque je parle, je préfère remplacer les termes exacts par une gestuelle ou une attitude. Dès que j’essaie de préciser ma pensée, la phrase prend des allures de démonstration mathématique.
Pourtant, dès l’âge de 5 ans, je voulais être écrivain, écrivain, pas pour les enfants, pour les grands, écrire les livres à couverture blanche que je n’avais pas le droit de toucher, ces livres sûrement dans lesquels j’aurais pu trouver les expériences du monde, ces livres qu’il fallait couper pour les découvrir… pas comme les malheurs de Sophie, le seul livre de ma bibliothèque jusqu’à ce que j’aie l’âge de dix ans.
Les malheurs de Sophie, je les connais par coeur. J’aimerai comprendre pourquoi une institutrice n’a offert à sa fille qu’un seul livre.
Comme on passe sa vie à panser ses traumatismes sans penser aux autres, je n’offre à mes filles que des livres…Oh, non, pitié, maman, pas encore un livre !
Mon petit jeu favori, c’est fermer les yeux et de me donner une minute pour rassembler les dix souvenirs qui surgissent de façon intempestive, comme les titres des 10 livres qu’on aimerait emporter sur une île déserte.
Ma vie, je crois, se résume à ça.
Si je recommence l’exercice plusieurs jours de suite, les fulgurances mnésiques changent, mais en fait pas tellement, certains souvenirs reviennent de façon lancinante, comme des constantes universelles de ma mémoire.
Si je devais raconter ma vie, je ne le ferai ni chronologiquement, ni sous forme d’un récit que je ne saurais pas construire, mais en recommençant, chaque jour, ce petit exercice quotidien: une minute pour dix souvenirs.
Cette semaine, voilà dans l’ordre, les dix souvenirs qui me viennent.
1 – Ma découverte de la Phèdre de Sénèque à 14 ans, cachée sous le divan de la salle à manger pour être tranquille.
2 – En plein été, beau soleil et grand vent, sur le lande de Pont-Croix, dans le cimetière, j’ai 14 ans, on descend lentement le cercueil de mon père. J’ai du mal à retenir mes larmes, et je m’aperçois que je retiens mes larmes avec la même émotion que lorsque je levais les couleurs dans la garnison avec mes gants blancs et ma cape bleu marine, accompagnée par la fanfare. Je m’aperçois que j’ai plus de peine parce que la France vient de perdre un héros que parce que mon père, qui n’a fait que de brèves apparitions dans ma vie, en héros, est mort. C’est cette constatation qui me fait pleurer.

J’ai compris ce jour-là que j’étais plus sensible au concepts qu’aux choses elles-mêmes.
3 – J’ai des règles affreusement douloureuses, à ne pas pouvoir me lever, à dégueuler, à avoir tellement mal au dos que je ne peux plus faire un mouvement…sauf lorsque je dois monter à cheval. Là, c’est bizarre, la venue de mes règles ne me fait aucun effet.
4 – Je suis tranquillement vautrée sur mon lit à essayer de faire de la géométrie en écoutant de la musique…ma mère entre dans ma chambre, évidemment sans frapper, ma mère n’a jamais frappé pour entrer dans ma chambre…  «  ça sent le mâle, ici…qui as-tu vu  ?  ». Je suis dans un lycée de filles, je ne connais aucun garçon, et encore moins l’odeur du mâle. Après cette remarque, je me suis mise en quête de renifler un peu mieux.
5 – J’ai 18 ans, j’ai déjà flirté, j’ai vu un homme à poil bander, j’ai même couché dans un lit avec lui, sans faire l’amour. Puis je rencontre un homme dont la morgue me plait. J’imagine qu’avec lui, j’apprendrai comment gérer les mecs. On se tournait autour, puis un jour, dans sa chambre, il me serre dans ses bras, je crois qu’on ne s’était jamais embrassé. Il m’embrasse et là…avec son corps, il a, contre moi, tout habillé, des mouvements si semblables à ceux du chien que cette résurgence incontrôlée d’un mouvement totalement animal chez quelqu’un d’aussi intelligent et sophistiqué m’a fascinée.
