L’iris

Iris © Secrets de plantes
Iris © Secrets de plantes

Botanique

L’iris, Iris florentina de la famille des Iridaceae, est  une plante herbacée vivace à tige dressée, de 30 à 60 cm de haut, il possède un rhizome épais qui, après plusieurs mois de séchage, acquiert l’odeur de la violette.

Les feuilles, de 2 à 3 cm de large, ont une forme de lame. Engainantes à la base et pourvues de nervures parallèles, elles sont plus courtes que la tige florale.

Les fleurs, en avril-mai, sont groupées de 1 à 3 par spathe ; elles sont grandes et odorantes, portées par un court pédoncule, de couleur blanche souvent lavée de bleu, mauve ou violette. La corolle se présente sous forme de tépales égaux trois à trois, les trois extérieurs étalés et réfléchis, les inférieurs différents et dressés ; les extérieurs sont barbus en dessus.

Le fruit est une capsule obovale, subtrigone renfermant des graines nombreuses, aplaties et jaunâtres.

Originaire de Macédoine, très fréquent dans les régions méditerranéennes où il s’est naturalisé, l’iris pousse sur les vieux murs, les talus, dans les rocailles et sur les toits de chaume.
Cultivé depuis longtemps, il forme à lui seul, en variétés diverses, de magnifiques jardins. Les premiers étaient situés à Florence d’où son nom.

Apprenez à le reconnaître avec la flore.

Usages

Le rhizome de l’iris est purgatif et émétique surtout à l’état frais. Il a été considéré comme diurétique, expectorant, anthelminthique, excitant.
Toxique à forte dose, l’iris est presque inutilisé dans les thérapeutiques actuelles.
La poudre est sternutatoire : on l’utilise en prisant pour dégager les muqueuses nasales dans le cas de rhume de cerveau.
En dentifrice, elle est conseillée aux grands fumeurs contre les taches sur les dents.
Les rhizomes bien lisses, tournés et limés, servent aux petits enfants pour se faire les dents.
On peut utiliser le rhizome frais ou sec dans la cuisine comme condiment. Certains vins ou liqueurs sont parfumés à l’iris.
En parfumerie (son usage aurait été découvert à Florence), l’iris a une grande importance : son rhizome est à la fois un extraordinaire réservoir aromatique et un excellent fixateur. On en tirait un extrait très coûteux de la consistance d’une pommade. Des perles en racine d’iris étaient tournées pour confectionner chapelets et colliers odorants.

Madame de Rambouillet, d’origine florentine, faisait moudre dans son office des racines d’iris qui étaient ensuite enfermées dans des sachets de toile pour les glisser dans le linge qu’elles imprégnaient de leur parfum de violette. Des perles en racine d’iris étaient tournées pour confectionner chapelets et colliers odorants.

On utilise sa poudre pour le visage et comme shampooing sec pour les cheveux gras.
L’iris est une de nos plus belles fleurs de jardins.

Composition chimique et usages actuels

Le rhizome contient :

– des glucides notamment des oses (glucose) et des osides (50 à 60 % d’amidon, mucilages, saccharose)

– 10 % de lipides dont des acides gras : acide caprylique, acide benzoïque, acide laurique, acide myristique (83 à 86 %), acide pélargonique et acide palmitique

– des composés phénoliques représentés par :

. des flavonoïdes : des isoflavones (irilone, irisolone, irigénine et tectorigénine)

. des tanins

– des terpénoïdes :

. iridoïdes

. sesquiterpènes

. triterpènes : stéroïdes (beta-sitostérol)

. caroténoïdes : carotène, lutéine

– environ 0,2 % d’huile essentielle composée de :

. terpénoïdes : monoterpènes (géraniol, linalol) et sesquiterpènes (ionones, alpha et beta-irone)

. des aldéhydes : furfural, alpha et beta-benzaldéhyde

– des résines

L’iris est anti-prurigineux, antispasmodique, antitussif, diurétique et expectorant. On lui reconnaît aussi des propriétés cicatrisantes, emménagogues, vermifuges et laxatives. A forte dose, il devient vomitif.

