Bismarck, haute tension!

Bismarck chancelier

Bismarck chancelier

1862: Bismarck chancelier

Les grandes questions se décideraient…par le fer et par le sang (Bismarck)
A Berlin, la situation est toujours extrêmement tendue. La Chambre vient de rejeter tous les frais de réorganisation militaire voulus par le roi qui souhaite une armée plus homogène et plus dévouée.
Guillaume Ier s’entête. C’est pour les Français un sujet d’étonnement qu’un roi constitutionnel veuille gouverner sans les Chambres.
Après avoir parlé d’abdiquer, le roi, sur les suggestions du ministre de la Guerre Roon, a reçu le Comte de Bismarck Schoenhausen, ambassadeur de Prusse à Paris, arrivé fort à propos à Berlin deux jours plus tôt.

L’Hysope, contre le rhume

Hysope © Secrets de plantes

Hysope © Secrets de plantes

L’hysope, ou herbe sacrée des hébreux ou sobh, Hyssopus officinalis, de la famille des Lamiaceae, est une plante touffue, spontanée sur les coteaux calcaires ensoleillés d’une grande partie de l’Europe, en Asie Mineure, en Afrique du Nord. On la trouve jusqu’à 2 000 m dans le Midi, le Centre, dans le Sud-Est jusqu’au Cher et à l’Ain, subspontanée sur les ruines et les vieux murs du reste de la France.
La plante a une odeur pénétrante et agréable.

Les tiges, de 20 à 60 cm, sont ligneuses à la base et portent de nombreuses petites feuilles lancéolées, ponctuées, glanduleuses, à nervure principale proéminente.
Les fleurs, de juillet à septembre, sont assez grandes, en épi compact et elles ont un calice oblique et strié à corolle bilabiée soudée d’un bleu intense.
Les quatre akènes du fruit sont trigones, lisses et bruns.

Apprenez à la reconnaître avec la Flore.

Usages

On utilise les feuilles et les sommités fleuries de l’hysope.
Sainte Hildegarde préconise déjà l’hysope contre les enrouements, les maux de tête, l’hydropisie et la lèpre due à la débauche.
Elle était traditionnellement utilisée au cours des affections bronchiques aiguës ou bénignes, en cas de nez bouché et de rhumes.
Elle est aussi quelque peu diurétique et anthelminthique.
En usage externe, on a utilisé son action tonique et résolutive en gargarismes contre les maux de gorge, en application sur les contusions, les inflammations des paupières, les ecchymoses, les inflammations d’oreilles, les maux de dents.
C’est un régulateur de la transpiration, doté d’activités déodorantes.
Elle entre dans la composition de l’eau de mélisse et de l’alcoolat vulnéraire.
L’hysope est utilisée depuis fort longtemps comme aromate dans la cuisine. Elle entre dans la composition de liqueurs.
Elle est très mellifère.
Au XIIIe s., Albert le Grand la mentionne avec la sauge et la rue parmi les plantes les plus fréquemment cultivées dans les jardins de son temps, comme ornementale.

Composition chimique et usages actuels

Hysope

Hysope

Les feuilles renferment :
– des matières minérales, notamment du nitrate de potassium
– des composés phénoliques parmi lesquels :
. des acides phénoliques : acide caféique, acide chlorogénique, acide rosmarinique
. des flavonoïdes : flavones (3 à 6 % de diosmine) et flavanones (5 à 6 % d’hespéridine)
. 5 à 8 % de tanins
– des terpénoïdes : diterpènes (marrubiine) et triterpènes : saponines (acide oléanolique, acide ursolique)
– de la choline
– des résines
– 0,3 à 1 % d’huile essentielle contenant :
. des phénols : estragole
. des terpénoïdes représentés par :
. des monoterpènes : bornéol, camphène, cadinène, L-pinocamphone, isopinocamphone, alpha et beta-pinène, alpha-terpinène, pinocamphéol, thuyone, terpinéol, myrcène, cinéole, linalol, limonène, acétate de terpinyle, acétate de bornyle, géraniol
. des sesquiterpènes : caryophyllène
…La thuyone confère à l’hysope des propriétés stomachiques.
La marrubiine lui vaut des activités expectorantes et antitussives.
L’hysope est aussi anti-inflammatoire, cicatrisante, diurétique et emménagogue.
On lui reconnaît également des vertus antibactériennes et antivirales.

Utilisations pharmaceutiques
L’hysope est traditionnellement utilisée au cours des affections bronchiques aiguës bénignes, en cas de nez bouché et de rhume.
L’hysope est recommandée pour stimuler les fonctions digestives.
En usage externe, la plante calme les irritations, les brûlures, l’eczéma et les contusions.
L’hysope est employée en médecine traditionnelle comme antisudoral lors de maladies infectieuses.

