Mémoire immédiate

memoireFaites l’exercice de psychologie expérimentale suivant sur le champ de reproduction immédiate (il vous faut l’aide d’une autre personne qui jouera le rôle d’expérimentateur) pour tester votre mémoire immédiate.

Ce test est très proche de ceux utilisés pour diagnostiquer un début de maladie d’Alzheimer.

Demandez à votre “expérimentateur” de préparer 5 feuilles de papier quadrillé sur lesquelles il aura tracé des cadres d’environ 1cm de hauteur sur 3 de large (voir ci-contre), et d’écrire très lisiblement (ou à l’ordinateur) des mots de 4 à 6 lettres:

– sur la première feuille 3 mots

– sur la seconde 4 mots

– sur la troisième 5 mots

– sur la quatrième 6 mots

– sur la cinquième 7 mots

Votre expérimentateur aura également préparé une feuille de bristol opaque dans laquelle il aura découpé une lucarne de la taille des cadres dans lesquels sont inscrits les mots.

L’expérimentateur fait pour lui un double des pages qui vous sont destinées pour vous noter.

Il place le bristol opaque sur la page 1 contenant 3 mots, de façon que les mots soient tous cachés,  et à son signal vous faites glisser le bristol pour dévoiler le premier mot que vous allez dire à voix haute, puis vous dévoilez le second que vous dites à voix haute puis le troisième. Vous placez enfin le bristol pour recouvrir tous les mots et vous devez redire la série, dans l’ordre.

L’expérimentateur note sur son double, en face de chaque mot, l’ordre dans lequel vous l’avez répété (si vous n’avez pas retrouvé les trois mots il laisse un blanc en face du mot).

Vous  enchaînez alors sans commentaire avec les pages 2, 3,4,5.

La longueur de la série la plus longue que vous aurez récitée sans faute (c’est à dire tous les mots dans le bon ordre) est appelé le champ de reproduction immédiate.

Si vous atteignez 7, demandez à votre expérimentateur de vous préparer, selon le même principe des feuilles avec 8, 9, 10, 11 et 12 mots.

Alzheimer

Dans les tests effectués sur des patients susceptibles d’être atteints d’Alzheimer, on travaille par oral : on leur énonce une série de mots (selon les tests, il est indiqué 3, 5 ou 10 mots), on attend une demi-heure en leur parlant de choses et d’autres et au bout de ce temps, il doivent retrouver tous les mots.

Il peut arriver qu’ils ne les retrouvent pas tous, même les sujets normaux ne les mémorisent pas tous, mais par association, un sujet normal arrive à les retrouver. Si par exemple, il y a azalée dans la liste, si on leur dit fleur, le mot azalée doit revenir.

Il existe de nombreuses variantes du test : certains font répéter les mots tout de suite, puis après des laps de temps de plus en plus grands, d’autres font lire les mots puis répéter (comme dans l’évaluation du champ de reproduction immédiate) d’autre les pratiquent entièrement à l’oral….

Attention, si vous jouez à ça, ce qui est censé être drôle peut devenir angoissant.

Dans le pavot, la molécule de Morphée

pavot © Secrets de plantes

pavot © Secrets de plantes

Botanique

Le pavot, ou pavot somnifère, Papaver somniferum L., de la famille des Papaveraceae, est l’une des plus anciennes plantes médicinales. C’est une grande plante annuelle pouvant atteindre 120 cm et portant de jolies fleurs couleur lilas. On le trouve à l’état naturel dans les champs et les terrains retournés. Il est présent en Asie occidentale et dans le sud-est de l’Europe.
Dans les larmes du pavot, la molécule de Morphée.

Les démons et merveilles du pavot semblent être connus depuis des millénaires. La tablette sumérienne de Nippur, gravée près de 6000 ans av. J.-C., mentionne déjà ses propriétés médicinales, de même que le fameux papyrus d’Ebers rédigé 1 600 ans av. J.-C. La culture du pavot et la production d’opium se répandent en Perse, en Inde puis en Chine. De leur voyage en Orient, les Croisés rapportèrent le pavot en Europe médiévale.

champ de pavots © Secrets de plantes

champ de pavots © Secrets de plantes

Les tiges rigides de cette grande plante annuelle mesurent jusqu’à 1m de hauteur et sont couvertes de feuilles grossièrement dentelées, glauques, cireuses et embrassantes (sessiles). Durant la période comprise entre juin et août, le pavot somnifère s’orne de jolies fleurs couleur lilas souligné de rouge à la base des pétales. Le fruit est une grosse capsule dans laquelle mûrissent un très grand nombre de graines huileuses.

