Hibiscus, hypotenseur

Hibiscus © Secrets de plantes

Hibiscus © Secrets de plantes

L’hibiscus ou karkadé ou oseille de Guinée rouge, Hibiscus sabdariffa, de la famille des Malvaceae, est une plante annuelle, originaire d’Afrique centrale, puis importée dans toutes les régions tropicales.
Les oiseaux-mouches viennent boire le nectar des jolies fleurs qu’ils pollinisent dans le même temps.

Sa tige dressée, très ramifiée à la base, peut atteindre 2 m de hauteur. C’est une malvacée à mucilage, cousine des malvacées à fibres comme le coton.

Les feuilles basales sont entières à ovoïdes, les caulinaires palmées, à 3 folioles. Les fleurs, presque sessiles, axillaires, ont des pétales jaunes, mouchetés de brun-rouge, sur un calice charnu rouge ou vert.

 

Usages

Hibiscus

Hibiscus

On utilise les fleurs, et plus particulièrement les jeunes calices qui sont récoltés en pleine maturité des fleurs. Après séchage, ils deviennent cassants, épais, d’un rouge noirâtre.
C’est une boisson diurétique, laxative, antispasmodique, active contre la toux, améliorant la digestion.
En Afrique et en Égypte, il est réputé comme anticonceptionnel et aphrodisiaque.
Son infusion acidulée est servie traditionnellement comme thé en Égypte pour sa saveur rafraîchissante.
Cette boisson est connue et appréciée en France depuis une dizaine d’année, peut-être rapportée par des touristes d’Égypte dont c’est la boisson nationale. On la consomme comme thé acidulé et rafraîchissant, chaude ou froide, d’un rouge grenat intense, mélangée à d’autres herbes ou seule. A la Dominique, dans les Caraïbes, on prépare ses calices turgescents en gelée.
Les fleurs du karkadé sont consommées en salade
C’est également le colorant de la grenadine.
Cette plante a été sélectionnée par les amateurs de jardins pour la beauté de sa fleur.

Composition chimique et usages actuels

La fleur contient :
– 64 % de glucides, notamment des osides (15 % de mucilages et 2 % de pectine)
– des protides dont 8 % de protéines
– des matières minérales : calcium, fer, phosphore
– 15 à 30 % d’acides organiques tels que l’acide ascorbique (vitamine C), l’acide citrique, l’acide glycolique, l’acide malique, l’acide oxalique, l’acide tartrique, l’acide hibiscique et la lactone de l’acide hydroxycitrique
– des composés phénoliques représentés par :
. des acides phénoliques : acide protocatéchique
. des flavonoïdes : flavonols (gossypétine-3-glucoside, hibiscine, hibiscétine, hibicitrine) et 1,5 % d’anthocyanidines (delphinidine-3-sambubioside, delphinidine, cyanidine-3-sambubioside, cyanidine-3-glucoside, delphinidine-3-glucoside)
– des triterpènes : stéroïdes (phytostérol)
– des résines
Les extraits d’hibiscus ont des activités antispasmodiques, hypotensives, anti-inflammatoires et veinoprotectrices. Ils sont par ailleurs anti-asthéniques et vermifuges. On leur attribue également des propriétés laxatives, diurétiques et dépuratives.D’autre part, l’hibiscus présente des vertus antibactériennes.

Usages pharmaceutiques
L’hibiscus est traditionnellement utilisé dans les états de fatigue passagers ainsi que pour faciliter la prise de poids. Sous forme d’infusion, on recommande l’hibiscus contre l’hypertension.

