L’alkékenge, une lanterne naturelle

Alkékenge - © Secrets de plantes

Alkékenge – © Secrets de plantes

L’alkékenge ou cerise d’hiver ou coqueret, Physalis alkekengi de la famille des Solanaceae, est une plante herbacée vivace qui pousse, abondante par endroits: terrains calcaires, terres à vigne sont ses lieux de prédilection.
On la trouve naturalisée en France, en Corse, en Europe centrale, en Asie occidentale, au Japon. Elle est cultivée en Afrique du sud.
De 30 à 60 cm de haut, verte et pubescente, elle porte des fleurs blanches solitaires qui vont bientôt se transformer en un fruit étrange. Le calice à 5 lobes se renfle et s’accroît démesurément pour entourer, en une sorte de lanterne vénitienne, une baie globuleuse : d’abord verts tous deux mûriront en prenant une belle couleur rouge vif.

Usages

Alkékenge

Alkékenge

Ses baies sont utilisées depuis très longtemps en médecine :
Dioscoride et Galien les préconisent contre la jaunisse, Sainte Hildegarde pour soigner les troubles oculaires et les maux d’oreille, Arnaud de Villeneuve contre la pierre et la gravelle.
La médecine populaire a longtemps employé le coqueret pour soigner la goutte.

Les baies alimentaires, particulièrement riches en vitamine C,
peuvent être consommées fraîches, au vinaigre, en confiture, en sirop rafraîchissant. Le physalis cultivé, vendu sur nos marchés est originaire du Pérou (Physalis peruviana), sa saveur est moins acidulée ; il se prête à de pittoresques et savoureuses préparations culinaires.

Composition chimique et usages actuels

Le fruit renferme :
– des glucides, notamment des oses et des osides (mucilages)
– des acides organiques : une quantité considérable d’acide ascorbique (vitamine C) et de l’acide citrique
– des composés phénoliques, plus particulièrement des tanins
– des terpénoïdes, notamment des caroténoïdes (cryptoxanthine, physaliène : ester dipalmitique de la zéaxanthine)
– des traces d’alcaloïdes : physalines A, B et C, hystonine
– des polyines

L’alkékenge présente des propriétés anti-asthéniques et apéritives. On lui attribue également des vertus diurétiques et légèrement laxatives. Elle est réputée antibactérienne et agit en particulier sur les staphylocoques.

Usages pharmaceutiques
On recommande l’alkékenge contre les affections urinaires, les lithiases rénales, les douleurs rhumatismales (goutte).

Usages cosmétiques
Le fruit de l’alkékenge possède des activités hydratantes et régénérantes. On lui reconnaît également des activités exfoliantes grâce à la présence d’acides organiques.
Les extraits trouvent une application dans :
– des shampooings anti-pelliculaires, des lotions capillaires pour cheveux fins
– des lotions hydratantes pour le corps
– des produits pour le soin du visage destinés aux peaux abîmées, fatiguées et ternes
– des crèmes régénérantes pour peaux matures
– des crèmes peeling

Folklore

Alkékenge est empruntés à l’arabe “alkakandj”, qui est lui même une déformation du grec “halikakabon” qui désignait vraisemblablement déjà la  plante. Quant à son nom de genre “physalis”,  il signifie en grec, vessie et fait allusion à l’aspect du calice à maturité.

Lorsque l’hiver est venu, le fruit d’alkékenge balance toujours sa lanterne au bout de ses branches. L’hiver va dévorer le limbe tendre, ne laissant subsister que les multiples nervures au travers desquelles on aperçoit maintenant cette si belle cerise : l'”amour en cage”.

Recettes

Vin d’alkékenge

Ingrédients
30 g d’alkékenge
1 litre de vin blanc
300 g de sucre.

Lavez feuilles et tiges de la plante et la découper. Faites macérer ensemble alkékenge, vin et sucre pendant 8 jours. Secouez de temps en temps. Filtrez, mettez en bouteilles et bouchez.

Contre la goutte

La médecine populaire a longtemps employé le coqueret pour soigner la goutte. en dose maximale de 30 baies par jour.
Une cure de baies fraîches était dite pouvoir remplacer une cure hydrominérale.

“Amour en cage” en confitures

Ingrédients
alkékenge   500g
sucre en poudre  500g
Faites bouillir le sucre avec un peu d’eau. Jetez-y les coquerets et laissez bouillir 5 minutes. Ôtez les fruits à l’écumoire et réservez-les. Le lendemain faites à nouveau bouillir le sucre de la veille afin d’évaporer l’eau que les fruits y ont apporté. Faites à nouveau bouillonner ces derniers pendant 5 minutes. Recommencez cette même opération 3 à 5 jours de suite. Déposez les fruits dans les  pots de confiture en ne les remplissant qu’à moitié. Faites bouillir une dernière fois le sucre, complétez les pots en le versant sur les fruits.
Bouchez soigneusement. Conservez au sec et à l’obscurité.

“Amour en cage” déguisé

Ingrédients
amour en cage         1 barquette
chocolat de couverture     1 bonne tasse
ou sucre cristallisé        1 verre

Retroussez les bractées qui enferment le fruit. Saisissez-le délicatement ainsi pour le tremper dans le chocolat fondu
ou un caramel ou un fondant
Laissez refroidir sur une plaque de marbre huilée.
C’est joli et délicieux.

Ouvrez la cage aux amours

Jadis les fleuristes vendaient des bouquets d’alkékenge, retroussant les sépales pour ouvrir la cage aux beaux fruits rouges.

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