Usages

Dans les larmes du pavot, la molécule de Morphée,

Le pavot est connu depuis des temps immémoriaux. Dans les civilisations anciennes, on utilisait ses graines pour obtenir de l’huile ou pour confectionner des gâteaux.

Les Grecs le cultivaient en grande quantité et en obtenaient ce que Théophraste appelait le mêkonion qui, mélangé au haschich, était considéré comme un remède souverain à tous les maux.
C’est une plante toxique qui renferme de nombreux alcaloïdes, essentiellement de la morphine et de la narcotine. Seul le latex, contenu dans les fruits, est nocif : les feuilles et les graines sont sans danger. On récolte ce latex en pratiquant des incisions sur le fruit vert, puis on le sèche au soleil pour obtenir une gomme brunâtre : l’opium. L’action de l’opium est principalement analgésique, en raison de la morphine qu’il contient. A faible dose, il entraîne une légère euphorie suivie d’une somnolence ; mais en quantité plus importante il provoque un profond sommeil, laissant de forts maux de tête au réveil. L’opium est aujourd’hui considéré comme une drogue dure qui entraîne un état de dépendance.
On utilise aussi les fruits séchés du pavot pour leur action légèrement sédative et narcotique. On les emploie encore sous forme de décoction en Asie et en Afrique du Nord comme calmant des douleurs intestinales, des vomissements et des diarrhées. En application externe (gargarismes, cataplasmes et bains), ils sont également préconisés pour leurs vertus calmantes. Les feuilles, quant à elles, entrent dans la composition de ” l’onguent populeum ” et du ” baume tranquille “.
Les graines ne sont pas toxiques et renferment 50% d’huile (Ol. Papaveris) utilisée en cuisine et en peinture. Cette huile est appelée ” huile d’œillette ” et peut remplacer avantageusement les huiles d’olives, de noix ou d’amandes douces. Les graines peuvent aussi êtres utilisées, mélangées au sel, comme condiment. En émulsion, elles semblent êtres un bon remède contre la constipation.

Dans l’Antiquité, les Grecs préparent déjà des infusions à partir des feuilles, des capsules et de leur suc. Ce suc est un latex laiteux extrait par incision des capsules de pavot; séché et oxydé à l’air il donne l’opium, sans doute le suc célébré par Homère.
Au IIe siècle av. J.-C., le médecin romain Galien prescrit des infusions de pavot, des pastilles et des suppositoires d’opium, pour calmer les douleurs “et endormir les sens”.
Les utilisations très libres de l’opium en poudre, en gouttes, en teinture alcoolique (laudanum) ne furent pas sans danger : l’opium apaise les grandes douleurs, apporte euphorie et sommeil aux âmes en peine, mais utilisé à long terme ou à forte dose, il est un redoutable poison pour l’organisme. Son usage répété engendre une dépendance psychique et physique appelée toxicomanie.
Que contiennent donc les “larmes du pavot” extraites de ses capsules, à la fois médicament précieux et poison sournois ? En 1817, le chimiste allemand F. Sertürner isole et  caractérise un des alcaloïdes majeurs responsables des propriétés de l’opium : la morphine, baptisée ainsi en mémoire de Morphée, dieu grec des Songes, fils du Sommeil et de la Nuit.
Actuellement, la morphine est essentiellement issue de la culture traditionnelle du pavot à opium (Papaver somniferum album). La production d’opium est strictement règlementée par la législation internationale sur les stupéfiants. La consommation mondiale licite de morphine à des fins thérapeutiques est de l’ordre de 200 tonnes par an.
Dans les années 1970 on découvre dans le cerveau des “récepteurs opioïdes” et des “substances opioïdes endogènes” c’est-à-dire des molécules, analogues à la morphine, sécrétées par notre propre organisme, mais en très faibles quantités. Elles portent les noms d’enképhalines et d’endorphines et agissent comme la morphine.