Usages cosmétiques
On revendique les extraits d’hibiscus pour leurs propriétés rafraîchissantes, purifiantes et adoucissantes. Ils sont également conseillés pour leurs activités anti-oxydantes, tonifiantes et pigmentantes.
Leur teneur en acides organiques leur confère des vertus exfoliantes et hydratantes.
On recommande leur utilisation dans la composition de :
– shampooings pour cheveux abîmés et fragiles
– laits adoucissants pour le corps
– crèmes pour les mains
– gels après-soleil
– masques peeling pour peaux matures ou ternes
– crèmes rafraîchissantes pour les pieds
– lotions toniques pour peaux stressées

Folklore

Dioscoride aurait nommé, un siècle après le début de notre ère, “ibiscos”, les malvacées qu’il trouvait sur le pourtour méditerranéen.
C’est Ghislain de Busbeck, ambassadeur flamand de Charles Quint à la cours de Soliman le Magnifique à Constantinople, qui envoya en Hollande diverses plantes dont notre hibiscus, ainsi révélé au monde occidental.
Plante magique, le karkadé aurait les pouvoirs de provoquer le désir sexuel, l’amour et la divination. Ainsi des boutons d’hibiscus sont-ils brûlés lors de rituels d’amour et, tressés en guirlande, ils sont portés lors des cérémonies de mariage.
Dans le Pacifique Ouest, c’est devant un bol rempli d’eau où flottent des fleurs d’hibiscus, que les sorciers Dobu prononcent leurs oracles.

Recettes

Gelée de Karkadé

Ingrédients
calices frais
même poids de sucre
gingembre selon

Mettez les calices rapidement lavés dans une bassine à confiture, ajoutez le sucre. Laissez macérer.
Épluchez et coupez le gingembre en rondelles. Faites bouillonner le tout jusqu’à la consistance voulue. Mettez aussitôt en pots, fermez.
Cette gelée a la particularité de conserver une très forte concentration en vitamine C.

Thé de karkadé

Ingrédients
karkadé seché
eau de source

Dans une cruche ou plus modestement un verre, selon l’emploi que vous voudrez en faire, posez le karkadé. Recouvrez-le de 5 fois son volume en eau. Laissez macérer au frais plusieurs heures.
Le thé est prêt.

Sources : voir l’article sur l’erysimum

Claude Bernard, physiologie et méthode expérimentale

La leçon de Claude Bernard

La leçon de Claude Bernard

Quelle belle leçon pour le temps présent qui voit les croyances prendre le pas sur les connaissances!

La tête et la main ne doivent pas être séparées

Le fait suggère l’idée, l’idée dirige l’expérience, l’expérience juge l’idée. Claude Bernard adapte la méthode expérimentale à l’étude de la vie et pense que la spontanéité des corps vivants ne s’oppose pas à l’expérimentation et que le procédé expérimental est beaucoup plus dans le but que l’esprit se propose, que dans les moyens dont on fait usage. Le Sénat s’émeut et lance une pétition contre les doctrines matérialistes qui se font jour à la faculté de médecine.
Claude Bernard est traité de vivisecteur ; le commissaire de police, dont il a emprunté le chien pour lui pratiquer une fistule gastrique avec robinet d’argent apparent, s’est chargé d’amplifier cette réputation !

L’introduction à l’étude de la médecine expérimentale, publiée en août 1865, devait servir d’introduction à un grand ouvrage plus ambitieux, demeuré inachevé. Claude Bernard y fait un exposé analytique de ce que représente la méthode expérimentale ; il montre dans quelles conditions et avec quelles précautions elle peut être adaptée aux êtres vivants et enfin il donne de nombreux exemples.
Pour la première fois, attitude scientifique et interrogation philosophique sont clairement distinguées, mais englobées dans une même démarche ; chez Claude Bernard, on ne peut dissocier le philosophe du savant ou plutôt le méthodologiste de l’expérimentateur.

Claude Bernard

Claude Bernard

Bernard Claude, physiologiste français

1813 (Saint-Julien) – 1878 (Paris)