Utilisations pharmaceutiques

On l’utilise dans les traitements contre les bronchites chroniques, l’asthme et la coqueluche. On l’emploie aussi pour soigner certaines dermatoses.

Utilisations cosmétiques

L’iris est astringent, hydratant et régénérant. L’huile essentielle présente des propriétés régénérantes. L’iris est également réputé avoir une activité détergente.

Il trouve des applications dans des produits capillaires pour cheveux gras à tendance pelliculaire, cheveux abîmés et fragiles, cheveux permanentés et teints, des produits pour le corps, des produits pour les mains, des produits pour le soin du visage pour tous types de peaux (acnéiques, grasses, matures…) et des produits régénérants pour le contour des yeux, des produits d’hygiène bucco-dentaire.

Folklore

Le mot grec iris désignait tout halo lumineux formé autour d’une source de lumière et Florentia souligne la réputation des iris de Florence.
Au Japon, l’iris est un symbole national. En Iran, on plante des iris blancs sur les tombes et dans les jardins funéraires. “Flor” se rattache à une idée d’épanouissement, de résurrection, d’espérance.

La mythologie grecque avait fait de l’arc-en-ciel la manifestation d’Iris, la messagère entre les dieux et les mortels, l’Olympe et la terre. Ses voyages se succédaient à un tel rythme qu’elle lança ce pont dans le ciel. La fleur d’iris aux multiples et brillantes couleurs fut jugée digne de ce nom. Dans le langage des fleurs, l’iris est annonciateur de messages et de bonnes nouvelles.
La fleur de lys, emblème des rois de France, ne serait autre qu’un iris sauvage. On dit en effet que celui qui assit la royauté de France devait, pour une ultime bataille, traverser une rivière profonde ; le flambe d’eau, par sa présence au milieu du lit de la rivière, lui indiqua le gué salvateur ; reconnaissant, il le prit pour emblème ; on l’appela “fleur de Louis”, ce qui devint par altération fleur de lys.
La première représentation connue de l’iris se situe en 1510 av. J.C., en Égypte ou, peut-être, antérieurement, sur des fresques crétoises visibles au musée d’Héraklion. On retrouve des mosaïques représentant cette fleur dans le mausolée du Taj Mahal. Les artistes des années 20 s’en sont inspirés très souvent pour réaliser des motifs décoratifs.

Recettes

Eau de Laïs

Ingrédients
30 g de teinture d’iris,
60 g d’eau oxygénée,
50 g de glycérine pure.

Excellente lotion de toilette à la dose d’une cuillère à café pour un demi-litre d’eau tiède.

Pot-pourri traditionnel

Ingrédients :
1 litre de feuilles et fleurs odorantes, séchées
200g de gros sel
50g de clous de girofle moulus
50g de piment de la Jamaïque moulu
75g de benjoin moulu
75g de racine d’iris moulue
50g de sucre brun
quelques petits morceaux de cannelle
3 cuillères à soupe de cognac

Faites sécher un assortiment de pétales de boutons et de feuilles des plantes suivantes:
rose odorante,
lavande,
géranium odorant,
romarin,
citronnelle,
marjolaine,
feuilles de laurier.

Mélangez-les dans un bol avec 150 g de sel et laissez reposer 3 ou 4 jours.
Mélangez le reste de sel avec le sucre, les épices moulues et les morceaux de cannelle.
Versez le mélange dans un récipient muni d’un couvercle, ajoutez les fleurs séchées et aspergez de cognac.
Mélangez, fermez hermétiquement le récipient et laissez reposer pendant deux semaines, en secouant de temps à autre.

Si le pot-pourri se dessèche, ajoutez un peu de cognac.

Sachets de poudre d’iris

Madame de Rambouillet, d’origine florentine, faisait moudre dans son office des racines d’iris que l’on enfermait dans des sachets de toile pour les glisser dans le linge, qu’elles imprégnaient de leur parfum de violette.

Haleine

La racine d’iris fraîche ou sèche, mâchée, communique à l’haleine le parfum de la violette (comme les baies de genièvre) et corrige toutes les mauvaises odeurs.

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