Folklore

Pavot

Pavot

Le pavot est mentionné pour la première fois en 3000 avant J.C. sur la tablette sumérienne de Nippur où il est représenté par deux caractères signifiant ” plante ” et ” joie “. On en trouve trace également dans l’Egypte ancienne : sur un papyrus écrit sous le règne d’Aménophis 1er (1500 avant J.C.) et sur un autre papyrus datant de Ramsès II où il et présenté comme une plante qui ” empêche les enfants de crier trop fort “.
On en trouve de curieuses représentation en Crète, sur des statuettes ayant pour couronne un pavot.
Il a ensuite été cité durant l’Antiquité par Hippocrate, Théophraste, Dioscoride et Pline. Certains ont affirmé que la ciguë de Socrate avait été additionnée d’opium pour adoucir son supplice. Le pavot entrait dans la composition de la fameuse panacée de Galien : la thériaque. L’empereur Marc-Aurèle, qui était migraineux, en prenait tous les jours un morceau ” gros comme une fève d’Égypte “. La thériaque a ensuite été longtemps utilisée : elle n’a disparu de la pharmacopée française qu’en 1908 !
Le pavot était aussi très présent dans la mythologie, comme symbole de l’oubli et du sommeil : Homère le mentionne dans l’Odyssée sous le nom de “népenthes”; les Grecs représentaient les dieux de la Mort (Thanatos), de la Nuit (Nyx) et du Sommeil (Hypnos) couronnés de pavot ; Morphée (fils d’Hypnos) apportait chaque soir rêves et sommeil en secouant ses pavots sur les mortels.
Au XIIIe siècle, Albert le Grand affirmait qu’il fallait badigeonner les maisons d’un mélange de chaux et de jus de pavot pour éloigner les mouches. Plus tard, pour soigner ses ulcères, Richelieu consommait de l’opium (plus qu’il n’en fallait, disaient ses détracteurs).
Bien que l’opium ait été employé durant des siècles dans la médecine traditionnelle chinoise, ce n’est qu’au XVIIe qu’on a commencé à le fumer. Cette habitude a déclenché une terrible vague de toxicomanie que les autorités chinoises ont tenté à l’époque d’arrêter en empêchant l’importation de la drogue, mais en vain : les anglais, qui détenaient le marché, ont déclenché les “guerres de l’opium” (1843, 1856 et 1860) pour obliger la Chine à rouvrir ses frontières.
Comme toutes les plantes hallucinogènes, le pavot était une herbe sacrée dans la culture traditionnelle européenne. On lui prêtait de nombreuses propriétés magiques : on disait qu’il ne fallait pas le toucher de peur d’être atteint d’énurésie; on pensait que celui qui regardait fixement sa fleur aurait les yeux rouges ou deviendrait aveugle. Il servait aussi d’oracle, notamment en Roumanie où le rituel voulait que l’on écrive sa question sur morceau de papier que l’on roulait dans une fleur de pavot : en plaçant le tout sous son oreiller on avait la réponse en rêve.

Son fruit, une capsule emplie de nombreuses graines, était symbole de fertilité et entrait à ce titre dans la composition de certains philtres aphrodisiaques.
Dans le langage des fleurs, le pavot est synonyme d’oubli, de repos et de rêve.

Recettes

Porte encens

Versez des graines de pavot bleu dans une coupe de grès de même tonalité.
Vous n’aurez plus qu’à y piquer vos bâtons d’encens.

Garniture de graines de pavot

Ingrédients
250g de graines de pavot
25 cl de lait
125g de sucre
1 noix de beurre
1 cuillère de sucre vanillé
1/2 cuillerée à café de cannelle en poudre
1 citron
rhum

Au fond d’une casserole, délayez dans le lait, les graines de pavot et faites cuire à petit feu sans cesser de remuer. Incorporez le sucre en poudre, le beurre, le sucre vanillé, la cannelle et autant de zeste de citron râpé. Laissez frémir encore 5 minutes sans cesser de remuer.
Si besoin est, faites réduire à feu vif à la consistance d’une purée épaisse. Vous pouvez ajouter 1 cuillerée à soupe de rhum.
Cette garniture peut être utilisée pour une pâte levée.

Cultiver le pavot

Sol assez sec ou bien drainé, en plein soleil.
Multiplication par semis en place tôt au printemps.
Se ressème bien, naturellement.

L’Ève future de Villiers de l’Isle Adam

Villiers de l'Isle Adam

Villiers de l’Isle-Adam

L’Ève future

paraît pour la première fois en feuilleton en 1880 et est édité le 13 mai 1886.

“Essayons de changer de mensonges! Ce sera plus commode pour elles et pour nous. Bref, si la création d’un être électro-humain, capable de donner un change salubre à l’âme d’un mortel, peut être réduite en formule, essayons d’obtenir de la science une équation de l’Amour, qui d’abord, ne causera pas les maléfices démontrés inévitables sans cette addition ajoutée, tout à coup, à l’espèce humaine, et qui circonscrira le feu”.

C’est le rêve archaïque de l’homme artificiel transposé comme rêve de raison. Les nouvelles techniques, les progrès de la science y sont tremplin d’un imaginaire plus ancien, nouveaux instruments des magies du passé. L’androïde, machine à figure humaine, création artificielle, qui après avoir été automate va devenir le robot, est le produit d’un curieux mélange de spiritualisme et d’absence de Dieu, de peur et d’espoir.

