La vogue des automates

 

Cage à oiseaux chanteurs, automates de 1785 © Musée des arts et métiers, l'Album

Animer les anatomies pour les études médicales

Dès le moyen âge, le corps humain est assimilé à une “fabrica”, c’est-à-dire à un atelier.

“Les organes ont une finalité du même ordre que les outils ; leurs fonctions peuvent être déduites du seul examen de leur structure.” Cette double conviction conduit aux premières “anatomiae animatae” dès la fin du XVIIe siècle.

Les recherches de Vaucanson dans ce domaine l’amèneront à normaliser actes et gestes des ouvriers ; le chemin est ouvert pour la standardisation et l’organisation des ateliers du XIXe siècle.

Antiquité : les figurines ouvrent et ferment les portes grâce à des procédés hydrauliques.

XVIIIe siècle : le mythe primitif de l’automate prend forme grâce aux progrès de la médecine et de la mécanique ; on peut envisager de réaliser l’homme artificiel que l’imagination a toujours souhaité.

Vaucanson, les frères Droz en Suisse vont inventer des automates musiciens, écrivains, dessinateurs aux mécanismes très ingénieux : cylindres à picots, engrenages , cames , ressorts manœuvrant des soufflets, fils.

A la fin du XVIIIe siècle, les orgues mécaniques et les automates sont au goût du jour : Kintzing est l’une des grandes figures de l’époque dans ces deux domaines.

Ses automates androïdes, comme ceux de Vaucanson, imitent le plus parfaitement possible les gestes de l’homme : automates écrivant,  boîtes à musique et automates musiciens La célèbre joueuse de tympanon a été construite en 1785 par Kintzig.

Joueuse de tympanon, androïde construit par Kintzing en 1784.

Mécanisme de la joueuse de tympanon - © Musée des arts et métiers, l'Album

Mécanisme de la joueuse de tympanon – © Musée des arts et métiers, l’Album

Le mécanisme est de Pierre Kintzing, horloger mécanicien à Neuwied en Allemagne, l’ébénisterie, de David Roentgen. La reine

Marie-Antoinette l’achète en 1785 et le donne quelques mois plus tard à l’Académie des sciences.

La musicienne peut jouer, à l’aide des marteaux, huit airs différents, sur un tympanon composé de 46 cordes.

Le mécanisme est placé à l’intérieur du tabouret sur lequel est assise la musicienne. Il est essentiellement constitué d’un cylindre à picots et à cames à axe horizontal qui tourne sous l’action d’un barillet à ressort, dont le mouvement est régularisé par un moulinet. Le cylindre est muni de seize couronnes de cames et de seize rangées de picots, huit pour chaque bras de la musicienne. L’automate joue huit airs tirés de “Armide” de Glück. Pour chaque air, les mouvements des bras sont commandés par l’intermédiaire de leviers par une couronne de cames et les mouvements verticaux de chaque poignet par une rangée de picots. La roue d’entraînement du mécanisme porte une came qui commande les mouvements des yeux et de la tête.

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Cage à oiseaux chanteurs. Automates de 1785

Deux oiseaux chantent sur trois airs différents, tournent sur eux-mêmes et battent des ailes tandis que l’eau de la fontaine coule.

Sur la face inférieure de la cage se trouve un cadran de pendule horizontal. Le chant et le mouvement peuvent être commandés automatiquement par le mouvement d’horlogerie.

Les mécaniciens de l’Antiquité imaginent de reproduire le chant de l’oiseau au moyen d’un courant d’air chassé par un écoulement d’eau. De la même façon, ils réussissent à provoquer des battements d’ailes et certains mouvements.

Ces procédés sont repris par les ingénieurs de la Renaissance.

Les fabricants d’automates de la fin du XVIIIe siècle construisent des cages à oiseaux, qu’ils placent sur les tabatières, les horloges, les montres ou sur les objets les plus divers, pour répondre au goût du public.

Il suffit d’une manivelle pour faire chanter l’air à l’oiseau.

Jacques Vaucanson

1709 (Grenoble) – 1782 (Paris),

mécanicien français.

Vaucanson dont la renommée est attachée à ses “anatomies mouvantes”, automates androïdes très en vogue au XVIIIe siècle, est avant tout un mécanicien, précurseur dans le domaine de la machine-outil et un pionnier du machinisme industriel. Sa machine à tisser en fait l’un des principaux précurseurs de Jacquard.

La collection de ses chefs-d’œuvre, à laquelle s’ajoutent les principales machines de l’époque, constituent le premier fonds du Conservatoire des arts et métiers.

Dixième enfant d’une famille de gantiers grenoblois, il réalise une horloge en bois à l’âge de 7 ans.

1737 : il construit son premier automate, le “Joueur de flûte traversière”.

1738 : le “Joueur de tambourin” et le “Canard”.

1741 : inspecteur des manufactures de soie, il doit aménager les règlements  sur la fabrication des étoffes de soie, rationaliser la suite des opérations de production.

Cette mission, qui lui est confiée par le cardinal Fleury, l’amène à des innovations techniques : tour à dévider automatique, moulin à faire l’organsin, premier métier à tisser automatique (1745).

1748 : il met au point sa mécanique à tisser les façonnés  et le tour à double croisade ; le premier tour à charioter métallique et une perceuse : ces deux outils sont à la base des machines-outils actuelles.

Dans la seconde moitié du XVIIIe, il commence une vaste collection de modèles et de machines, réunie à l’hôtel de Mortagne, rue de Charonne à Paris. Riche d’instruments de documentation et de démonstration, elle est léguée au Roi en 1783.Tour à guillocher de Merklein construit pour Louis XVI en 1780.

Grâce aux différentes “rosettes”, disques à contours découpés, le roi exécutait seul des entrelacs de courbes, à volutes symétriques, sur des boîtiers de montres, ou des pièces de serrurerie.

Gymnaste automate, fin XVIIIe

Gymnaste automate © Musée des arts ét métiers, l'Album

Gymnaste automate © Musée des arts ét métiers, l’Album

Les motifs des colonnettes sont de style Louis XVI.

Sept pédales se prolongent à l’intérieur du socle par des leviers à la manière de touches de piano. Chacune d’elles fait manœuvrer un levier horizontal qui tend une cordelette reposant sur plusieurs poulies de renvoi. Les cordelettes montent dans l’une des colonnes, passent dans la barre horizontale et redescendent dans le corps de la poupée par les bras. Selon la pédale actionnée, la poupée tourne la tête, l’incline en avant, lève les jambes, etc.

Joueuse de mandoline, vers 1780

Joueuse de mandoline © Musée des arts et métiers, l'Album

Joueuse de mandoline © Musée des arts et métiers, l’Album

Cet automate marchant et faisant le geste de jouer de la mandoline a été faussement attribué à Vaucanson . Le mécanisme en laiton est logé dans le cadre de bois vertical, il fait tourner deux roues parallèles qui sont en contact avec le sol. Une petite roue portée par une chape articulée sert à donner la direction.

Jouet du XIXe siècle

Quelle que soit l’opération que l’on dispose sur le tableau du petit calculateur, celui-ci indique toujours la bonne réponse. C’est un système d’encoches, placées sur les plaques amovibles de tôle peinte, qui sélectionne en fait la bonne position du bras de l’automate.

Jouet automate © Musée des arts et métiers, l'Album

Jouet automate © Musée des arts et métiers, l’Album

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