Utilisations cosmétiques

Les extraits d’hysope présentent des propriétés adoucissantes, astringentes et régénérantes. L’huile essentielle bénéficie quant à elle d’activités anti-perspirantes, antiseptiques et tonifiantes.

L’ensemble de ces propriétés fait de l’hysope un ingrédient recommandé dans :

– des shampooings pour cheveux gras à tendance pelliculaire, des lotions pour cheveux mous et plats, abîmés et fragiles
– des produits déodorants
– des crèmes apaisantes pour peaux délicates
– des masques pour peaux mixtes ou grasses
– des soins régénérants pour peaux matures

Folklore

Hyssôpos est le nom même de l’hysope en grec.
On ne sait pas si c’est d’elle ou de l’origan que parlaient les Anciens qui désignaient ainsi certaines formes d’origan.
Au moyen âge, Sainte Hildegarde (XIIe siècle) la recommande déjà.  L’huile essentielle d’hysope fait son apparition dès 1574.
Dans les régions rhénanes, en Suisse et en Souabe, les vieilles femmes en mettent un brin dans leur livre de prières pour se préserver du sommeil pendant les offices, grâce à son parfum pénétrant.
C’est une plante sacrée maintes fois citée dans la Bible : elle entre dans l’eau de purification telle que l’Éternel en a fixé la recette à Moïse.
Dans la province de Palerme, les femmes récoltent l’hysope, lors d’une procession sur la colline de Guisisana. Elles la ramènent chez elles, pour éloigner de la maison le mauvais oeil et la purifier de toute influence magique.

Recettes

Gâteau de pommes de terre à l’hysope

Ingrédients pour 4 personnes
pommes de terre (var. farineuse)
persil
basilic
hysope
sel, poivre
huile de noix

Faites cuire des pommes de terre sous la cendre. Épluchez -les, écrasez-les, salez et poivrez la chair des pommes de terre. Ajoutez persil, basilic et hysope hachés finement.
Faites chauffer dans une poêle de l’huile de noix. Versez-y cette purée et aplatissez-la à la fourchette. Lorsque le gâteau est doré au fond, retournez-le pour le faire dorer de l’autre côté. Servez chaud.
N.B. Pour la pâte, certaines cuisinières usent, en place de beurre, de la graisse de veau très fine.

Infusion

Infusion légère :
20g de feuilles et de sommités fleuries
par litre d’eau
en prendre 2 à 3 tasses par jour
Infusion concentrée :
40g par litre d’eau
pour gargarismes et compresses

Salade bretonne à l’hysope

Ingrédients pour 4 personnes
1 boîte de haricots soissons
1 poignée de feuilles de chicorée frisée
vinaigrette
hysope fraîche

Rincez le contenu de la boîte, égouttez les haricots.
Tournez-les avec une poignée de feuilles de chicorée frisée, coupées en menus morceaux de 3 cm de long, dans une vinaigrette moutardée où figurent des feuilles d’hysope, finement hachées. Salez légèrement et poivrez bien.

Salade de pommes de terre à l’hysope

Faire une salade de pommes de terre avec des pommes de terre fermes, cuites à l’eau dans leur peau, épluchées sitôt que cuites. Coupées en rondelles et arrosée abondamment de vinaigrette lorsqu’elle est encore brûlante.
Vinaigrette :
3 cuillerées à soupe d’huile
1 1/2 cuillerée à soupe de vinaigre
3 échalotes
hysope
Mettre au frais. Servir encore tiède.

 

Le houx contre les rhumatismes et la bronchite

Houx © Secrets de plantes

Houx © Secrets de plantes

Botanique

Arbre ou arbuste, le houx, Ilex aquifolium, de la famille des Aquifoliaceae, habite les haies et les bois, les broussailles et les rochers ; il est commun partout en France, jusqu’à 2000 m d’altitude. On le trouve aussi en Europe, au  Moyen-Orient, en Afrique septentrionale et en Chine centrale.
Le houx peut vivre jusqu’à 300 ans. Son tronc a de 2 à 10m de haut, rarement 15m.

Il porte des rameaux verts à feuilles alternes, très coriaces, luisantes, ovales, ondulées, à dents épineuses fortes et espacées. Ces feuilles persistent plus d’un an et ne se renouvellent pas toutes en même temps.

Les fleurs sont en courtes grappes à l’aisselle des feuilles. Le houx est dioïque, mais il arrive que le sexe change d’une année à l’autre ; il est rarement polygame. Avec leur calice persistant et une corolle en roue à 4/5 pétales soudés entre eux à la base, les petites fleurs blanches du houx éclairent le feuillage sombre, de mai à juin.

En septembre, des fleurs femelles, surgira un fruit drupacé, charnu, globuleux, plus gros qu’un pois, rouge, luisant et persistant. Il renferme 4 à 5 noyaux triangulaires.