6 – Lorsque j’avais la tuberculose à 6 ans, de mon lit où j’étais clouée, je voyais une grosse prose de courant qui me regardait de ses deux yeux noirs. J’étais persuadée que si je mettais juste dans son axe de tir, deux stylets d’acier en jailliraient pour me transpercer. Pendant des mois, cette prise me hantait…jusqu’au jour où, pour anéantir cette menace permanente, je suis allée mettre mes deux doigts dans du 380 Volts… Je ne sais pas comment je suis encore en vie…
7 – Je n’ai vu ma mère rire vraiment qu’une seule fois. C’était pendant les vendanges, nous étions au «  moulin  » chez une de mes tantes qui avait un jardin potager si merveilleux et mon oncle essayait manifestement de dérider ma mère. Il a été question de beurre. Je ne sais plus pourquoi mon oncle a commencé à rire si fort qu’il a émit un pet tonitruant et si long…que ma mère a éclaté de rire. C’est le seul souvenir d’enfance de rire de ma mère que j’ai.
8 – J’ai passé mon permis dans les quinze jours qui ont suivi mes dix huit ans et j’ai acheté très vite ma première voiture, une petite Austin rouge. Je la garais devant la sur d’Ulm…un jour, en sortant des cours, je monte dans ma voiture qui ne démarre pas. J’ouvre le capot et j’entends des rires : les copains normaliens étaient sur la terrasse en train de se foutre de ma gueule. J’ai remis en place les bougies qu’ils avaient démontées et j’ai démarré après leur avoir fait un bras d’honneur…Plus jamais, il ne m’ont fait de sale blague.
9 – Toujours la tuberculose, toujours au lit, c’est la fête de la Saint-Nicolas, le 6 janvier je crois. En Autriche, c’est plus important que Noël. Je sais que c’est la fête. Je suis au fond de mon lit en attendant que ma mère rentre de classe. La clef tourne dans la serrure et 12 diables surgissent autour de mon lit en me disant que j’étais une vilaine et qu’ils allaient m’emporter en enfer. Ce sabbat dure plusieurs minutes, puis Saint-Nicolas arrive en disant qu’il va me sauver. Mais merde, je n’avais pas besoin d’être sauvée. Pendant des mois, j’ai cru que Dieu m’avait puni d’avoir donné pour les enfants défavorisés du bataillon, les meubles de poupée que j’aimais le moins, alors que ma mère m’avait bien dit que pour que ce don ait de la valeur, pour que ce soit une vraie offrande, il fallait que je donne ceux que je préférais. Je me suis mis sous la couette pour examiner mes préférences puis, c’est vrai, j’avais une préférence, mais je m’étais convaincue que ma préférence allait aux meubles de poupée les moins jolis, donc qu’il valait mieux que je donne les plus jolis plutôt que ceux que je préférais…et voilà que 12 diables venaient pour me punir.
Ces diables étaient vraiment réalistes, l’armée ne lésinait pas sur les costumes pour amuser les enfants de leurs soldats…ni sur les soldats tuberculeux pour préparer les goûters de ces mêmes enfants en toussant dedans.
10 – En Suisse, pour aller acheter les yaourts…ma mère trouvait que les yaourts autrichiens n’étaient pas assez bons pour elle, alors, nous prenions le train pour traverser la frontière suisse pour acheter des yaourts…et parfois des choses plus luxueuses…Je crois que c’est en Suisse qu’elle m’a acheté les malheurs de Sophie. Mon frère devait avoir deux ans. Ma mère entre dans une boutique pour acheter des verres de cristal, et là, mon frère avise un petit âne blanc en porcelaine de Saxe. Je n’ai jamais vu depuis une scène d’enfant aussi violente. Mon frère s’est roulé par terre, a hurlé, puis tellement hurlé, comme dans le film «  le tambour  », que ma mère a cédé et a acheté l’âne blanc qui n’a cessé de trôner dans la maison comme un trophée inestimable.
Voilà pour les dix souvenirs du jour.
La semaine prochaine, ce seront peut-être les mêmes ou peut-être pas.
©MP