James Pradier, un amoureux de la forme

Sapho de James Pradier - Musée d'Orsay

Sapho de James Pradier – Musée d’Orsay

La Sapho assise de Pradier, exposée au Salon de 1852, réplique monumentale des statuettes en bronze commercialisées par Susse, frappe tous ceux qui ont coutume de décrier son art : la noblesse du matériau, la dignité du sujet, la technique de l’exécution l’emportent sur les réserves habituelles d’indécence et de raideur. La belle poétesse et courtisane antique obtient la médaille d’honneur à titre posthume, car Pradier est mort quelques mois avant.
« Il faut avoir assisté à la création de ses statues pour savoir à quel point (Pradier) était amoureux de la forme.

Sapho, la seule de ses statues où il y ait une pensée et où (Pradier) a cherché à rendre un caractère, lui a été inspirée par l’attitude de deux bras posés sur les genoux qu’un modèle avait prise de lui-même. Frappé de cette attitude qui lui parut heureuse et neuve, Pradier fit une statue pour ces bras ; le nom de Sapho ne vint qu’après. C’était un sujet très courant à l’époque.

James Pradier

James Pradier

Pradier James, sculpteur français
1792 (Genève) – 1852 (Bougival)

L’un des plus grands statuaires français, James Pradier travaille à ses débuts à l’atelier de Lemot. Il obtient le grand prix en 1813 et séjourne à Rome cinq années, pendant lesquelles il fait beaucoup de croquis et assez peu de sculptures (Aristée pleurant ses abeilles). C’est surtout l’art grec qu’il étudie, « en y mêlant de vagues souvenirs de Clodion et des aimables maîtres du XVIIIe siècle » -Larousse-.
A son retour il présente des œuvres comme Centaure et une Bacchante, Nymphe. Il répond à de nombreuses commandes pour l’église Saint-Sulpice, l’église Saint-Roch, pour l’arc de triomphe de la place du Carrousel.
Statues colossales (Strasbourg, Lille, Paris place de la Concorde), œuvres délicates parfois un peu efféminées (certaines diffusées par la manufacture de Sèvres), bustes, statuaire décorative, le talent de Pradier est très varié. Il expose régulièrement aux Salons.
« Personne, comme Pradier, n’a compris la chasteté du nu et revêtu le corps humain d’un pareil idéal de beauté…la femme s’ennoblit dans la déesse et garde je ne sais quelle distance de majesté froide que l’œil le plus hardi ne saurait franchir. » -Louis de Cormenin-

1813-18 : il séjourne à Rome
1817 : Prométhée, présenté au Salon
1821-23 : nouveau séjour en Italie
1827 : Vénus, statue en marbre des Pyrénées, présentée au Salon
1833 : Une jeune chasseresse en marbre, présentée au Salon
1838 : buste du Baron Gérard, présenté au Salon
1841 : Odalisque, présentée au Salon
1843 : Cassandre, présentée au Salon
1852 : Sapho.

(extrait de 1848-1914, toute une histoire!)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-Spam Quiz: