L’escalade sous toutes ses formes

Escalade

Escalade © Montagnes, passion, évasion, émotion

Les différents types d’escalade

Du bloc de deux mètres de hauteur aux parois himalayennes, de l’entraînement sur une structure artificielle jusqu’aux big walls, il est bien des manières de pratiquer l’escalade. Chaque discipline a sa spécificité, ses techniques, ses difficultés propres.

Il existe différents types d’escalade: l’escalade de bloc, l’escalade en falaise, les structures artificielles d’escalade, le terrain d’aventure, la haute montagne.
L’escalade s’apprend… en grimpant.
Pour gravir un rocher, un débutant, quel que soit son âge, fait appel à sa mémoire gestuelle. Ce n’est pas toujours très efficace, mais cela permet de franchir aisément des rochers faciles.
Si la difficulté ou la hauteur augmentent, il y a souvent un blocage car la difficulté nécessite des gestes adaptés que le débutant ne connaît pas et la hauteur lui fait salutairement peur. L’instinct de survie est fort heureusement là pour modérer les élans trop téméraires.

Pour progresser, le débutant doit, dans un premier temps, se familiariser avec ce nouveau milieu, l’explorer pour découvrir les gestes et mouvements qui permettent de franchir des passages très différents les uns des autres. L’idéal est de grimper sur des blocs, comme à Fontainebleau par exemple, car leur faible hauteur permet d’essayer un grand nombre de passages sans grand risque de chute. Cette première approche permet de construire un “répertoire gestuel “qui est un peu ce que sont les gammes à la musique ou l’alphabet à la lecture.
Ce répertoire s’affinera et s’étoffera peu à peu en grimpant et permettra de progresser mais aussi d’aborder l’étape suivante, la falaise.

Escalade de bloc

escalade de bloc

escalade de bloc

L’escalade de bloc correspond à l’escalade de petits rochers (de un à quelques mètres), pratiquée généralement sans corde, la chute étant le plus souvent sans danger, telle qu’on la pratique sur les rochers de la forêt de Fontainebleau, mais également dans beaucoup d’autres lieux du monde.

On utilisera la §cotation bloc§ en escalade de bloc, afin de fixer des degrés de difficulté.
L’escalade de bloc est la manière la plus ludique et la plus efficace de s’initier à l’escalade :
– la faible hauteur des rochers ôte le stress du vide ;
– elle évite d’avoir à utiliser la corde et à apprendre la technique de l’assurage ;
– en permettant d’innombrables répétitions, elle aide le débutant à “faire ses gammes “et le bon grimpeur à repérer ses limites, sinon à les dépasser.
Pour autant elle n’est pas totalement sans danger ni inconvénient :
Certains blocs sont hauts et la chute ne se fait pas toujours sur du sable. Paradoxalement, une chute en falaise, amortie par la corde, est plus impressionnante mais, pour le corps, moins traumatisante!
L’escalade de bloc suppose des efforts intenses, mais courts. Le grimpeur de bloc qui ensuite affronte des escalades plus continues, en falaise ou en montagne, n’y est nullement préparé.
Pour l’essentiel, le matériel du grimpeur de bloc se limite aux chaussons d’escalade et à quelques accessoires lui permettant de garder pieds et mains propres et secs.
Contre le risque de la chute, la première précaution est le parage : les assistants se tiennent prêts, bras tendus, à amortir la chute en prenant le grimpeur sous les bras.

Escalade

Escalade de falaise

Escalade en falaise

En falaise, la hauteur et le risque potentiel de chute, qui est quasiment nul si on grimpe en second de cordée, vont influencer la gestuelle du grimpeur. La peur du vide et de la chute vont inhiber le comportement de la plupart des grimpeurs débutants mais aussi de ceux qui le sont moins.