Je vous félicite mais croyez moi : en attendant d’être joué par Mlle Mars ou Frédérick Lemaître, prenez une profession lucrative, retournez à votre pharmacie. C’est ainsi que Saint-Marc Girardin accueille le jeune provincial lyonnais de vingt et un ans qui débarque à Paris avec une tragédie, Lucrèce, couronnant une série de vaudevilles. Au lieu de retourner à sa préparation de médicaments, Claude Bernard s’inscrit à la Faculté de Médecine, est reçu interne des hôpitaux en 1839 et entre à l’Hôtel Dieu comme préparateur de Magendie, personnage fort peu commode, empiriste strict qui se sert de ses sens et consigne des observations, mais qui néglige totalement la théorie.
Claude Bernard en tire la leçon qui guide tous ses travaux : la méthode expérimentale ne doit pas être autre chose qu’un raisonnement à l’aide duquel nous soumettons méthodiquement nos idées à l’expérience des faits. L’expérience des faits est justement à l’origine du drame personnel de Claude Bernard. Pour étudier la vie, il faut expérimenter sur la vie, et avec les moyens techniques dont on dispose alors, expérimentation signifie vivisection.
Ses activités de vivisecteur lui valent nombre de reproches et la séparation définitive avec sa femme dont il ne se consolera pas.
Pasteur énumère ainsi les mérites de Claude Bernard: distinction de sa personne, beauté noble de sa physionomie empreinte d’une grande douceur, d’une bonté aimable, séduisant au premier abord ; nul pédantisme, nul travers de savant …
Savant, il l’était, ce législateur de la physiologie. Il combat l’idée de force vitale : Toute manifestation de l’être vivant est un phénomène physiologique et se trouve liée à des conditions physico-chimiques déterminées. Bien loin que les manifestations de l’âme échappent au déterminisme physico-chimique, elles s’y trouvent assujetties étroitement et ne s’en écartent jamais, quelle que soit l’apparence contraire .
Claude Bernard, en précurseur, pressent le rôle du code génétique.
C’est toujours ma vieille idée de refaire des êtres, non par
génération spontanée, comme on l’a rêvé, mais par la répétition
de phénomènes organiques dont la nature garderait le souvenir.
A la mort de Claude Bernard, Paul Bert refuse le lourd fardeau de lui succéder au Collège de France – c’est Charcot qui sera nommé -.

Novembre 1834 : Claude Bernard à Paris
1843 : docteur en médecine
1845 : mariage de Claude Bernard (1857 séparation)
1847 : professeur au Collège de France
1865 : Introduction à l’étude de la médecine expérimentale
1868 : professeur de physiologie comparée au Muséum d’histoire naturelle
1869 : entre à l’Académie française et au Sénat
1867 :Rapport sur les progrès et la marche de la physiologie en
France.
1878 : La Science expérimentale
1879 : Leçons de physiologie opératoire
1880 : Leçons de pathologie expérimentale

physiologie

Essai artistique : Le Penseur de Rodin chie devant le Panthéon.

Un peu d’expérimentation sur vote propre physiologie

Un ami me disait que la plus grande souffrance qu’il avait eue dans la vie (mon Dieu, quel homme heureux!) était d’avoir fait huit jours d’arrêts pendant son service militaire. Or, pendant les arrêts, on doit faire une demande officielle pour  sortir faire ses besoins et chaque “besoin” est consigné. Sa souffrance avait été de prendre conscience de sa physiologie.

Pendant une semaine, prenez conscience de votre physiologie et notez, chaque jour, le nombre de pipis, cacas et pets. Que cette introspection vous soit bénéfique!

Si vous observez des variations, de quoi dépendent-elles? Pissez-vous dans la normale : 4 à 6 fois par jour?

Herniaire

Herniaire © Secrets de plantes

Herniaire © Secrets de plantes

On trouve l’herniaire, Herniaria glabra, de la famille des Caryophyllaceae, dans presque toute l’Europe, en Asie occidentale et boréale, en Afrique du Nord. Elle est très répandue en France, abondante dans les plaines, rare dans le nord et l’est, absente localement et en région de haute montagne.
C’est une petite plante herbacée des sols sablonneux ; elle aime les champs en friche, les endroits incultes, les pelouses sèches, les chemins jusqu’à 1 600 m d’altitude. Ses tiges couchées, étalées en cercle, ont des feuilles oblongues vert clair, munies de petites stipules membraneuses. Toute la plante est glabre. De mai à septembre, des fleurs sessiles, très petites et réunies en glomérules sont disposées en grappes le long des ramuscules. Sa corolle est verdâtre, de forme rudimentaire, filiforme. Le fruit, recouvert par le calice persistant, est une capsule indéhiscente à une seule  graine.