Villiers de l’Ile Adam fait jaillir de son imagination l’androïde le plus célèbre du XIXe siècle : La Femme de l’avenir, l’Ève future, ange automate hermaphrodite et stérile, remède définitif et ironique aux souffrances fatales des amours humaines. C’est dans la propriété d’Edison, devenu héros du roman, qu’aura lieu la création de cet être nouveau dont la froideur a la beauté et la perfection glacée de l’Idée. Cette parfaite réplique physique de la maîtresse qui a trompé le jeune Anglais, ami d’Edison, aura sa beauté, mais n’aura pas son âme basse et son intelligence vulgaire, son âme sera exquise. Mais la femme idéale ne peut être étreinte ni aimée, elle est stérile et elle doit retourner à son cercueil, son écrin véritable.

L’Ève future est un roman paradoxal, scientiste et désespéré, une manière de rire de soi, de l’amour, de la science, une manière rêveuse de croire à cette anti-croyance (la Science), de diviniser cette absence de Dieu. La plénitude est pour Villiers de l’Isle Adam la perfection même qu’on ne trouve qu’au coeur du néant.

(d’après Juliette Grange, l’ange automate)

Les avatars aujourd’hui prennent la place des robots dans l’imaginaire collectif, bien plus puissants puisque, derrière eux se cachent des humains véritables qu’on ne rencontre pas, que l’on peut imaginer, à qui l’on peut dire ce qu’on veut en toute impunité. Entre avatars, pas de communication non verbale, celle avec laquelle on ne peut pas tricher, entre avatars, tous les mensonges sont permis.

Essayons de changer les mensonges” disait Villiers de l’Isle Adam, voilà qui est fait!

Villiers de l’Isle-Adam Jean Marie Mathias Philippe Auguste, comte de, écrivain français

1838 (Saint-Brieuc) – 1889 (Paris)

“La langue vraiment d’un Dieu partout” – Mallarmé -. Villiers appartient à l’une des familles les plus anciennes de l’ancienne France, mais ruinée. Toute sa vie, il croit que la fortune et la gloire lui reviendront, qu’il les mérite et qu’il les atteindra par la plume. Sa famille, ses amis sont persuadés de son génie.

“Le jeune homme le plus magnifiquement doué de sa génération.”

Sa jeunesse, son adolescence sont solitaires, sensibles, anxieuses : l’apprentissage du poète tel que le chantait Musset – repli dans son monde intérieur – amours mystérieuses et malheureuses ; la pureté et la mort ; la sensualité et la trahison.

Venu à Paris en 1857, Villiers se lie avec Baudelaire, Vallès, Banville, Courbet, Manet, Mendès : il collabore à la Revue Fantaisiste. Replié en province, il publie en 1859 ses Fantaisies nocturnes. Il lit avec passion Edgar Poe et Hegel, se prépare à une vie d’écrivain, et s’installe de nouveau à Paris. “Une série d’œuvres où le rêve se baserait sur la logique, une littérature philosophique qui rénoverait les idées”.

Son premier roman Isis annonce ses ambitions. Mais le succès ne vient pas. Ellen, Morgane sont encore des échecs, comme La Révolte, comme Axel, le grand œuvre, dont la première partie paraît en 1872, la seconde en 1885. Les Contes cruels, L’Eve Future lui valent l’estime mais non la gloire. Malgré son génie, Villiers n’a pas su faire triompher la “lumière du rêve” face “aux ténèbres du sens commun”; il est pourtant un des précurseurs du symbolisme.

1862 : Isis, roman philosophique

1865 : Ellen, drame

1866 : Morgane, drame

1883 : Contes cruels

1872, 1885 : Axel

1886 : L’Ève future

cataavatarCréez votre avatar

Avatar : du mot sanscrit signifiant descente, nom générique des incarnations divines, de Vichnou en particulier; par extension, transformation, métamorphose.

C’est aussi le titre d’un roman publié en 1932 par Théophile Gautier.

Aujourd’hui, en informatique, il se rapproche de son sens original,  en désignant l’apparence que prend l’internaute sur la toile, dans des jeux ou des forums. Ainsi l’internaute peut intégrer, avec son avatar, un univers créatif et diriger sa propre identité virtuelle, s’immerger dans des expériences.

Imaginez vos avatars et adaptez-les à vos activités sur le Net : ne vous bornez pas à votre photo ou aux simples émoticônes. Par exemple, votre avatar peut être un bateau si vous jouez aux régates en ligne.