En falaise, la hauteur sous-entend un risque de chute qui implique l’utilisation des techniques d’assurage pour limiter les conséquences d’un éventuel dévissage.
Pour grimper en falaise, il est indispensable de se familiariser avec le matériel et de prendre confiance dans les techniques de sécurité. Les “techniques de base”de l’assurage pour grimper sur des falaises bien équipées sont assez simples, mais il faut bien les posséder pour ne pas faire d’erreur.
On peut aborder la falaise par l’escalade en second, en moulinette ou même en tête de cordée. Le tout est de choisir une voie peu difficile pour ne pas cumuler les difficultés de l’escalade avec celles de la progression en hauteur et avec l’utilisation de techniques nouvelles.
Une fois les techniques de base de l’assurage assimilées (s’encorder, assurer, mousquetonner, descendre), cherchez à parcourir des voies plus difficiles, à vous confronter à de nouvelles difficultés. Plus qu’en bloc, la longueur des escalades, de 15 à 30 mètres généralement, fait que vous avez tout intérêt à grimper en économisant vos forces si vous voulez arriver en haut sans vous reposer sur un piton ou chuter.
Avant de grimper, cherchez à “lire “le rocher et à recueillir le maximum d’informations visuelles : l’emplacement des points d’assurage, des bonnes prises, des points de repos. Il s’agit autant que possible de grimper en s’économisant. Dans les passages athlétiques, gardez le plus possibles les bras tendus entre deux mouvements pour vous économiser musculairement mais aussi pour repérer les mouvements suivants.

Difficultés des big walls

escalade

Escalade de Big Wall

Grande paroi rocheuse aux difficultés considérables.
Un big wall ne se caractérise pas avant tout par la taille, mais par le fait qu’on doive y demeurer plusieurs jours. Ce sont des parois de grande ampleur et où l’escalade est à forte prédominance artificielle.

On peut citer comme exemple les parois du Yosemite, mais aussi la paroi Rouge des gorges du Verdon ou la face ouest du Dru. L’escalade artificielle est notablement plus longue que l’escalade libre : on peut passer jusqu’à une journée entière pour une longueur de corde. Les grandes parois (big walls) demandent donc d’y séjourner longtemps, et créent un mode de vie tout à fait spécifique. Plus qu’une paroi ou une technique, c’est peut-être avant tout l’une des plus fortes expériences que puisse vivre un grimpeur.

Structures artificielles

Escalade

Mur d’escalade

Les structures artificielles d’escalade (S.A.E.) se sont beaucoup développées et permettent de pratiquer et de s’entraîner quel que soit le temps ; on en trouve aujourd’hui dans presque toutes les grandes villes.

Les S.A.E ne sauraient cependant remplacer le vrai rocher :
– les prises étant, par définition, visibles, les problèmes de lecture du rocher inhérentes à la pratique de l’escalade en falaise ou en bloc y sont moins grandes.
– de même, la gestuelle y est moins riche et l’escalade, verticale ou surplombante, y est plus physique et sollicite beaucoup les bras.
– enfin, il est d’usage d’y pratiquer surtout la moulinette.
De nombreux grimpeurs se sont par ailleurs confectionné chez eux un “pan “d’escalade à l’aide de prises artificielles, dans un grenier par exemple. Un tel dispositif permet un entraînement régulier.

Terrain d’aventure

Le terrain d’aventure décrit les lieux de grimpe où la qualité du rocher et l’équipement en place ne sont pas garantis, contrairement aux “sites sportifs” autrefois appelés “écoles d’escalade”.

Sur les falaises équipées, le risque dû à une chute n’est jamais nul, mais ses conséquences sont limitées par l’équipement en place, généralement des broches ou des goujons scellés dans la roche et à toute épreuve.
Le “terrain d’aventure “désigne des parois où cet équipement fait totalement ou en partie défaut, quelle que soit la hauteur et la difficulté : le grimpeur de tête doit en conséquence au minimum vérifier l’état des points d’assurage, parfois les consolider, souvent en rajouter.
Il doit donc, en plus des techniques d’assurage de base, apprendre à juger de l’état d’un piton, d’un anneau de corde ou d’un relais, apprendre à planter efficacement un piton, à placer un coinceur ou un anneau de corde, afin de limiter au maximum les conséquences d’une chute.
Cet apprentissage n’est pas inutile, car ce genre de situation se retrouvera en haute montagne, où même les voies les mieux équipées relèvent du terrain d’aventure dans la mesure où les conditions et l’éloignement rendent évidemment impossible une vérification régulière des points d’assurage, par ailleurs soumis à de fortes contraintes (gel et dégel, etc. ).
Le terrain d’aventure exige un matériel plus important : pitons, marteau, coinceurs et anneaux de corde ou de sangle. La nature et la quantité de matériel à emporter dépendent des renseignements qu’on pourra obtenir sur ce qui ce qui se trouve en place, sur la possibilité de placer des coinceurs et éventuellement la nécessité de prendre des pitons (et donc un marteau).