Vous le reconnaîtrez facilement

Usages

On récolte les feuilles et l’écorce, quelquefois la racine pour l’herboristerie.
Matthiole, en1554, parle d’une décoction de racine ou d’écorce appliquée sur des articulations indurées à la suite d’une luxation. Paracelse, en 1658, conseille cette même décoction pour des affections rhumatismales et arthritiques. Elle a aussi été prescrite contre la pleurésie, les catarrhes chroniques, la variole, les fièvres intermittentes.
Les feuilles sont diurétiques, laxatives, toniques et surtout fébrifuges. On les emploie macérées dans du vin : contrairement au quinquina, cette préparation n’agit pas brusquement mais progressivement.
L’usage populaire emploie les feuilles lors des engorgement des voies respiratoires, des points de côté, des rhumatismes et de la goutte, dans l’hydropisie, les digestions pénibles, les coliques, les crampes d’estomac, la prédisposition aux diarrhées.
Les baies ont une action à la fois vomitive et purgative.
Baies et écorce ont été préconisées contre l’épilepsie.
En usage externe, les feuilles pilées sont un bon résolutif de même que la glu tirée du houx : on l’emploie sur les abcès et les furoncles.
En homéopathie, on en fait une teinture contre la fièvre et les coliques.
On aurait tenté, sans grand résultat, de faire avec les baies, en période de disette, un succédané de café.
Son bois dur est très estimé des ébénistes et il sert à fabriquer différents outils et accessoires.
La seconde écorce sert à préparer la glu des oiseleurs.
En Allemagne et en Autriche, on en faisait des fagots pour ramoner les cheminées.
Nourriture de chèvre, le houx prévient aussi la maladie des lapins. Les baies sont le régal des oiseaux en hiver.
On en cultive de très nombreuses variétés : le houx supportant bien la taille, on en fait des haies impénétrables.
Les branches feuillées servaient l’hiver à orner les églises.
Il fait partie des plantes à feuillage persistant qui ornent les maisons à la Noël.

Composition chimique et usages actuels

Houx

Houx

La feuille renferme :
– des composés phénoliques représentés par des :
. flavonoïdes du groupe des flavonols dont la rutine
. tanins
– des terpénoïdes composés de :
. triterpènes : saponines (acide ursolique)
. caroténoïdes
– des traces d’alcaloïdes puriques dont la théobromine
– 10 % de résines
– un pigment : l’ilixanthine
– un principe amer : l’ilicine
L’ilicine aurait des propriétés fébrifuges et toniques.
Par ailleurs, on attribue au houx des activités anti-inflammatoires, diurétiques et sudorifiques.

Usages pharmaceutiques
On l’utilise en usage interne, sous forme de décoction ou de teinture, dans le traitement des rhumatismes, de la goutte et des bronchites chroniques.

usages cosmétiques
On recommande l’utilisation des extraits de houx pour leurs vertus adoucissantes, anti-oxydantes et astringentes.
Ils entrent par conséquent dans la composition de :
– produits capillaires pour cheveux fins, cheveux gras mais encore pour les cheveux des bébés
– produits apaisants pour le soin de la peau des bébés
– produits de soin du visage destinés aux peaux grasses et mixtes

Folklore

Houx viendrait du celtique “ac”, pointe, allusion à ses feuilles épineuses. Ilex était le nom latin de l’yeuse, le chêne vert, avec lequel le houx a une certaine ressemblance. Aquifolium – de “acer”, aigu, et de “folium”, feuilles – était autrefois le nom authentique du houx.
En langage des fleurs, le houx signifie sauvegarde, prévoyance, défense. Une femme en met à sa fenêtre pour intimider les intrus éventuels.
Les druides l’utilisaient pour chasser les esprits et il faisait partie de leur cérémonial religieux.
On en suspendait au-dessus de la porte des étables pour préserver les animaux des sorts et de la maladie en Haute-Loire et les charrons glissaient une pièce en bois de houx dans la charpente des voitures pour déjouer les sorts.
En Allemagne et en Autriche, on croyait que le houx attirait la foudre et que, planté en haie près de la maison, il la protégerait du mauvais sort.
Et l’on pensait qu’il n’y avait pas meilleures branches pour corriger les sorciers.
En Sicile, on dit qu’il ne faut pas planter de maïs près du houx car son nain, qui en raffole, le vole.
En Lombardie, on dit que si un garçon se pique souvent au houx, sa femme sera une mégère. En Espagne, pour connaître son avenir, une jeune fille compte les épines d’une feuille de houx en disant “fille, femme, veuve, religieuse”, la dernière épine donne la réponse. A Soissons, on dit d’une fille qui aime manier les boules du houx qu’elle aura triste mari gentil et qu’il mourra jeune.
Les Américains l’utilisent lors de la fête des Rameaux, en guise  de palmier ou de buis.

Sources : voir article sur l’érysimum