L’escalade des cascades de glace

escalade

cascade de glace

L’ascension des cascades gelées par le froid est une activité récente, dont l’histoire commence véritablement dans les années 70.

Les précurseurs sont : J. Cunningham (Ecosse), J. Bouchard, Y. Chouinard ou encore G. et J. Lowe aux Etats-Unis sans oublier D. Julien, R. Munsch, J.-M. Boivin en France, Alex McIntyre et J. Colton en Grande-Bretagne,  Giancarlo Grassi en Italie. La difficulté maximum atteint à cette époque le grade 5.
Au début des années 80, les grimpeurs canadiens et américains développent l’escalade glaciaire “libre” en grimpant sans aide ni point de repos sur les broches à glace ou sur les piolets (ce qui n’était pas le cas avant). Les difficultés maximums atteignent ainsi le grade 6.
Ce mouvement de recherche d’une difficulté toujours plus grande se poursuit dans les années 80 et 90 avec l’apparition des grades 6+ et 7 qui marquent la limite de ce qu’il est envisageable de gravir en glace “pure”. En allant chercher les stalactites suintant des parois surplombantes, la raideur dépasse souvent la verticale et l’engagement est maximum , toute chute impliquant un accident grave.
La fin des années 90 voit alors le développement d’une nouvelle tendance qui se poursuit aujourd’hui avec le développement du mixte extrême ou dry-tooling. Il s’agit de gravir, crampons aux pieds des passages rocheux difficiles voire extrêmes alternant avec des passages de glace tout aussi délicats…. L’escalade devient ainsi de plus en plus gymnique, à l’image de ce qui se fait en escalade rocheuse sportive et les grades 8, 8+ apparaissent parallèlement à une cotation spécifique “mixte”.

Cotations en escalade

La cotation sert à situer une escalade ou une course en montagne sous leurs aspects techniques, athlétiques et d’engagement, selon des critères de difficulté. Il s’agit de donner une information de la façon la plus objective possible.

Fixer un degré de difficulté pourrait à priori se résumer à un travail purement technique et relativement facile. Ce serait oublier que les grimpeurs ne sont pas des machines et que l’aspect affectif de toute pratique sportive est une composante importante. Les cotations ont de tout temps suscité discussions et controverses dont les revues spécialisées  se font souvent l’écho.
La difficulté d’une ascension est variable. Elle dépend de paramètres objectifs (conditions de la montagne, météo, etc.) et subjectifs (condition physique, entraînement…) et, également, du contexte: un passage d’escalade ne sera pas “jugé”de la même façon s’il s’agit d’escalade de bloc à un mètre du sol, d’un passage en falaise incluant le risque d’une chute importante ou encore d’un passage franchi en haute altitude. Et chaque technique a, par la force des choses, développé sa propre cotation. Il en existe sept principales: la cotation bloc, la cotation falaise, la cotation glace, la cotation cascade, la cotation mixte, la cotation artif et la cotation montagne.  En outre chaque pays a développé ses propres traditions.
En rocher pur, l’ajustement se fait après que plusieurs grimpeurs aient confronté leurs avis. En glace où les conditions (dureté, épaisseur…) varient fréquemment pour un même passage, le degré de difficulté que l’on peut donner correspond généralement à de bonnes conditions. C’est une “cotation d’usage” qui peut varier en fonction des conditions.
Il en est de même pour la haute montagne où une course facile, en raison du mauvais temps, d’un enneigement anormal ou par conditions hivernales, peut  présenter un niveau de difficulté très supérieur à celui indiqué dans un topoguide.  Les cotations sont donc, par principe, évaluées pour un passage en bonnes conditions et pour un grimpeur de niveau suffisant et en bonne forme physique.

Pour plus d’informations, voir les techniques d’escalade

Extrait du CD-Rom Montagnes passion réalisé avec L’Ecole nationale de ski et d’alpinisme

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